. ^^. /^'^^^ w/ s ''ÂÀ2! ' WHITNEY LIBRARY, HARVARD UNIVERSITY. THE GIFT OF .1. I). WHITNEY, Sturt/h ffooper Prof essor MUSEUM or OOMPAEATIVE ZOOLOGT "t^ s)^5^s}yA:tOv- "S ^ \.°\ 0\ :C.3^ r-'^'^.f mfi" im '-X COMPTES RENDUS UEBDOMADAIKES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES, IMPni.MKRIE DE GAUTHIEK-VILLARS, RUE DE SEINE-SAINT-GERMAIN, lO, PRES L INSTITUT. COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE L ACADÉMIE DES SCIENCES PDBLIÉS, CONFORMÉMENT A UNE DÉCISION DE L'ACADÉMIE C'ii Date uu 4$ c)uLiiei -iS35 . PAR MM. LES SECRÉTAIRES PERPÉTUELS. TOME SOIXANTE-SEPTIEME. JUILLET — DÉCEMBRE 18G8. PARIS, GAUTHIER- VILLARS , IMPRIMEUR- LIBRAIRE DES COMPTES RENDUS DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES, SUCCESSEUR DE MALLET-BAGHELIER, (Jiiai (.les Augustins, 55. '''1868 / COMPTE RENDU DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES, SÉANCE DU LUNDI G JUILLET 18()8. PRÉSIDENCE DE M. CLAUDE BERNARD. MEMOIRES ET COMMUNICATIOIVS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. M. LE Ministre de l'I.nstrcction publique transmet à l'Académie l'am- pliation du Décret impérial qui approuve la nomination de M. Phillips à la place devenue vacante, dans la Section do Mécanique, par suite du décès de M. Foucault. Il est donné lecture de ce Décret. Sur l'invitation de M. le Président, M. Phillips prend place parmi ses confrères. » M. Dumas présente à l'Académie le quatrième volume des OEuvres de iauojsj'er, publiées par les soins de S. Exe. le Ministre de l'Instruction pu- blique. » Comme éditeur de cet ouvrage, M. le Secrétaire perpétuel fait connaître sommairement les matières dont se compose ce quatrième volume. Il est consacré aux objets suivants : 1° Rapports faits à l'Académie des Sciences; 2" Histoire de la transformation de l'Académie en i'785 ; 3° Pièces relatives à la suppression de l'Académie; 4° Travaux de Lavoisier^ comme Membre du CJomité de consultation des Arts et Métiers ; f 6 ^ 5" Rapports sur l'instnicfion publique; ()" Rapports sur la fabrication lies assignats ; 7" Mémoire sur la distillation des eaux-de-vie et de l'eau de mer. » M. le Secrétaire perpétuel fait remarquer que les Rapports et en général les documents que ce volume contient sont écrits de la main de Lavoisier et presque tons inédits; que les Rapports sont au nombre d'environ cent quatre-vingts, et qu'il est facile de s'assurer que tous portent l'empreinte de la même application de la part de leur auteur. Que l'objet en soit général ou spécial, large ou circonscrit, analogue à ses occupations ordinaires ou éloigné d'elles, Lavoisier montre toujours la même déférence pour les ordres de l'Académie, le même soin pour les intérêts de la science. Ses Rapports sont brefs si l'objet ne mérite pas un exposé étendu, longs si la matière l'exige, mais toujours lucides et entraînant la conviction. On peut dire, encore aujourd'hui, qu'il épuise le sujet dans tous les cas où il traite des questions d'intérêt général, et il serait difficile de trouver, par exemple, à l'égard des papiers employés pour la confection des titres, actions de chemins de fer, obligations, etc., des règles plus sûres que celles qu'il for- mule pour la fabrication des assignats. » L'Académie des Sciences ne possédait, avant 1785, ni Section de Phy- sique, ni Section de Géologie et de Minéralogie. Lavoisier avait signalé dans sa jeunesse, en 1766, cette lacune au Président de l'Académie, mais sans signer la Lettre qu'il lui adressait. Elle demeura sans effet, et il eut la satis- faction, longtemps après, en 1785, devenu Directeur de l'Académie, de réaliser lui-même sa pensée. J'ai rassemblé tous les documents qui ont trait à cette transformation, opérée avec la plus rare prudence et les ménage- ments les plus délicats pour les intérêts et la dignité des Membres de l'Aca- démie dont elle modifiait la situation. )i J'en ai rapproché les Lettres que, huit ans plus tard, il adressait à Lakanal pour préserver l'Académie d'une suppression déjà imminente. » En 1785, I^avoisier, à l'occasion de la transformation de l'Académie, trace avec luie grande netteté l'histoire de ses origines; en 1793, sous la menace de sa suppression, c'est avec la même lucidité qu'il fait connaître l'état des travaux de la Compagnie et qu'il rend compte de ses services. Les titres de l'Académie des Sciences à la reconnaissance de la nation et à la confiance du gouvernement étaient contestés dans ces temps malheureux : le Mémoire adressé par Lavoisier à Lakanal les consacre de la manière la pluscalme^ avec une grande dignité. » J'ai placé, à la suite de ces pièces, tous les Rapports du Rureaii de ( 7 ) consultation des Arts et Métiers dont Lavoisier a été chargé. Il en est qui fournissent des informations intéressantes sur la part que Lavoisier avait prise à rétablissement delà carte minéralogique de la France. » Le Rapport sur la fabrication des assignats doit être attribué à cette époque de la vie de Lavoisier. Il fut composé, au nom d'une Commission mixte dont il était l'organe, et qui était empruntée en partie à l'Académie des Sciences, en parlie au Bureau de consultation des Arts et Méliers. « Je publie, à la suite des documents qui concernent le BiU'eau, deux pièces importantes dont je dois la coiuiaissance à notre confrère M. le général Morin. Quelques semaines avant son arrestation, Lavoisier, qui avait si souvent fait, au nom du Bureau, des Rapports sur les titres à la reconnaissance nationale des savants ou artistes qui avaient besoin de pro- tection, réclama à son tour et obtint un Rapport où l'utilité de ses propres travaux est attestée par ses confrères. » Enfin, le volume est terminé par un Mémoire, accompagné de plan- ches, sur la distillation des eaux-de-vie et de l'eau de mer. » Ce Mémoire, publié sous forme anonyme en lyyS, avec des circon- stances singulières qui n'ont jamais permis de supposer que Lavoisier en fût l'auteur, lui est restitué avec toute justice, car l'éditeur possède : i° le ma- nuscrit de ce Mémoire, écrit de sa main; a° la correspondance qui établit à quelle occasion il fut composé par lui. » Lavoisier donne, dans cet ouvrage, la règle à suivre pour la construc- tion des réfrigérants et pour la meilleure construction des foiu'neaux. » Il montre que, pour avoir le maximum d'effet avec le minimum de dépense, dans toute distillation, et dans celle de l'eau de mer en particulier, il faut faire marcher la vapeur d'eau à condenser et l'eau de mer qui la refroidit en sens inverse Tune de l'autre dans des tubes concentriques, et diriger dans l'alambic l'eau de mer ainsi échauffée par la vapeur. » Il ajoute qu'un fourneau est l'inverse d'un réfrigérant, définition expres- sive, qui résume les principes de construction qu'il convient d'appliquei- aux fourneaux. » On ne peut méconnaître : i° que le principe de la distillation continue se trouve ainsi posé; 2° que Lavoisier, qui a doté l'industrie, de la méthode du lavage systématique, usuelle aujourd'hui dans toutes les usines chi- miques, formulait, dès 1773, les véritables règles de la distillation écono- mique et celles de la construction des fourneaux, destinés à chauflèr l'eau et à produire la vapetir. » M. Edm. Becqcerel, en présentant a l'Académie le second volume de ( 8 ) l'ouvrage qu'il vient de publier et qui a pour titre « la Lumière, ses causes et ses effets » (i), s'exprime en ces termes: « Le premier volume de cet ouvrage renferme l'étude des souices lumi- neuses comprenant, non-seulement les sources par incandescence, mais encore celles qui sont dues aux effets de phosphorescence dont je me suis occupé pendant plusieius années. » Le second et dernier volume que je présente aujourd'hui à l'Acadé- mie contient l'exposé des divers effets produits par la lumière, c'est-à-dire des effets dus aux actions calorifiques, chimiques et physiologiques aux- quels cet agent peut donner lieu. Les résultats relatifs aux effets chimiques surtout ont reçu de grands développements; j'ai exposé à ce sujet les re- cherches que j'ai faites sur les actions produites |)ar le spectre solaire sur les différentes substances impressionnables. » J'ai montré quels sont les effets électriques qui résultent des actions chimiques de la lumière, et j'ai insisté sur l'emploi de l'actinomètre élec- tro-chimique pour comparer entre elles les intensités des rayons actifs. Quand la substance impressionnable est le sous-chlorure d'argent, les li- mites de sensibilité de la matière dans le spectre sont les mêmes que celles de la rétine, la position du maximum d'action paraît correspondre dans cette image à celle du maximiun de lumière, et l'appareil peut être employé alors comme photomètre. » J'ai décrit les principes des différentes méthodes photographiques et j'ai exposé les résultats de mes recherches sur la reproduction des couleurs du spectre solaire ainsi que celles des images de la chambre noire. M Plusieurs Chapitres ont été consacrés à traiter de l'action physiologique exercée par la lumière sur les végétaux et les animaux, et dans le dernier Livre de l'ouvrage se trouve la description des principaux phénomènes de la vision, tels que l'irradiation, la persistance, les images accidentelles, le contraste des couleurs et les effets de la vision binoculaire. 1) On voit donc que cet ouvrage, comme je l'ai déjà dit l'an dernier en présentant le premier volume à l'Académie, n'est pas un traité d'optique et est conçu sur un plan tout à fait nouveau; il montre que mes recherches sur cette jiartie de l'optique ont toutes été dirigées vers le même but, celui d'étudier des questions de physique moléculaire se rapportant à la transmission des vibrations lumineuses aux particules des corps, ainsi qu'aux effets qui en résultent. » (i) Paris, Firmin Didot. (9 ) HISTOIRE DES SCIENCES. — Ce que l'on doit entendre par la cécité de Galilée; par M. Chasles ( i ) . I. « Lorsque clans la polémique relative aux manuscrits de Pascal j'eus à citer des Lettres de Galilée de lôZji, il me fut ojjposé par MM. Grant et Govi que Galilée était complètement aveugle dès la fin de l'année 1687 (2); qu'il n'avait donc point écrit ces Lettres. Bientôt après intervinrent aussi M. Henri Martin et le P. Secchi s'accordant à fixer la date de la cécité complète de Galilée au commencement i638 (3). Je réfutai leurs raisonne- ments. Mais ce fut surtout M. Volpicelli qui produisit (séance du 6 janvier) deux textes très-explicites, dont le second surtout suffisait seul pour décider irrévocablement la question. » Dans l'un, du i^' janvier i638, Galilée dit qu'il est bref, parce que l'état de maladie de ses yeux ne lui permet pas d'écrire plus longuement. « Et dans l'autre, du aS juillet i638, il dit : « J'en reviendrai à l'absti- » nence du vin, ce qui ne me donne pas l'espérance de ne pas perdre encore M l'autre œil, c'est-à-dire le droit. » ;) Galilée n'avait donc point perdu l'œil droit le 25 juillet i638, supposé qu'il eût déjà perdu l'œil gauche. Ce simple passage était luie réfutation pé- remptoire du système de mes adversaires, qui aurait dû les mettre eu garde contre leur trop grande confiance dans une notion biographique reproduite sans examen, et les porter à se rendre compte du véritable sens des textes qu'ils citaient. les nombreuses contradictions qu'ils y auraient trouvées auraient suffi pour leur faire reconnaître leur erreur. (i) L'Académie a décidé qiie cette communication, quoique dépassant les limites régle- mentaires, serait reproduite en entier aux Comptes rendus. (2) M. Grant : « C'est un fait parfaitement établi que, au mois de janvier 1637, Galilée » fut atteint d'une maladie des yeux qui amena une récité complète avant la fin de la même » année, et que, durant le reste de sa vie, il continua à être absolument privé de la vue. . . . » Quoique atteint d 'une cécité complète depuis l'année 1687 ... . » { Comptes rendus, i i no- vembre, p. 788, 789.) — M. Govi : « Galilée, complètement aveugle à la fin de 1687, n'a >: plus rien écrit de sa main, si ce n'est quelques signatures. » [ Comptes rendus, 2 décembre, p. 956.) (3) M. H. Martin : « Galilée a été complètement aveugle depuis le commencement de iG38 » jusqu'à sa mort. >■ [Comptes rendus, g décembre 1867, p. 990-) — P. Secchi : ~ Nous » connaissons la date de la complète cécité de Galilée; il perdit complètement son second œil 1) avant le 2 janvier i638. " [Comptes rendus, iGdécembre 1867, p. 1019.) C. R., 186S, 2^ Semestre, f T. LX.VII, N« 1.) 2 ' lO ) » Cependant le P. Secchi criil devoir répondre à M. Volpicelli, et pro- duisit, dans une connnunication du 20 janvier (i), plusieurs textes nou- veaux. J'ai pu montrer aussitôt (2) que chacun de ces textes concourait à forliBer mes propres arguments et à prouver la non -cécité complète de Galilée. » Depuis il ne fut plus fait à l'Académie aucune communication sur ce sujet, et je pus croire que chacun avait bien compris enfin que par la cécité de Galilée il fallait entendre un état d'affaiblissement de la vue, une ma- ladie des yeux, une fluxion ou un épanchement de larmes, comme il le dit, affection sujette à des alternatives, comme tant d'autres maladies; et non une privation complète de la vue qui l'aurait rendu aveugle dans toute l'ac- ception du mot, ainsi que le prétendaient M. H. Martin et le P. Secchi. TI. )) Cependant bientôt après parurent deux nouveaux écrits : l'un, du P. Secchi, inséré dans une publication périodique de Rome [Giornale Àrca- dico, t. LIV), et l'autre, de M. H. Martin, intitulé : Newton défendu contre un faussaire nnylais, brochure in-S", adressée à l'Académie le 24 février dernier, et inscrite dans le Bulletin bihlioc/rnphique Je n'ai cru nullement néces- saire de répondre à aucun de ces deux écrits, qui n'ajoutaient rien à ce qui avait été déjà dit par leurs auteurs, et qui ne détruisaient aucune des preuves que j'avais données de la non-cécité de Galilée. )) Je garderais encore le silence s'il ne venait de paraître un nouvel ou- vrage fort étendu de M. H. Martin, offert à l'Académie dans notre dernière séance, qui reproduit les assertions et les jugements erronés de l'auteur tant sur Galilée que sur les autres parties de mes documents. C'est cette publication qui m'oblige de demander à l'Académie de l'entretenir encore , de Galilée. » Je dirai d'abord quelques mois de la brochure même de M. II. Martin. Cet écrit, qui n'est que le développement de la commtmication que l'auteur avait faite à l'Académie le 9 décembre, contient trois parties distinctes : la première se rapporte à mes documents relatifs à Pascal et à Newton; la seconde, aux Lettres de Galilée que j'ai citées; et, dans la troisième, l'auteur raisonne sur la totalité des pièces produites dans cette polémique, en con- cluant qu'elles sont toutes fausses, et, en outie, qu'elles sont l'œuvre d'un (1) Réponse h la rom))iiiiiicntioii de M, f^nli>itelli. [Cnn)pt('s rendus, p. 127.) (2) Observatinns relatu'es h ta Lettre du P. Secchi. [Comptes rendus, p. laq.) ( " ) faussaire anglais. Sa démonstration est bien simple et ne demandait pas l'érudition abondante de l'auteur. Il relève toutes les négligences de style, de langage, d'orthographe, telles qu'iui pluriel pour ini singulier, et vice versa, une préposition pour une autre, l'omission d'un mot, etc. Par exemple, dans ce membre de phrase : « touchant les planètes entre elles et » leurs grosseurs », le mot leurs a été omis par BouUiau : dès lors M. H. Martin voit là une origine anglaise, parce que « en anglais on peut sous-entendre » l'adjectif possessif». C'est ainsi, par la comparaison avec des phrases anglaises, que M. H. Martin explique toutes les négligences qu'il relève, paraissant ignorer que ces incorrections sont très-communes dans les cor- respondances familières de l'époque. Il conlut donc que toutes les Lettres citées dans mes communications sont l'œuvre d'un Anglais, et dès lors il ne dit plus que le faux Pascal, le faux Newlon, le faux Malebranche, le faux Montesquieu, le faux Louis XI F, etc. » Il résulte de là que si, laissant faire au prote son travail habituel, je n'avais pas tenu à la reproduction fidèle de ces pièces, M. H. Martin aurait été dépourvu de ses moyens de critique et de son plus puissant argument de controverse. Peut-être aurait-il pensé alors qu'il était convenable de porter une attention moins prévenue et plus sérieuse sur des documents que j'annonçais être très-variés et très-nombreux, comme il en a fait lui- même l'observation. » Dans la seconde partie, qui concerne les Lettres de Galdée, et où M. H. Martin tend à prouver que sa cécité a été complète dès la fin de lôSy, il indique de nombreuses pages (une quarantaine au moins) de la publica- tion de M. Albéri, comme offrant des preuves favorables àsa thèse; mais il ne cite en réalité que quelques phrases extraites de quelques Lettres seule- ment, et il néglige d'autres phrases et d'autres Lettres des plus importantes qui expriment le contraire de ses propres citations, c'est-à-dire du sens qu'il leur attribue, et qui impliqueraient des contradictions manifestes dans les J^ettres de Galilée. » Cette lacune que je signale dans la brochure de M. H. Martin se re- trouve dans l'ouvrage actuel, accrue d'une autre qui s'y rattache, et que je ne puis passer sous silence. » La brochure est datée de « Rennes, le 21 décembre », de sorte qu'il n'y est fait aucune mention de la communication si précise de M. Volpi- celli, du 6 janvier, ni de la réponse du P. Secchi, du 20 janvier, ni des preuves de la non-cécité de Galilée que j'ai conclues aussitôt de cette réponse même. ( '2 ) » Néanmoins je pensais fermement que ces documents auraient fait im- pression sur l'esprit impartial de M. H. Martin, et qu'il aurait modifié, dans l'ouvrage actuel, ses assertions et ses jugements relatifs à ce point capital de la vie de Galilée, sa cécité, point très-important aussi dans l'his- toire de la science. » Quel fut mon étonnement, je puis dire mon désappointement, de ne pas trouver dans l'ouvrage une seule mention de ces communications à l'Académie du 6 et du 20 janvier, sur une question dans laquelle M. H. Mar- tin était lui-même intervenu, et qu'il avait continuée avec passion dans sa brochure. Le nom même de ces deux savants, M. Volpicelli et le P. Secchi, n'est pas prononcé parmi les très-nombreux auteurs que cite M. H. Martin. » Cependant l'ouvrage se termine pai' des Notes supplémenlaires, dont une est consacrée à la » fable concernantGalilée, Pascal cl Newton » (i), et dans laquelle l'auteur, résumant une partie de sa brochure, reproduit surtout ses assertions relatives à la cécité de Galilé qui, « presque aveugle dès le » 7 juin 1637, l'était devenu totalement et irréparablement au commence- >> ment de décembre de la même année. » » Il semble que lors même que celle dernière partie de l'ouvrage aurait été déjà terminée dans le cours de janvier dernier, il aurait été possible et opportun d'y ajouter luie Note rectificative, ne fiit-ce même que dans Vet- rata, pour mentionner les communications des 6 et 20 janvier, si impor- tantes dans la question controversée, d'autant plus qu'elles renferment des textes omis par M. H. Martin et contraires à ses conclusions. » Je ne saurais expliquer cette abstention. » Quoi qu'il en soit, je vais montrer que M. H. Martin, même en s'abste- nant de tenir compte des preuves manifestes données par M. Volpicelli et par moi-même, aurait dû conclure de ses propres citations la preuve que, dans les Lettres de Galilée, le mot cécité, même cécité complète, n'a point le sens absolu que M. H. Martin lui attribue, et ne doit s'entendre que d'un affaiblissement de la vue, d'une maladie ou infirmité des yeux, soit d'un seul, soit des deux à la fois, maladie dont l'état s'est prolongé pendant cinq ans avec des alternatives de gravité et de soulagement; qu'autrement les textes cités par M. H. Martin lui-même, et d'autres qu'il a négligés, impli- queraient des contradictions manifestes et continuelles. » C'est ce que je vais prouver très-clairement en n'invoquant que les II) NoTH C. « Sur des Lettres et autres pièces qui portent le nom de Galilée et qui se rat- tachent à une fable concernant Galilée, l'ascal et JN'ewton » ; p. 3S8-3l)1. ( -3) textes authentiques des OEuvres imprimées de Galilée, comme fait M. II . Mar- tin, et sans recourir à mes propres documents inédits dont je ne parlerai qu'ensuite. » Je suivrai naturellement l'ordre de date des Lettres que je vois citer. III. Le do janvier 1687 (i), Galilée écrit au P. Micanzio : « Comme je ne puis à cause de ma cécité, ni faire des calculs, ni tracer des figures, ou raisonner sur elles, quelqu'aulre qui en prendrait la peine me fera toujours une chose agréable.... Dans mes ténèbres, je vais rêvant tantôt sur tel effet de la nature, tantôt sur tel autre. » Et ensuite : « Il n'a pas suffi à la Fortune de m'enlevci- la vue toute entière; mais une pluie perpétuelle de larmes continue de couler de mes yeux.'. » >> Galilée, en disant que sa cécité ne lui permet pas de faire des figures ni des calculs, et qu'il lui serait agréable qu'on vouliit bien l'aire ces deux choses pour lui, autorise à penser que sa cécité lui permet de faire autre chose, connue lire et écrire. On peut croire aussi que Galilée parle de l'état où se trouvent ses yeux le jour où il écrit, et que cela ne signifie pas qu'il n'éprouvera pas du soulagement. » M. H. Martin ne paile pas de cette Lettre, et il ne fixe /a perle tCiiii œil de Gahlée que six mois plus tard, vers le milieu de 1637, et sa cécité com- plète à la fin de la même année. « Cette Lettre aurait donc pu lui paraître prouver dès ce moment que, quand Galilée parle de sa cécité, de ses ténèbres, de la perte de Ici vue toute entière, ce sont là des expressions exagérées, d'iuie signification relative, et qui, du reste, ne doivent s'entendre que de l'état de ses yeux dans le mo- ment même où il écrit. » Cette observation va être justifiée immédiatement par la Lettre sui- vante, et le sera de même par toutes les autres. Le 4 «mV 1637 (2), Galilée écrit à Renieri que, depuis un mois, il néglige de répondre à beaucoup de Lettres, à cause d'une inûammation de l'œil droit qui lui fait craindre de le perdre. » Ainsi, le 4 avril, Galilée n'a pas perdu un oeil; il n'est donc point aveugle, quoiqu'il ait parlé deux mois auparavant, le 3o janvier, de sa ce- cj/e, et, comme il le dit, de la perte de la vue toute entière. Ajoutons que si, par suite de son état douloureux, il a négligé, depuis un mois, de répondre (i) Le Opère di Gali/en Galilei, t. VU, p. l45. Firenze, 1848- i^2) Le Opère di Galileo Galilei, t. VII, p. i5l. ( '4 ) à beaucoup de Lettres, il faut en conclure qu'il répondait, dans le mois précédent, c'est-à-dire après le 3o janvier 1637, '^'^" qu'il ait parlé Cf jour- là même de la perte de sa vue toute entière. » Cette Lettre, du 4 avril, est donc trés-significative. Cependant, de même que la précédente, elle n'est pas citée par M. H. Martin. Le 6 Juin 1637 (i), Galilée écrit à Diodati : « Je me retrouve si péniblement affligé de la fluxion de l'œil droit, que non-seulement je ne )3uis ni lire ni écrire une syllabe, mais que je ne puis faire encore aucun de ces exercices qui demandent l'usage de la vue, ni plus ni moins que si j'étais tout à fait nveug/e. » » Il n'est donc pas aveugle. Il ajoute qu'il est obligé de se servir d'un ;imi jjour écrire cette lettre, parce qu'il a fallu qu'il écrive pour répondre à nombre de lettres, et de plus pour recopier une partie de ses études, ce qui lui a tellement fatigué la vue, qu'en peu de jours il est retombé dans un état pire. . .; qu'il est donc obligé d'attendre qu'il puisse se servir de sa pro|)re vue, car il est impossible qu'il se serve des yeux d'un autre, particulièrement jiour revoir des calculs, des observations, et autres choses nécessaires. . . . » Galilée vérifiait donc alors des observations antérieures, sans dovite par de nouvelles observations, et les calculs qui s'y rapportent. Le nic'ine jour 6 juin (a), il écrit à Lorenio Realio, qu'il est privé de la faculté d'écrire même un seul mot, et que ce mal a été occasionné pour avoir beaucoup écrit depuis trois mois. M Ainsi, Galilée avait beaucoup écrit depuis le mois de mars. Il y a là une légère discordance avec la Letiredu 4 avril, où il dit qu'il s'est abstenu d'écrire depuis un mois, c'est-à-dire dans le cours du mois de mars. La 4 juillet i63'] i3), il annonce à Diodali la perte totale de l'œil droit, celui qui a fait de si grandes et si glorieuses découvertes. Le 5 novembre 1637 (4) , Galilée écrit an P. Micanzio. Il parle de l'aggravation de l'état do l'œil qui n'est pas encore tout à fait perdu, mais qui marche vers les ténèbres. Il annonce l'imminence de sa cécité totale. Le u) décembre 1687 (5j, il écrit à Benedetto Guerrini, qu'il ne peut tenter aucune chose dans son état vraiment misérable : « Je dis misérable, parce que mes yeux sont arrivés à - une extrémité (|ui n'admet pas de passage à un état pire, c'est-à-dire qu'ils sont à un état " tel, que je n'y vois rien de plus en les tenant ouverts qu'en les tenant fermés. » (i] Opère, I.VII, p. ihi. 12) T. VII, p. i63. (3) T. VII, p. lao. (4) T. VII, p. 193. (5) T. VII, p. 204. ( .5 ) » L'aggravation de la maladie annoncée le 5 novembre s'est donc pro- duite. Mais, à part l'exagération de langage qne nous avons déjà constatée, fort excusable, du reste, rien n'autorise à dire que l'état actuel de Galilée sera permanent, et que la maladie n'aura point de variations. » Et, en effet, quelques jours après, dès le 1'='' janvier i638, Galilée voyait, au moins d'un œil; comme le prouve la Lettre suivante : Le i" janvier i638(i), il écrit à Boulliau qu'il a reçu ses lettres et son Wvre De naltira Iiicix, quand la lumière de ses yeux était déjà éteinte; qu'une fluxion (jni, depuis sept mois, lui .1 enlevé un œil, le meilleur, couvre l'autre, qui lui servait encore, d'une obscurité telle, qu'il ne voit pas plus les yeux ouverts que les yeux fermés; ce qui lait qu'il ne peut pas bien voil- ée ses veux tout ce qui est écrit si savamment dans son livre; parce que les démonstra- tions qui demandent des figures ne peuvent pas être comprises sans le secours de la vue. En terminant, Galilée ajoute : « J'écris brièvement, parce que l'état fâcheux de mes yeux ne me permet pas d'écrire plus longuement. » » Ainsi : 1° Galilée a perdu un œil il y a sept mois, et l'autre est cou- vert d'une obscurité telle, qu'il ne peut pas bien voir toul , dans le livre de Boulliau, parce que les figures demandent l'usage de la vue. 1° Il n'écrit pas longuement, à cause de l'état de ses yeux. » Galilée, qui ne pouvait pas bien voir toul, voyait donc encore, mais im- parfaitement. Et même il écrivait, mais brièvement, à cause de l'état de ses yeux. » Dès lors, la cécité totale, imminente le 5 novembre, et qui paraissait arrivée le 19 décembre, ne doit point s'entendre d'ime cécité proprement dite, mais bien de la maladie de ses yeux qui le privait plus ou moins de la vue, ce jour-là. » C'est ce qui résultera manifestement des documents suivants, notam- ment d'une Lettre du aS juillet. Le ■2. janvier i638 (2I. Lettre à Diodati : n Galilée, votre cher ami et serviteur, est devenu » depuis un mois irréparablement ^\. entièrement aveugle. » » Cependant la veille, le i"'' janvier, comme nous venons de le faire re- marquer, il disait seulement qu'il ne pouvait pas bien voir tout; et il écri- vait de sa main. En outre, un mois après, le i3 février, il exprimera à l'in- quisiteur, comme je l'ai déjà dit (3), l'espoir de recouvrer la vue. » Il y a donc exagération tout à la fois dans l'expression entièrement (i) T. VII, p. 2o5. (2) T. VII, p. 207. (3) Comptes rendus, t. LXV, p. 828; séance du 18 novembre 1867. ( i6) aveugle, et dans le mol irréparablement, ou plutôt ces locutions qui expri- ment ici les craintes de Galilée ne doivent pas s'entendre à la lettre. » Cela va être prouvé immédiatement par la citation suivante, indépen- damment de beaucoup d'autres. Le z5 Juillet i638 ( i ). Lettre ;i Benedetto Castelli : « .Te reviendrai à l'abstinence du vin, » sans avoir ponr cela l'espoir de ne pas perdre totalement l'autre œil, c'est-à-dire l'œil » droit, comme déjà depuis plusieurs mois j'ai perdu l'œil gauche. » )) Galilée dit donc formellement qu'il lui reste un œil le aS juillet i638. Conséquemment quand il a dit le 2 janvier que depuis tin mois il était irré- parablemenl et entièrement aveugle, il y avait de sa part tme exagération qu'excusent assurément les douleiu-s et les craintes qui l'affligeaient; mais qui prouve qu'il ne faut point prendre à la lettie le mot récité, et les autres expressions semblables. » Il est à propos de remarquer que c'est l'œil droit que Galilée craint de perdre dans ce moment, comme il a déjà perdu l'œil gauche depuis quel- ques mois. » Or, Galilée, plus d'un an auparavant, le 4 juillet 1637, a déjà annoncé à Diodati avoir perdu l'œil droit. Il y ain-ait donc contradiction. Il esta croire que quand Galilée parle de la perte d'tui œil, c'est qu'à ce moment la fluxion de l'œil ayant augmenté, l'organe lui fait plus défaut qu'aupara- vant ; mais rien n'autorise à dire qu'il en sera toujours ainsi^ et cjue cet œil n'éprouvera pas de soulagement. Galilée .ijoule qu'il a des idées d'amélioration des lunettes napolitaines, et que s'il se re- met dans un état moins pénible, il les fera connaître à Castelli; qu'il n'en dit pas davantage dans le moment, parce que de simples jiaroles ne suffisent ])as sans le secours des figures, qu'un aveugle ne peut pas tracer. » Ce passage prouve : 1° que Galilée espérait recouvrer la vue ; et 2° que quand il se dit aveugle, bien qu'il lui reste im œil, il n'entend nul- lement dire qu'il est privé entièrement de la lumière, pas plus que quand il parle de sa cécité complète ou totale. Le 3 décembre i(i3f) {">.]. Lettre de Galilée au P. Castelli. ■> De celte démonstration, il (Viviani) a fait un développement pour moi, qui, nie trouvant tout h fait privé des yeu.r, me serois peut-être embrouillé dans les figures et les caractères qu'il y falloit. » » Ainsi Galilée aurait pu s'embrouiller dans les figures et les caractères (1) T. VII, p. 2M. (2) T. VII, p. 238. ( '7 ) que demandait la démonstration, c'est-à-dire qu'il ne voyait pas suffisam- ment pour bien faire ou bien suivre les figures de la démonstration. Il voyait donc, mais insuffisamment. » Et encore il faut remarquer qu'il dit qu'il se serait peut-être embrouillé; ce qui fait supposer que peut-être aussi il aurait pu ne pas s'endirouiller. Le 6 açril i64i (i), 1« P- Micanzio écrit à Galilée que, d'après sa leltre du 9 mars précé- dent, son infirmité des yeux ( infimiith degli occhi) et ses insomnies iraient plutôt en aug- mentant. » Il semble que par une infirmité des yeux qui va en augmentant, il faut entendre un affaiblissement progressif de la vue, et non l'état d'un aveucjle proprement dit, aveugle même depuis trois ans. » Dans d'autres Lettres de i64o et i64i, Galilée dit qu'U n'est fait lire, qu'il se sert pour écrire des yeux et delà main d'un ami. M. H. Martin voit là de nouvelles preuves de la cécité de Galilée. » Je crois, au contraire, que ces Lettres, dans lesquelles Galilée continue de parler de ses yeux, de sa cécité, accusent l'erreur de M. H. Martin. Car si Galilée avait été absolument aveugle depuis la fin de 1637, c'est-à-dire depuis trois à quatre ans, ses amis, et particulièrement le grand-duc de Tos- cane et les princes de sa famille, à qui sont adressées plusieurs de ces Lettres, l'auraient su parfaitement, et il n'aurait point eu à s'excuser de ne pas lire lui-même quelquefois leurs ouvrages ou leurs Lettres, et de ne pas leur répondre de sa propre main. Loin de là, il aurait cessé depuis longtemps de parler de sa cécité. Il semble que cette simple réflexion aurait pu jeter des doutes dans l'esprit de M. H. Martin. » Il ressort évidemment des considérations précédentes que par le mot cécité, même cécité totale ou complète, il ne faut point entendre une cécité absolue, c'est-à-dire l'état d'un aveucjle proprement dit, privé de toute lumière. Il faut entendre un affaiblissement de la vue, un état maladif des yeux, qui s'est prolongé avec des alternatives de soulagement et d'ag- gravation. » C'est ce que je m'étais proposé de prouver. IV. » Observation. — On a vu, dès le commencement de cette analyse des Lettres de Galilée, que M. H. Martin s'est abstenu de toute mention des (i)T. X, p 4i5 C. K., iH(18, -i" S.mcslre (T. LXVll, iN" 1.) ( i8 ) deux premières Lettres que j'ai eu à citer, bien qu'elles se rapportent essen- tiellement à la prétendue cécité. Je ferai une pareille remarque au sujet de deux autres Lettres également fort importantes. » La première est celle du i"' janvier i638, adressée à Boulliau, dans laquelle Galilée dit ne pouvoir pas bien voir tout de ses yeux, et ne pouvoir écrire longuement. )) M. H. Martin passe sous silence ces deux phrases, et ne cite que celle-ci : « Galilée déclare quil ne voit pas plus les y eux ouverts que les )) y^eux fermés. « » La seconde est la Lettre duaS juillet adressée au P. Castelli. M.H.Martin, qui a cité la Lettre de Galilée du 2 janvier i638, de laquelle il conclut ex- pressément que, depuis le commencement de décembre 1637, Galilée était « entièrement et irrévocablement aveugle [irreparabilmente del tutto cieco) », ne cite pas un mot de la Lettre postérieure du 25 juillet, où il dit qu'il re- viendra à l'abstinence du vin sans avoir l'espérance de ne pas perdre l'œil qui lui reste. Cette Lettre cependant, citée par M. Volpicelli, est de la plus haute importance, puisqu'elle dit le contraire de la première, et que du reste elle est d'une date plus avancée dans le cours de la maladie de Galilée. » Je dois ajouter toutefois que cette Lettre se trouve àl'une des nombreuses pages du tome VII des OEuvres de Galilée, indiquées par M. H. Martin, au sujet de la cécité de Galilée. Cette mention muette prouve néanmoins que M. H. Martin a connu cette Lettre. » J'ai l'espoir qu'il voudra bien revenir sur la question et modifier ses premières impressions, son premier jugement, ainsi que je vois qu'il a fait dans son ouvrage, à l'égard d'un autre point important, la falsification de mes documents. » Dans sa communication à l'Académie (du 9 novembre), AL H. Martin, en déclarant et en cherchant à démontrer que les Lettres de Pascal et celles de Montesquieu sont l'oeuvre d'un faussaire anglais, n'a rien dit du fabri- cateur des Lettres de Newton et de Galilée. » Dans sa brochure, il a fait un pas de plus : après avoir tenté de prou- ver que toutes les Lettres françaises, c'est-à-dire de Pascal, de Boulliau, de Malebranche, de Louis XIV, de Cassini, de Montesquieu, étaient l'œuvre d'un faussaire anglais^ il a déclaré qu'il en étriit de même des Lettres attri- buées à Newton, à la mère de Newton, à Robertson et à d'autres Anglais. » C'est sur ce dernier point que, dans l'ouvrage actuel, M. H. Martin se rectifie. « J'ai eu tort, dit-il, de supposer qu'il en devait être de même de » toutes les Lettres fabriquées pour le même but, et notamment des Lettres ( '9 ) » françaises attribuées à Newton, à la mère de Newton, à Robertson et à » d'autres Anglais. Sir David Brewster a )3rouvé que ces Lettres sont d'un » Français qui connaissait très-mal l'Angleterre » » Ici M. H. Martin semble atténuer son oeuvre; car il n'a pas simplement supposé, il s'est proposé de démontrer. 11 dit formellement : « Leur contenu » (des Lettres) prouve, comme nous le verrons i> )) Je m'abstiens dans ce moment de toute autre observation sur l'ouvrage de M. H. Martin, qui ne se rapporterait pas à la question actuelle, la pré- tendue cécité de Galilée. » Maintenant je vais communiquer à l'Académie des documents inédits, des extraits de Lettres de personnages célèbres, adressées à Galilée et à d'autres, qui confirment pleinement les conclusions que j'ai tirées de l'ana- lyse impartiale des documents imprimés. V. yoiture an Roi Louis XIII, Florence, ce 20 septembre i638. — Je visitay le signor Galilée en sa maison d'Arcetn où je le trouvay descrivant ses observations astronomiques qu'il avoit fait la nuit précédente. C'est un beau vieillard dont la vue seule inspire de la vénération. Il a esté très flatté de la visite que je luy faisois de la part de Vostre Majesté.... Voiture au cardinal de Richelieu. Florence, ce 20 septembre. — Je me suis aussy rendu hier auprès du seigneur Galilée, et luy ay remis vostre lettre... Il estoit occupé à mettre en ordre ses observations de la nuit précédente, desquelles, m'a-t-il dit, il estoir très satisfait. Je lay retrouvé bien vieilli, mais non aussy caduc que je pensois. Il est allerte et bien portant et ne semble gueres se ressentir des persécutions dont on a dit qu'il avoit suby...;!! m'a asseuré qu'on avoit un peu e-xagéré ses maux. Voiture h mademoiselle de Gournay, Florence, ce 21 septembre i638. — Je suis chargé de part le signor Galilée nostre aniy commun de vous assurer de son amitié, et de sa grande satisfaction pour la lettre que vous luy avez escrite. Je l'ay trouvé occupé à descrire ses observations.... Rotroii à Galilée. (Sans date.) — .Te vous suis infiniment obligé des divers écrits qu'il vous a plu m'en- voyer par l'intermédiaire de M. Voiture.... Je suis désolé de l'accident qui vous est tombé sur les yeux, dû sans doute à la fraîcheur des nuits que vous avez passées à observer les astres. Mais enfin espérons qu'avec un peu de repos et avec des soins, vous parviendrez à recouvrer cette lumière si précieuse non seidement pour vous mesme, mais pour tout le genre humain. C'est du moins ce que m'a fait espérer monsieur Voiture. Je prie Dieu pour qu'il en soit ainsy. 3.. {20) S. Fouet à Galilée. Paris, ce 8 mai i63q. — Vous m'avez appris par cette mesme lettre que vous sentiez vos yeux s'affoibiir. Cela me fait peine, car je n'ignore pas quille privation ce seroit pour vous, si vous perdiez la lumière. J'espère que Dieu ne vous en privera pas entièrement, et je l'en prie sincèrement. Mignard h Galilée. Ce 22 novembre i63q. — J'ay appris aussy, et ce avec peine, qu'il vous estoit tombé un malaise sur les yeux, qui vous privoit presque de la lumière. Cette nouvelle m'a été très sensible. Je vous serois très oblig-é de m'informer de ce qui en est au juste.... Le cavalier Bernin h Le Brun. Ce 2q novembre 1639. — Signor, il est vray que le très illustre Galilée a perdu presque la vue, par suite de trop d'application à l'eslude astronomique. Car presque chaque nuit, quant le temps est beau, il est en observation.... Sa cécité vient donc, à ce qu'asseure le médecin, de la fraischeur des nuits. Ceux qui asseurent que c'est par punition du Ciel, pour ce qu'il a voulu trop empiéter sur les mystères de la création sont des fanatiques ou des imposteurs qui en veulent faire acroire au vulgaire. Mais je tiens pour certain que sa cécité, c'est à dire presque cécité, ne luy vient, comme je l'ay dit, de sa trop grande application à l'estude. Vous pouvez en asseurer vos amis. Daniel Elzcvier à Galilée. Leyde, ce 2 décembre lôSg. — J'apprens avec beaucoup de peine vostre estât de souf- france, et je suis extrêmement marry de scavoir que vous avez presque perdu la lumière. Daignez donc, je vous prie, me faire scavoir exactement ce qu'il en est.... Philippe de Champaigne à Galilée. A Paris, ce 20 janvier i64o.' — Seigneur Galilée, j'ay reçu une Lettre du jeime Puget qui dans une visite qu'il a fait à Florence, m'a dit vous avoir esté visiter à vostre campagne d'Arcetri, et m'a appris vous avoir trouvé presque privé de la lumière.... Espérons que Dieu sera assez bon pour vous conserver le peu qui vous en reste. Le jeune Puget m'a assuré que, malgré vos souffrances, vous vous livrez à un travail assidu; que vous avez esté forcé, bien entendu, d'abandonner l'astronomie, mais que vous vous occupiez de mettre de l'ordre dans vos escrits. Si en rangeant vos |)apiers, vous re- trouviez quelque chose touchant les couleurs et leur génération.... S. Vouet h Galilée, Paris, ce 8 may i64o. — Quelques personnes assurent que vous avez entièrement perdu la lumière : d'autres disent que vous ne l'avez perdue qu'en partie, mais que vous en estes entièrement privé pour faire vos observations astronomiques. Cet état de choses m'inquiète et m'afflige. Ce 8 août 1640. — J'ai reçu vostre Lettre du 26 juin dernier, par laquelle vous me faites part de l'étal où vous vous trouvez : et malgré la peine que me cause la cécité où vous estes, qui vous prive d'achever les observations astronomiques que vous préméditiez, je me con- ( 2. ) sole avec vous de ce que Dieu ne vous a entièrement privé de la lumière, puisque vous y voyez encore assez pour lire et escrire et continuer d'autres estudes qui ne sont pas moins agréables et utiles que celle de lastronomie, et desquelles autrefois vous ne vous occupiez que par délassement de travaux plus abstraits. Le comte d'Oxenstiern à Galilée. Ce 3 mars 1640. — Ma douleur a esté grande, je vous assure, en apprenant que vous ne pouviez plus faire d'observations au ciel. Je vous assure bien que je voudrois pou- voir racheter par tout ce que j'ay de plus précieulx cette lumière qui vous estoit si néces- saire et qui estoit le flambeau du monde. Je vous assure que cette nouvelle, qui m'est sur- venue au moment où j'estois pour'escrire avec nostre jeune Reine, m'a fait tomber la plume de la main; et elle mesme a esté si affectée, que j'ay cru un instant qu'elle s'en trouveroit mal, tant est grande l'estime qu'elle a pour vous; et ce n'est que lorsque le messager qui nous apporta cette triste nouvelle ajouta qu'on espéroit encore que vous pourriez recouvrer la vue en prenant des soins, et qui du reste n'estoit qu'affoiblie, et partant que vous n'en estiez privé que pour vos observations au ciel, alors la jeune Reine a repris ses sens et est revenue à elle, et a tesmoigné le désir de se rendre près de vous, tant elle a le désir de vous voir et de vous connoistre en particulier. Elle vous escrira sans doute en son particulier. Louis de Bourbon [prince de Condé) h Galilée. Ce 3 mars 1640. — J'ai appris avec une douleur très sensible que la maladie vous estoit tombée sur la vue, par suite de vos observations trop affectives à l'estude des astres. On m'a asseuré que la lumière de vos yeux s'estoit presque éteinte. Veuillez me faire scavoir exacte- ment, s'il vous plaist, la vérité à ce sujet. (Sans date.) — Monsieur, je suis bien content de scavoir que tout es])oir n'est pas perdu au sujet du recouvrement de vostre vue, et surtout que vous ne l'avez pas entièrement perdue, puisque vous pouvez encore lire et escrire, ce qui est une grande chose; et j'en rends grâces à Dieu. La personne qui vous remettra cette Lettre est un médecin que j'ay en estime, et que j'envoye devers vous pour examiner et estudier vos yeux.... C'est pour moy grande satis- faction qu'il me rapporte de vous bonnes nouvelles; car les bruits ont couru icy qu'il n'y avoit nul espoir, et mesme que vostre vue estoit entièrement disparue. Effiat de Cinq-Mars à Galilée. Ce 11 mars 1640. — Monsieur, vostre lettre me fust remise il y a quelques jours, et j'en suis très satisfait.... Nous avons longuement parlé de vous, de vos inventions et en particu- lier du télescope, instrument précieux à la faveur duquel le ciel n'a plus de secret pour l'homme. 11 m'a parlé aussy de vos souffrances, de la privation où vous estes de ne pouvoir plus lire dans les cieux, pour ce que la lumière vous fait presque défaut, pour estudier les astres surtout. J'en suis très affecté, je vous assure, tant à cause de vous que dans l'intérêt de la science astronomicjue. Vostre jeune protégé m'a aussy entretenu de vostre invention du thermomètre, du pendule et de la balance hydrostatique. Charles V , roi d' Angleterre, à Galilée. Ce 22 mars i64o. — A])prenant en ces derniers tems que vous aviez eu à supporter de grandes souffrances \im ^uite d'opérations faites à vos j'eux, je viens ni"en(]uérir de Testât du ( 22 ) vostre santé, et s'il y a espérance (pie vous recouvriez la vue. C'est de vous que je désirerois apprendre cette nouvelle. C'est pourquoy je vous fais celte lettre en mon privé, et vous prie informer le porteur iKicelie oîi en est sur ce vostre espérance. Bcnscradc h Galilée. Paris ce 2 juin i64o. — Les uns disent que vous avez entièrement jierdu la vue; d'au- tres disent que vous y voyez encore assez pour lire, escrire et vous conduire, mais qu'elle est tellement affoiblie, que l'on craint que vous la perdiez entièrement, et que dans tous les cas vous en estes privé pour vos observations astronomiques. De tous ces récits qui m'ont très affecté, car il faut bien qu'il en soit quelque chose, je désirerois bien scavoir de vous la vérité. Ph. de Chanipaigne à N. Poussin. A Paris ce 3 juin 1640. — .l'espère qu'avant de revenir à Paris vous vous rendrez de nou- veau à Florence. Je vous engage à y visiter le très illustre Galilée, qu'on m'a assuré estre céciteux, c'est à dire qu'il ne voit presque plus P. Puget à Ph. de Champaigne. De Florence, ce aS juillet 1640. — Je fus rendre dernièrement une visite au seigneur Ga- lilée, que je trouvay occupé à dessiner ; ce qui me lit grand plaisir; car il me dit qu'il aimoil beaucoup l'architecture et la peinture; et je vous assure qu'il dessine assez bien malgré la faiblesse de sa vue. N. Poussin à monseigneur Desnoyers, Ministre d'Etnt. De Rome, ce 8 août 1640. — 'Vous m'avez chargé d'une mission que j'ay tenu m'acquitter de suite. Je me suis donc rendu à Florence, c'est à dire à la uiaison des champs, où j'ay trouvé le seigneur Galilée, que déjà je cognoissois depuis longtems. Je l'ai trouvé bien caduc et mesme presque aveugle Je luy ay fait par du désir que Sa Majesté Louis XIII avoit d'avoir une esquisse de sa figure; et il y a consenti — Le cardinal Benlii'oglio h Balzac. Ce 1 octobre i64o. — 'Vous me mandez ce que je scay de certain de la cécité survenue au signor Galilée, dont je vous ay touché un mot dans une autre lettre. Ayant pris quelques informations, on m'a assuré que, par suite d'une trop grande application à l'estude des astres, et à cause de la fraîcheur de la nuit qu'il a esté obligé mainlefois de supporter, ses yeux se sont alfoiblis, au point de ne pouvoir plus faire aucune observation au firmament, et que c'est mesme avec peine qu'il peut encore lire et escrire. ... Je me propose de luv faire pro- chainement une visite afin d'estre assuré par moy mesme de ce qui en est de son estât de cécité. Car il en est qui disent qu'elle est cnlière, et d'autres, qu'elle n'est ijne partielle et qu'on espère mesme qu'il recouvrera la vu^. . . . Ph. (le Champaigne à Galilée. A Paris, ce i""'' novembre i64o. — J'ay reçu vostre aimable lettre, el j'ay esté content de la voirescrite de vostre main, parce que cela m'est un tesmoignage que vous y voyez encore assez pour lire el escrire. J en rends grâce à Dieu. ( 23 ) La Reine Christine h Galilée. Ce 20 novembre 1640. — Puisque le Tout-Puissant vous a esté la satisfaction de lire aux cieux, continuez donc d'exercer vostre génie pour les lettres. Vous le devez à l'Europe, à vos amis, à vostre réputation. ... Je prie le Tout-Puissant de vous accorder la lumière qu'on m'a dit vouloir vous faire quelques défauts. C'est là le plus grand de mes ennuis. Ce 22 décembre i64o. — Je ressens combien il doit vous estre pénible de ne plus pou- voir lire dans les cieux. Mais j'espère que ces souffrances ne sont que momentanées, et que vos yeux redeviendront brillans comme des astres Malgré toute la peine que je ressens de vous scavoir cette calamité, je m'estime encore heureuse de scavoir que la cécité n'est pas complette, puisqu'il vous est possible de lire et d'escrire à vos amis. Julie iV Angennes [Duchesse de Montausief) a Galilée. Ce 2 décembre 1640. — Seigneur Galilée, je vous prie de me faire scavoir de vos nou- velles, car j'ay appris avec peine que vous estiez fort malade, et que la vue vous faisait presque défaut. P. Puget h Ph. de Champaigne. Rome, ce 20 décembre (i64o?). — Monsieur et cher maistre, je fis dernièrement un voyage à Florence. . . Je me rendis chez lui (Galilée), et le trouvay en ses jardins d'Arcetri, surveil- lant les travaux de son jardinier. Il estait accompagné de son eslève le jeune Viviani, jeune homme très-spirituel et qui marche très-bien sur les pas de son maisire. Je li'ouvav le signor Galilée encore vert, mais fort attristé, à cause de la perte presqu'entière de la vue. Un de ses yeux surtout a perdu entièrement la lumière, ce qui luy est excessivement pénible, car il ne peut lire aux astres; ce qui est pour luy une grande privation. Mignard à B. Puget, à Florence. Rome, ce 22 décembre 1640. — Daignez, je vous prie, m'informer de Testât de sa santé (de Galilée). Icy quelques personnes, avec un certain bien aise, une certaine satisfaction, font courir le bruit qu'il a entièrement perdu la vue, et font accroire au peuple ignorant que c'est une punition du Ciel, pour avoir voulu pénétrer trop avant dans les mystères de Dieu; et l'on cherche à propager cette idée (fausse je n'en fais doute, car d'autres per- sonnes moins mal intentionnées rapportent que sa vue s'est beaucoup affaiblie en effet, et qu'il ne peut plus lire au firmament, ce qui doit ostre une grande jirivation pour luy; mais qu'il y voit encore assez pour lire, escrire et se conduire). Je vous le repelte, on cherche icy à propager l'idée parmy le vulgaire, qu'il a entièrement perdu la vue par punition du Ciel, pour avoir voulu pénétrer trop avant dans les secrets du Créateur. Veuillez donc me dire, je vous prie, ce que vous scavez à ce sujet. P. Puget à Mignard, à Rome. (Florence.) Ce 28 décembre i64o. — Quan a ce que vous me mande de nostre cher amy M'' Galilée, il est vray que ses yeus sont malade, et qui ne peu plus lire au firmaman ; mais il voit encor pour lire et escrir, et vien parfois seul de sa maison des chanis à Florence. Je le vis encor y a quelque jour; c'est donc sans fondeman conie sans reson qu'on veu faire croire au vulgair que sa cécité est une punition du ciel, Je luy en ay parlé; il en a plaisanté (i). ( i) Le défaut absolu d'orthographe dans cette Lettre fait qu'elle diffère considérablement à f 2/i ) Migiuird h Pugct, à Florence. ( Rome. ) Ce 10 janvier 1641 • — J'ay reçu vostre aimable lettre qui m'a l'ail sçavoir de vos nouvelles, et qui m'a aussi rassuré sur Testât de santé de nostre amy le sciyneur Galilée. Je suis donc très satisfait de scavoir que sa cécité n'est pas complète comme quelques gens icy veulent le faire croire dans le but d'épouvanter le vulgaire en luy faisant accroire que ce fa- meux astronome cstoit puni par Dieu pour avoir voulu pénétrer ses mystères. Je vous assure qu'il y a bien des gens qui le croient, quelques-uns niesme l'escrivent. Quoi qu'il en soit, c'est une grande satisfaction pour moy que cela ne soit entièrement vray. iV. Pvussin h Galilée. A Paris, ce 20 janvier 1641 • — Beaucoup de gens croient ici que vous avez entièrement perdu la vue. C'est un bruit qu'on s'est plu à propager, à ce qu'il paroist. Je les ay rassuré autant que possible, en leur disant la vérité, c'est-à-dire que j'étais allé vous faire une visite d'adieu; que je vous avois trouvé souffreteux, et qu'il cstoit vray (jue la lumière des yeux vous faisoit défaut pour la continuation de vos estudes astronomiques. . . , mais que pour- tant la vue ne vous avoist pas entièrement abandonné, puisque vous pouviez vous conduiie vous inesme, lire et escrire, et enfin mettre de l'ordre dans vos escrits. . . Je veux bien vous assurer que vous avez en France de nombreux admirateurs. P. Ptiget à Gtililée. Rome, ce 20 janvier (1641?). — Lorsque j'eus l'honneur de vous voir, il y a quelque temps, vous me parlastes d'un ])etit traité toucliant la génération des couleurs et en ce (pii est de l'optique sur la lumière et sur les couleurs. ... Je suis excessivement peiné de vous savoir presque céciteux. Je ne vous dis rien de plus, si ce n'est que je vous assure de mon profond respect, et suis, etc. La Reine Christine h Galilée. Ce 23 janvier i64i. — Continuez donc à enrichir notre siècle par vos talents et par votre grand génie. Quand à moi, je prie Dieu pour qu'il vous conserve longtemps encore la santé, et qu'il vous recouvre entièrement la lumière. Tels sont mes vœux. DeStockolm, ce 22 juillet i64i- — Monsieur, vostre lettre m'a été on ne peut plus agréable, soyez en bien assuré. Seulement elle me laisse un grand regret. J'apprens avec un grand déplaisir que vous estes presque privé de la lumière, et que pour cette raison vous ne pouvez supporter aucun déplacement. Déjà je m'estois félicitée de vous voir, et j 'avois ordonné des préparatifs. . . . Foiture à Gnlilée. Ce 3 février i64i- — Nostre Saint-Père m'a reçu, il y a quelque temps, en audience particulière. . . . Vous avez aussy esté l'objet de nostre entretien. Sa Sainteté est fort peinée de l'accident qui vous est tombé sur les yeux, et fait des vœux pour que Dieu vous garde le peu de lumière qui vous reste. cet égard des deux précédentes adressées à Ph. de Champaigne. C'est que celles-ci étaient écrites par un ami de Puget, et seulement signées par lui. Il s'en trouve des deux sortes parmi ses Lettres adressées à Galilée, dans l'une desquelles il donne rcx|)lication que je rapporte. Mignard a fait écrire aussi plusieurs de ses Lettres. ( 25 ) Voiture h Rotroii. Ce 24 rnars i64i- — Ne voulant pas quitter l'Italie sans revoir encore une fois le très illustre Galilée nostre aniy commun, je me suis donc rendu dernièrement en sa campagne d'Arcetri, où je le trouvay escrivant, et lisant l'Arioste, son auteur favory . ... Il a la vue bien affoiblie, mais cependant il y voit encore assez pour se conduire et il escrit encore luy mesme la plus grande partie de sa correspondance. Il a près de luy un jeune homme qui copie ses manuscrits, et qui parfois fait des observations astronomiques sous la recomman- dation de son maislre. Mademoiselle de Goiunay à Galilée. A Paris, le 16° de mars 1641. — On fait courir icy des bruits fort estranges. D'abord, c'est que vous auriez entièrement perdu la lumière, et ensuite c'est que cette calamité vous auroit esté envoyée du Ciel pour avoir voulu pénétrer les mystères du créateur. f^oiluie au Roi Louis XIII. Rome, ce 32 avril 164 1. — Je me suis rendu en la villa d'Arcetri pour y visiter le signor Galilée, qui m'a tesmoigné sa grande satisfaction de l'intércst que lui tesmoigne vostre Ma- jesté. Je l'ay trouvé non pas très vieilly depuis trois ans que je ne l'avois veu mais cepen- dant bien moins alerte et plus peiné à cause de la maladie qui lui est survenue aux yen.x.. Il en a perdu un entièrement; de l'autre il voit encore assez pour lirect escrire et se conduire; mais ce qui l'affecte beaucoup c'est de ne pouvoir plus lire dans les cieux. Il a bien près de luy un jeune eslève, M. Viviani, à qui il commande et indique ses observations; mais cela n'est pas la même chose, et cela se com^oit. Il attend de Rome M. Toriceili, qui du reste va le visiter de temps à autre. Le pape Urbain Vlll au cardinal de Richelieu. De Rome, ce 8 mars 1641. — J'ay reçu de luy (Galilée) une lettre qui témoigne tpie je l'ay toujours eu en grand estime. Et mesme je l'ay toujours considéré comme un amy. Par cette lettre il me fait part, non de ses observations au ciel, car il n'y voit plus, depuis qu'il a perdu presque la vue, mais de ses remarques sur le Dante, Pétrarque, l'Arioste et le Tasse, qui sont ses autheurs favorys; et je veux bien avouer à V. E. que s'il fut bon astro- nosme, c'est aussy un bon littérateur. Le cardinal Bentivoglio à Mademoiselle de Gournay. De Rome, ce 3 juillet i64i. — Je scay, Mademoiselle, que vous avez beaucoup d'estime pour le signor Galilée; car maintefois nous en avons parlé ensemble. J'ay appris qu'il estoit très souffrant et privé pourainsy dire de la lumière. Aucun disent mesme qu'il a perdu entiè- rement la vue. Mais je me suis assuré par une personne digne de foi, qui l'a visité il n'y a pas long teras, qu'il y voit encore assez pour lire et escrire, mais qu'il est dans l'impossi- bilité de continuer luy mesme ses estudes astronomiques; ce qui est une grande privation pour Uiy, car il paroit qu'il préméditoit encore de grandes découvertes. Le cardinal Bentivoglio à Balzac. Ce 20 juillet i6^i. — Je le trouvay (Galilée) non pas aussy caduc qu'on prétendoit le faire croire, mais pourtant assez calamiteux. D'abord, c'est «lu'il est très affecté de ne plus C. R., 1868, a» Semestre. (T. LX.V11, ^<' I.) 4 ( 26 ) pouvoir lire au firmament, qui cstoit pour ainsy dire son livre de prédilection. Il me dit que c'estoit pour luy une grande privation, d'autant plus que lorsque ses yeux commencèrent à foiblir il estoit sur le point de faire des découvertes, présume-t-il, d'une grande importance, du côté de Saturne et au delà. Maintenant il ne peut qu'ordonner; car pour luy le ciel n'est plus qu'une obscurité ; à peine voit-il à 20 pas, et à cent au moyen d'une de ses lunettes. Charles 1" h Galilée. Ce 12 août 1641. — Je suis très aise d'apprendre de vos nouvelles et content de scavoir qu'il y a quelque amélioration à votre estât car on ni'avoit asseuré que la cécité estoit com- plète; et je m'estime heureux de scavoir que cela n'est pas. .T'en rends grâces à Dieu; et sa majesté la Reine se joint à moy pour adresser au Tout-Puissant une fcrvante prière, affin qu'il vous rétablisse la santé et vous recouvre la lumière si utile pour esclairer le monde scavant. Mademoiselle de Gournay au cardinal Be/itivoglio. Paris, ce i4aoust i64t- — Monseigneur, je vous scay gré infiniment de vostre bonne lettre. Elle m'a fait infiniment plaisir. Je vous suis aussy infiniment obligé d'avoir bien voulu me parler du très illustre Galilée; car comme vous le dite, je l'ay en grande estime. Déjà je scavoisson estât, et qu'il avoit presque perdu la lumière... Je tiens pour certain qu'il pré- méditoit de grandes découvertes, ainsy qu'il appei t de diverses lettres par luy escrites à ses amis de France. De pareils génies qui sont la lumière du monde devroient toujours estre dans la béatitude, Balzac a Galilée, Ce 22 aoust i64i. — Je suis très peiné de vous scavoir souffrant et qu'un de vos yeux vous fait défaut. Cela m'afflige sensiblement, je vous assure, et prie Dieu avec ferveur pour qu'il daigne vous conserver l'autre comme chose précieuse non seulement pour vous, mais dans lintérél des connoîssances humaines. Car c'est avec raison qu'on vous considère comme la lumière de l'humanité. Saint Vincent de Paul au cardinal Bentivoglio. Ce 22 aoust 1641. — Ce messager a aussy pour mission de se rendre auprès du signor Galilée..., afin de cognoistre Testât de ses souffrances, pource qu'on fait courir des bruits, qu'il a enlièrement perdu la lumière. C'est pour scavoir la vérité de ce fait, et quelle en est la cause. Sœur Jeanne Françoise Frcmint [Itarnnne de Chantai) au cardinal Bentivoglio. Ce 24 aoust 1641.— Icy il y a des gens qui font courir le bruit qu'il (le signor Galilée) a entièrement perdu la lumière, et que l'on considère cette privation comme une punition du Très Haut — D'autres disent qu'il n'en est rien, et que si ses yeuxsont alToiblis, ce n'est que par suite de trop d'application à l'estude et aussy à la fraîcheur des nuits qu'il a passée en observation, ce qui me paroit plus conforme à la vérité... Scarron à Galilée. Ce 2 septembre i64i • — Je suis bien peiné de vous scavoir aussi calamileux, car je n'ignore pas combien il doit vous estre pénible désire presque privé de la lumière. Mais j'ay appris ( 27 ) qu'on devoit vous faire une opération. Espérons qu'elle vous sera salutaire. C'est ce que je désir du plus profond de mon cœur. Ce i4 septembre. — Je suis ayse de scavoir qu'on espère beaucoup vous guerrir. Je fais des vœux pour que cette espérance se réalise... Daignez, je vous prie, IMonsieur, in'informer du résultat de vosire opération, sitost qu'elle sera faite. Car cela m'intéresse grandement je vous asseure, et j'attens cette nouvelle avec impatience. Ce 2 décembre 1641 . — J'ay appris avec douleur que l'opération, qui vous a esté faite n'a pas eu le résultat que nous en espérions. J'en suis extrêmement peiné, je vous asseure, et ne puis m'en consoler. Ph. de Champaigne à Puget. Florence, ce 2 septembre i64i- — Je suis retourné revoir le très illustre Galilée qui me tesmoigne grand intérêt et amitié, comme du reste il en témoigne à tous les François, pour lesquels il a une préférence... Il devient caduc de plus en plus, parce qu'il est privé de la lumière des cieux, car c'estoit là son élément, et maintenant il ne peut plus lire au ciel : il en est réduit à la lecture des livres, et à mettre ordre en ses escrits. Mademoiselle de Gournay a Galilée, A Paris, ce 22 septembre i64i. — Vostre dernière lettre m'a fait bien plaisir, pour ce que vous me mandez que vostre médecin vous donne bonne espérance, et qu'on attend un bon résultat de la nouvelle opération qu'on se propose à faire à vos yeux. Dieu veuille qu'il en soit ainsy pour le bien de l'humanité et pour détromper le vulgaire crédule. Le cardinal Bentivoglio à Madame la baronne de Chantai. Ce 22 septembre 1641. — Quant à ce que vous me mandez. Madame, de Testât de cécité du seigneur Galilée, et de ce qui en est la cause, je veux bien vous rassurer, pource que je le visitay moy mesme, il y a peu de temps, de par l'ordre du Saint-Père et de Sa Majesté le Roy de France, qui me chargea de cette mission; je veux bien, dis-je, vous rassurer que le seigneur Galilée n'a pas entièrement perdu la lumière, mais qu'il en est privé, parce qu'il ne peut plus étudier le firmament, ce qui pour luy est une grande privation. Mais il voit encore assez pour lire et pour escrire; et qu'il fait luy seul parfois le chemin d'Arcetri à Florence... Le Pape Urbain VIlï à Mademoiselle de Gournay. Ce 22 septembre 1641. — J'ay appris par monseigneur le cardinal Bentivoglio qui aussy vous a en grand estime que vous aviez dessein de faire un voyage en Italie, pour avant toute chose y visiter un aniy que vous avez en grand estime ; je parle du seigneur Galilée, qui en ce moment est souffrant et presque privé de la lumière. Je ne puis que vous encourager à ce voyage, et j'espère qu'alors j'auray l'honneur de vostre visite. C'est pour vous le manifester que je vous fais cette lettre en mon privé nom. J'ose espérer que vous vous rendrez à mes souhaits. Le Pape Urbain VIII à Madame J. F, Fremiot, baronne de Chantai. Ce 23 septembre i64i. — Très illustre dame et chère fille en Dieu, ce que vous m'avez mandez par vostre dernière missive touchant les bruits qu'on se plaist à propager de la cécité 4.. ( 28 ) du seigneur Galilée sont mal fondés, comme déjà du reste je vous l'ay dit. Le seigneur Galilée n'est point aveugle entièrement, ainsy que je m'en suis assuré. Seulement sa vue s'est affoi- blie au point qu'il est privé de ne pouvoir continuer ses observations astronomiques. Mais il peut encore escrire et lire, et mesme ordonner ses instiumens, ainsy qu'on me l'a rap- porté.... Le cardinal Bcntivoglio au Roi Louis XJII. Ce 4 octobre i64i. — Je l'ai trouvé (Galilée) très caduc, il est vray, mais non entière- ment céciteu.x. Car lorsque j'arrivay chez luy il estoit occupé d'escrire, et mettoit de l'ordre dans ses papiers. Nous nous sommes entretenus ensemble pour le moins quatre ou cinq heures Ce qui le contrarie le plus, c'est de ne pouvoir |)lus estudier les astres ])ar luy mesme. Il m'a dit que très probablement on luy feroit prochainement une opération aux yeux; chose qu'il appréhende. I\Iais pourtant le grand désir qu'il a de revoir encore le Ciel l'encourage à subir cette opération. Ce 24 novembre 164 •• — Selon le désir de vostre Majesté, j'ay fait un nouveau voyage à Florence, je veux dire à Arcetri, j)our juger ))ar nioy mesme de Testât de santé du seigneur Galilée, auquel on venait de faire une nouvelle opération aux yeux. Elle ne paroit pas avoir trop bien réussi. Je l'ai trouvé très affecté, perdant mesme l'espoir. Avant cette opération, qui a eu lieu le mois dernier, il pouvoit encore lire et escrire avec assez de facilité; et main- tenant c'est avec beaucoup de peine; encore faut-il qu'il prenne des ménagements. J'ai fait tout mon possible pour l'encourager et faire renaistre l'espérance en luy. Mais cela est bien difficile. Ce qui l'affecte le plus, comme déjà je l'ay dit, je crois, à vostre Majesté, dans une précédente lettre, c'est de ne pouvoir achever des travaux commencés, et sui-tout de n'avoir pu définir certains ])hénomènes qu'il a cru appercevoir dans le firmament. Voilà ce qu'il m'a révélé dans la dernière visite que je viens de luy faire. Riais quoi qu'il en soit de ses infirmités, il a toujours cette aimable douceur de caractère qui l'a rendu si cher à sa famille et à ses amis. Le cardinal Bcntivoglio à Balzac. Ce 2 mars 1642. — Je vous l'ay mandé en mes précédentes lettres; lorsque je le visitay (Galilée), je le trouvay non pas aussy caduc qu'on ait voulu le faire croire, mais pourtant très affecté de la privation où il éloit de ne pouvoir plus estudier le firmament, où il pre- voyoit encore de si grandes découvertes à (aire, pource qu'il avoit, me dit-il, un jour apperçu des choses extraordinaires vers Saturne et en divers autres lieux du firmament. Le dcsir de faire ces découvertes et de pouvoir définir les objets qu'il n'avoit encore lait qu'entrevoir luy donnoit tellement l'envie de recouvrer la vue, qu'il aiiroit sacrifié tout au monde pour l'ob- tenir.... » Je poiiriais multiplier davantage ces citations. Car les relations de Ga- lilée étaient très-étendues; et les Lettres qui lui sont adressées ou qui le con- cernent, et que je possède, sont très-nombreuses, comme les siennes pro- pres. Mais j'abuserais par trop de la bienveillante attention de l'Acadcinie. Je fais passer sous les yeux de nos confrères les pièces originales d'où sont extraits les textes que je viens de lire. » ( 29 ) GÉOLOGIE. — Eeflexions au sujet des deux coiniitiu)icotioiis de M. Diego Fi'anco sur l'éruiJlion actuelle du Vésuve; par M. Cii. Sainte-Claire Deville. « Je désire présenter quelques réflexions à la suite des deux Notes que j'ai soumises à l'Académie de la part de M. Diego Franco, dans cette séance et dans la précédente (i). )i Dans la première de ces Notes, l'auteur annonce un fait qu'il a parfai- tement constaté, soit par des essais exécutés sur les lieux, soit par des ana- lyses faites dans le laboratoire; ce fait est celui-ci. Pendant la sortie des petites laves du sommet, le 21 février dernier, le cône adventif placé en tête de la fissure donnait des émanations contenant à la fois, avec la vapeur d'eau, l'acide sulfureux et l'acide carbonique, mais point d'acide chlorhydrique. » Que les fumerolles du cône éruptif (situé dans la partie supérieure du cratère du Vésuve) fussent aqueuses et acides : c'est le cas habituel, que j'ai souvent constaté dans les deux éruptions de i855 et de 1861. Je n'ai signalé les fumerolles sèches que sur certaines parties de la lave. » La circonstance qui a paru à M. Diego Franco singulière et anormale, et qu'il a jugé nécessaire de confirmer par des expériences précises^ c'est la coexistence, dans une même émanation, des acides sulfureux et carbo- nique. Mais ce cas est loin d'être unique. En effet, dès (856, dans le Mémoire que j'ai publié, en collaboration avec M. F. Le Blanc et qui a été inséré au Recueil des savants êlrancjeis (2), nous montrions que les fume- rolles de la grande Solfatare, à Pouzzoles, peuvent présenter à la fois ces deux acides, et, comme ces fumerolles déposent du chlorhydrate d'ammo- niaque (i), il en résulte qu'elles réunissent les trois émanations acides du chlore, du soufre et du carbone. » Depuis lors, M. Fouqué a démontré la présence simultanée de ces trois acides dans les émanations du cratère central de l'Etna et dans celles du cratère de Vvdcano (4). Ce dernier gisement lui a offert de 23 à Sg (i) J'ai reçu aussi de M. Diego Franco, d'une part, et de M. Maiiget, de l'autre, deux coirimunications Irès-intéressantes, dont je rendrai compte à l'Académie dans un prochain Mémoire sur les Enianalioiis vulcaniqucs des Cltaniiis jj/ilégréens. (1) T. XVI. (3) Deuxième Lettre à M. Elie de Beauniont [Comptes rendus, t. XLIII, p. 747). (4) Mémoire sur l'éruplion de l'Etna, en i865 [Annales des Missions scientifiques et littéraires, 1' série, t. Il, p. 32 1). ( 3o ) pour joo d'acide carbonique dans la partie gazeuse d'émanations riches en acides chlorhydrique et sulfureux. Ce sont ces faits et d'autres qu'il a depuis lors eu l'occasion d'observer, qui l'ont amené à cette conclusion : que tous les vrodtiits volatils des énianalions se trouvent réunis dans les fwneroUes à tem- pérature très-élévée des centres e'ruptifs, et qu'ils disparaissent les uîis après les autres, à mesure que ta température s'abaisse (i). » 3'ai déjà eu l'occasion de déclarer que je ne suis point encore arrivé, sur ce point, à partager entièrement l'avis de mon savant collaborateur (2). Ce n'est point ici le moment de discuter à fond cette question, et d'expli- quer pourquoi, m'appuyant sur les recherches de M. Fouqué et sur les miennes propres, je proposerais tout au plus de modifier, s'il y avait lieu, de la manière suivante la loi de succession que j'ai établie dans les émana- tions volcaniques : l^ous les éléments peuvent être représentés, dès l'orajine de l'éruption, dans chaque ordre de fumerolles ; leurs pi oportions vont seulement en sinversanl, de telle manière que les cltlorures, qui dominaient au début, étaient cependant dès lors accompagnés d'une faible proportion d'acide carbo- nique (3), et que ce gaz [ou l'hydrogène carboné, dont il est la transformation), qui caractérise les derniers ejforts du volcan, est, de son coté, toujours accompa- gne, d'une façon en quelque sorte virtuelle, de tous les autres éléments qui ont successivement dominé [li). » Il me sera, néanmoins, permis de signaler dans les nouvelles recher- ches de M. Diego Franco une preuve à l'appui de ma manière de voir. En effet, cet habile et dévoué explorateur du Vésuve en éruption, expérimen- tant, le 17 mars dernier, sur les émanations acides et extrêmement chaudes (elles fondaient l'argent) du cône éruptif qui s'était établi cinq jours aupa- ravant et donnait encore issue à une abondante lave, dit expressément (5) : « J'ai fait des recherches nombreuses et attentives sur toutes les bouches, » pour y déceler l'acide carbonique, en faisant arriver, comme d'habitude, » au moyen d'un aspirateur les gaz dans l'eau de chaux : et tous les essais » ont été négatifs (6). ■■> (1) Mémoire sur l'éruption de l'Etna, en i865 (Annales des Missions scientifiques et litté- raires, 2' série, l. II, p. 32 1). (2) Rapport sur un Mémoire de M. Fouqué, intitulé : /{cr/uvr^ef sur les phénomènes chi- miques des volcans { Comptes rendus, t. LXII, séance du 25 juin 1866). (3) Et peut-être d'hydrogène carboné. (4) Même Rapport. (5) P. 60. (6) Je dois faire observer que notre confrère, M. de Verntuil,a évidemment rendu d'une ( 3i ) M Ainsi, le 21 février, sur un cône déjà ancien et dont l'activité tendait à diminuer, pour se reporter, comme toujours, plus bas sur la même fissure, M. Diego Franco constate l'absence de l'acide cblorhydrique, l'existence de l'acide sulfureux, et met en évidence, avec la plus grande facilité, l'in- tervention de l'acide carbonique. Le 1 7 mars, dans les émanations d'un cône tout récemment établi et en pleine activité, il trouve l'acide cblorhydrique ou les chlorures métalliques, l'acide sulfureux, et, malgré ses recherches et, on peut ajouter, son désir évident d'en trouver, il ne peut déceler même de faibles traces d'acide carbonique. » Celte double expérience, faite avec autant de succès que de bonne foi, me semble tout à fait militer en faveur de l'opinion que j'ai émise plus haut, comme aussi de celles que j'ai depuis longtemps formulées. » En terminant, je voudrais faire remarquer que l'éruption, à plusieurs actes, que subit le Vésuve depuis i865, et dont j'avais prévu et annoncé les caractères (i), est une de celles qui aura été le mieux étudiée, grâce aux efforts des savants napolitains (MM. Palmieri et Diego Franco) qui l'ont suivie pas à pas. Si j'ajoute que, de son côté, M. le professeur Orazio Sil- vestri, de Catane, surveille aussi les mouvements de l'Etna, peut-être pour- rons-nous nous féliciter, mes collaborateurs et moi, d'avoir depuis treize ans, provoqué cette espèce de croisade scientifique, qui nous amènera un jour, je l'espère, à connaître les lois et même à prévoir, dans une certaine limite, les crises successives de ces représentants actuels des forces éruptives du globe, qu'on appelle des volcans. » Qu'il me soit enfin permis de sai.sir cette occasion de joindre ma voix à celles de mes éminents confrères, qui, dans la dernière séance, et partant de deux points dé vue en apparence opposés, sont venus tous deux attester, avec uneégaleautorilé,la nécessité de l'observation préalableet approfondie des faits naturels, avant toute expérimentation proprement dite. Les «avants qui se vouent plus spécialement à ce qu'on a si heureusement appelé des observations provoquées, n'oublieront jamais, j'en ail'assurance, ce qu'ils doi- vent et dexronttoujours kV observation proprement dite, donllesprogrès seront toujours parallèles et toujours nécessaires à ceux de l'expérimentation : ils manière inexacte la pensée de M. Diego Franco, lorsque, dans une Lettre récemment com- muniquée à l'Académie (séance du 7.5 mai 1868), il dit que, d'après le savant napolitain : « Toutes les fumerolles, même les plus voisines du foyer principal, ont donné de l'acide » carbonique. » (i) Comptes rendus, t. LXIII, p. i54 et ]). ?.43. ( 32 1 voudront, au contraire, prévenir tout découragement dans l'œuvre plus modeste et tout aussi difficile de l'observatenr, bien persuadés que, le jour où l'on aurait amoindri ou éteint parmi nous le goût de l'observation, cette expérimentation provoquée ou plutôt inspirée par In nature, ils auraient perdu leur poule aux œufs d'or. » PHYSIQUE. — Sur la cause à laquelle on peut attribuer la grandeur du pouvoir rolaloire maç/iiétique de l'alcool tlinllicjue ; j)arM. delà Rive. (Extrait d'une Lettre à M. Dumas.) « En insérant dans le Compte rendu du i5 juin la Lettre que je vous ai adressée sur la polarisation rotatoire magnétique, découverte par Faraday, vous avez relevé avec raison l'erreur que j'ai commise en disant que lo pouvoir réfringent de l'alcool de thallium est légèrement inférieur à celui du sulfure de carbone. J'avais emprunté cette donnée à M. Lamy, qui l'avait émise dans son premier Mémoire sur le thallium. Mais j'ai reçu, en même temps que le numéro des Comptes rendus, une Lettre de M. Lamy, qui rectifie également mon assertion, en me disant qu'il a trouvé l'indice de réfraction de l'alcool de thallium légèrement i^i//)t;V;ei/r à celui du sulfure de carbone, le premier étant (pour la raie D) 1,677 *^' ^® second i,633. Cette petite différence ne suffit pas pour expliquei- l'énorme différence qui existe entre les pouvoirs rotatoires magnétiques des deux substances. M. Lamy me dit qu'il a trouvé ce pouvoir rotatoire de 17 degrés dans l'al- cool de thallium, et de 9 degrés dans le sulfure de carbone; j'avais trouvé de mon côté 16 et 8 degrés, ce qui est presque la même chose. » Je persiste donc à croire, comme je l'avais dit dans ma première Lettre, qu'on ne peut attribuer cette supériorité si prononcée de l'idcool de thallium sm* le sulfine de carbone, quant au pouvoir rotatoire magnétique, qu'à son énorme densité, qui est de 3,55, celle du sulfure de carbone étant seulement i,263; de sorte que le pouvoir rotatoire magnétique dépendrait à la fois de la densité de l'éther intermoléculaire et de celle du corps lui- même : preuve (|ue l'action magnétique s'exerce bien sur l'éther par l'in- termédiaire des particules, qui, devenant des centres d'action, produisent une action totale d'autant plus considérable qu'elles sont plus rapprochées. i> Reste à savoir si la nature même de la particule exerce aussi sur le phénomène une influence directe, autre que celle qu'elle exerce en délermi- nant la densité plus ou moins grande de l'éther. Je serais disposé à le croire, j)uisque, sous l'action de l'aimant, certaines substances, suivant leur ( 33 ) nature, font tourner le plan de polarisation clans le sens des coiuants électriques ou en sens contraire, toutes les autres circonstances de l'expé- rience restant les mêmes. » M. 3Ii;rciiison fait hommage à l'Académie de son « Discours prononcé à la Société royale géographique de Londres, à la réunion anniversaire du 25 mai 1868 ». IVOMEVATIOIVS. L'Académie procède, par la voie du scrutin, à la nomination d'une Commission qui sera chargée de juger les pièces adressées au concours du prix Thore, en 1868. Ce prix doit être décerné, cette aimée, à un travail sur les mœurs ou l'anatomie d'une espèce d'insectes d'Europe. MM. Milne Edwards, Blanchard, de Quatrefages, le Maréchal Vaillant, Coste réunissent la majorité des suffrages. MÉMOIRES PRÉSENTÉS. PHYSIQUE. — Sur les lois de l'induction (suite); par MM. Jamiiv et Roger. (Renvoi à la Section de Physique. ) « En étudiant les machines magnéto électriques, nous avons prouvé que, si l'on accouple en quantité les plateaux qui les composent, on obtient dans le circuit extérieur une somme de chaleur exprimée par la même loi que si ces plateaux étaient autant de piles de même force et de même résistance. Il falhiit chercher ensuite ce qui arrive quand on assemble ces plateaux en tension ou quand on les partage de diverses manières en groupes parallèles. » Si l'on réunissait en tension n' piles de force A et de résistance /■, elles en composeraient une seule de force «'A et de résistance n' r; enfin, si l'on assemblait parallèlement n de ces piles mixtes, on en formerait une seule dont les constantes seraient n'A et La chaleur régénérée dans le cir~ « o cuit extérieur x serait n"A-x C = —, -• /!■ r n « Nous avons réuni nos plateaux en couples de deux ou en groupes de G. R., 18G8, 3= ^emtslre. (T. LXVII, N" 1.) 5 ( 34 j trois, on nous les avons tous mis en tension; le résultat de l'expérience a été conforme à la formule, comme le prouve le tableau suivant : Plutetiu.r gioii/)Cs. 1 COUPLE. 2 COUPLES. 3 COUPLES. : GROUPES «le ti'ois. G PL.\TE.\U.K en ic-nsion. EÉSISTAXCES. CALORIES CALORIES CALORIES CALORIES CALORIES . . ■ Obs. Cale. Obs. Cale. Olis. Cale Obs. Cale. Obs. Cale. 5S •i,25 3, ■'Il 6,So 6,67 10,32 10,93 7, '^7 S,o5 9J 2)92 3,06 7.97 7,32 '",99 10,93 9, '2 9,5i ■li 3,35 3,5i tA^ 7,25 9,80 0,99 Il ,o5 10,98 '73 3,98 3,6.1 7,o5 6;99 9,22 9,2.1 .0,93 II ,08 289 3,86 3,69 6,27 6,37 7,90 7,97 10,35 10,88 3o3 3,63 3,60 6,3o 5,76 7, '9 6,96 8,93 9,5i /,So 3,38 3,25 1,59 4,65 5,26 5,33 7,1° 8,63 612 2,86 2, se 3,87 3,8, 4,25 4,23 7,02 7,32 .1,32 11,08 » Nos expériences se généralisent comme il suit : » Toutes les fois que des bobines en nombre quelconque passent aux mêmes intervalles devant des aimants avec une vitesse constante, elles agis- sent comme des éléments de pile à courant constant. Malgré les interruptions et les inversions du courant, la quantité d'électricité développée est réglée par la loi de Ohm et les calories régénérées dans le circuit extérieur par celle de Joule. Ces lois s'appliquent à tous les modes de groupement des bobines. La force électromotrice a de chaque bobine varie avec la vitesse et avec toutes les circonstances de la construction. w II en est de même de la résistance p de ce couple; elle est toujours su- périeure à la résistance des fils qui composent la bobine. » Il restait à mesurer a et p, c'est-à-dire à les comparer avec les con- stantes d'iui élément connu. Pour cela, nous avons mesuré, avec 20 élé- ments de Bunsen de dimension ordinaire, la chaleur régénérée dans un circuit extérieur r; elle est donnée par la formule (20a' Vx (aop' + xY » Ces expériences ont permis de mesurer ci! et jo'. On a trouvé : Pour une bobine « =; 1 ,^8 f =; 6,87 Pour un Bunsen a' z^ 0,753 Rapport. " 1 p = 1 ,00 ^4 = 6,87 ( 35 ) » A.vec ses 96 plateaux en tension, notre machine équivaut, comme force, à aaS, et comme résistance à 655 éléments de Bunsen. En quantité, elle ne vaut plus que 38 éléments de résistance, 18. Avec d'autres grou- pements, on a les résultats suivants : Valeur de la machine en éléments de Bunsen. Force électromotrice. Résistance. En tension 226 655 2 groupes de trois 1 1 3 i63 ,6 3 groupes de deux 'j5 7^,3 En quantité ^7,9 18 » Dans tous les cas, on pourra aisément calculer l'effet de la machine et régler sa disposition pour obtenir, dans une position donnée du circuit, le maximum d'effet calorifique. » PHYSIQUE. — Sur un thenno-rhéomèire ; par M. J. Ja.^iin. (Renvoi à la Section de Physique.) « L'instrument que j'ai l'honneur de soumettre à l'Académie est tm ther- momètre à eau. Le réservoir est un long tube vertical de verre mince pro- longé au sommet par une tige divisée qui se recourbe de haut en bas et aboutit à un godet où l'on peut mettre de l'eau pour remplir l'instrument. La partie inférieure de ce réservoir est enchâssée dans une cuvette à mer- cure disposée comme celle du baromètre de Fortin. On peut soulever ou abaisser le mercure d'une quantité qu'on mesure sur une échelle, ce qui diminue ou augmente la quantité d'eaTi du réservoir, et si l'on vient à éle- ver la température de celle-ci sans échauffer le mercure, on voit marcher l'extrémité de la colonne dans la tige. La sensibilité du thermomètre varie avec la hauteur du mercure, mais suivant une loi simple qui se déduit du calcvd ou de l'observation. » Un fil de platine très-fin est tendu dans le réservoir du sommet à la cuvette; ses extrémités soudées dans le verre se mettent en communication avec les pôles d'une pile ; il transmet le courant sans résistance à travers le mercure, en lui opposant une résistance x à travers l'eau; il développe une quantité de chaleur qui n'affecte que l'eau du thermomètre, qui n'échauffe point le métal et qui ne peut se transmettre à lui de haut en bas, à cause du peu de conductibilité du liquide. » 1° En faisant monter ou descendre le mercure, on fait varier à volonté 5.. (36) la longueur et la résistance x du fil de plaliiie; l'appareil est donc un rhéostat analogue à celui de Pouillet, plus commode et meilleur, en ce que le fil plongé dans l'eau s'échauffe peu et sert aux courants forts ou faibles. » 2° On peut mesurer la chaleur développée par le passage d'un courant. Elle est égale à p{t'~ t), produit du poids de l'eau par l'augmentation de température; le poids esl sjcci. L'augmentation de température se mesure par la variation des volumes ou le nombre 7i de divisions, dont le thermo- mètre a marché, divisé par le volume sx et par le coefficient de dilata- tion r. Donc ce qui veut dire que la chaleur cédée, abstraction faite des corrections que je néglige ici, peut se mesurer par le nombre n de divisions dont marche le thermomètre : n est indépendant de la hauteur du mercure. On ne pouvait arriver à un résultat plus simple. La mesure de n se fait avec les précautions usitées dans la calorimétrie. » 3° Cette chaleur « est proportionnelle au produit de la résistance x, qui esl connue par le carré de Tintensité. On a donc -\Jl: » Noire instrument peut donc servir de galvanomètre; il est d'autant plus sensible que le rapport des sections de la tige et du réservoir est plus petit : c'est un thermo-rhéomètre. M 4° En remplaçant/ par sa valeur, on a k^x (R -f- J.-)- » En faisant deux mesures de n avec des valeius différentes de .r, on pourra calculer A et R, c'est-à-dire mesurer, sans le secours d'aucun autre instrument que le thermo-rhéomètre, la force électromotrice et la rési- stance d'une pile. » 5" Tout ce que nous venons de dire s'applique aux courants d'induc- tion, comme au courant des piles. Si les premiers ont été peu étuiiiés jus- qu'à présent, c'est qu'ils sont alternativement contraires, qu'il est impossible de les séparer rigoureusement et qu'en général leurs effets se détruisent. Seul l'effet calorifique est indépendant du sens des courants, indifférent à leurs interruptions, et la somme des chaleurs observées par le thermo- ( 37 ) rhéomètre est finalement proportionnelle an carré de la quantité d'électri- cité mise en circulation. » Eli résumé, le tliermo-rhéomètre est à la fois, et à lui seul, un rhéos- tat, un galvanomètre et un mesureur des forces électromolrices; c'est sur- tout le seul de ces divers instruments qui puisse être appliqué aux courants d'induction aussi aisément qu'aux courants ordinaires. M L'expérience réalise toutes ces prévisions. Avec quelques éléments de pile, les appareils ordinaires de l'induction et un trembleur, on produit des effet nets et considérables. Je vais maintenant, avec la collaboration d'un de mes élèves, utiliser cet instrument pour l'étude des courants d'iiKliic- tion, en suivant les méthodes que j'ai appliquées aux machines magnéto- électriques, avec l'aide de M. Roger. » M. E. DE Masquard adresse à l'Acadéuiie une nouvelle « Note sur la récolte des vers à soie en 1868 ». Cette Note a pour objet de montrer que ses prévisions, précédemmment énoncées, sur la liaison qui existe entre la qualité des fourrages et la santé des vers à soie, ont été complètement réa- lisées : selon l'auteur, le seul moyen de triompher des fléaux qui sont venus fondre sur la sériciculture serait de ramener l'art d'élever les vers à soie à sa simplicité primitive. (Renvoi à la Commission de Sériciculture.) M. Melsens adresse un certain nombre de pièces à l'appui des Mé- moires, sur l'emploi thérapeutique de l'iodure do potassium, qui ont été envoyés par lui au concours des Arts insalubres. (Renvoi à la Commission des Arts insalubres. ) CORRESPONDANCE. M. LE Secrétaire perpétuel signale, parmi les pièces imprimées de la Correspondance, un Mémoire ayant pour titre « De la destruction des insectes nuisibles aux récoltes, par M, Hecquel cCOival ». Sur la proposition de M. le Secrétaire perpétuel, ce Mémoire sera trans- mis à M. Payen, pour en faire, s'il y a lieu, l'objet d'un Rapport verbal à l'Académie. M. LE Secrétaire perpétuel informe l'Académie que le tome II des (38 ) Œuvres de Lagnmge est en distribution an Ministère de l'Instruction publique, er prie les Membres auxquels ce volume doit être remis de vou- loir bien le f;nre retirer aussi promptement que possible. MÉCANIQUE CÉLESTE. — Démonstfation élémentaire des lois de Newton. Mémoire de M. G. Lespiaplt, présenté par M. Delaunay. (Extrait par l'auteur.) « Les diverses démonstrations géométriques à l'aide desquelles on par- vient au principe de la gravitation luiiverselle, en partant des lois de Kepler, se rapprochent en général plus ou moins de celle que Newton a donnée lui-même dans le livre des Principes. Des démonstrations plus simples ont été proposées, notamment par Ampère dans les Annales de Gergonne, par Môbius dans le tome XXXI du Journal de Crelle, et par Schlàfli dans les Mémoires de la Société des naturalistes de Berne. Mais les raisonnements de ces géomètres reposent encore tantôt sur la considération de la force cen- trifuge, tantôt sur la connaissance du rayon de courbure de l'ellipse, ou tout au moins de l'angle de contingence. J'ai essayé, dans cette Note, d'arriver aux lois de Newton, en ne m'appuyant que sur les propriétés les plus élémentaires de l'ellipse, et en n'empruntant à la Mécanique qu'une seule notion, la définition de l'accélération dans le mouvement d'un point matériel. La méthode que j'ai suivie conduit en même temps, d'une façon simple et naturelle, aux formules principales du mouvement elliptique. » Considérons l'ellipse décrite, conformément à la loi des aires, par la planète M autour du Soleil S supposé fixe. Appelons r le rayon SM, Q l'angle polaire MSA, dQ l'angle MSM' décrit par la planète diuis le temps dt. Soient encore v la vitesse au temps i, zs la perpendiculaire SP abaissée dn foyer sur la tangente en M à l'ellipse, perpendiculaire dont le pied tombe, comme on sait, sur la circonférence décrite sur le grand axe comme diamètre. » Si l'on désigne par -c l'aire décrite parle rayon vecteur de la planète dans l'unité de temps, et que l'on égale les deux expressions de l'aire infi- niment petite décrite dans le temps dt., on a r-dQ = C7f/i' = cdf. On lire de là (7.S- c fit u c'est-à-dire que la vitesse est, en chaque point de l'ellipse, en raison inverse ( 39) de la perpendiculaire abaissée du foyer sur sa direction, théorème connu et qui s'applique à tous les mouvements dans lesquels le principe des aires a lieu. » Cela posé, prolongeons PS jusqu'au point G, où elle rencontre de nouveau la circonférence auxiliaire de l'ellipse. Le produit des deux seg- ments PS et SG est évidemment égal au carré h"^ du demi petit axe. Donc SG==^ = ^.. CJ c La ligne SG est donc proportionnelle à la vitesse de la planète et perpen- diculaire à la direction de cette vitesse. En outre, si l'on joint le centre O de l'ellipse au point G, on voit immédiatement, par une similitude de triangles, que la ligne OG est parallèle au rayon vecteur SM. » Si maintenant on répète les mêmes constructions pour le point M', infiniment voisin du point M, on obtient la ligne SG' infiniment voisine deSG. Cette ligne est perpendiculaire et proportionnelle à la vitesse de la planète en M', et l'on voit en outre que OG' est parallèle à SM'. )) Cela posé, si l'on fait tourner le triangle infinitésimal SGG' de 90 de- grés autour du point S, en marchant vers SM, on voit que les lignes SG et SG' prennent des directions parallèles aux vitesses du point M aux temps t et ï + dt. Donc la petite ligne GG' devient parallèle à l'accélération totale de la planète. En outre, SG et SG' étant, d'après ce qui précède, respecti- vement égales aux deux vitesses consécutives du point M multipliées par — j on a, en désignant par y l'accélération totale, , . GG' h' » De là deux conséquences immédiates : » 1° L'accélération de la planète au temps t est perpendiculaire à la limite de la direction GG', c'est-à-dne qu'elle est parallèle à OG, ou, en d'autres termes, elle est dirigée suivant le rayon vecteur MS. C'est la pre- mière loi de Newton. » 2" On tire de l'équation (i) _ c GG' "^ ~~ b-' dt ' Or GG' = a : Sulfate de magnésie sec 3 » Chlorure de calcium loo » » L'analyse assigne aux cristaux la composition suivante : O.ïygène. • Silice 54,9 '^-912 Chaux 25,8 1 1^ l Protoxyde de i'er 0,9 0,2 1 4, 6 Magnésie 17,8 7 •> i 1 y9>4 » Pour préparer les pyroxènes ferrugineux, on ajoute à ce dernier mé- G.. ( 44 ) lange lo grammes de sesquioxyde de fer. Il est nécessaire d'en employer un excès, parce qu'inie partie se volatilise à l'état de chlorure de fer. Les cristaux vert foncé que l'on obtient avec ces proportions contieiuient 16,7 pour ?oo de protoxyde de fer. Oxygène. Silice 5 1,1 2-, 3 Chaux 22 ,9 6,5 ] Protoxydi' de fer 16,'j ^,7 v i3 ,^ Magnésie 8,9 3,5] 99.6 )) On peut faire varier facilement la proportion de l'oxyde de fer : j'ai obtenu des cristaux qui n'en renferment que 6 pour 100. » On introduit le manganèse dans la composition du |iyroxène en rem- plaçant, dans le mélange des bases, un certain poids d'oxyde de fer par lui poids égal d'oxyde de manganèse. On peut même se servir du sulfate de manganèse. Les cristaux qui contiennent du manganèse prennent une teinte brune qui peut aller jusqu'au noir. » -i" Pcridol. — On le prépare en chauffant : Silice 4 grammes. Magnésie 8 » Clilorure de calcium 100 » » On obtient des lamelles cristallines, transparentes et incolores, d'un aspect légèremeni chatoyant. Elles sont solubles dans les acides et, quoique cristallisées au milieu du chlorure de calcium, elles ne contiennent pas de trace de chaux (i), L'analyse a donné : Oxygène. Silice 4* '5 22,7 Magnésie 57,8 28,1 » En ajoutant du sesquioxyde de fer au mélange indiqué plus haut, ou produit des cristaux prismatiques colorés en jaune et contenant 7 pour 100 de protoxyde de fer. » Je cherche en ce moment à appliquer ces procédés à la reproduction des silicates alumineux anhydres. » (i) Cette obsci'valion vient à l'appui des considérations qui ont été publiées par M Cli. Sainte-Claire Deville, et qui prouvent que la chaux n'existe pas dans les péridols. ( 45) CHIMIE ORGANIQUE. — Sur un alcaloïde nouveau ^ isomère de la loluidine, contenu dans l'aniline du commerce; par M. Rosexstiehl. " Quand on transforme en loluidine le toluol du goudron de houille, on obtient un alcaloïde privé de la propriété de cristalliser. Ce fait a été signalé par plusieurs observateurs, entre autres par M. Coupier et par M. Graefinghoff, et ce dernier a cherché à expliquer le fait, en admettant que la toluidine peut exister sous deux modifications, l'une liquide et l'autre solide; mais il n'a pas signalé d'autres caractères distinctifs. Des diffé- rences semblables ont été remarquées pour le nitro-toluène. M. Jaworsky a obtenu ce produit à l'état cristallisé, et M. Alexeyeffa démontré que la réduction transforme ce corps en toluidine immédiatement et totalement cristallisable. M. Kekulé conclut de ces faits que le nitro-toluène liquide connu jusqu'alors devait être un produit impur. )i M. Coupier livre au commerce, depuis trois ans environ, unetoluidine ne contenant que 20 pour 100 d'aniline, et qui ne cristallise qu'en partie. Cette toluidine liquide jouit de la précieusepropriétédefournir, avec l'acide arsénique, une matière colorante rouge, analogue à la fuchsine. Cette pro- priété n'a été attribuée jusqu'ici qu'à un mélange d'aniline et de toluidine, et on a émis l'opinion que la forme liquide du produit de M. Coupier devait être due à la présence d'une certaine quantité d'aniline. )> Divers faits, cependant, s'opposent à cette manière de voir. C'est d'abord le point d'ébuUition constant ( 198 degrés) de l'alcaloïde, puis sa composition élémentaire, qui répond à la formule de la toluidine, et enfin la circonstance que les rendements en rouge pur sont de beaucoup supé- rieurs à ceux que l'on obtient avec des mélanges d'aniline pure et de tolui- dine cristallisée, faits d'après les proportions les plus favorables. [Bulletin delà Société industrielle de Mulhouse, p, 26/1; i866.) -) Quand on refroidit la toluidine liquide au-dessous de zéro, et qu'on y projette une goutte d'eau, une partie de la masse se solidifie : c'est la toluidine cristallisée qui se sépare; le liquide qui reste présente encore le point d'ébuUition et la composition de la toluidine, mais il donne avec l'acide arsénique un rendement de rouge plus faible : i5 pour 100, au lieu de 45 pour 100. » Ce liquide est la matière première la plus commode pour la préparation du nouvel alcaloïde. On transforme en oxalate, que l'on épuise avec de l'éther exempt d'alcool : ce qui ne se dissout pas constitue de 1 oxalate de toluidine pur; la partie dissoute est formée par un oxalate cristallisable (46 ) dans l'éther, l'alcool et l'eau. Décomposé par la soude, cet oxalate fournit un alcaloïde liquide. Pour acquérir la certitude que ce corps était bien un alcaloïde unique, on l'a transformé en chlorure que l'on a séparé par cris- tallisation fractionnée en quatre dépôts; chacun de ces dépôts a été recris- tallisé, et on a déterminé leur solubilité dans l'eau. La constance de cette solubilité a été considérée comme une preuve de pureté complète. C'est à l'aide de ce sel qu'on a préparé l'alcaloïde libre qui a servi dans les re- cherches suivantes. » Récemment rectifiée sur la potasse fondue, cette base est incolore; elle se colore peu à peu à l'air. Elle est encore liquide à — ao degrés. Son odeur rappelle celle de la loluidine. Sa densité est de 1,0002, elle bout à 198 degrés sous la pression de 744 millimètres. Son analyse conduit à la for- mule C'H'N. Cette formule a été contrôlée par l'analyse de son oxamide, qui cristallise en belles aiguilles soyeuses, faciles à obtenir entièrement pures. Cette amide diffère de l'oxalate par une molécule d'eau seulement : c^oM y (C'H«''N)= H- » L'alcaloïde régénéré de cette amide a été également analysé, et les ré- sultats concordent avec les analyses précédentes. Elle est donc un isomère de la toluidine; je propose de l'appeler provisoirement pseudo-tolitidine, car sa constitution m'est actuellement encore inconnue, et un autre nom ne serait pas justifié. Elle est assez abondante : la toluidine liquide de M. Cou- pler en contient environ 36 pour loo; l'aniline du commerce en contient fort souvent plus de 20 pour 100. » La pseudo-toluidine ne parait identique, ni avec la méthylaniline qui bout à 192 degrés (Hofmann, i85o, Annaien der Cliemie und Pharuincie, LXXIV, p. i5o), ni avec l'acaloïde décrit par Limpricht, sous le nom de benzylamine {loc. cit.^ CXIV, p. 3o4), qui bout à i83 degrés. » J'ai comparé avec soin, la forme cristalline et la solubilité du chlorhy- drate et de l'oxalate avec celles des sels correspondants d'aniline et de tolui- dine; cette différence était importante à établir. La forme du chlorhydrate est indéterminable; le sel de pseudo-toluidiiïe forme un prisme orthorhom- bique, celui de toluidine un prisme clinorhombique. Ses solubilités dans le même ordre sont respectivement, pour 100 parties d'eau : 129 a 17°, 7; 37,5 à i5°, 5;22,9à II degrés. » Les réactions colorées de cette eau sont également différentes de celles ( 47) de l'aniline et de la (oluidine; je reviendrai sur ce sujet dans une autre communication. » Chauffée avec l'acide arsénique, la pseudo-toluidine ne donne pas de rouge; mais, si on la mélange avec la toluidine cristallisée et pure, elle donne une matière colorante rouge abondante, dans laquelle on constate la pré- sence d'au moins 5o pour loo de sel de rosaniline ; pendant la réaction, il distille beaucoup d'aniline. Ce fait est remarquable, et il demande, pour être expliqué, une étude approfondie de la constitution du nouvel alca- loïde. » Voici un autre fait non moins frappant : mélangée avec l'aniline et traitée par l'acide arsénique, la pseudo-toluidine produit une matière colo- rante rouge abondante, de même couleur que la fuchsine, mais elle diffère des sels de rosaniline par la solubilité de sa base dans l'éther et par la plus grande solubilité de son chlorure dans l'eau. Par son origine, elle pourrait être un isomère de la rosaniline. » Les anilines que l'on emploie actuellement pour la fabrication des fuchsines contiennent beaucoup moins d'aniline qu'autrefois, mais j'ai constaté qu'elles contiennent d'autant plus de |)seudo-toluidine. De même, la composition des rouges a changé : au chlorure de rosaniline, dont Hof- mann a su établir si nettement la formule, vient s'ajouter le rouge que j'ai signalé. » Les sels de pseudo-toluidine, mélangés de chlorate de cuivre et appli- qués sur coton, donnent un beau noir; ce noir se rapproche du violet, tandis que l'aniline pure donne, dans les mêmes conditions, un noir bleu. » En terminant ce résumé, je dirai cjue la pureté des alcaloïdes dont j'ai fait usage dans le courant de ces recherches a été vérifiée par la méthode laborieuse, mais sûre, qui a été employée pour la pseudo-toluidine. Dans cette dernière et importante partie du jnésent travail, j'ai été activement secondé par mon préparateur, M. Gladisz, qui s'est chargé de la détermi- nation des solubilités, et j'accomplis un devoir bien agréable pour moi, en signalant ici les services sérieux qu'il m'a rendus. » CHIMIE ORGANIQUE. — Nouvelles recherches concernant Vaclion du gaz hypochloreux sur un mélange d iode et d'anhydride acétique. Note de M. ScHUTZENBKRGER, présentée par M. Balard. (Suite.) « L'iodol diacétochlorhydrique réagit vers loo degrés sur l'anhydride acétique et donne entre autres produits de l'acide iodacétique. (48) » Cette décomposition se produit spontanément lorsque, dans la pré- paration de l'iodol triacétique, on néglige de rafraîchir. A peu près au mo- ment où, dans les conditions normales, on observerait le dépôt de cristaux en aiguilles, le liquide entre brusquement en ébuUilion. En continuant le courant d'acide hypochloreux, on constate que le liquide a une grande tendance à s'échauffer; au lieu de chlore libre et d'iodol triacétique, on voit se former des quantités croissantes d'acide chloracétique et de chlorure d'acétyle. En interrompant l'expérience au bout d'un certain temps, le produit de la réaction varie suivant que le courant de gaz hypochloreux a été continué longtemps ou non. Ainsi, peu d'instants après la décompo- sition brusque de l'iodol diacétochlorhydrique, il reste, après évaporation, nu liquide épais, incolore, qui se prend en masse d'acide iodacétique. Si au contraire on maintient le courant jusqu'à ce que la niasse ne s'échauffe plus sensiblement, il reste un acide chloré siriq^eux. » En distillant entre ces deux limites, on recueille successivement du chlorure d'acétyle, de l'acétate de méthyle, de l'acide acétique, de l'anhy- dride acétique, de l'acide monochloracétique mélangé d'iode libre; enfin, lorsque le thermomètre s'élève à 2o5 degrés environ, il reste un liquide épais, acide, soluble dans l'eau en toutes proportions, incristallisable à la température ordinaire. Ce liquide est un mélange d'acide iodacétique, d'un autre acide iodé, sirupeux, qui se distingue par la facilité avec laquelle son sel de baryte se dédouble par l'ébullition en iodure de baryiun et en un acide sirupeux dont il sera question tout à l'heure, et enfin de l'acide chloré sus-mentionné. Je m'occuperai, dans une Note suivante, de ces pro- duits, et je me contenterai aujourd'hui de parler des termes de leur dédou- blement sous l'influence de la baryte ou de la chaux. Dans une première expérience, le résidu de la distillation étendu d'eau a été sursaturé par de l'hydratedebaryteet portéàrébullilion. La solution, fortement alcaline, est redevenue acide au bout de très-peu d'instants; j'ai rajouté de la baryte en continuant à faire bouillir jusqu'à ce que le liquide restât alcalin. L'excès de baryte ayant été éliminé par un courant d'acide carbonique, j'ai ajouté de l'alcool, qui a précipité un sel barytique sous forme d'une masse amorphe, emplastique, tandis que le liquide retenait de l'iodure de baryum. Ce sel, purifié par des dissolutions dans l'eau et des reprécipitations par l'alcool, a été décomposé par Tacule sulfurique employé en proportions un peu in- suffisantes. Le liquide, filtré et évaporé au bain-marie, donne un résidu sirupeux acide, qui a été purifié et séparé par l'éther (qui dissout fa- cilement l'acide) du petit excès de sel barytique non décomposé. La ( 49) solution éthérée, évaporée dans le vide, laisse l'acide sous forme d'un liquide sirupeux incristallisable. Cet acide, séché à 120 degrés, perd de l'eau et se transforme en une masse amorphe, acide, solide à froid, fusible au-dessus de 100 degrés et soluble en toutes proportions dans l'eau. Chauffé sur une lame de plaline, il se boursoufle et brvile en développant une odeur prononcée semblable à celle que donne Facide taririque et en lais- sant un résidu de charbon. A l'analyse élémentaire du produit solide on a trouvé des nombres qui conduisent à la formule Théorie. Expérience. Carbone 34 , 28 34 , 37 Hydrogène 4>76 4>98 » Par ses caractères et sa composition, ce corps se rapproche de l'acide oxysaccharique avec lequel il est isomère ou identique; il peut également (C^ H"0)' 1 être considéré comme de l'acide triglycolique^ .;, 0\ Je reviendrai " H^ ) sur la constitution et le mode de génération de cet acide, que je me con- tente de signaler aujourd'hui en passant. » Dans une autre expérience arrêtée peu de temps après la réaction vive, le liquide sirupeux, dissous dans l'eau, a été divisé en deux parts. L'une, saturée à froid par du carbonate de baryte, a été évaporée dans le vide à la température ordinaire; elle a fourni d'abord des cristaux d'iodacétate de baryte, puis des cristaux d'une autre apparence. Le second dépôt contenait, outre une certaine proportion d'iodacétate de baryte, le sel de baryte du second acide iodé signalé plus haut. Je n'ai pas encore pu préparer cet acide iodé nouveau tout à fait exempt d'acide iodacétique; mais, d'après des analyses faites sur le mélange des sels de baryte ou des acides, et sur- tout d'après la composition du produit de son dédoublement, on peut, avec assez de certitude, lui assigner la formule C«H«IO«. )) La seconde partie du liquide a été neutralisée par du carbonate de chaux et portée à l'ébuUition en présence d'un excès de ce sel, jusqu'à ces- sation de toute effervescence. La solution fdtrée et concentrée a donné un dépôt abondant de fines aiguilles blanches, faciles à purifier par recristalli- sation dans l'eau. Ce sel de chaux a été décomposé par l'acide sulfiuique (non en excès); le liquide filtré et évaporé au bain-marie laisse un résidu C. R., 1868, i" Semestre. (T. LXVll, N" 1.) 7 ( 5o ) sirupeux, demi-fluide comme la glycérine, acide, soluble dans l'eau en toutes proportions et que l'on puri6e par l'éther, qui le dissout facilement. Cet acide, séché à io5 degrés, a donné des nombres qui conduisent à la formule Théorie. Expérience. Carbone 33,96 33,4 Hydrogène. 5,65 5,7 » Le sel de baryte, obtenu par saturation directe, cristallise facilement en petits prismes transparents, durs, assez solubles dans l'eau. Il a donné, séché à 120 degrés, des nombres qui conduisent à la formule C«H«Ba'0« + H^O. Expériences. Tliéorie. I. 11. Carbone 16,64 16,62 >■ Hydrogène 2 , 54 2 , 4o » Baryum 4? î^o " 4^} ^7 » L'analyse du sel de chaux conduit à la formule CH^Ca^O' + H-O. » Ce nouvel acide, chauffé à i4o degrés, perd de l'eau et se convertit en un acide solide, cristallisable, soluble. Le produit pyrogéné a donné des nombres conduisant à la formule C»H«0^ Théorie. Expérience. Carbone 4°>9'* 29, 3o Hydrogène 4j54 4)^'' )) Il est probablement identique avec l'acide acéconitique obtenu par M. Bayer dans l'action du sodium sur le bromacétate d'éthyle. » L'acide sirupeux paraît être l'acide citracétique de Bayer, formé dans les mêmes conditions, mais non analysé par lui. » En partant de l'acide iodé générateur, on aurait CH^IO" -f- H-O + HBaO = C»H*-0« -+- IBa. » Si le courant d'acide hypochloreux est continué assez longtemps, tout (i; Pour abréger je ne donne ici qu'une seule de mes analyses assez nombreuses. ( 5i ) l'iode de l'acide iodacétique est mis en liberté, et le résidu sirupeux de la distillation poussée jusqu'à 200 degrés est formé par un acide chloré, C°H'C10% dont le sel de baryte se dédouble par l'ébullition en chlorure de baryum et en un acide plus sirupeux que le précédent et répondant à la formule C6fJ.OQ7 ^ c'H*= 0« — H=0, trouvé aussi en petites proportions dans les opérations précédentes. Théorie. Expérience. Carbone 37,11 27,14 Hydrogène 5, 10 5, 00 » Le sel de baryte se laisse évaporer en un sirop épais qui, au bout de quelques heures, se prend en masse cristalline. » Il a donné des nombres correspondant à la formule C^H'Ba'O'-f-H^O. Expériences. Théorie. I. II. Carbone '7i37 16,68 » Hydrogène ■2,17 2,87 » Baryum 49>57 . 49» n » Dans une prochaine Note je m'occuperai spécialement des acides iodés et chlorés générateurs et du mécanisme de leur formation dans les condi- tions de l'expérience. » PHYSIOLOGIE. — Expériences sur la transposition des œufs d'abeille, au point de vue des conditions déterminantes des sexes; par MM. A. Sanson et F. Bastian (i). « Conformémentauxintentionsmanifestéesdéjà par l'un de nous [Comptes rendus, t. LXVI, p. 754), nous venonscommuniquer à l'Académie les résul- tats des expériences que nous avons entreprises pour vérifier les assertions de M. Landois, relatives à la production des sexes chez les abeilles. Ces asser- tions, on s'en souvient, consistent à prétendre que le sexe dépend de la qualité de la nourriture reçue par la larve, dans l'alvéole où l'œuf a été (i) L'Académie a décidé que cette communication, bien que dépassant en étendue les limites réglementaires, serait insérée en entier au Compte rendu. ( 52 ) pondu parla mère abeille. M. Landois dit avoir vu des œufs pondus dans des alvéoles d'abeilles ouvrières donner naissance à des mâles, après avoir été transposés expérimentalement par lui dans des alvéoles de mâles, et réciproquement des œufs pris dans ces derniers donner naissance à des ouvrières, après avoir été transférés de même dans des alvéoles d'ou- vrières. » Les expériences décrites par M. Landois ont été répétées en Allemagne par M. Emile Ressels, avec des résultats complètement négatifs. M. Bessels ayant eu soin d'écarter la mère de la rucbe, il a toujours vu complètement vides, après quelques jours, les cellules dans lesquelles il avait inséré des œufs étrangers. Nos propres expériences, exécutées avec des précautions plus rigoureuses, porteront le dernier coup à l'hypothèse de M. Landois. Elles fourniront la preuve et la contre-preuve de son peu de fondement. Nous avonstransposélesœufs d'après un procédé indiqué parM.de Berlepsch, qui paraît réiuiir des conditions de succès bien supérieures à celles du procédé de M. Landois. Ce dernier consiste à transporter l'œuf au fond de la cellule nouvelle, avec la petite plaque de cire à laquelle il est attaché sur le fond de sa propre cellule, c'est-à-dire avec un corps étranger qui ne peut man- quer d'attirer l'attention fort scrupuleuse des abeilles. Dans celui que nous avons suivi, après avoir mis à nu le fond de la cellule, par sa face posté- rieure, en abattant les cellules opposées du rayon, on y pratique une petite ouverture arrondie, dans laquelle on insère l'œuf enlevé avec le fond de sa propre cellule, lequel fond est ensuitesoudé par ses bords derrière le premier, à l'aide d'une léte d'épingle fiiblement chauffée. Ainsi il n'y a d'anormal, dans l'alvéole où l'œuf a été transféré, que la petite excavation causée par la très-faible épaisseur de son propre fond, excavation à peine visible à l'œil nu, lorsque l'opération est bien exécutée, à quoi l'on a mis tous ses soins dans les expériences dont nous allons maintenant exposer les résultats, en supprimant les détails les moins importants. » Expérience I. — Le 24 avril 1868, à 11 heures et demie du matin, 5 œufs pris dans des alvéoles de mâles sont transférés dans autant d'al- véoles d'ouvrières, dont la place est marquée sur le cadre du rayon dont elles font partie. Ce rayon est ensuite placé dans une ruche dont on a préa- lablement enlevé la mère (remarquons dès à présent que cette opération de l'enlèvement de la mère est des plus faciles avec les ruches à cadres mobiles, en allemand mobilbau). Le 27, à i heure après-midi, les cinq alvéoles sont vides d'une manière certaine. » Expérience H. — Ce même jour, à 2 heures après-midi, on uisère ( 53 ) 17 œufs mâles au bas du rayon qui a déjà servi pour la précédente expé- rience et qui ne contient que des alvéoles d'ouvrières. Il est replacé dans la ruche à 3 heures. Deux cellules maternelles ont été construites sur un rayon de la ruche; preuve que les abeilles sont bien réellement orphelines. Le 3 mai, à i heure, il n'y a plus rien au fond des cellules. » Expérience III. — Le 4 niai, à 2 heures, 1 1 œufs pris au côté gauche d'un rayon dans des alvéoles de mâles sont insérés au côté droit du même rayon dans des alvéoles d'ouvrières qui contenaient, coaune toutes celles qui les entourent, des œufs fraîchement pondus. On pense qu'en opérant dans ces conditions, avec ce que les apiculteurs appellent un raj-on à couvain, on aura peut-être plus de chances de faire accepter par les abeilles les œufs transférés. Le rayon est ensuite placé dans la ruche orpheline. Le i3, à I fleure, le rayon, extrait de la ruche et débarrassé de ses abeilles, laisse voir, entre les cellules operculées, les onze alvéoles ouverts et complète- ment vides, dans lesquels les œufs avaient été insérés. » Expérience If^. — Le i5 mai, à i heure et demie, lo œufs dans les mêmes conditions sont insérés au bord d'un rayon ne contenant que des alvéoles d'ouvrières, eu suivant une rangée verticale dont le point de départ est marqué sur le support du rayon. On laisse entre chaque œuf inséré un œuf pondu naturellement, et l'on prend note exacte de l'ordre des cellules dans la rangée. Le rayon est placé dans une ruche qui a essaimé le i3 et dont la mère n'est par conséquent pas encore éclose. Le 17, à 4 heures, toutes les cellules de la rangée sont complètement vides. Tous les œufs insérés, ainsi que ceux qu'on avait laissés au fond de leur alvéole, ont été expulsés. Une cellule maternelle est en construction. » Expérience F. — Le 18 mai, à x heure et demie, 22 œufs sont insérés, dans les mêmes conditions que précédemment, sur deux rayons différents, 1 I sur chaque rayon. Les deux rayons sont eu'^uile placés dans une même ruche orpheline. Le 23, à la même heure, il ne reste plus aucun des œufs insérés. H Expérience VI. — Le 26 mai, à 2 heures, 8 œufs sont insérés dans les conditions précédentes sur un rayon, et 5 sur un autre, en tout i3. Les deux rayons sont placés dans une ruche orpheline, provenant d'un dédou- blement dépopulation opéré en vue d'une expérience dont nous parlerons plus loin. Afin de renforcer cette ruche très-faible, on la met à la place d'une autre très-forte, qui est elle-même portée un peu plus loin, les abeilles de celle-ci devant par là retoiu'ner en partie à leur ancienne place. Le 29, à I heure et demie, sur le rayon où 5 œufs ont été insérés, leurs alvéoles ( 54 ) sont tous vides; dans l'autre, sur les 8 insérés il en reste 5. La jjopulalion de la ruche est devenue plus forte, mais il n'y a pas encore de cellules ma- ternelles en construction. Le fait paraît extraordinaire. En examinant les abeilles on découvre parmi elles une jeune mère qui s'est introduite dans la ruche. Ce ne peut être, évidemment, que celle de la ruche qui occupait auparavant la place et qui se sera trompée de route, après sa sortie pour la fécondation. En effet, on constate son absence dans sa propre ruche, où elle est parfaitement acceptée après sa réintégration. Cette circonstance rend possible que les 5 œufs observés aient été pondus par elle. Le 3 juin, à I heure et demie, les 5 œufs ont donné naissance à des larves ; on voit sur plusieurs rayons des cellules maternelles en construction. Le 6, à i heure, 4 des larves ont disparu ; toutes les cellules environnantes sont operculées, taudis que celle de la larve qui subsiste, et paraît en bon état, ne l'est pas encore. Cela fortifie les doutes sur l'origine de l'œuf. D'après les dates, on est au onzième jour après l'insertion. En admettant qu'il s'agisse de l'œuf pris dans un alvéole de mâle, où il aurait été pondu le jour même, la larve devrait être au moins redressée pour filer son cocon et déjà oper- culée en partie, sinon complètement. Or rien de cela ne se présente. En supposant au contraire que l'œuf ait été pondu par la jeune mère trouvée dans la ruche le 29 mai, la larve a pu éclore au plus tard, trois jours après, soit le i" juin; comme il lui faut six jours d'existence à cet état pour pou- voir être operculée, si elle est femelle, il est tout naturel qu'elle ne le soit pas encore le 6, à l'heure de l'examen. Ace moment les cellules maternelles précédemment vues sont toutes closes. Le 8, à i heure et demie l'alvéole dont il vient d'être question est recouvert d'un opercule plat tout frais; il contient par conséquentune larve d'ouvrière: ce qui confirme les prévisions et montre à quelle erreur on eût été exposé, si la jeune mère pondeuse avait échappé à l'attention. 1) Expérience Fil. — Ce même jour, à 2 heures, on insère de nouveau i5 œufs, dans les mêmes conditions et avec les mêmes précautions. Le rayon qui les contient est placé dans la ruche précitée, après qu'on a eu soin d'y détruire les cellules maternelles. Le 1 1 à 5 heures et demie du soir, il n'y reste plus un seul des œufs insérés. )' Tant de tentatives infructueuses parurent suffisantes, au moins pour montrer l'extrême difficulté de faire accepter par les abeilles des œufs transposés. C'est un total deg3 œufs mâles insérés et successivement expul- sésdes alvéoles. Dans un seul cas il y a eu apparence de réussite, mais dans ce cas il y avait une mère dans la ruche, comme pour les expériences de ( 55 ) M. Landois. Cette circonstance donne la raison infiniment probable, sinon certaine, des résultats annoncés par lui ; et bien qu'elle se soit produite contre notre gré, on peut la considérer comme fort heureuse, à ce point de vue. Elle fortifie la valeur de nos preuves négatives, tirées des essais qui viennent d'être rapportés. Toutefois il nous en reste d'autres positives et décisives à produire. » Expérience VIII. — Le 26 mai, à 2 heures, on dispose une petite ruche, que l'on monte avec des rayons formés exclusivement d'alvéoles de mâles. On y loge ce que les apiculteurs appellent un essaim artificiel. L'o- pération, fort simple, consiste à introduire d'aboi'd dans la ruche la quan- tité voulue d'abeilles prises sur les rayons mobiles d'une autre ruche, puis à chercher la mère de celle-ci, pour la loger dans la ruche nouvelle. La mère abeille choisie dans le cas présent est jeune et fécondée récemment, le but étant de la faire pondre ses œufs femelles dans les alvéoles de mâles qui sont seuls mis à sa disposition. Le 2g, on examine la ruche et l'on voit déjà des œufs dans les cellules du troisième rayon. Le 3 juin, à 2 heiues, il y a des larves fraîchement écloses; la mère a continué de pondre dans plusieurs autres rayons. Le G, à i heure et demie, sur deux rayons il y a déjà des cellules operculées en assez grand nombre; sur l'un, à côté des opercules plats on en observe deux convexes. Le 1 1, à 5 heures et demie, la plupart des larves non operculées et les œufs vus lors du dernier examen ont été expulsés; les opercules convexes ont été détruits. Il faut remarquer que l'époque de l'essaimage naturel étant passée, ces abeilles commencent normalement à se débarrasser des mâles devenus superflus. On ouvre quel- ques-unes des cellules à opercules plats et l'on y trouve, parmi les larves non encore métamorphosées, plusieurs nymphes d'ouvrières. On attend que la métamorphose soit complète et les jeunes près de sortir de leurs al- véoles, pour arrêter l'expérience et recueillir les pièces. » Ce sont d'abord les pièces de cette dernière expérience, que nous mettons sous les yeux de l'Académie. On peut facilement s'assurer, en les examinant, que toutes les abeilles enfermées dans les cellules de mâles oper- culées sont des ouvrières parfaitement caractérisées. )) Deux autres pièces, semblables à celles déjà communiquées par l'un de nous, et recueillies, l'une le 22, l'autre le 2'j juin, dans deux ruches diffé- rentes, font voir des mâles encore inclus dans les cellules d'ouvrières où ils se sont développés. Dans la première, les œufs y avaient été pondus par une mère âgée, dont le réservoir sperniatique s'est montré demi-transparent sous le microscope, tandis qu'il est complètement opaque lorsque les sper- ( 56 ) matozoïdes y sont encore nssez abondants pour assurer l'imprégnation dans tons les cas où elle serait nécessaire, et tout à fait translucide, an contraire, chez les mères encore vierges. Dans la seconde pièce, c'est une ouvrière qui avait pondu seulement quelques œufs, dont un a même donné lieu, ainsi qu'on peut le voir, à la construction d'une cellule maternelle, improprement appelée royale, ce qui est une heureuse chance de plus pour notre démons- tration. » Par tout ce qui précède, celte démonstration est donc expérimentale- ment aussi complète que possible, dans les deux sens. Elle infirme avec une pleine évidence l'hypothèse construite sur des expériences qui n'ont point été contrôlées, et qui, en tout cas, étaient entachées d'une cause d'er- reur dont nous avons fait voir l'importance. En conséquence, il est permis de conclure avec certitude que le sexe est bien réellement préformé dans les œufs pondus par l'abeille mère, et que le mode de nutrition des larves n'est pour rien, non plus que les dimensions différentes des alvéoles, dans la production des mâles ou des ouvrières, contrairement aux assertions de M. Landois. » CHIMIE. — diction (le riode sur l'hydrogène arsénié el sur l'hydrogène antimonié; parM. C. Husson. (Extrait.) « L'ammoniaque, en présence de l'iode, donne de l'iodure d'azote. L'hydrogène antimonié et l'hydrogène arsénié forment non moins facile- ment de l'iodure d'antimoine et de l'iodure d'arsenic, lorsqu'on fait pas- ser les deux gaz sur de l'iode. » Cette facilité de combinaison peut fournir une application utile dans les recherches toxicologiques, en recourant à l'appareil de Marsh et au tube qui, d'ordinaire, sert à la production des anneaux. On déprime ce tube à la partie moyenne, dans le but d'y placer une très-petite par- celle d'iode, et on le chauffe légèrement, de manière que l'iode, par la condensation de ses vapeurs, vienne en tapisser les parois. Puis, lorsque le lube est encoie un peu tiède, on y fait passer le courant de gaz. Si ce- lui-ci renferme de l'hydrogène arsénié, la réaction commence aussitôt; l'iode se borde d'un liseré jaune, qui atteint peu à peu 3 à 4 centimètres de longueur. Celte ligne jaune est formée de petites paillettes nacrées, ayant la plus grande analogie avec l'iodoforme; l'iode disparaît com- plètement. » Avec l'hydrogène antimonié, la réaction est moins manifeste; tout ( 57 ) - l'iode s'acciimiile pour former un anneau foncé, passant peu à peu au hiiin du côté qui regarde la partie effilée du tube, et au jaune orangé du côté de l'appareil. Cet anneau coloré ne s'étend pas, et l'iode n'est point entière- ment transformé en iodure. » L'action de la chaleur permet encore de distinguer ces deux iodures. Ainsi : » 1° L'iodure jaune d'arsenic se transforme, une partie en iodure rouge avec dégagement d'iode; l'autre partie se volatilise à l'état de vapeurs jaunes, qu'on reçoit sur du papier non collé; le même phénomène a lien sous l'influence d'un excès d'hydrogène arsénié, d'où l'on pourrait con- clure qu'il se produit d'abord du periodure d'arsenic As P, qui, je crois, n'a pas encore été signalé; » 2" L'iodure d'antimoine dégage, au contraire, des vapeurs rouges et laisse un peu d'antimoine réduit. » L'essai par l'appareil de Marsh est des plus simples, et les réactions sont d'une extrême sensibilité. De plus, comme elles s'accomplissent sans le concours de la chaleur proprement dite, elles sont à l'abri des objections plus ou moins fondées qui ont été faites à la méthode des anneaux. En effet, si le tube avec lequel on opère renferme soit du plomb, soit de l'ar- senic, l'expérience n'en est pas moins concluante, puisque pour mettre ces corps en évidence il faut une chaleur assez forte, tandis que l'opération dont il s'agit s'effectue à froid. » MÉTÉOROLOGIE. — Description d'un cyclone subi par la frégate la Junon dans les parages de l'île Bourbon. Extrait d'une Lettre de M. G. Martin, conmiu- niquée par M. Ch. Sainte-Claire Deville. « Partis de Saint-Paul, île Bourbon, le a8 avril, nous pouvions espérer une traversée tranquille. Il faisait très-beau temps, la saison ordinaire des cyclones était terminée, et le souffle régulier de l'alizé de S.-E. ne tarda pas à se faire sentir. Mais, dès le lendemain 29, le ciel se couvrit, la brise fraîchit beaucoup. Le 3o, le temps devenu plus mauvais, des grains violents nous obligèrent à laisser porter un peu et à mettre le cap au N.-N.-E. pour éviter les îles Cargados. Toute la nuit, les éclairs avaient sillonné la ré- gion de l'est. A midi, nous étions en coup de vent; toutes nos voiles étaient serrées, sauf deux huniers et la misaine, tous les ris pris. La mer était très- grosse et commençait à faire souffrir la frégate (i). L'auteur de la Lettre servait, comme lieutenant, à bord de la Junon. C.R., 1868, 1" Semesire. (T. LXVII. N" 1.) (58) » Le baromètre se tenait fixe à ^65 millimètres. Nous avions donc, malgré l'apparence du temps, la confiance que nous n'étions pas menacés par un cyclone; celte confiance devait nous faire voir la mort de bien près. » Toute la joiunée du 3o, nous avons couru au-devant du cyclone avec une vitesse de huit à dix nœuds. Les rafales devenaient de plus en plus fortes, et nous obligeaient déjà par instants à laisser porter. Le baromètre n'a eu un mouvement de baisse accentué que vers 1 1 heures du soir, mais à partir de ce moment il a baissé de 4 millimètres par heure. Alors le commandant, n'ayant plus de doutes sur l'existence du cyclone, a ordonné de prendre la fuite vent arrière. Une figure fait voir de suite que nous devions ainsi passer devant le centre du phénomène; le vent tournant au sud nous ei\t avertis que ce centre redoutable était évité. » Après avoir décrit la tempête qui, dans la nuit du 3o avril au i" mai, a mis le bâtiment dans le plus grand danger, M. Martin continue ainsi : « Le jour nous trouve dans cette position. Les voiles serrées sont arra- chées par lambeaux ; les vergues et les mâts brisés pendent sous le vent et battent sur les bas mâts. La mer ne présente plus rien de compacte à l'œil, mais un furieux assemblage de gouttes d'eau confondues avec la pluie et le vent. » A l'intérieur du navire, le spectacle est encore plus lugubre. Depuis longtemps, la machine est envahie par l'eau, les feux sont éteints; les larges plaques de fonte violemment soulevées roulent avec fracas et se bri- sent contre les pièces du mécanisme, La membrure de la frégate craque, les sabords sont disjoints, la mer entre de toutes parts. Au roulis, l'eau delà batterie se précipite et déferle par-dessus les canons, elle monte jusqu'au plancher du pont. Là, elle reste un moment immobile, moment solennel et mille fois répété : La frégate va-t-elle se relever ? tous les sabords auront-ils résisté? est-ce la mort? est-ce la minute qui la précède ? » Tout l'équipage est employé aux chaînes et aux pompes; il est admi- rable d'énergie; pas de faiblesse, pas d'exaltation. Le sang-froid, le calme du commandant ont gagné tout le monde. Mais l'eau nous envahit de plus en plus : combien de temps encore pourrons-nous lutter? » Tout d'un coup, à G*" 3o™, comme un rideau disparaît, le vent et la pluie cessent. La mer mollit un peu, la frégate se redresse. Toute la nature s'est détendue par un changement instantané. Nous sommes dans le calme cen- tral. De lourdes bouffées de chaleur s'élèvent autour de nous; des oiseaux de mer emprisonnés au centre du tourbillon, épuisés, viennent tomber sur le pont. D'épais bancs de bruine marchent dans toutes les directions; des ( 59) brises folles se jouent autour de nous. L'air est chargé d'éleclricité ; on sent que ce calme est perfide; il a été fatal à tous ceux qui n'étaient pas pré- venus. Mais le baromètre reste à son point le plus bas, 728 millimètres; nous savons qu'il faudra recevoir un second coup de vent aussi fort que le premier, commençant sans transition, comme l'autre a fini. Nous nous y préparons, et nos efforts ne se ralentissent pas un instant pendant les sept heures de répit qui nous sont données. » Vers 2 heures, l'ouragan recommence, mais soufflant en sens inverse; toute la nuit se passe comme la précédente, si ce n'est que nous n'avons plus ni embarcations, ni voiles, ni mâts à perdre. Même quantité d'eau, même danger imminent de chaque minute. Enfin, le 2 mai au matin, grâce à Dieu et au courage de chacun, nous avons pu nous éloigner du formidable tour- billon. Il fait encore très-mauvais temps, mais ce n'est plus qu'un coup de vent : nous sommes sauvés. » Beaucoup de marins ont éprouvé les atteintes des cyclones. Bien peu sont allés jusqu'au calme central et en sont sortis. » GÉOLOGIE. — Excursion faite, le 17 7nars 1868, à la nouvelle bouche qui s'est ouverte à la base orientale du Vésuve; par M. Diego Franco. (Extrait d'un Mémoire présenté par M. Ch. Sainte-Claire Deville.) « Les mugissements et les fortes détonations du Vésuve, durant les jours précédents; la sortie, sur le versant septentrional, et toujours par bouffées, d'une lave qui n'atteignit pas la base du grand cône; la suppression, pres- que subite, des laves qui coulaient sur le piano delle\Ginestre et au-dessous de la Crocella; la grande abondance de vapeurs que rejetait d'une manière continue la cime du cône d'éruption; enfin, les allures irrégulières de nos instruments, tout indiquait que l'éruption n'était pas terminée, lorsque j'appris qu'une nouvelle bouche s'était ouverte à la base du grand cône, sur le versant oriental. Dans le désir de vérifier l'exactitude du fait, je quit- tai l'Observatoire, dans la matinée du 17 mars, et, après avoir suivi le pied circulaire de la Somma, en côtoyant les laves anciennes et nouvelles qui encombrent l'ain'o del Cavallo, je me dirigeais vers la nouvelle bouche en traversant les âpres rochers des laves de i834 et de i85o, lorsqu'une pluie torrentielle me força à rebousser chemin vers les cognoli di Ottajano et le casino du Prince d'Ottajano. De là, je repris de nouveau la direction du volcan, en traversant les coulées de 1754, de i85o et i834, et j'atteignis enfin, vers 4 heures du soir, le lieu du nouvel incendie. 8.. ( 6o ) » C'est là que, à la base du grand cône, vers le sud-est, dans la direction de Pompeï, de Bosco-tre-Case et de Bosco reale, le 12 mars, les forces inté- rieures du volcan se sont manifestées, d'abord par des crevasses (ou petits orifices) qui ne faisaient qu'accumuler des laves sur elles-mêmes; puis, par une fente (i) et par une bouche, qui vomissait la lave à flots, laquelle descendait, en plusieurs bras, sur les cognoli de Bosco-tre-Case et de Bosco reale, et aurait causé degrands dommages, si elle ne s'était pas arrêtée le 21. » Voici les observations que j'ai pu faire sur cette nouvelle éruption. » Les laves (2) qui sortaient de la bouche principale s'avançaient tranquil- lement, sans le moindre bruit, comme si elles suivaient une pente douce. La vapeur qui s'échappait du cône éruptif était d'un jaune pâle; je ni'en approchai de manière à y introduire un papier de tournesol, qui fut rougi à l'instant. L'acide qui se trahissait le plus nettement par les sens était l'acide sulfureux. La température de la lave sortant de la bouche était d'environ 1000 degrés, car elle fondait immédiatement l'argent et non le cuivre. J'ai fait de nombreuses et attentives recherches sur toutes les bouches, pour y déceler l'acide carbonique, en recevant, comme d'habitude, au moyen d'un aspirateur, les gaz dans l'eau de chaux, mais tous les essais ont été négatifs. )» Je dois ajouter que le tube de verre qui était suspendu dans la vapeur et formait l'extrémité supérieure du conducteur fixé à mon aspirateur était intérieurement recouvert d'une substance d'un rouge jaunâtre, qui donna les réactions du perchlorure de fer. Ce perchlorure est toujours acide, et se forme, je crois, aux dépens de l'acide chlorhydrique, qui, je n'en doute pas, joue encore un rôle dans l'acidité actuelle de la bouche éruptive. » Je poursuivais cependant d'autres expériences sur la bouche prin- cipale, lorsque vint une bouffée de lave qui me força à m'éloigner préci- pitamment et qui brûla une partie de mes appareils et de mes vêtements. La chute du jour ne me permettant plus de retourner à l'Observatoire, je me dirigeai sur le Bosco, et passai la nuit à Torre Annunziata. » M. Apatowsky adresse une Note concernant la nécessité de l'interven- tion de l'expérience dans l'étude physiologique du système nerveux, et (i) Cette nouvelle éruption me paraît correspondre à la fente supérieure, qui est, si je ne niL" trompe, alignée presque exactement est-ouest. (2) La nalure de cette lave est toujours la même, c'est-à-dire scoriacée, fragmentaire, ra- rement compacte, avec de très-petits anipliigènes el des pyroxènes disséminés dans la pâle. (6, ) l'insuffisance de l'observation dans la recherche des fonctions des diverses parties de ce système. M. L. Kastner adresse un « Essai sur les causes et les effets des varia- tions diverses de la pression atmosphérique ". L'auteur croit avoir reconiui l'existence d'une double action mécanique, résultant de la disposition horaire des maxima et des minima dans les variations de la pression atmosphérique. BI.T.Desmartis adresse une Note concernant le Lotus comestible [Lolm esculentus). Suivant l'auteur, les galles de cette plante donnent aux prépara- tions culinaires un goût et un parfum identiques à celui des meilleures truffes du Périgord, et il le nommerait parce motif Lolus truffier. M. A. Benetti adresse un Mémoire, écrit en italien, sur les lignes de courbure des surfaces. Ce Mémoire sera soumis à l'examen de M. Chasles. A 5 heures et demie, l'Académie se forme en comité secret. La séance est levée à 6 heures. D. BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. L'Académie a reçu, dans la séance du 6 juillet i868, les ouvrages dont les titres suivent : OEuvres de Lavoisier, publiées par les soins de S. Exe. le Minisire de l'In- struction publique^ t. IV : Mémoires et Rapports sur divers sujets de Chimie et de Physique pures ou appliquées à Vhistoire naturelle, à V administration et à l'hygiène publique, etc. Paris, i868; in-4° avec planches. La lumière, ses causes et ses effets; par M. Edm. BECQUEREL, de l'Académie des Sciences, t. II : Effets de la lumière. Paris, 1 868 ; grand in-8° avec figures et planches. Cours de minéralogie [Histoire naturelle); par M. A. Leymerie, a* partie, 2^ édition. Paris et Toulouse, i 868 ; i vol. in-8°. (Présenté par M. Dela- fosse.) ( 62 ) Les Merveilles de la Science, ou Description populaire ries inventions mo- dernes; par M. Louis Figuier, 22^ série. Paris, 1868; grand in-8° avec figures. Etudes sur tes machines ëleclro-magnétiqaes et magnéto-électriques ; par M. F. -P. r>E Roux. Paris, sans date; br. in-8°. (Fiésenté par M. Edm. Becquerel.) De l'altération des doublages des navires; moyens d'en préjuger la nature. Corniminication faite au Congrès des Sociétés savantes réuni à la Sorbonne, le i5 avril 1868, et à la Société académique de Nantes; par M. Ad. Bo- BlEKRE. Nantes, sans date; br. in-8" avec planches. La mer de varech exploitée au profit de rngriculture et de la marine natio- nales; par M. J. Laverrière. Paris, 1868; br. in-8". La plainte au point de vue littéraire : Rapports de la botiini(jne cl de la litté- rature. Discours par M. le D"" Clos. Toulouse, s. d.; br. in-8'^. Mémoire sur les dix-neuf premiers arcs-en-ciel de l'eau; par M. BiLLET. Paris, sans date; br. in-4° avec planches. annales et archives de l'industrie au XIX* siècle, par M. E. LACROIX, 22* fascicule, t. V, 3o juin 1868. Paris, 1868; grand in-8'' avec planches. Menioir. .. Mémoire sur le Dodo (Didus ineptus, Linn.); par M. Richard OWEN , avec une Introduction historique par feu M. W. John Brodlrip. Londres, 1866; br. in-4" avec planches. Address... Discours prononcé à la Société royale géographique de Londres à la réunion cmniversaire du i5 mai 1868; par sir R. Murchlson, Associé étranger de l'Académie des Sciences. Londres, 1868; br. in-8°. Philosophical.. . Transactions pliilosophiques de la Société royale de Londres, t. CLVI, 2* partie. Londres, 1866; in-4° avec planches. Proceedings... Procès-verbaux de la Société royale de Londres, t. XIV, n"" 78 et 79; t. XV, n"" 80 à 86. Londres, sans date; 9 n"' in-8". Proceedings... Procès-verbaux de la Société météorologique, t. III, n" 3o. Londres, 1867; in-S". Asfroiiomical... Observations astronomiques et météorologiques exécutées à V Observatoire navaldes Etats-Unis pendant Pannée i865 Washington, 1867; in-4''. Report... Rapport sur l'équipement militaire et l'hôpital chirurgical de campagne tel qu'il était exposé à r Exposition universelle de Paris; par M. T. LONGMORE, 1'" et 2* parties. Londres, 1868; in-folio. (Présenté par M. le baron Larrey.) Délie... De la transformation du mouvement mécanique en mouvement (63) calorifique observé dans les corps en rotalinn; par M. le professeur V. Riatti. Milan, 1868; br. in-8". Su... Sur quelques principes d'hydrostatique; par M. le professeur G. Cantoni. Milan, 1868; br. in-S". Photometrische... Recherches photométriques avec quelques-unes des consé- quences qui sy rattachent relativement à la disposition physique des corps célestes; par M. J.-C.-F. ZoLLNER. Leipzig, i865; in-S" avec planches. Institution pour les aveugles du Grand-Duché de Bade à Fribourcj : annuaire pour l'année 1868. Fribourg, 1868; br. in-H". Catalogue de l'exposition russe à l'Exposition universelle de 1867. — Ma- tières premières. Sans lieu ni date; in-8° relié. ERRATUM. (Séance du 29 juin ]868.) Pages I2g4 à 1296, passim, au lieu de pélei'inés, lisez pébrinés. COMPTE RENDU DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. SÉANCE DU LUNDI 13 JUILLET 18G8. PRÉSIDENCE DE M. DELAUNAY. MEMOIRES ET COMftlUNICATIOIVS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. M. LE Ministre de l'Instritction publique transmet à l'Académie une ampliation du Décret impérial qui approuve l'élection de M. Kummer pour remplir la place d'Associé étranger, laissée vacante par le décès de M. Brewsler. Il est donné lecture de ce Décret. COSMOLOGIE. — Sur r hypothèse de la fluidité intérieure du globe terrestre; par M. DelAunay. « L'étude approfondie des diverses circonstances de forme, de compo- sition, de température que présentent les terrains constituant la surface du globe terrestre a conduit à admettre que l'intérieur du globe est à une température très-élevée, et, par suite, que les matières dont il est formé sont en grande partie à l'état de fusion ; de sorte que, suivant ces idées, le globe consisterait essentiellement en une masse liquide recouverte d'une croûte solide de peu d'épaisseur relativement à son rayon. » Une objection capitale à cette manière de voir a été faite il y a bientôt trente ans par M. Hopkins; elle se trouve développée dans une série de Mémoires insérés dans les Tninsaclions philosophiques de la Société Royale de C. R., i868, 2= Semestre. ( T. LXVII, IN" 2.) 9 ( 66 ) Londres, années 1839, i8/|0, iS/js. Voici en quoi consiste cette objection, qui est tirée de la considération de deux phénomènes astronomiques : la précession et Ja nulalion. » On sait que la précession et la nutation, prises ensemble, consistent en un changement de direction que l'axe de rotation de la Terre éprouve peu à peu. Sans la précession et la nutation, l'axe de la Terre reslerait tou- jours parallèle à lui-même; il irait toujoiu's percer la voûte céleste en lui même point, si toutefois on néglige les dimensions de l'orbite de la Terre à côté de la dislance qui nous sépare des étoiles. En vertu de la précession et de la nutation, cet axe de la Terre s'incline peu à peu sur la direction qu'il avait d'abord ; le point où il va percer la voûte céleste, et auquel nous donnons le nom de pôle, se déplace lentement et progressivement parmi les étoiles : la précession lui fait décrire un cercle parallèle à l'écliptique, et la nutation le fait mouvoir sur une très-petite ellipse ayaiit pour centre la po- sition qu'il occuperait sur ce cercle en vertu de la précession seule. » Ce changement continuel de direction de l'axe de rotation de la Terre a été rattaché de la manière la plus heureuse à la grande loi de la gravita- tion imiverselle. Newton a montré que le mouvement de précession est une conséquence de l'aplatissement de la Terre. L'attraction exercée par le So- leil sur l'ensemble des matières qui constituent le globe terrestre n'aurait aucune influence sur le mouvement de rotation du globe autour de son centre, si ce globe était sphérique et homogène, ou bien s'il était formé d'une série de couches sphériques homogènes et concentriques. Mais en vertu du renflement du globe le long de l'équateur, les choses se passent autrement : l'action du Soleil sur l'espèce de bourrelet qui constitue ce renflement équatorial détermine peu à peu un changement de direction de l'axe de rotation du globe tout entier. La Lune, par son action sur le même bourrelet, donne lieu à un effet analogue, et c'est l'ensemble des actions du Soleil et de la Lune qui produit en définitive le mouvement lent et com- plexe de l'axe de la Terre, dont la précession et la nutation sont les deux parties constituantes. » Eu déterminant l'effet dû à ces actions du Soleil et de la Lune sur le renflement équatorial du globe terrestre,, on regarde la Terre comme im corps solide dont toutes les parties sont invariablement liées les luies aux autres, et qui doit participer tout entier à l'effet de ces actions perturba- trices. Si la Terre consiste, au contraire, en une masse liquide recouveile d'ime croûte solide, il ne doit plus en être ainsi : les actions du Soleil et de la Lune sur le bourrelet équatorial de la Terre doivent bien se transmettre (67 ) à la lolalitô de la croûte solide du globe ; mais le liquide inlérieiii', en veilu de sa fluidité, ne saurait |)articiper à l'effet de ces actions. Les forces per- turbatrices dont il est question, n'entraînant dès lors que cette croûte so- lide extérieure, agissent sur une masse totale beaucoup moindre que si elles entraînaient le globe terrestre tout entier : donc les changements qui en résultent dans le mouvement de rotation de la croûte solide doivent être beaucoup plus grands que ceux que l'on a obtenus en regardant le globe comme une seule masse solide, et ces changements doivent être d'aiilant plus intenses que la croûte solide du globe sera supposée plus mince. » Telle est au fond l'argumentation de M. Hopkins; et il arrive à cettecon- séquence que, pour mettre d'accord l'effet des actions du Soleil et de la Lune sur le renflement équatorial de la Terre, avec la grandeur assignée par les observations astronomiques aux phénomènes de la précessiou et de la nutation, il est nécessaire d attribuer à la croule solide du globe terres- tre une épaisseur d'au moins 800 ou 1000 miles anglais, c'est-à-dire d'au moins j ou ^j du rayon de la Terre. Il y a extrêmement loin de là à la faible épaisseur que les géologues sont portés à attribuer à la couche solide de notre globe. )) Cette grave objection de M. Hopkins aux idées admises n'est pas pas- sée inaperçue. M. W. Thomson, de Glasgow, la rappelle de la manière suivante au commencement de son Mémoire On llie riqidil/ of ihe Earlh [Trans. Pliil.^ année i863, p. 373) : « Il est démontré par les phénomènes Il de la précession et de la nutation que la Terre ne peut, comme beau- )) coup de géologues le supposent, êtie une masse liquide renfermée dans » une mince couche de matière solide. M. Hopkins, auquel est due la >i grande idée de chercher ainsi l'étude des conditions physicpies tie l'inté- )i rieur dans les phénomènes du mouve-ment de rotation de la surface, a » appliqué l'analyse mathématique à la recherche de la rotation d'une » couche rigide ellipsoïdale renfermant un liquide, et est arrivé à cette n conclusion que la croûte solide de la Terre ne peut avoir luie épaisseur . de moins de 800 ou 1000 miles. Quelque objection que l'on fasse à la » partie mathématique de son travail, je n'ai pu arriver à trouver auciuie » force dans les arguments par lesquels sa conclusion a été attaquée, et je .. suis heureux de trouver mon opinion à ce sujet confirmée par une auto- -. rite aussi éminente que celle de Archdeacon Pratt [Ftcjiire of llie Ecirlli, M édit. 1860, § 85). « Il m'a toujours semblé, en vérité, que iVI. Hopkins eût pu pousser )) plus loin sou argumentation, et conclure qu'aucune masse liquide con- 9- ( ^8 ) » timie, approchant des dimensions d'un s|)liéi'GÏde de 6000 miles de » diamètre, no peut exister ilaiis l'inlérieur de la Teire sans reiidie les » phénomènes de la précession et de la nulation très-sensihlemenl dilfc- » renis de ce qu'ils sont. » » Ainsi, on le voit, l'ohjeclion mise en avant par M. Hopkins, contre les idées généralement admises par les géologues sur la fluidité intérieure du globe terrestre, est regardée ])ar plusieurs savants anglais comme parfai- tement fondée. Je suis d'un avis diamétralement opposé; je crois que l'ob- jection de M. Hopkins ne repose sur aucun fondement réel. C'est ce que je me propose d'expliquer en quelques mois à l'Académie. » Quand on veut a|)pliquer les théories de la mécanique rationnelle à l'élude des phénomènes naturels, on se trouve toujours en présence de questions d'une complication extrême. Si l'on voulait traiter ces questions en toute rigueur, on ne pourrait jamais y parvenir, et cela pour des raisons diverses que je n'ai pas besoin d'énumérer. Nous sommes donc obligés de nous contenter de résoudre, non pas les questions elles-mêmes que nous avons en vue, mais d'autres questions qui s'en rapprochent plus ou moins, et qui présentent un degré de simplicité assez grand pour que nous puis- sions en aborder la solution plus ou moins rigoureuse. C'est ainsi que nous sounnes conduits à sidjstituer aux solides de la nature des corps solides de forme absolument invariable; c'est ainsi encore que nous attribuons habituellen)ent aux liquides une propriété de fluidité absolue qui n'existe nullement dans la nature, etc. Mais nous ne devons pas perdre de vue que, en agissant ainsi, nous nous mettons à côté de la réalité, et nous devons toujours nous préoccuper de l'influence que les circonstances dont nous avons fait abstraction peuvent avoir sur le résultat auquel nous sommes parvenus. )) Prenons, |)our fixer les idées, un vase de forme sphérique, un ballon de verre par exemple, rempli d'un liquide tel que de l'eau. Si nous adn)et- tons que ce liquide soit doué d'une fhiidité absolue, et que nous venions à imprimer brusquement au ballon un mouvement de rotation autour de la verticale passant par son centre, le ballon devra tourner seul, sans entraî- ner aucimemeut le liquide contenu, qui devra conserver son immobilité primitive. C'est ce qu'on vérifie facilement en donnant au ballon de verre un mouvement de rotation plus ou moins rapide; des corps légers, mis en suspension dans l'eau et à sa surface, paraîtront ne pas bouger de place malgré le mouvement donné au ballon. Mais en sera-l-il loujoinsde même quelle que soit la rapidité du mouvement donne an ballon? Si Von fait (%) tourner le ballon avec une extrême lenteur, peut-on admettre encore que le liquide restera indifférent à ce mouvement de l'enveloppe qui le ren- ferme? En admettant Va fluidiié absolue du liquide, on fait abstraction de sa viscosité. Or cette viscosité, qui est extrêmement faible dans la plupart des liquides que nous connaissons, n'est cependant pas absolument nulle; et on comprend qu'il doit en résulter que, si le mouvement de rotation donné au ballon est suffisamment lent, le liquide sera entraîné par le ballon, de sorte que le tout tournera tout d'une pièce, connue si le liquide était con- gelé et ne faisait avec son enveloppe qu'un seul corps entièrement solide. » Revenons au globe terrestre, et admettons avec les géologues qu'il est formé d'une masse liquide recouverte d'une nnncc croule solide. Si les actions perturbatrices qui produisent la précession et la nutalion n'exis- taient pas, le globe tout entier, enveloppe solide et liquide contenu, tour- nerait tout d'une pièce autoin- de la ligne des pùles dont la direction resterait constante dans l'espace. Si l'on admettait qu'une différence quel- conque eût pu exister à une certaine époque entre le mouvement de la croûte et celui du liquide intérieur, les frottements auraient peu à peu détruit cette différence, de manière à amener la conformité des mouvements de ces deux parties. Les actions perturbatrices qui produisent la précession et la nutation s'exercent sur la croûte solide et tendent à la faire tourner autour d'un axe s'éloignant de |)lus en plus de la direction de l'axe autour duquel elle tournait tout d'abord; c'est un mouvement de rotation exlraor- dinairement lent que ces actions tendent à. imprimera la croûte solide, et qui doit se combiner avec le mouvement de rotation qu'elle possède déjà. La question est de savoir si le liquide intérieur participera à ce mouvement additionnel, ou si la croûte solide en sera seule afft ctée sans entraîner inunédiatement le liquide avec elle. Pour moi, il n'y a pas lieu au moindre doute. lie mouvement additionnel dû aux causes indiquées est d'une telle lenteur, que la masse fluide qui constitue l'intérieur du globe doit suivre la croûte qui l'enveloppe absolument comme si le tout formait une seule masse solide. » Les pressions auxquelles sont soumises les diverses parties de la masse liquide que nous supposons exister à l'intérieur de la Terre sont si énormes, que nous ne pouvons pas nous faire une idée de l'influence que ces pres- sions peuvent avoir sur le degré de viscosité du fluide dont il s'agit. Mais, ce liquide fût-il dans des conditions identiques à celles des liquides que nous voyons autour de nous, cela suffirait poiu- que les choses eussent lieu comme nous venons de le dire Bien (jue j'en tusse absolument coinaincii. ( 70) j'ai voulu ce|jeiidant contrôler ces idées par une expérience directe. A ma demande, M. Champagiieur, jeune physicien attaché au laboratoire de phy- sique de la Sorbonne, a bien voulu instituer une expérience simple et nette qui ne laisse aucun doute possible à ce sujet. Je me contente de cette indi- cation au sujet de l'expérience dont il s'agit, voulant laisser à son auteur le soin d'en faire connaître lui-même les détails à l'Académie. » D'après ce qui précède, il ne me paraît pas possible d'admettre que l'effet des actions pertiu'batrices auxquelles sont dues la précession et la nu- tation ne s'étende qu'à une portion de la massedu globe terrestre; la masse entière doit être entraînée par ces actions perturbatrices, quelle que soit la grandeur que Ton suppose à la partie fluide intérieure, et par conséquent la considération des phénomènes île la précession et de la nutation ne peut fournir aucune donnée sur le plus ou moins d'épaisseur de la croûte solide du globe. » « M. d'Arcbiac rappelle qu'il a eu occasion, il y a une vingtaine d'an- nées, d'exposer les principaux résidtals des Mémoires de M. W. Hopkins, avec assez de détails pour en faire apprécier l'importance théorique (i), mais que ces résultais, bien que différant de l'hypothèse généralement admise par les géologues et apportant dans la question un élément astro- nomique souvent négligé, ne lui étaient pas absolument contraires; c'était plutôt une modification dans les données de cette hypothèse qu'une néga- tion absolue. Aussi, dès qu'il eut connaissance des conséquences que de- puis lors M. Thompson avait déduites de ses calculs^ qui exigeaient une so- lidité et une rigidité extrême de tonte la masse du globe, il pria plusieurs de ses collègues de l'Académie, plusversés dans l'application du calcul à la mé- canique et à la physique, de voidoir bien examiner la valeur des arguments du savant mathématicien anglais. C'est donc avec une vive satisfaction qu'il voit M. Delaunay, doublement compétent à cet égard, aborder une qiie.s- tion aussi fondamentale dans la science et la résoudre dans le même sens que les géologues qui ont le plus observé les phénomènes de la nature. » ttCONOMlli RUIîALI':. — Destntcliun îles insectes miisihlcs aux réi viles : i uiiiuU rtndu d'un Mémoire de M. Hecquet d'Orval el étal actuel de la (jiiestion , par M. Payen. « En adressant à l'Académie une Notice extraite des Mémoires de lu [l) Hiiluire ries /j/o^rr.^ ./. in I ,, ./.■•■oii-, l. l,ji. ?5; 1^47. (7> ) Société impériale d'Émulation d'4bbeville, M. E. Hecqiiet d'Orval , vice- président du Comice agricole, a voulu appeler l'attention des savants et des agriculteurs sur les énormes dommages causés en 1866 par les vers ()lnncs et les vers qris, discuter les procédés mis en pratique pour la destruction de ces insectes et proposer lui-même un moyen naturel plus efficace en vue d'atteindre ce but. » Il signale d'abord la gravité de ces dommages, qu'il regarde comme ayant occasionné en grande partie la dernière crise alimentaire. » C'est par l'observation attentive des principales récoltes de la basse Picardie que l'auteur parvient à évaluer approximativement les pertes éprouvées en 1866 dans les exploitations agricoles de cette région compa- rativement avec une récolte moyenne. » La déperdition sur les céréales aurait varié de 33 à 5o pour 100, sur les plantes fourragères et les prairies de aD à So, dans les champs de bette- raves et les pommes de terre de 49 à 5o; elle se serait élevée pour les pavots aux 5o centièmes des produits ordinaires, tandis que la récolte des topi- nambours n'aurait été amoindrie que de 27 pour 100. » Il résulte du tableau détaillé de ces observations que la moyenne géné- rale des pertes causées par les larves du Hanneton commun, Melolonlha vulc/aris^et les chenilles de VJcjrotis segelum ont été de l\o pour 100. » Un pareil chiffre, dit-il, explique les douloureuses préoccupations des cultivateurs en présence d'un fléau qui s'aggrave d'année en année. 1) L'auteur cite plusieurs faits démontrant que l'on aurait tort de compter sur des hivers pliLS ou moins rigoureux pour la destruction de ces insectes. » Abordant ensuite la question encore controversée de la balance à établir entre les dégâts que les taupes occasionnent dans les cultures et les services qu'elles rendent en dévorant un grand nond^re d'insectes, il se décide, d'après des expériences comparatives effectuées sur son domaine, à conserver ces petits auxiliaires au lieu d'avoir recours aux taupiers pour les détruire (i). M M. E, Hecquet d'Orval passe en revue les procédés de ramassage des larves, de hannetonnge et d'échenillage, soit rendus obligatoires, soit cnconragés par des primes, et après avoir reconnu l'intérêt louable qui depuis quelques années s'attache à la conservation des oiseaux, presque (i) t)ej)ins ;iss(7. longlenij s licjà nolic confrère i\I. le i\larccli;il A';iill,'nil, \nw siiirc «le ses nombreuses obseiv. lions, avait pris une détermination semblable et eonseivait prériense- men! les taupes dans ses cultures. ( 72 ) tous insectivores à leurs moments, et signalé les moyens d'utiliser le mieux possible leuis instincts carnassiers au profit de l'agriculture, l'auteur pro- pose un moyen jîlus radical, dit-il, qui n'entraîne aucuns frais extraordi- naires et n'apporte aucun trouble dans les travaux de la ferme. » Comptant au nombre des causes principales de la multiplication des vers blancs la suppression à peu près générale de la jachère dans sa contrée, il cite une expérience comparative qui démontre l'efficacité de la jachère comme moyen de destruction des insectes, surtout dans les conditions où, d'après cette méthode bien conduite, la terre reçoit pendant l'année de jachère cinq labours suivis de hersages nombreux. Par ces façons répétées, et surtout vers la fin du printemps et en été, aux époques où la chaleur fait arriver les larves près de la superficie, celles-ci, mises à découvert, ainsi que les chenilles souterraines, par les ustensiles aratoires, deviennent la proie des oiseaux ou sont tuées par les ardeurs du soleil. Toutefois M. Hecquet d'Orval ne propose pas de revenir à l'ancien assolement trien- nal, mais simplement à la jachère intercalée dans les assolements, comme le moyen le plus puissant de réduire le nombre des insectes nuisibles, de débarrasser complètement, en outre, le sol des herbes parasites, enfin d'aérer et d'ameublir la couche arable et d'accroître sa fertilité en lui per- mettant d'absorber les éléments réparateurs contenus dans l'atmosphère. » Lorsque la jachère complète n'aura pu être appliquée à un terrain infesté de larves et de chenilles, il conseille une demi-jachère d'été avec plusieiu's labours et hersages aussitôt que le sol le permettra. )> Des causes naturelles, ajoute-t-il en terminant, telles que la non-réus- site des pontes ou quelque maladie des insectes, ont réduit leurs ravages en 1867. Mais, si l'on ne s'attache à les détruire avec une persévérante activité, ils reparaîtront aussi nombreux, plus nombreux peut-être qu'en 1866. » Je regrette de ne pouvoir présenter des conclusions sur celte intéres- sante Notice qui est imprimée; mais je demande à l'Académie la i)ermission de lui dire, à cette occasion, où en est arrivée maintenant la question traitée par M. Hecquet d'Orval, l'une des plus importantes et des plus graves, sans doute, entre celles qui préoccupent les agriculteurs. » Depuis l'époque où, dans un Mémoire lu devant l'Académie, le 3o dé- cembre 1867, l'éminent agronome M. Reiset, signalant de son côté les effrayants ravages occasionnés par le Hanneton et sa larve dans le départe- ment de la Seine-luféricure, dommages qu'il évaluait à 2.^ millions pour ce seul département, plusieurs grandes expériences ont démonlré cjue la des- ( 73 ) truction de ces insectes, par voie de ramassage, est pniticable économique- ment dans les campagnes ; soit que, mettant à proHt les indications pré- cises de M. Reiset, on s'assure, dans chaque localité, des époques auxquelles les larves, sous l'influence des variations de température, remontent dans les couches du sol où les ustensiles aratoires peuvent les atteindre; soil que l'on encourage jiar ) rVOMINATIOIVS. fj'Académie procède, par la voie du scrurin, à la nomiiiation d'une Com- mission chargée de décerner le prix relatif à l'application tle la vapeur à la inaiiiK" militaire. MM. Diipiiy de Lùme, Dupin, Paris, Combes, Regnaull réiinissenl la majorité des suffrages. L'Académie procède, par la voie de scrutin, à la nomination d'une Com- mission chargée de décerner le prix d'Astronomie (fondation Lalande). MM. Laugier, Mathieu, Delaiinay, Faye, Lionville réunissent la niajoiité des suffrages. MÉMOIRES LUS. KNTOMOLOGIE. — Considérations mr la fixalion des Umiles entre Vespèce et !a variété, fondées sur l'élude des espèces européennes et méditerranéennes du genre liyménoptère Polistes [Latreille); parM.. Sichel. (Renvoi à la Section de Zoologie.) « I. — Depuis plusieurs années la question de la mutabilité ou de l'im- mutabilité de l'espèce a été de nouveau portée à l'ordre du jour, et préoc- cupe vivement l'esprit des zoologistes. Rien ne saurait plus contribuer à creuser cette cjuestion et à en préparer la ^olution, en aidant puissamment à fixer les Hmites entre l'espèce et la variété, que l'étude approfondie et la statistique exacte de certains genres d'insectes, riches en individus et possé- posés alcalins, j'ai fait, avec le concours de M. Champion, l'analyse comparée du Hanneton à l'état de larve et d'insecle adulte. Vuiei les lébultats de ces déteniiin.itioiis ridiiM Iles : Larves ou vers blancs. Haniielons atliilles. Ëlal naturel. État sec. lilat naturel. Klat sec. Eau 80, i3o » 7 I , loo « A/.ote I .oqe) 759'*" ' ' )4" iJ.oyo Matières grasses. ... i ,370 1 i ,387 1 ,784 6,000 .,1 / oc ^ r \ ï-elîï ahalins. 2.5'.i Cendres 1 ,.100 i(i,ioo 1 , Joo 4.D71 ... ' f sels in.'.oiub. 2,10 .Acide phospliûiiipie. ij,aoo ' )4''5 o,358 i,238 Du peut remarquer que les Hannetons à l'état adulte contiennent trois lois plus dazole que les larves et deu.\ fois plus que la poudrette ordinaire. 10. . ( 76 ) (lant iiii nombre siiffis;iiit d'espèces connmines clans nos climats, ce qui nous permet de les étudier en grand, j)ar séries régulières et complètes. Ce sont surtout les séries prises dans des nids qui, en permettant la comparai- son des espèces voisines et l'observation exacte des transitions entre chaque espèce et ses variétés, facilitent singulièrement les conclusions, et leur donnent un haut degré de certitude. )i Un pareil genre est le genre hyménoptère Polisles, représenté, dan> toute l'Europe, en Algérie et dans la partieoccidentale de l'Asie, par quatre espèces, dont trois très-communes, même dans les environs de Paris, les P. Gallicus, l)i(/lumis, diadema et Geoffroyi. » II. — Mais ces trois dernières espèces sont identiipies avec le P. G; au loutraiie, dans l'intestin, les dd;i- lations dont je viens de parler et les parois renferment une multitude de cids-de-sac, qui sont très-évidemment des organes de sécrélinn, de véritables acini glandidaires. C'est en ce point seulement que commence, en fait, la digestion, c'est-à-dire que le sang reçu de l'ingluvies est altéré par les sucs intestinaux. » L'appareil génital femelle présente des particularités intéressantes. On sait, d'après les descriptions de Moquin-Tandon et de M. de Quatrefag(\s, qu'il se compose d'iui long sac en cœcuui, dont la partie antéiieiu'e, pro- longée en goulot, vient aboutir à un corps blanchâtre d apparence glandu- laire, d'où part un canal, qui, réuni à celui du côlé op|)osé, débouche à l'extérieur par une ouverture médiane unique. J'ai pu m'assurer que l'organe glandulaire recevait, en outre, par sou côté interne, des canaux au nombre de cinq à sept. D'où proviennent ceux-ci ? c'est ce que je n'ai pu encore reconnaître complètement; mais il paraît probable, d'après une observation, qu'ils constituent l'aboutissant des glandes transparentes qu'on trouve mé- langées, sur certains points, aux glandules jaunâtres sous-cutanées; ce sys- tème devrait alors être considéré comme un vitellogène diffus, analogue à celui qu'on a signalé chez d'autres Vers cotylides. » Lors de la ponte, la Pondbdelle enveloppe son œuf dans un cocon figuré, mais d'après un échantillon altéré (si toutefois il s'agit de la même espèce), par MM. Hesse et Van Reneden; ce cocon est fixé aiix corps sous- marins par un pédicule. On obtient fréquemment des pontes en captivité, et il résulte d'observations faites avec grand soin par M. Donnadieu, prépa- rateur à la Faculté des Sciences de Montpellier, t|ue l'animal enveloppe le cocon avec sa ventouse antérieure pour le fixer et l'achever. Il me paraît certain, en rapprochant ces faits de cequ'ont avancé différents auteurs sur la production du cocon chez la sangsue médicinale, les néphélis, etc., que les glandes dites salivaires ont pour objet de fouiiiir la matière de cette enve- loppe ])rotectrice des œufs, plutôt que des liquides digestifs. » M. Blaxdet donne lecture d'un Mémoii-e a\ ant |)Our titre « Climatolo- gie palaionfologique ». Suivant l'autenr, la préserice de faunes et de flores trojiiciles dans des régions aujoiud'hui tempérées ou glaciales ne peut être attribuée à l'influence de la chaléTir centrale. Le soleil seul a pu foiu'uir aux animaux et aux végé- taux les quantités de chaleur et de lumière qui sont nécessaires à leur développement. De ces considérations, l'auteur déduit une théorie qui fait ( ^^o) intervenir, comme cause principale des changements thermiques survenus à la surface (hi glol)e, la variation du diamètre solaire. (Commissaires: MM. Paye, d'Archiac, Daubrée. ) M. (îour.Y donne lecture de diverses Notes relatives à une observation solaire, aux attractions solaires etliniaires, et à un nouveau système solaire. (Commissaires : MM. Mathieu, Laugier, Faye.) MÉMOIRES PRÉSEi\TÉS. MÉTÉOROLOGIE. — Sur les lieux apparents ou centres de radiation des étoiles filantes; par M. Chxpe.las. (Deuxième partie.) (Renvoi à la Commission précédemment nommée.) « J'ai l'honneur de mettre sous les yeux de l'Académie la deuxième Partie du grand travail quej'ai entrepris sur les lieux apparents ou centres de radiation des étoiles filantes. Ce second Mémoire porte spécialement sin- les météores de février qui, pour la première série (1847-1859), forment un ensemble de 49^ observations. Comme on le \ oit par le tableau ci-joint, le phénomène se présente d'une manière sensiblement identique à celui de janvier ; quelques différences existent, cependant, dans les éléments de l'ellipse et dans son inclinaison plus prononcée vers le nord. » Un fait assez remarquable peut être constaté par le calcul, et vérifié d'ailleurs par l'examen de deux figures jointes à ce Mémoire. C'est que la dis- tance zénithale de ces lieux apparents, qui, comme on le sait, dépend parti- culièrement de la longueur plus ou moins grande des trajectoires parcourues, est plus considérable en janvier (ju'en février. Or, si l'on relève les pressions barométriques au moment fie l'observation, on trouve qu'en janvier la moyenne de ces pressions est plus considérable qu'en février. Les trajec- toires parcourues sont donc en rapport direct avec la densité des couches atmosphériques, au moment de l'observation. Au contraire, si l'on ne tient compte que de la direction moyenne de ces météores, et que l'on calcule également la moyenne barométrique fournie par des lectures faites un certain nombre d'heures après l'observation, on trouve que cette pres- sion est plus considérable en février qu'en janviei-. Ce qui devait être eu effet, puisque la tlirection moyenne des météores de février se rapproche plus de l'est que celle de janvier. Il sera intéressant de loclicrcher si ces coïncidences se vérifient dans la suite de ce travail. ( «' ) Position des seize groupes ou centres dVmanation. MOYENNES. JANVIER. F ÉVIUER. VALEUR VALEUR DIRECTION. AZLMUT. DISTANCE zéniibale approchée Uu sinus de l'arc zénillial. VALEUR rcctifléo. DIRECTIO.N. AZIMUT. DISTANCE zénilliale. approchée du sinus de l'arc zénllhol. VALEUR l'ecUfiée N-^NE / 206.34 , 9. 6 l5 40 N-NNE , 187.31 / .4. 2 ■^i 36 NNE-NE 2J0.36 .9- 6 33 37 NNE-NE 216. 10 16.55 29 3i NE-ENE 216.53 18.26 3l 37 NE-ENE 236.33 i5. 8 26 28 ENE-E 262.52 12.52 22 29 1 ENEE 244. 4- l5.21 27 27 E-ESE 317.39 21.11 36 35 E-ESE 280.13 15.34 -il 27 ESE-SE 345. 4 26.58 45 45 j ESE-SE 339. 7 21.24 37 4' SE-SSE 354.48 27.48 46 50 SE-SSE 355.58 26 . 5o 46 49 SSE-S 3.57 3i. 6 5i 54 i SSE-S 1.24 32.38 54 5o S-SSO 7.5. 33.23 55 55 S-SSO .2.46 31.42 53 53 SSO-SO 21.10 36.52 60 60 SSO-SO 27.27 32.24 5'| 53 so-oso 33. 1 3i.52 52 62 i SO-OSO 38. 2 30.58 52 52 OSO-0 68.12 24.37 /.■ 57 OSO-0 65.28 23. 3o 40 47 O-ONO 109.59 26.34 V. 52 0-ONO 82.23 17.22 3o 43 ONO-NO i3o. i4 29.32 4y 52 t ONO-NO l32.20 23.12 39 40 NO-NNO 122.32 20 . 22 34 52 1 NO-NNO 143.45 32. 28 54 4o N'NO-IS 123.41 S. 8 l'i 53 NNO.N 172.11 21.4s 37 38 Posit on du c entre général. J, kNVIBB. !■• ÈVIIIEII. 1 i> 1 14. .4 13.46 23 \ / 10. 7 / 1 1 . 23 iS El éments le l'ellipse. J VNVIER. K livuiËii. Excentricité 20.29 Excenlricitc. ( 16. i(i G 65.22 48.24 ESE Grand axe. . Petit axe. . . 53. 3o 40. 58 p Inclinaison . NNE 'I Enfin, j'ai rappelé clans ce tableau les moyennes fournies par la tiisctis- sion des observations de janvier, atin de rectifier de suite des erreurs de transcription qui s'étaient glissées dans le travail précédent. » c. R., 1868, 2= Semenie. (T. LXVII, N" iJ.) • I ( 82 ) GÉOLOGIE. — Mémoire jjoiir setvir à la i oniKtissfiwe de Vélaijc mféiieiii du leridiii crétacé des Pyrénées; par M. A. Leymerie. (Extrait par l'auteur.) (Commissaires : MM. Élie de Bcaumont, Daiibrée, Ch. Sainte- Claire Deville. ) « Le terrain crétacé pyrénéen est une création de Dufrénoy, qui l'appe- lait terrain de craie, nom que nous réservons exclusivement pour l;i craie proprement dite. Il divisait cette puissante formation en deux étages, dont l'un correspondait au greensand des Anglais et l'autre k la craie telle que nous la comprenons. » Cette division est parfaitement rationnelle, et nous ne pouvions mieux faire que de nous y conformer; mais une longue étude nous a conduit à des idées assez différentes sur la composition et sur la séparation de ces étages, ainsi qu'on le verra dans le tableau ci-annexé. » INous considérons la question de la craie comme à peu près résolue, au moins pour la moitié orientale ou méditerranéenne de la chaîne; mais jusqu'à ces derniers temps nous sommes resté dans une grande incertilude à l'égard du grès vert, principalement sur la véritable position de la ligne qui doit le séparer de la formation jurassique. Nous croyons avoir résolu cette difBcullé par des observations toutes récentes. )' Le but du Mémoire que nous soumettons aujourd'hui à l'Académie est de lui faire connaître les principaux faits qui nous ont fait prendre le parti radical auquel nous nous sonnnes finalement ariété. •> Le calcaire à dicérates de Dufrénoy est le caractère le plus marqué de l'étage dont il est question, où il se laisse facilement reconnaître par des sections curvilignes de formes variées, de couleur noire, qui accusent la |)résence de caprotines que les géologues paraissent vouloir rapportei' ac- tuellement à une seule espèce, Capr. Lonsdalei, espèce néoconiieimc ou plutôt urgonienne, qui est fréquemment accompagnée de radioles d'un cidaris pyrénéen [Cid. pyrenaicus, Colleau), ei, dans certains cas, de petites orbi- tolines [Orb. conoïdea et disco'idea, Allegras) qui, en Dauphiné, se li'ouvent habituellement dans l'étage aptien. » Ce calcaire n'occupe pas une place unique dans le grès vert tles Pyré- nées. Il s'y montre, par récurrence, au moins deux fois; l'assise la plus extérieure formant une crête sadlante, précédée et quelquefois suivie par des schistes argilo-calcaires de couleur noire, avec des calcaires de même couleur. Ces schistes, habituellement dépourvus de débiis organiques, offrent, dans certains gîtes privilégiés (Sainte -Suzanne, Ariége, Quillau, ( «3 ) Saint-Pr.ul-tle-Fenouillet) , de grandes exogyres {Exoç/. sinuata, Sow) et d'autres espèces, la plupart caractéristiques, de l'aptien de d'Orbiguy, et dans les calcaires se trouvent des bancs à Nérinées d'apparence jurassique (Bize-Nistos), et d'autres pétris de serpules (Barbezau, Sauveterre, Ariége). » De là il résulte que, dans les Pyrénées, comme dans les régions de l'Algérie et de l'Espagne signalées dernièrement par M. Coqnand, les deux types urgonien et aptien se confondent par des alternances, et que les faunes de ces types qui, en Provence, sont distinctes et superposées dans un ordre constant, paraissent se localiser dans la plupart des autres régions médi- terranéennes, notamment dans nos montagnes, non en raison d'un âge relatif absolu, mais bien eu égard à la nature minéralogique des assises qui les contiennent. » Dans la plupart des vallées pyrénéennes, au sud de celte série iirgo- aptienne, existent de nouveaux calcaires de couleur foncée où l'on ne ren- contre aucun fossile déterminable, et qui, jusqu'à ce jour, avaient été re- gardés comme jurassiques. Nous les rattachons encore au grès vert, ne lais- sant dans le domaine du Jura que le lias caractérisé par des fossiles qui ne manquent presque jamais, et les dolomies grenues, ordinairement noires et fétides, qui lui sont généralement superposées. » D'un autre côté, dans les parties centrales de la chaîne (Hantes-Pyré- nées, Haute-Garonne, Ariége) on voit se développer, en avant de l'étage urgo-aptien, et souvent en discordance avec lui, un système plus récent à faciès clysmien ou arénacé, qui poiirrait être regardé comme une assise supérieure du grès vert. Ce système est composé de conglomérats polygé- niques, à grands et petits éléments, de grès et de schistes terreux, où se trouve encore un calcaire à dicérates (calcaire de Miramont), mais peu dé- veloppé et mal caractérisé, contenant toutefois les petites orbitolines déjà citées. » Le tout réuni constitue un puissant étage (5ooo à 6000 mètres) for- mant, le long et vers la base des Pyrénées, des montagnes de troisième ordre, dont les couches sont habituellement inclinées au sud sous un angle plus ou moins voisin de 90 degrés, avec une orientation qui les porte fré- quemment à l'ouest-sud-ouest. I. Au point de vue paléonlologique, cette grande formation n'offre que deux faunes léellement générales et qui se rapportent aux types urgonien et aptien de la Provence, la première faune n'étant accusée que par une seule espèce Cnproiinri Lonsdalei que l'on ne trouve que rarement à un état déterminable. D'un autre coté, la stratigraphie nous apprend que ces faunes I f .. ( 84 ) n'occupent pas, l'une relativement à l'antre, nn<> position fixe, et qne les assises qui les renferment ne sont que des faciès d'un seul groupe, qui, dès lors, paraîtrait devoir prendre le nom de néocomien supérieur; mais nous n'admettons pas cette détermination, qui laisserait en dehors des fossiles assez nombreux du calcaire à spatangues, qui se mêlent aux espèces ap- liennes à Orthès, Vinporf, Foix, et surtout dans les petites montagnes de la Clape, et d'autres espèces qui portent un caractère albien et cénomanien pro- noncé. D'iui autre côté, la dénomination de néocomien supérieur n'embras- serait pas les calcaires noirs qui suivent immédiatement an nord le terrain jurassique, calcaires qui repiésentent peul-èlre Ifi néocomien inférieur . » Nous croyons être près de la vérité en nous servant, ainsi que l'avait fait Dufrénoy, du nom de c/rès vert avec le sens large qu'on lui attri- buait en Angleterre et en France avant l'introduction du type néocomien. On trouvera peut-être la détermination trop vague, mais elle répond à l'étal mixte et indécis de l'étage dont il s'agit. // est des cas où la précision est op- posée à r exactitude . » Bien qu'il reste encore beaucoup à faire sur le terrain crétacé des Pyrénées, principalement en ce qui concerne la formation scliisteuse à fu- coïdes, du Béarn et du pays basque, nous pensons qu'il ne sera pas inutile de faire connaître le point où nous en sommes sur cette partie importante de la géologie pyrénéenne, dont nous avons fait l'objet d'une étude spéciale depuis plus de vingt ans. » Nous avons essayé d'atteindre ce but par le petit tableau qui suit : ESSAI d'une classification DU TERRAIN CRÉTACt DES PYRÉNÉES. Super-stratum. — Calcaire à milUoïiles {Eocéne inférieur). CRAIE. FACIES FLUVIO-MAKIN (Haute-Gaianiie). Horizon hîanc h operruUnes et pHéolcs [\). Garumnies.. < Argiles et sables bigarrés h Cr/ena ffaium- , Argiles ronges. \ . . 1 . , , ,. I i^ . . . 1 . i Assise supérieure nica, sphcrulites, etc. Lalcaire coniiiacte lacustre, f ' „,.,., , . I A 1 . j- } du croupe d'Alet Calcaire lithograrjliique. Argiles rouges et poudingues 1 " ■ „ , . ...... ■ -1 1 (aAreliiac). Colonie manne a oursins crétacés. versicolores. ] ' l Calcaire nankin à Hemipneustes; grès d'Alet et de l'Aricge (en partie). \ SiîNOSiES . . . j j,^^.^ ^^ -Yevois (en partie); argiles d'Ausseing et de Gensac à ananchytes. JSystèine schisteux \ i\ futoïdes l Calcaire à hippurites: couches de Paillon (Snint-Martnry ) : partie de la 1 ■ u . TonoNiEN... \ . , ~ . ''" '^''"'■n- ( craie de Tercis. ,' Cénomamex. I Grès h Exogrra Columha de l'Ariége et de l'Aude; calcaire i» caprines de Sare. (i) Nous appelons ainsi une coquille bivalve ayant le faciès d'une lUquienic dont la grande valve a la forme d'un bonnet conoïdo plissé, l'autre valve étant operculifornie. FACIES LACUSTRE (Aripge, Aude) ( 85 ) GRÈS VERT. Assise sttpéi ieui e (^arénacée), Rrènhes, grès et schistes terreux de Mirainont, de l'Ariége et des Hautes-Pyrèrrées, avec calcaire à dîcérales subordonné. Assise in/éi ieiive. FACIES CUGONEEN. FACIES APTIEN. Calcaires ii dicérates propre- I Couches noires schistoïdes, associées ment dit, foi-mant des crêtes parallèles dans presque toute la longueur de la chaîne. au calcaire à dicérates, à Exogjia sinuata, avec fossiles néoconiiens et nlbiens accessoires. Calcaires noirs ii nérinées, serpules, etc. FACIES MISTE. Calcaire à caprotines et petites orhitolines et avec fossiles néoeomiens et rhynconelles cénomaniennes. (Foix, Orthés, Vinport). Sub-stratum. — Dolomics stipraïiasiques, lias et infralins. M. Berc.ius adresse un Mémoire « Sur quelques fouctious du nombre irrationnel e ». Ce Mémoire trés-élendu est accompagné de tableaux contenant un grand nombre de résultats numériques. (Commissaires : MM. Bertrand, Serret, Hermite.) M. Dn-tcH adresse un Mémoire portant pour titre « Preuve partielle tabulaire du théorème polygone de Fermât ». (Commissaires: MM. Liouville, Serret, Bonnet.) M. Falconetti adresse la description et les dessins d'une machine rota- tive dont il est l'inventeur. (Renvoi à la Section de Mécanique.) M. JoHNSTONE Stoney, eu adressant un extrait imprimé d'un Mémoire (( Sur la constitution physique du Soleil et des étoiles », exprime le désir que ce Mémoire soit admis au concours pour le prix Lalande, auquel cas il soumettrait le manuscrit complet à l'examen de la Commission. On fera savoir à l'auteur que, le prix Lalande pouvant être accordé à une observation ou à un travail quelconque ayant contribué au progrès de l'Astronomie, la Commission doit tenir compte de tous les travaux parve- nus à sa connaissance jusqu'à l'époque où elle porte un jugement. L'auteur peut donc adresser le manuscrit en question, s'il le juge à propos pour fournir des documents complets sur les titres qu'il croit avoir. ( «6 ) CORRESPONDANCE. M. i.E Rectei'r de l'Fniversité du Chiu. en adressant la collection des n Annales de l'Université dn Chili, de i852 à 1866 » et nn certain noinbie d'autres onvrages, prie 1 Académie de vouloir bien comprendre cette Université parmi les Sociétés auxquelles elle adresse ses Comptes ren- Hus hebdomadaires. (Renvoi à la Commission administrative.) M. Cyon, auquel l'Académie a décerné le prix de Physiologie expéri- mentale au concours de l'année iSGy, adresse ses remercîments. MÉTÉOROLOGIE. — Eludes météorologiques faites en ballon. Note de M. Flammarion-, présentée par M. Delaunay. « Les questions fondamentales de la Météorologie ont fait l'objet des conununications précédentes. Je terminerai aujourd'hui cette série d'ob- .servations par quelques remarques, généralement relatives à la Physique, faites en diverses circonstances. Elles compléteront, sous certains aspects, les chapitres spéciaux qui précèdent. EXPÉRIENCES DIVERSES. » A. Trnnsmission du son., intensité, vitesse. — L'intensité des sons émis à la surface de la rerre se propage sans s'éteindre jusqu'à de grandes hau- teurs dans l'atmosphère. Pour en citer quelques exemples, le sifflet d'une locomotive s'entend à 3 000 mètres de hauteur, le bruit d'iui train à 2 5oo mètres, les aboiements jusqu'à i 800 mètres; un coup de fusil se perçoit à la même distance ; les cris d'une population se transmettent parfois jusqu'à 1600 mètres, et l'on y discerne également bien le chant du coq et le son d'une cloche. A i 4oo mètres on entend très-distinctement les coups de tambour el tous les sons d'un orchestre. A i aoo mètres, le cahot des voitu- res sur le jiavé esl bien perceptible. A i 000 mètres on reconnaît l'appel de la voix humaine; pendant la nuit silencieuse, le cours d'un ruisseau ou d'une rivière un peu rapide produit à celle hauteur l'effet de chutes d'eau puissantes et sonores. A 900 mètres, le coassement des grenouilles laisse entièrement ai)|irécier son timbre plaintif. Il n'est pas jusqu'aux bruits crépusculaires du grillon champêtre (cri-cri) qu'on n'entende très-distitic- tement jusqu'à 800 mètres de hauteur. ( 87 ) » 11 n'en est pas de même ponr les sons dirigés de haut en bas. Tandis ({ue nous entendons une voix qui nous parle à 5oo mètics au-dessous de nous, on n'entend pas clairement nos paroles à plus de loo mètres. )) Le jour où j'ai été le plus frappé par cette étonnante transmission des sons suivant la verticale de bas en haut, c'est pendant mon ascension du 2J juin 1867. Plongés dans le sein des nuages depuis quelques minutes, nous étions environnés de ce voile blanc et opaque nous cachant le ciel et la terre, et je remarquais avec étonnement l'accroissement singulier de lu- mière qui se faisait autour de nous, lorsque tout à coup les sons d'un or- chestre mélodieux viennent frapper nos oreilles. Nous entendions le mor- ceau exécuté aussi distinctement et aussi parfaitement que si l'orchestre eût été dans le nuage même, à quelques mètres de nous. Nous étions alors au-dessus d Antony (Seine-et-Oise). Ayant relaté le fait dans ini journal, j'ai reçu avec plaisir quelques jours après une lettre du président de la Société philharmonique de cette ville me rapportant que cette Société, réunie dans la cour de la mairie, avait aperçu l'aérostat par une éclaircie et nous avait adressé l'un de ses morceaux nuancés le plus délicatement, dans l'espé- rance qu'il servirait à mes expériences d'acoustique. En vérité, on ne pou- vait être mieux inspiré. » Dans cette circonstance, l'aérostat flottait à goo mètres du 'ieu (\u con- cert et presque à son zénith. A 1000 mètres, 1200 mètres et même 1/400 mètres de distance, nous continuâmes d'apprécier distinctement les parties. Cette observation a été renouvelée en cinq circonstances, et j'ai toujours constaté la permanence de l'intensité des sons, et de tous les sons, qui mar- chent tous avec la même vitesse et apportent le morceau de musique dans son mtpgrite. u Les nuages n'opposent aucun obstacle à la Iransunssion du son. » Quant à la vitesse, je n'ai pu faire d'expériences qu'à l'aide de l'écho, par lui bon chronomètre. Les vitesses moyennes que j'ai obtenues, com- posées de la double marche du son de la nacelle a la terre et de la terre à la nacelle, sont placées entre 333 et 34o mètres. » La meilleure surface pour renvoyer l'écho est celle d'une eau tran- quille. Il arrive parfois qu'un lac renvoie distinctement une première moitié de phrase, tondis que la seconde partie est difficilement achevée par la sur- face irrèguliére du terrain de la rive. » B. Optique. — Ombre luniineine du ballon. — En même temps que le bal- lon vogue emporté par le courant, son ombre voyage soit sur la campagne, soit sur les nuages. Cette ombre est ordinairement noire, comme toute ( «8 ) ombre. Mais il arrive fréquemment aussi qu'elle se détache en clair sur le fond de la campagne et paraît ainsi lumineuse. » En examinant celle ombre à l'aide d'une lunette, on trouve qu'elle se compose d'un nojau foncé et d'une pénombre en forme d'auréole. Cette auréole, souvent très-large relativement au diamètre du noyau central, s'é- clipse à la simple vue, de sorle que l'ombre tout entière paraît comme une nébuleuse circulaire se projetant en jaune sur le fond vert des bois et des prés. J'ai remarqué qu'en général cette ombre lumineuse est d'autant plus accentuée que l'humidité est plus grande à la surface du sol. » Sur les nuages, celte ombre présente parfois un aspect étrange. Il m'est arrivé plusieurs fois, en sortant du sein des nues et en arrivant dans le ciel pur, d'apercevoir tout à coup, à 20 ou 3o mètres de moi, un second aéros- tat parfaitement dessiné se dégageant en gris sur le fond blanc des nuages. Ce |)hénoméne se manifeste au moment où l'on revoit le Soleil. On distingue les plus légers détails de l'armature de la nacelle, et notre ombre reproduit curieusement nos gestes. » Le i5 aviil dernier, l'ombre du ballon nous est apparue environnée de cercles concentriques colorés, dont la nacelle formait le centre. Elle se détachait admirablement sur lui fond jaune-blanc. Un cercle bleu pâle ceignait ce fond et la nacelle en forme d'anneau. Autour de cet anneau s'en dessinait lui second jaunâtre; puis une zone rouge-gris, et enfin, comme circonférence extérieure, tuie légère nuance de violet se fondant insensi- blement avec la tonalité grise des nuages. )i Ces causes ne sont ])as seulement dues à un effet de contraste, et la théorie desauréoles accidentelles n'expli(]ue pas entièrement leur production. » C. Plioloinélrie. — CUnlé de l'aurore. — Lumière de la LutK et des étoiles. — A l'époque du solstice d'été, quand l'atmosphère est sereine et la Lune absente, une élévation de 200 mètres, à minuit, hors de la brume infé- rieure, est suffisante pour observer au nord, nettement dessinée, la clarté du crépuscule. » Lorsque la Ijine brille dans sa plénitude, il est iacile de suivre la com- paraison de sa lumière avec celle de l'aurore. C'est ce que j'ai fait entre autres pendant la nuit du 18 au i9Juiii 1 867. Comparant simultanément la lumière de la Ijune, qui venait de passer au méridien avec celle de l'au- rore et suivant l'accroissement de celle-ci, j'ai reconnu que les deux clartés se sont égalées à 2''45™ du malin, 1 heure i3 minutes avant le lever du Soleil. S. partir de cet instant la lumière de l'aurore alla en augmentant sur celle de la Lune. ( 89 ' » Ce qui me surprit le plus dans cette expérience, ce fut clo reconnaître que la blancheiu* légendaire de la lumière de la Lune n'est blanche que par comparaison à nos lumières artificielles. Elle rougit devant celle de l'au- rore comme celle du gaz devant elle. » Une différence lemarquable dislingue également la lumière de l'aurore de celle de la Lune. Lors même qu'elle n'a pas encore atteint l'intensité de la seconde, la première pénètre les objets de la nature, tan- dis que celle de la Lune glisse à leur surface et les estompe vaguement. » Même par le ciel le plus pur, les régions qui avoisinent la terre pa- raissent d'en haut toujoiu's voilées et Iroidilées par des vapeurs. )) La scintillation des étoiles est plus faible dans les hauteurs de l'atmo- sphère qu'à la surface du sol. » D. Couleur el transparence du ciel. — Au-dessus de 3ooo mètres de hauteur, le ciel paraît obscur et impénétrable. Sa nuance est un gris- bleu foncé dans les régions qui environnent le zénith; il est bieii-aznr dans la zone élevée de l\o à 5o degrés, bleu pâle et blanchissant en approchant de l'horizon. L'obscurité du ciel supérieur est ordinairement |)roportiou- nelle à la décroissance de l'hiunidité. Lorsque l'atmosphère est tres-pure, il semble qu'un léger voile bleu transparent s'interpose au-dessous de nous, entre la nacelle et les intenses colorations de la surface terrestre. )i E. Injluence apparente de la Lune sur la condensation de la vapeur d'eau. — Il nous est arrivé assez souvent, vers le milieu de la nuit^ nous trouvant au-dessous de nuées légères, de les voir se fondre insensiblement sous la liunière de la Lune et disparaître tout à fait, comme il arrive sur une échelle plus vastependant le jour, sous l'action du soleil. Il suffit dépasser deux heures, vers l'époque de la pleine Lune, dans le sein de l'atmosphère, pour s'apercevoir que certaines nuées légères se dissolvent en même temps que la Lune s'élève à une plus grande hauteur. Est-ce ime simple coïnci- dence? Est-ce vraiment l'influence directe de la Lune? » Telles sont les principales séries d'observations, qu'il m'a été possible d'effectuer dans mes dix voyages aéronautiques. Il en est d'autres qui ne sont pas assez avancées pour être présentées maintenant ; et je m'arrêterai ici. Tous les résultats que j'ai esquissés dans ce travail ne doivent pas sans doute être considérés comme absolus et définitifs; mais j'aime à les pré- senter comme des jalons utiles à ceux qui se livrent à l'étude de la météo- rologie, et j'ai l'espérance qu'un certain nombre de mes constatations pourront servir à la fondation de cette science. » Je ne puis mieux terminer cette communication qu'en émettant le vœu C. R., 18G8, 1' Semestre. (T. LXVII, M" 2.) 1 2 0" ) qiieces sortis d'observations et d'éludés se tmdliplient dans notie pays. I.e but de la iiH-iéorologie, dirai-jeen iiilei prélaiil uneasserlion de [hiinboldt, doit être « de recoiitiaitreriiiiité dans l'immense variété des phénomènes et de découvrir, par le libre exercice de la pensée et [)ar la combinaison des observations, la constancedes phénomènes au indien de leurs ciiangeiiients apparents. » Le monde atmosphérique est encore voilé pour la science, et c'est par le nombre autant que par la sévérité de nos investigations, que nous parviendrons à ariaciier à la natuKe quelques-uns de ses secrets. » ASTRONOMIE. — Sfijinenlnlion d'une Incite solaire. Noie de M. C. Flajim.^iuo.n, présentée par M. Delaunay. '( I.e Soleil vient de présenter, depuis le mois d'avril dernier, une recru- descence inattendue dans le nombre et surtout dans la grandeur de ses taches. Les dessins pris chaque jour montrent que, depuis la fin du mois de mars, sa surface a été constamment couverte par un ou plusieurs groupes de taches souvent fort impoitantes. Les plus remarquables se sont i)résen- lées aux époques suivantes : 3o mars, 8 avril, 22-23 avril, 27 avril, de petites taches disséminées comme des grains de chapelet. Au nombre d'une soixantaine, le 3, ces petites tacle s élaienl réduites de moitié le lendemain, et le 5, il ne restait plus que six grou[)es, pins noirs cju'aucun de ceux de l'avant-veille. Deux points surtout attiraient lattcntiou sur la tache principale : 1° la jiénoinhre, loin d'offrir une teinte homogène, était tiès-distinctemcnt composée d'une imillilude de ///e/slumineux, sépaiés par des lignes ombrées, et dirigés en rayons, comme si l'ensemble delà sub- stance lumineuse enviionnant la tache descendait de foutes parts vers Tow/Ore centrale ; 2" on distinguait dans la |)arlie occidentale de l'ombre ! 9' ) une réi^if)!! notamment jiliis obscure encore. Lf 7 avril an snjr, allongée sn raison île sa po'^ilion snr la splière et Irés-rapproclirc fin bord solaii-e, la tache flottait au milieu de vasies facules longitudinales. » Mais de tonte cette période, la tache doiit l'examen et la discussion peuvent être le plus utiles à la tliéorie de la physique solaire, celle dont les mouvements et les allures ont été le plus insiructifs, c'est la taciie qui, apparue le 9 mai au bord oriental du Soleil, a offert le |iîiénon)èiie singnli<'r d'une segmentation incontestable, tandis qu'elle arrivait vers le centre ilii flisque,eta disparu pai'snile de la rotation de l'astre, [-endanl la nuit du 22 au 23 mai. » L'histoire de la pérégrination de cette taihe intéressera sans doute les astronosnes qui se livrenl à l'étude de la physique solaire. » Le 10 mai, elle se composait essetitiellemeut d'inie ombre centrale en- tourée d'une pénombre, celle-ci étaiit sensiblement plus large du côlé du iimbe solaire. La foime générale était allongée selon les lignes nécessaire- ment déterminées pas la perspective. Le 11, l'ombre se courbait uu peu, tournant en convexité vers l'intérieur du disque solaire; le 12, une sorte d'anse se dessinait du côlé de la concavité; le i3, cette anse prenait elle- même la forme d'un bec ouvert; la pénombre était à peu i)rès ronde. » Le i5 mai, à côlé de l'ombre de la tache aj)paraît une seconde ombre, plus petite, et comme rattachée au bec décrit plus haut, moins bien carac- térisé que l'avant-veille. Or voici le point le plus important. Celte ombre secondaire va devenir le centre et comme le foyer d'une seconde tache, et cette région se sép.irera de la tache pruicipaie, dont elle fait partie intégrale et inséparable, le i5. 1) Que voit-on, en effet, le 16 mai, snr cet objet singulier? f>a section de la grandt; tache où s'est formée une ombre secondaire se sépare petit à petit, se détache, emportant avec elle une partie de la pénondire. A midi, elle n'est pas entièrement détachée, mais tient à la tache principale par ui\e sorte de charnière. » Siiij^ulier phénomène! La segmentation ne se continue pas : elle s'ai-- rêle, et bientôt la partie séparée se trouve de nouveau réunie à la tache; la pénombre lia plus de solution de continuité. C'est ce qui a lieu à 6 heures. L'observation qui précède, et qui nous a monti'é la segmentation, serait- elle une erreur d'optique? » Non, car le Irntlem lin elle s'est de nouveau séjjaiée. Elle reste ratta- chée par le même point cpie la veille j)endant toute cette journée. Mais le 18 au matin, elle s est décidément isolée; des lors, ce sont deux taches avaiit 1 2 Le lo. Lo \1. Le i3. Le i5. Lo i6. Le 1 6, à 6 II. du soir. Le 17. Le 18. Le 19. La 20 . Le 21 . Le 32 . I. 9^ • chacune son existence propre. L'nitervalle qui sépare les deux pénombres est coupé presque en ligne droite par la substance blanche de l'astre. M Ce n'est pas tout. La section s'est définitivement séparée; mais elle offre à son tour des variations curieuses. Le 19, deux ombres se distinguent dans son sein au lieu d'une. Elle est le siège de mouvements inléi ieurs gigan- tesques sans doute, et dont nous n'observons ici que de pâles aspects. Celte branche ne s'est séparée de sa mère que pour en souffrir. Elle est des- tinée à périr bientôt, tandis que le foyer principal continuera de régner sur le disque solaire. Le 20 mai, c'est-à-dire deux jours après la séparation, la petite tache s'éloigne de plus en jjIus de la grande, puis se fond dans la substance lumineuse. Il reste à peine un vestige de la vaste segmentation du 18. Ce n'est plus qu'une ombre à peine sensible, environnée d'une pé- nombre légère qui s'évanouit. « Il ne restait plus aucune trace le 21 mai de la tache secondaire. La principale demeurait intègre et révélait de nouveau la forme allongée due à son éloignement sur la sphéie. On continuait de distinguer les filets lumi- neux tracés en rayonnement de l'iulérieur à l'extérieur de la pénombre, et qui, dès le 16, au moment de la première segmentation, se comportèrent sur l'une et l'autre tache comme appartenant à deux centres distincts. » Le 2 I mai, la tache approchant du bord reprenait sensiblement un as- pect analogue à celui qu'elle avait revêtu le 1 1 . De longues traînées de fa- cules lumineuses flottaient autour d'elle. Le 22, elle se dessinait tout au bord, environnée de facules. Sa longueur était restée la même, sa largeur diminuait de plus en plus. A 7''3o", au moment du coucher du Soleil, elle tou- chait presque le bord comme luie mince ellipse noircie à son centre. » Afin que l'on puisse suivre exactement l'histoire de celte tache, nous en reproduisons ici les principaux ilessins. Ils sont réduits à midi. ') L'étendue moyenne de cette tache a été de 5o secondes, ce qui cor- respond à un diamètre presque trois fois plus grand que celui de la terre. » On voit que, si l'observation a été complète, cela est dû à plusieurs cir- constances fortuitement réunies : d'une part, la segmentalion s'est opérée lentement et a eu lieu dans la région de la sphère solaire où l'obseivateur terrestre pouvait la saisir sans déformations; d'autre part, l'atmosphère de Paris est restée pure pendant cette période. » Un phénomène analogue de segmentation s'esl produit lentement, et, après une longue hésitation, les 26, 27, 28 juin dernier, sur une tache qui s'est détiniment dédoublée le l^ juillet. » J'avais déjà observé de semblables faits, mais les circonstances ne (■ <14 ^ m"av;n('i)l [ins permis de les constater d'une manière définitive. Quelles conséquences faut-i! en tirer sur la mystérieuse nature des laclies snhiires? C'est, je ci'nis, ce que nous ne sommes pas autorisés à faire encore. Il Ces observations ont été faites simullanéii eut à l'aide d'iuie lunette astronomique et d'un télescope Foucault. Pendant que j'observais à ui.i luiielle, j'ai prié un de mes amis, M. Barnoul, ' I/eaii rendue alcaline par de la soude ou tie la baryte donne un ré- sultat analogue au précédent. On a donc d'une manière générale, potu- les oxydes de la formule MHO'-, MHO= = (MH) -f- 0-. » II. Eau ACiDULÉb;. — i" Acide suif inique. — De l'eau acidulée avec de l'acide suifurique, de tnaniére à obtenir une solution étendue, donne un réstiltat très-net à l'électrolyse : il y a concentration de l'acide au pôle po- sitif; et l'oxygène obtenu provient exclusivement de la décomposition de l'acide (SO% 3 HO). Solution primitive \ Compartiment positif. . . 20'^'^ (SO^HOh- loSAq) / " négatif... 20" 10"^' contenant SO^HO =: 0,494 ont exigé, pour la saturation, 553 div. de baryte. '■ Après l'expérience : 10'^'' de la solution positive 654 « » négative. . . 4^4 " Hydrogène 265" Température 24° Pression o , ■^62 Le [)oids du gaz est o,oii2. « D'autre part, l'acide électrolysé (SO',HO) est égal à 0,35797, conl<- nant H = n,oo'j'5; et en rapportant cette quantité à (S()\HO;, n fia tiécoinposilion par le courant est donc la suivante : SO',3HO = (SO' + OV) + H'. » On a ensuite au pôle positif (SO' + 0=) + 3HO = SO='3HO -h O'. .' Lorsque l'on clierche à éleclrolyser des solutions très-concentrées, par exemple (SOniO 4- 20 Aq), ou obtient constamment des résultats inter- médiaires entre SO% 2HO et S0',3H0; il semble que ces deux composés subsistent simultanément au sein de la solution aqueuse. » Si ces lois de décomposition se généralisent, on entrevoit ici un nou- veau moyen de déterminer la nature des hydrates qui subsistent dans les solutions aqueuses. L'électrolyse de l'acide azotique justifie ces prévisions. » 2° /icide (izolique. — De l'eau acidulée avec de l'acide azotique se dé- compose de la manière suivante : AzO%4HO = (AzO' + 0^)+ 2H-. » On a ensuite au pôle positif (AzO^ 4- O') -4- 2lPO= = AzO%4HO-^ 20=. il Pour reconnaître ici le sens dans lequel s'effectue la décomposition, il est indispensable de recueillir l'oxygène : o,i235(SO', 110 ayant exigé pour la satiiialion. ... i3o div. de baryte. 20'^'= (le la solution iiriiuilive ont exigé 3o4o » )) Après l'expérience : Les 20"^'' de la solution positive 3241 » » .. négative 2610 • Oxygène i09'^'",8 Température ... 21° Pression •. .. 0,761 I.e poids de ce gaz est 0,142. » L'acide électrolysé (AzO', 4 HO) répond a 402 divisions, contenant une quantité d'oxygène égale à o, î 4- » Pen. i4 : M De la maladie des petits et des inorts-flats. Les veis restés petits et les morts- » Jlats peuvent ne pas être corpusculeux , mais leur canal intestinal est » gorgé de très-petits corps, appelés vulgairement qranulations moléculaires, » et qui ne paraissent être autre chose que des microzymas, petits ferments » d'une nature spéciale. Ils entravent la digestion du ver, et le canal intes- » tinal est alors rempli de matières glaireuses et puriformes. S'ils envahis- » sent le ver de bonne heure, celui-ci reste petit ; s'ils l'attaquent aux der- » niéres mues, il meurt mort-flal. » » A la page 28 du même opuscule, je dis : >■ Le traitement que je viens » d'exposer ne concerne que la maladie corpuscideuse. Je réserve pour » cette année l'étude de la maladie Ae% petits et des morts-Jlats, que je nomme » maladie des microzymas, et qui me paraît bien autrement désastreuse que » la pébrine. J'ai eu l'occasion d'examiner une chambrée cpn a échoué, au » moment de la montée, malgré l'emjjloi de la créosote, par des causes » particulières, et où les -^ des vers ont siuccombé morts-flats, sans être cor- » pusculeux, mais farcis de (/Hcrosj'Hias. » » Je supplie l'Académie de remarquer que c'est le a8 mars dernier que ces choses sont imprimées, confirmant et étendant les Notes de l'année der- nière. » Du reste, la signification des deux Notes de 1867 avait été parfaite- ment comprise d'un sériciculteur aussi habile que distingué. M. Raybaud- Lange, de chez qui M. Pasteur a écrit à l'Académie, m'écrivait, le 4 juillet 1867 : (( Pourtant, je désirerais leur faire subir (aux graines) une dernière » épreuve et m'assurer si elles ne contiennent pas les indices de cette nou- >> velle maladie que vous dites être caractérisée par la présence du mjcro- » z/ma bomb/cis; or, comme je suis encore inhabile à constater cette » indication pathologique, je vous demanderai la permission d'aller à Mont- ( >o4 ) » peliier, compléler au[)rés(Je vous mon éiliication à cctégnitl. » Et M. Ray- baïuJ-I^aiige est venu. » Mais, dans l"in(pi-val!o qui s'est écoulé depuis l'époque delà publica- tion de mes Notes de i 867, jusqu'au a8 mars dei'uicr, je n'étais pas resté oisif. Les expériences relatives aux muscles qui laissent développer des bactéries dans l'empois d'amidon, quclcpie précaution que l'on prenne pour les éviter, étaient faites depuis longtemps. Dans le courant de l'hiver dernier, Î\I. Estor et moi, nous no\is occn|5ions du rôle des microzymas de l'organisme et de leur développement en bactéries (i). » Ces travaux ont retenti dans ma Note du 8 juin dernier. Je savais que des bactéries et des vibrions existaient dans certains vers malades, et ce n'est ni moi, ni M. Pasteur qui les y avons vus les premiers : c'est M. Joly, de Toulouse; moi, je l'ai dit dans ma brochure de î8G6 [Suf la malndie ac- tuelle des vers à soie, sa cause et les moyens proposés pour la roiiib illre), et je le dis encore dans ma dernière Note. Pourquoi M. Pasteur n'a-t-il pas cité M. Joly? D'ailleurs, n'avons-nous pus, M. Estor, M. Saintpierrc et moi, déjà étudié les bactéries de la bouche de l'homme, au point de vue de leur influence pour la production de la sialozymase? et ne savais je pas que le canal intestinal de tous les animaux contient de ces organismes, vi- brions, etc. ? Dans l'intestin de la grenouille, on trouve souvent le vibrion à point brillant ou une espèce voisine, dont j'ai parlé dans ma Note du 8 juin. Ces organismes peuvent donc exister dans le canal digestif des animaux sans qu'il y ait maladie; loin de là, ils ont leur utilité. Aussi il ne s'agissait point de ces bactéries, ou vibrions, ou autres pro- ductions organisées, que j'ai signalés dans ma Note du 8 juin et dont j'ai envoyé un dessin, pour les principales formes, mais bien de cette rela- tion de cause à effet qui lie les u)icrozymas à leur apparition. L'histoire des microzymas date ilonc de la découverte que j'ai faite des microzymas de la craie. » M. Pasteur a parlé de morts-Jlals. Qui n'en a pas parlé? C'est à M. Aragon que je dois de les avoir bien distingués, dès l'année 1866, et c'est en réfléchissant à ce qu'il m'avait dit de la distinction que faisaient les sériciculteurs entre la pébrine et les morls-flals, les capilans et les tripes, etc., que j'ai été amené aux recherches d'où dérivent les Notes du i3 mai et du 10 juin 1867, précédées de la découverte des microzymas dans la graine. Ce sont ces remarques qui m'ont fait regarder la maladie (i) Voir Comptes rcnrliis des 2 mars et 4 '"•'' 1868. ( 'o5 ) des petits et celle des morts-flats comme étant la même, le mort-flat n'étant que le resté petit de la quatrième mue. Quant aux dates, les publications de M. Pasteur sur ce sujet ont toujours suivi les miennes; car, bien que datées, celles de l'anné dernière, d'Alais, du 3o avril et du i\ mai, on ne doit considérer comme authentique que la date du 3 juin, c'est-à-dire celle de l'arrivée à l'Académie. Or, même en acceptant la date du 3o avril comme réelle, cette Note a été précédée de la publication de mes Conseils aux séri- ciculteurs, qui sont du ii avril, de même que l'article de M. Pasteur an 29 juin dernier, postérieur de trois semaines à ma Note du 8 juin et qu'il fait remonter au i^'' juin, était précédé de ma seconde édition des Conseils, qui est du 28 mars. » Eu définitive, sur tous les points, je ne puis considérer la dernière Note de M. Pasteur que comme confirmant mes idées et mes observations. » Je me réserve de répondre ailleurs à quelques détails de cette Note. Qu'il me suffise de dire que, dès 1866, j'ai considéré les cor- puscules vibrants comme des ferments, ce que j'ai démontré depuis. J'ai formellement déclaré ensuite que la nutrition du ver était entravée par l'alté- ration que ces ferments font subir aux sucs nourriciers ou digestils du ver, » Quant à l'emploi des parasiticides en général, des parasiticides odo- rants en particulier, la créosote, l'acide phénique que j'ai également con- seillé, je considère plus que jamais leiu" emploi comme scientifique, et j'al- firmc que le procédé empirique de la sélection, exclusivement appliqué au corpuscule vibrant par M. Pasteur, à lui seul, ne sauvera pas la sérici- culture. » CRYPTOGAMIE. — Sur le Mycodernin vitii. Note de M. J. de Seynes, présentée par M. Ch. Robin. « Les êtres organisés auxquels on attribue les fouclions de fei-ments deviennent tous les jours plus nombreux. I^e groupe que l'on en peut for- mer, en dehors de toute classification naturelle, comprend ties Baclérii s dont on admet à peine la nature végétale, des Cry[)tocoques, des Myco- dermes que les naturalistes placent tour à tour parmi les Algues et parmi les Champignons, sans compter des iMucéduiées, dont la nature fungiqnc n'est pas douteuse, et dont les spores ou les conidies peuvent, dit-on, jouer le rôle de ferments. I) L'obscurité qui nous dérobe encore les principales phases de la vie des ferments a trop facilement servi à élayer îles théoiies de philosophie C. R., 1868, 2' Se/nestre. (T. LX\ II, P<" 2.) ' 4 ( io6 ) naturelle. Aussi, grâce aux préoccupations des hétérogénistes en France et des partisans de la mutabilité en Allemagne, l'évolution naturelle des levures organisées a donné lieu à beaucoup plus d'hypothèses que de vraies observations. L'Histoire naturelle, la Physiologie générale et la Chimie sont cependant intéressées à ce que les levijres organisées soient étudiées en dehors de toute autre [jréoccupation que celle d'une connais- sance exacte et complète de leur mode de développement et de repro- duction. » C'est dans ce but que j'ai commencé une série de recherches dont je demandeà l'Académie la permission de lui signaler le premier résultat. » Lorsqu'on met du vin, ou surloni un mélange de vin et d'eau, dans un récipient fermé contenant une certaine quantité d'air, on voit au bout de quelques jours une pellicule blanche couvrir la surface du liquide. Cette pellicule, très-anciennement connue sous le nom âe fleur de vin, est formée de petits corps arrondis récemment figurés par M. Pasteur dans son ou- vrage sur les maladies du vin (i); ces corps, que j'appellerai, avec MM. Pas- teur et Desmazières, Mycodenna vini, sont des cellules analogues à celles de la levure et se propageant comme ces dernières par bourgeonnement (2). Leur forme est ovale ou ovoïde; leur contenu, d'abord homogène "et ré- fringent à la manière des corps gras, présente plus tard un liquide huileux périphérique, une grande vacuole centrale non limitée par une membrane et occupée par un liquiHe hyalin, enfin une et plus souvent deux goutte- lettes huileuses formant nucléoles à l'un on aux deux pôles de la cellule. » On rencontre aussi, en petit nombre, des cellules allongées dont la membrane est quelquefois plus fine, et le contenu identique comme appa- rence optique et comme disposition relative des substances, sauf le nombre de iHicléoles qui est proportioiuiel à la longueur du plus grand diamètre; cette longueur, qui ne dépasse jjas o""",oo6 ou o'^'^tOO^ pour les plus grandes cellules elliptiques, atteint o""",oi et jusqu'à o""",02 pour les cel- lules allongées. Ces cellules allongées provieinient par voies de gemmation (i) Études sur le vin, ses maladies, etc., par M. Pasteur; Paris, 1866. (2) Le fait de la gemmation tie la levure ti'e^t point, comme l'a avance !\I. Foueliel [Comptes rendus de l' Académie des Scieneci, t. LU, p. 2H4), ' nne idée essentiellement née de la pratique de la fabiiiation de la bière. " C'est un des laits d'observation les jdiis elairs et les plus laeiles à veiiiier (voir Coûts élémeulairr de C/iiiiiie iirgiiniijue, par M. Regiiault; l85i ,p. 9.1S0 et 281 ; et plus riremuTCnt y)/o//;/;y/«g-/c iind Physintogie derl'ihe, voiiD'A deBaiy, duns, Ha/idOur/i der jiiiy.iologisch-:n Bntunik , von W. Hofmeisler; ( I07 ) des cellules arrondies ordinaires et produisent de la inéme manière d'iuitrcs cellules allongées ou même des cellules arrondies. On peut suivre, du reste, tous les intermédiaires entre les plus petites des cellules arromlies et les plus longues des cellules allongées : les unes et les autres sont souvent dis- posées en chaînes plus ou moins longues, plus ou moins ramifiées. » Après avoir acquis la certitude de l'identité spécifique de ces deux formes, je cherchai à voir quelles conditions étaient les plus favorahles au développement de la forme allongée, dont l'apparition me paraissait cor- respondre à un degré de végétation plus avancé. Après plusieurs essais, je recontuis qu'en augmentant la proportion d'eau dans le mélange où s'était primitivement développé le Mycoderme, on ohtenait une plus grande quantité d'éléments allongés; ce résultat n'était cependant pas con- stant, car au bout d'un, de deux oti de trois jours, je retrouvais souvent dans la pellicule mycodermique une grande prédominance des éléments ar- rondis; cependant le bourgeonnement était à peu près arrêté. Après cinq ou six semaines d'observations répétées, je surpris enfin la clef de l'appa- rente incohérence de ces phénomènes : plusieurs cellules allongées étaient moniliformes; il s'était formé dans leur intérieur des cellules arrondies semblables à celles qui formaient la pellicule mycodermique primitive. J'observai alors les diverses phases de ce phénomène, dont on peut résiuner ainsi la marche, » Le liquide plasmatique huileux se concentre autour des nucléoles; de légères granulations apparaissent à sa surface et sont bientôt remplacées par inie membrane propre; la cellule arrondie est ainsi formée; pendant ce temps, la membrane de la celhde mère devient très-fine, très-trans|jareule. Lorsque les cellules ainsi formées au nonibre d'une, deux ou trois dans chaque cellule allongée ont acquis la dimension de celles qui flottent libre- ment à la surface du liquide, la membrane très-ténue de la cellule mère se rompt, et les cellples arrondies deviennent libres, entrahiant avec elles une portion de la membrane de la cellule mère destinée à disparaître pelit à petit, et quelquefois une autre cellule fille qui lui paraît accolée comme si elles provenaient l'une de l'autre par bourgeonnement. Un grossissement suffisant montre qu'elles sont réunies par la membrane de la cellule mère. » On voit quelquefois des cellules ari'ondies qui paraissent être le siège d'un travail semblable à celui que j ai observé dans les cellules allongées. Elles présentent une cloison intérieure, mais on en voit eu formation dans les cellules mères qui ont cette apparence, parce que s'étaut trouvées trop rapprochées l'une fie l'autre, elles se sont soutlées, et la paroi inler- i4.. ( «o8 ) médiaire s'est aplatie; il faut donc attendre de nouvelles observations pour se prononcer sur ce sujet. M Le développement endospore que je viens de décrire ne clôt peut-être pas le cycle de végétation du Mycoderma vini, mais il en est certainement une phase importante et très-rapprochée des phénomènes de reproduction des Algues, chez lesquelles les spores se forment dans une cellule mère, par agglomération de l'endochrome. Le rapprochement que j'indique n'est destiné qu'à mettre plus en saillie le fait que j'annonce et nullement à trancher la question de la véritable place des Mycodermes. J'étends ces recherches à toutes les levures, et ce n'est qu'après lui travail compaiatif plus étendu cpi'il me sera possible de foruuiler une opinion motivée sur ce sujet. >) Si j'ai pu suivre avec netteté les phases de ce mode de reproduction du Mycoderma vini, c'est qu'il est possible de l'obtenir sans aucun mélange de Mucédinées. Ce Mycoderme n'est le plus souvent accompagné que du ferment acétique, à forme de Bactérie, facile à distinguer du Mycoderme et qui n'introduit dans l'observation aucune cause d'erreur. Il n'en est pas de même de la levure de bière et de beaucoiq) de levures de divers fruits; elles sont accoujpagnées de conidies de Pénicillium ou île Miicor et de spores de Torulacéesqui lui ressemblent, et il ne me paraît possible de les séparer qu'en employant un procédé analogue à celui que M. Claude Bernard a appelé dissection physiologique, en tuant soit les levures, soit les Mucédinées pour les isoler les unes des autres. J'ai déjà remarqué qu'en agissant sur la levure de bière avec un ferment acétique qui la fait putréfier très-rapide- ment, on voit une Toridacée, appelée par Bonorden Chalara Mycoderma, résister à cette action et se développer très-activement en formant à la sur- face du liquide une pellicide blanche; cette pellicule constituée par le my- célium et les corps reproducteurs du Cltnlora, qui se nourrit du résultat de putréfaction de la levure, a été présentée connue une transformation de cette même levure (i) ; mais ce sujet m'entraînerait trop loin, je le réserve pour un Mémoire plus étendu. Je me bornerai à faire en terminant une dernière observation. )) Pour amener le Mycoderma vini à présente!' le phénomène de rejiro- duction qui fait l'objet de cette Note, j'ai dû appauvrir le sol sur lequel il croît naturellement et arrêter ainsi son développement purement végétatif. (i) Desmazikres, Subi/n coderma curtvisiœ, Annales des Sciences naturelles, i"^ sciic, t.X, p. 'p., et très proijabicini'nt JoLY et Musset, Cumptrs reinlus , t. LUI, p. 870. ( '09 ) Cette expérience confirme ce que l'on observe chez les végétaux d'une organisation plus élevée. J'ai fiéjà fait remarquer ailleurs que l'état dans lequel on observe les champignons qui croissent dans les mines ne vient pas de l'absence de lumière et d'une sorte d'étiolement, comme l'ont cru certains auteurs ; les formes qu'ils affectent viennent d'une exhubérance végétative du mjceliuin favorisée par les conditions de chaleur et d'humi- dité au milieu desquelles il se trouve placé. On peut, en effet, recueillir dans les mines des fructifications parfaites d'Agaric et de Bolets, et en voir germer les spores. Il est certain que les fonctions reproductrices exigent un arrêt dans les phénomènes purement végétatifs; le végétal consomme pour cet acte des matériaux qu'il a accumulés en lui-même; s'il en reçoit de trop riches dans le milieu où il se trouve, les fonctions végéta- tives reprennent le dessus. On peut observer ce fait dans sa plus grande simplicité sur le Mycodernia vini. En transplantant quelques portions de Mycoderme, de l'eau, à la surface de laquelle il présentait le phénomène de formation endospore, dans un mélange d'eau et de vin, les phénomènes de gemmation reprennent le dessus et amènent une formation rapide de cel- lules arrondies bourgeonnant elles-mêmes avec rapidité et nedonnant pres- que plus naissance à des cellules allongées; la formation endospore des cellules arrondies cesse et ne se reproduit que dans un milieu moins riche, eau ou décoctions faibles de diverses substances, telles que orge, sucre, gomme, etc. » PHYSIOLOGIE. — Des modificntions moléculaires que la leiision amène dans le muscle. Note de M. J. Chmoclewitch, présentée par M. Claude Bernard. « D'après Weber, l'allongement d'un muscle pendant son travail pro- vient de ce cpie l'élasticité de ce muscle diminue sous l'influence de l'irri- tation. Cette proposition est-elle juste? La longueur qu'aura un muscle, sous une certaine tension et après un certain temps d'irritation, sera-t-elle une simple fonction de ce temps? En d'autres termes, la fatigue dépend- elle uniquement de l'irritation? Mes dernières recherches me permettent de répondre négativement à cette question. » Voici le raisonnement qui m'a conduit. Si la supposition de M. Weber est juste, le muscle sous une certaine tension et après une certaine diuée d'irritation doit toujours avoir la même longueur, soil que le poids ait été supporté par le muscle depuis le commencement de l'iiritatiou, soit qu'on n'ait appliqué ce poids que lorsque le temps d'irritation est passé. J'ai eu la ( "o ) preuve qu'il n'en est pas ainsi, en exécutant des expériences à l'aide d'un appareil dont j'ai eu l'honneur de présenter la description à l'Académie. » Je prends deux muscles, autant que possible de même longueur^ et je leur fais écrire leurs courbes d'allongemeut sur un cylindre tournant; pour lun de ces muscles, j'applique la charge au moment où l'excitation com- mence; pour l'autre, je n'applique le poids que quelque temps après le début de l'irritation. Dans les deux cas, le poids employé et l'intensité du courant induit excitateur étaient les mêmes. » Si, dans nos expériences, l'augmentation de l'extensibilité du muscle n'est due qu'à l'influence du courant et est indépendante de l'action du poids, nos deux courbes doivent se croiser. Or, il n'en était pas ainsi dans la seconde expérience; la courbe restait toujours plus élevée que dans la première. D'où il suit que si la charge n'est appliquée au muscle qu'après l'irritation, l'allougenient est toujours moindre cjue si le i)oids est placé dès le début. » L'explication du fait est que le poids lui-rnême produit un allongement de muscle en le fatiguant. Cet allongement, de même que celui que produit l'irritation, n'est pas permanent; il est beaucoup plus grand que celui qu'on obtient en appliquant lui poids au muscle sans l'irriter (c'est là ce que les Allemands nomment V effet supplémentaire). » Que se passe-t-il donc dans le muscle pendant qu'il supporte un poids? Quels changements moléculaires la tension produit-elle dans h- nuiscle en l'épuisant? Comment la fatigue se manifeste-t-elle en général dans les muscles? « 1° I>a réaction du muscle qui est ordinairement neutre devient acide. » 2° Une certaine quantité de chaleur devient libre. » 3° Le courant électrique du nuiscle diminue; il y a une oscillation négative. » 4° ^-'6 muscle dinùnne de volume. a M. du Rois Reyinond a démontré, dans un travail récent, que le coiu'ant électrique du muscle dimuiue sous l'influence de la tension. » Tons les corps qui se dilatent par la chaleur absorbent de la chaleur lorsqu'on les tend. Ayant trouvé que le muscle se raccourcit lorsqu'on l'échauffé, j'en ai conclu que sa tension doit être accompagnée de déga- gement de chaleur. Les expériences l'ont prouvé. J'espère pouvoir bientôt publier les valeurs exactes de cette production de chaleur. » J'ai déjà signalé une diminution de volume du muscle après la tension. » Dernièrement, j'ai trouvé que, sous l'influence de la tension, le muscle ( III ) prend visiblement la réaction acide. On constate facilement ce lait en appli- quant, pendant deux ou trois secondes, sur du papier de tournesol très- sensible, la coupe d'un muscle qui a été tendu pendant un certain temps. Il faut seulement avoir soin d'absorber avec du papier à filire le sang qui s'écoule de cette section du muscle. Pour ces expériences, le gastiociié- inien de la grenouille est le muscle qui convient le mieux. Il est clair que, la tension produisant dans les muscles tous les phénomènes que produit le courant électrique, c'est-à-dire les mêmes modifications chimiques, cette tension peut fatiguer le muscle comme le fait le courant électrique. » PALÉONTOLOGIE. — Sur quelques Mammifères nouveaux découverts finns une caverne près de F^ence. Note de M. J.-R. BoiJR»itiG.VAT, présentée par M. Milne Edwards. (Extrait.) « Depuis longtemps, j'ai émis l'opinion qu'en France il n'y avait pas de faune propre et spéciale au pays, mais luie faune d'emprunt, une faune d'acclimatation. M J'ai démontré, en effet, d'après les données fournies par l'étude de la Malacologie, qu'au commencement de l'époque quaternaire, les animaux avaient, petit à petit, envahi, d'orient en occident, les pays montueux qui s'étendent du grand plateau central de l'Asie jusqu'à l'extrémité des Pyré- nées, et qu'à la longue, par suite des changements de milieu, les animaux s'étaient modifiés peu à peu, s;ms cependant perdre leur forme atavique_, mais suffisamment pour présenter des caractères assez stables et assez dis- tincts, pour que l'on ait pu les considérer comme espèces. » Or cette théorie se trouve confirmée de la manière la plus éclatante par les fouilles que je viens de faire exécuter dans une caverne près de Vence (Alpes-Maritimes). Ces fouilles ont eu jjour résidtat la découverte d'une vingtaine d'espèces d'animaux de types asiatique et africain, savoir : 6 espèces de Mollusque du genre Hélix et i/j espèces de Mammifères. Tous ces animaux datent de l'origine de notre époque, dite quaternaire, comme je le démontrerai plus tard. » Pour le moment, mon désir est de passer en revue seulement les Mam- mifères, en donnant sur chacun d'eux, soit quelques observations, soit quelques phrases diagnostiques. )> Mais au[)aravant, qu'il me soit permis d'exprimer ma reconnaissance à MM. Ed. Lartet, Milne Edwards, Pomel, pour leur bienveillance, leurs judicieux conseils, la peine, enfin, qu'ils ont bien voulu pi'endre [join- vé- rifier les caractères des animaux dont je présente la liste. ( «12 ) » 1° Felis Edwardsiana. — Celte espèce nouvelle, que je dédie au savant doyen de la Faculté des Sciences, M. Milne Edwards, est un Felis dw sous- genre Lion. Ce Lion, dont je possède le squelette entier, devait être un animal robuste, trapu, bien membre, assez courtsur jambes, aucorps Irès-allongé. » Sa tète surtout est caractéristique et diffère essenlielleuienl de toutes les autres têtes de Felidœ, vivants et fossiles, connues jusqu'à ce jour. Celle fête, dans son ensemble, plus raccourcie, plus bombée, est proportionnelle- ment plus large à la hauteiudes cavités glénokles, tandis qu'au contraire elle est plus rétrécie en avant, ce qui donne au palais une forme de triangle équi- latéral. Elle se distingue encore : i" par rélargissement (80 millimètres) de la région post-orbitaire des frontaux, ce qui tient au développement considérable des sinus; 1" par l'élévation, la forme bombée et élargie de la partie frontale au-dessus des orbites; 3" par l'exiguïté de la région faciale, d'où il résulte un notable rétrécissement de l'ouverture nasale; 4° P'"" '■' position plus latérale de l'orbite, dont la partie inférieure à l'apophyse sus- lacrymale est beaucoup plus élargie et arrondie ; 5" par la carnassière supérieure, dont le talon interne est beaucoup plus saillant; 6° par le maxillaire inférieur plus grêle, plus droit, depuis l'apophyse géni jusqu'à l'apophyse angulaire, qui est très-épaisse ef plus oblique en dedans, etc. » 2° Felis — Felis, plus petit que le Lion, plus grand que le Léopard, vraisemblablement nouveau. » 3° Felis leopardus, Temminck. — Espèce identique, d'après M. Lartct, au Léopard d'Afrique. )) 4" Canis.... — Espèce, de la section des Lupus, peut-être nouvelle, mais sur la valeur spécifique de laquelle je n'ose encore me prononcer. » 5" Cuon etiropœus. — C'est là un animal nouveau pour la faune euro- péenne. C'est la première fois que le genre Cuon, spécial à l'Himalaya et peut-être à quelques îles de la Sonde, est découvert en Europe. » Les Cuons, établis par Hodgson (1 838) aux dépens des Canis, sont des animaux possédant quatorze mamelles, au lieu de dix, connue les Ca)iis Leur mâchoire est, en outre, caractérisée par la réduction en vohuue de la seconde dent tuberculeuse à la mâchoire supérieure et par la suppression absolue de la dent correspondante à la mâchoire inférieure. Ia> C. europœus de Vence se distingue du C. primœvus d'Hodgson j)ar la présence, sur le talon antérieur de la quatrième prémolaire inférieure, d'un fort denticule qui donne à celte prémolaire un aspect Iridenté tout spécial. " Je dois ajouter (pie j'ai encore recueilli, en compagnie du C. europaus, plusieurs dénis ideiitiiiues à celles du C. piiniœvus type, de l'Himalaya. ( "3 ) » 6° Ursus Boiirgiiignali, Larfet, 1867. » 7° U. Pomclianiis. — Ce nouvel Ursus, dédié au savant Pomel, appar- tient à la série de ces Ursus africains que je viens de décrire sons les noms d'f/. Larletianus et Rouvieri. Comme eux, VU. Pomeliamis est caractérisé par une grande perforation dans la fosse olécranienne de l'humérus. Cet Ours, de petite taille, offre à sa mâchoire supérieure une série de douze mâche- lières, six de chacjue côté. » 8" Sus primœvus. — Espèce de grand Sanglier africain, caractérisé par une tête proportionnellement énorme, terminée par un museau très-allongé, acuminé, bombé en dessus et comprimé latéralement au-dessus des molaires. Ce Sus se distingue encore du scropha d'Afrique, la seule espèce avec laquelle il peut être comparé : 1° par la grande dilatation du frontal en forme de losange, 2° p'ar plus de rapprochement des crêtes temporales au voisinage de l'occiput, 3° par la crête qui limite une fosse plus profonde au devant de l'orbite, [\° par plus de simplicité dans les tubercules de la deuxième et de la troisième prémolaire supérieure, 5° par une plus grande largeur du palais, etc. » 9" Rhinocéros Mercki, Kaup. — Ce Rhinocéros est bien distinct du R. ticliorhinus, avec lequel ou l'avaitconfondu, ainsi que l'a démontréM. Ed. Lartet, d'après des ossements rapportés, en 1866, de celle même caverne. )) 10° Bos. ... — J'ai recueilli un grand nombre d'ossements de divers individus d'un grand Bœuf, auquel je n'ose, pour le moment, attribuer une appellation spécifique. Ce 5o5 appartient à la section des Bœufs aurochs. » ji° Cervus elnplnis, Linnaens. » 12° C. capreolus, Linn.Teus. » i3° Musimon — C'est la première fois, je pense, que le Mouflon est constaté eu France. Les ossements que j'ai pu recueillir ne me per- mettent pas de lui assigner, pour le moment, un nom spécifique. » i4° Lepus cuniculus, Linnœus. — Je rapporte, jusqu'à nouvel ordre, sous ce nom, une tète entière et quelques ossements d'un rongeur du genre Lepus. » M. CoxTÉ adresse une Note sur le rôle que les acarus lui semblent jouer dans la maladie de la vigne, et sur l'influence qu'il faut attribuer aux causes débilitantes dans la marche et l'intensité de cette maladie (1). (i) Tout en tenant compte de ces observalions, il est nécessaire de ne point onljlicr quc'l est le rôle prépondérant de l'oïdium comme cause, et quelle confiance mérite le soiifie comme remède, dans cette maladie maintenant bien connue et bien expérimentée. r.. R., iS'S, j' Semestre. ( T, LXVII, N" 2.1 1 5 ( '14 ) i^l. p. Germaix adreîrse nn ?<îéinoire concernant diverses questions de Pliysiologie et de Palhologie. Ce Mémoire sera soumis à l'examen de M. Claude Bernard. La séance est levée à 5 heures un quart. É. D. B. BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. L'Académie a reçu, dans la séance du i3 juillet 1868, les ouvrages dont les titres suivent : Mélanges paléontologiqiies; jnir M. F.-J. Fictet, 4" livraison : Elude pro- visoire (les fossiles de ht Porte-de-France, d' Aizj et de Lémenc. Bâie et Genève, 1868; in-4'' avec planches. Souvenirs d'une exploration scienlifujue dans le nord de C Afrique. — IIL Histoire nialacologique de la régence de Tunis; par M. J.-R. Bourguignat. Paris, 1868; iii-.V avec cartes et j)lanthes. fiapjiorl de la Commission des soies sur les opérations de l'année 1867. Lyon, 1868; br. in-8°. (2 exemplaires.) Annales el archives de l'industrie tni \\\^ siècle, pur M. E. LACROIX, 23"= fascicule, t. V, 3o juillet i863. Paris, 1868; grand in-8° avec planches. Recherches sur l'assimilation des sulistanccs minérales par les plantes; par M. P. -P. Dehéhais. Sans lieu ni date; hr. in-S*^. Essai sur la relatio)i tpii existe à l'état physiologique entre l'activité cérébrale cl la composition des urines; par M. Henri I)YASSO^^ Paris, 1868; in-4°. (Présenté par M. Cli. Robin pour le concours des prix de Médecine et de Chirurgie, 1869.) Extraits de géologie; par MM. Di^LESSK et DE Lapparent. S;uis lieu ni date; bi'. in-S". Traraux du Conseil d' Hygiène publique et de Salubrité du déparlement de la Gironde pendant l\innée 1867, t. X. Bordeaux, 1868; in-8". Des divers nioilcs de niullijjlication autres que ceux de la génération sexuelle envisagés chez les animaux sous le point de vue physiologique; par M. A.-L. DOiN'MADlEU. Montpellier et Paris, i 867; br. in-8''. Le cakcnre litbogiaphicpie de Monldanlier; par M. A.-L. DOJNNADIEU. Montpellier cl Paris, 1868; br. in-8" avec planches. ( >>5 ) Toujours des silex travaillés (station celtique de Luthernay) ; yL»r(;' M. le D'E. ROBEUT. Paris, sans date; opuscule in-8°. Encore des silex taillés; par M. le D' E. RoBEnT. Paris, sans date; opuscule in-8°. Conseils aux sc'riciculleurs sur l'emploi île la eréosote pour l'éducation des versa soie; par M. A. BÉCHAMP. Monipellier, 1868; hr. in- 12. Rapport au Comice aijricole d'Agen sur les observations de M. le /)'" Conté relatives à la maladie de la vigne; par M. Lasserre. Agen, sans tiate; br. in-4°. Atti... Actes de i Institut royal d'encouragement des Sciences naturelles, économiques et leclinologiques de Naples, 2" série, t. IV. Naples, 1867; in-4°. Le... Les étoiles fdantes de la période de novembre observées en Piémont dans l'année 1867, 3* Mémoire; par\Q P. Denza. Turin, 1868; in-12. The... Le nouveau princi/e ou vrai système d'astronomie; par M. R.-J. MORRISON. Londres, 1868; br. in-8". ERBATJ. (Séance du 22 juin 1868.) Page 1255, ligne i , nu lieu de M. W. Jenker, lisez M. W. Zenker. (Séance du 6 juillet 1868.) Page 29, en note, an lieu de deuxiôine lettre, lisez dixième lettre. COMPTE RENDU DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES, SEANCE DU LUNDI 20 JUILLET 1868. PRÉSIDENCE DE M. DELAUNAY. MEMOIRES ET COMIVIUNICATIOIVS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. M. LE Président de l'Ixstitut informe l'Académie que l'Institut doit se réunir en séance générale le vendredi i4 août prochain, et la prie de vou- loir bien désigner l'un de ses Membres pour la représenter, comme lecteur, dans cette séance. HISTOIRE DES SCIENCES. — Réponse à ta communication de M. H. Martin (i) sur la cécité de Galilée; par M. Chasles (2). « Ma communication du 6 juillet sur la prétendue cécité de Galilée, à laquelle se rapporte celle de ce jour de M. H. Martin, comprend deux par- ties distinctes. Dans la première, j'ai montré par une analyse précise de toutes les Lettres authentiques de Galilée, imprimées dans le tome VII de la publication de M. Albéri, que, par ce mot cécité, et d'autres expressions sem- blables, de Galilée, il faut entendre un affaiblissement de la vue, une maladie des yeux qui s'est prolongée pendant quelques années avec des alterna- tives d'aggravation et de soulagement; et non une privation complète et permanente de la vue, telle que celle d'un aveugle proprement dit : qu'au- trement il y aurait des contradictions continuelles dans les Lettres de Ga- lilée, prises dans leur ordre de date. Ces contradictions, je ne les ai pas seu- (i) Foir cette communication à la Correspondance, page 166. (2) L'Académie a décidé fjiie cette communication, bien que dépassant en étendue les limites réj^lementaires, serait insérée en entier au Compte rendu. C. K. 1868, i=Sem«<,e.(T.LXVlI, N» 3.) 1^ ( ii8 ) IcmenI: alléguées, je les ai signalées à la suite de chaque citation que j'ai eu à faire, et j'ai pu conclure avec certitude, je veux dire avec'preuves mul- tiples et toutes concordantes, ce que je m'étais proposé de prouver. M Dans la seconde pai tie, j'ai fait connaître des passages extraits de nom- breuses Lettres de personnages émincnis de l'époque, se rapportant à l'état de cécité de Galilée et constatant tous qu'il n'a point été aveugle jiisqu à la dernière opération qu'on lui a faite deux ou trois mois avant sa mort. )) La Lettre de ce jour de M. H. Martin porte sur ces deux parties dis- tinctes de ma communication. » Quant à la première partie, l'analyse des Lettres de Galilée, M. H. Mar- tin objecte que la première Lettre par moi citée, sous la date du 3o jan- vier 1C37, qu'elle porte dans l'ouvrage de M. Albéri, est réellement du 3o jan- vier i638. J'admets cela. Il faut donc faire abstraction de cette Lettre, ce qui est d'autant plus facile et m'est d'autant plus indifférent, que je ne tire des conséquences de cette Lettre qu'au sujet de la suivante, du /j avril, dont M. H. Martin n'a pas parlé. Laissons donc ces deux Lettres de côlé. On pensera sans doute que M. H, Martin va porter son examen et ses cri- tiques sur toutes les autres Lettres que j'ai citées et analysées. Loin de là, il ne parle plus que d'une seule, la Lettre de Galilée à Boulliau, du i''"' jan- vier i638. Il n'avait cité de cette Lettre, dans sa brochure, que ces seuls mots: Galilée déclare qu'î7 ne voit pas plus les /eux ouverts que les /eux fermés, sans dire que Galilée ajoute ne pouvoir j)as bien voir tout de ses /eux : ex quo fit ut per lucem niilii non licecit bene omiiia percipere. » M. H. Martin n'avait point fait mention non plus de celte phrase de la même Lettre : « J'écris brièvement parce que l'état de mes yeux ne me permet pas d'écrire plus longuement. » » J'ai fait remarquer ces omissions. Maintenant M. H. Martin complète la première ])hrase en ces termes : « Galilée ajoute avec un jeu de mots : « Le défaut de lumière ne me permet pas de saisir (percipere) tout ce que M vous m'écrivez... » ; et il ajoute en noie que percipere se dit de l'intelli- gence, aussi bien que de l'ouïe ou de la vue. » Ainsi per lucem percipere signifierait, voir intellectuellement, sans le secours de la lumière : el cependant Galilée ajoute que les démonstrations qui reposent sur des figures ne peuvent être comprises sans le secours de la lumière [sine lucis ope). » Quant à cette autre phrase : « Je vous écris très-brièvement p.uce que » l'état de mes yeux ne me permet pas de vous en écrire plus », M. IL Mar- tin dit que écrire signifie ici dicter. ( "9) » Je me borne à cette simple mention des tradnctions de M. H. Martin. » J'ai hâte de dire qu'il termine là sa critique, ou réfutation de mon ana- lyse des Lettres de Galilée. Il évite ainsi notamment une Lettre qui vient ensuite et sur laquelle j'avais appelé son attention d'une manière particu- lière (i) comme étant très-importante, et suffisai)t seule pour prouver la non-cécité absolue de Galilée. Celte Lettre est celle du aS juillet i638, si- gnalée par M. Volpicelli, où Galilée dit qu'il reviendra à l';ibstinence du vin, sans avoir l'espérance de ne pas perdre l'œil droit, comme il a déjà perdu l'œil gauche. >) J'ai reproché formellement à M. H. Martin de n'avoir pas cité à ce sujet M. Volpicelli dans son ouvrage (2). Il répond aujourd'hui qu'il croyait que M. Volpicelli avait abandonné lui-même ses objections. Qu'est-ce qui a autorisé M. H. Martin à croire cela? Il ne le dit pas. Et d'ailleurs, j'ai signalé de nouveau ces objections, il y a quinze jours, comme étant celles qui demandaient le plus une réponse de M. H. Martin. )> Il est d'autres Lettres encore que j'ai citées et interprétées, et sur les- quelles M. H. Martin garde de même le silence. » Je répéterai que je ne saurais expliquer ces abstentions, surtout de la part d'un érudit tel que M. H. Martin, si abondant et si complet dans les critiques qu'il fait des travaux de ses devanciers, comme on le voit dans son dernier ouvrage. » J'ai fait, au sujet de.s Lettres de 1640 et 1641, dans lesquelles Galilée s'excuse de ne pas écrire lui-même, à cause de l'état de ses yeux, de sa cécité, une observation que suggère le simple bon sens. C'est que si Galilée avait été aveugle depuis quelques années, il n'en aurait plus parlé depuis longtemps, et il n'aïu'ait point eu à s'excuser auprès du Grand-Duc et de ses amis, de se servir de la main d'un autre pour leur écrire. J'ai signalé cette observation à l'attention de M. H. Martin. Cependant il garde le silence. » 11 teimine cette première partie de sa conuniinication en persistant à dire que le Galilée historique resta entièrement aveugle depuis la fin de iGS^. « Quant à Vautre Galilée^ ajoute-t-il, je disais bien qu'on pourr.iit trou- ver en sa faveur de nouvelles armes dans l'arsenal inépuisable des pièces apocrj-pties. » » Puis il passe à la deuxième partie de ma cominiuiication, c'est-à-dire aux documents qui parlent de la cécité de Galilée. Ce sont ces documents, (i) Comijtes rendus, t. LXVII, p. g et i6. (2) Comptes rendus, t. LXVII, \i. ii. 16.. ( 120 ) qu'il déclare apocryjslies, sans les connaître, sans les avoir examinés, sans avoir fait prendre aucune information sur leur état, leur contenu, etc.: ce qui doit constituer |)our \\n historien, comme pour un érudit, l'étude de la question. » Enfin, M. H. Martin arrive aux Uocumenis. Ils .sont nombreux : ce- pendant il n'y en a qu'un qui fixe son attention. C'est la Lettre du (Cardinal Bentivoglio, du 2 mars i6/|2, adressée à Balzac. Elle lui donne lieu à deux observations : » 1" Il trouve peu vraiseml)Iable que ce Cardinal, l'un des sept signa- taires de la condamnation de Galilée en i633, soit devenu un ami assidu à le visiter dans sa réclusion d'Arcetri; » 2° Il demande si le Bentivoglio, auteur de la Lettre du 2 mars, igno- rait que Galilée était mort deux mois auparavant, le 8 janvier 16/12. Et il ajoute que s'il l'ignorait, cette ignorance serait incroyable de la part du vrai Bentivoglio ; qn'eWe serait même très-étrange de la part d'un /(uissaire, qui se trahirait par étourderie. » M. H. Martin aurait pu ajouter que cette ignorance serait aussi très- étrange de la part de celui qui produit à l'Académie les impostures du faussaire. Or je vais rassurer M. H. Martin, et c'est pour cela qu'après avoir parcouru sa Lettre que M. le Secrétaire perpétuel m'a connnuuitpiée, j'ai quitté aussitôt la séance, pour aller chercher la Lettre même du Cardinal Bentivoglio, et la mettre aussitôt.sous les yeux de l'Académie. » Cette Lettre a pour sujet principal la mort > J'ai annoncé, en terminant ma commimication du 6 juillet, que je pourrais multiplier davantage les citations de Lettres parlant de l'état île cécité de Galilée. Je le ferai avec empressement si l'Académie perse que cela soit utile; mais je crois qu'il peut être plus intéressant pour le moment de faire connaître d'autres Lettres qui se rapportent à l'état général des rela- tions de Galilée avec les savants franç;iis à cette époque, et en partie aussi à l'origine de cette réunion de documents si variés, qui date de la passion avec laquelle Louis XIV s'est occupé de Galilée, de même cpi'il s'est occupé aussi, mais dans une autre vue, de Newton à l'égard de Pascal. » La variété et la concordance de ces documents, sans parler de l'écriture et de l'état des pièces que je présente à l'Académie, paraîtront certainement, aux yeux de tout homme qui n'a pas engagé dans la question un désir de critiquer, des jugements hâtifs et son amour-propre, un obstacle absolu à l'hypothèse d'une vaste falsification, comme le disent mes adversaires, avec force affirmations, toujours sans preuves, toujours réfutées jusqu'ici, comme elles continueront de l'être. » M. le Secrétaire perpétuel et plusieurs de nos confrères pensent qu'il est à propos de produire dans toute leur teneur les pièces dont je viens d'entretenir l'Académie, et non simplement par extraits : je vais satisfaire avec grand empressement à ce désir, si conforme à l'esprit et aux principes de la véritable critique historique. » Le Cardinal Bcntivoglio à Balzac. Ce 1 mars |G4'>- Monsieur de Balzac, comme tous les amis de fen mons"' Galilée, vous estes sans nul doute très affecté de sa perie. C'est une grande lumière de la terre qui s'est eslevée vers le ciel. Que Dieu veuille l'agréer dans le séjour des bienheureux : c'est la grâce ()tie je lui souhaite. Comme je vous l'ay mandé en mes précédentes lettres, lors(|ueje le visitay je le Uouvay non pas aussi caduc qu'on avoit voulu le faire croire, mais pourtant très affecté de la j)rivation où il estoit de ne pouvoir plus étudier le firmament, où il prévoyoit eneoie de si grandes dé- couvertes à faire, pourceqti'il avoit, me dit-il, un jour apperçu des choses extraordinaires vers Saturne et en divers autres lieux du firmament. Le désir de faire des découvertes et de pouvoir définir les objets (|u'il n'avoit encore fait qu'entrevoir luy dounoit tellement l'envie de recouvrer la vue, qu'il auroit sacrifié tout au monde, pour l'obtenir. Et comme on luy avoit donné l'espérance de la recouvrer au moyen d'une opération cruelle, il y consentit. Mais hélas, ce fut sa perte. Car non seulement il ne recouvra pas la vue, mais la douleur l'affecla tellement après quelques mois de souffrance. Telle a esté la fin de ce grand génie. ( 122 ) Je ne vous en dis rien de plusaujourd'huy; car je l'avois en grand eslime, ei sa mort m'af- fecte beaucoup. Sur ce je suis, monsieur, vostre bien affectionné. A Monsieur de Balzac. C' Bentivoclio. Le Cardinal Bentivoglio au Roi. Sire, lorsque j'annoncay à vostre majesté, au mois de novembre dernier, lestât presque désespéré du seigneur Galilée, j'étois loin de penser cependant que sa fin estoit aussy proche. Car nv ses infirn>ilés, ny la retraile dans laquelle il vivoit depuis plusieurs années n'avoient altéré celle aimable douceur de caractère qui la toujours rendu si cher à ses amis, à son fils et à sa compagne, qu'il considéroit comme son épouse. Il avait toujours conservé cette innocence et cette simplicité de mœurs que l'on a ordinairement quand on a moins de commerce avec les hommes qu'avec les livres. Enfin il n'est plus : la nouvelle m'en est arrivée ce matin mesme, et j'ay tenu à en informer de suite vostre Majesté, quoique je ])ense qu elle l'ap- ])rendra sans doute |)ar une autre voie. C'est une grande perle pour les connoissanccs hu- maines. Je n'en dis rien davantage aujourdhuy à vostre RIajesté, parceque cette mort m'af- fecte. Sur ce je prie Dieu avoir vosire Majesté en ses bonnes et saintes grâces. Ce 20 jan- vier 1642. Je suis de Vostre Majesté le très humble et très obéissant serviteur. C^' Bemivoolio. A sa Majesté le Roy de France. Le duc de SuUv au Roi. Escril de Villebon ce 3 mars. Sire, quoyque l'estude des sciences n'ay jamais esté de ma compétence, c'est-à-dire celle de l'Astronomie, cependant je veux bien assurer Vostre IMajesté que la réputation du très- célèbre Galilée s'est tellement répandue dans loule l'Europe, que je n'y ay jamais esté insen- sible, et luy en ay mesme maintes fois tesmoigné ma satisfaction, soit par lettre, soit par l'in- termédiaire de mes amis, (juand l'occasion s'en est présentée. C'est dire assez à Vostre Majesté que je ii'av [loint vu avec [)laisir la dénonciation qu'on a faite contre luy et sa cap- tivité dans les ))risons du saint office; cet homme a réellement rendu d'immenses services aux sciences. C'est le ûambeau du monde. Et le laisser gémir dans les fers, dans les cachots, c'est véritablement de l'iniquité. C'est pourcpioy j'engage vostre dite majesté à faire quelques démarches auprès de la cour de Rome, pour qu'il soit traité avec plus de douceur; et je me rendray mesme moy mesme à Rome, si c'est le bon plaisir de Vostre Majesté, pour résoudre celte affaire. Car je suis d'avis que ses opinions sur le mouvement de la terre autour du so- leil, ne sont point nullement contraires aux lois esiablies par les saintes écritures. J'engage Votre Majesté à réfléchir sur ce sujet , et je me charge de convaincre monseigneur le Cardinal de cette vérité; car je sçay qu'il n'est guère pariisan de ce système : quoi qu'il en soit, on ne peut contester que le signor Galilée ne soit pas un des plus grands génies de noslre lems. C'est luy qui a trouvé les lois de la pesanteur, les salellisles do Jupiter, l'anneau de Saturne; qui a inventé les lunettes d'approche; qui a démontré la méthode de trouver la propor- tion des métaux nicslés ensemble, et une foule d'autres connoissanccs utiles au genre hu- main. Tant de choses luy donnent des droits à noslre considération. Je n'en dis rien |)lus a ( 1^3 ) Vostre Majesté, je la sçay trop équitable pour sçavoir qu'elle ne souffrira sans remon- trances de pareilles injures quoy qu'envers un sujet cslranger; et si je me suis permis de luy faire cette lettre, c'est la crainte que des préoccupations de sa souveraineté luy laissent inapperçues celles qui se passent en d'autres lieux , et que certaines gens se plaisent à ca- cher. Sur ce, Sire, je prie Dieu avoir Vostre Majesté en ses bonnes grâces. Son très-hum- ble serviteur et sujet. Le duc de Sully. A S. M. le Roy. Le Roi Louis XIII au duc de SuU\ . Monsieur le duc et très-aimé cousin, je n'ignore pas vostre équité et vostre bon entende- ment sur toute chose et dans toutes les affaires quelconques; et j'ay entendu dire que de vostre part un messager s'estoit rendu à Rome auprès du seigneur Galilée où il est encore retenu et de nouveau inquiété ])ar le saint-office, que vous avez, dis-je, envoyé un messager devers luy pour lui porter des consolations, et vous enquérir de son estât; ce qui m'est un tesmoignage do l'estime que vous avez pour luy, ce dont je vous sçai gré, car moy aussi je l'ai en grand estime comme déjà je vous l'ai dit. Or donc, peut-estre avez vous reçu un rap- port et des nouvelles plus amples que celles qui me sont jjarvenues en cette affaire, car je crains qu'on me cache la vérité malgré les démarches que j'ay lait faire. Je vii.ns donc vous prier m'informer de ce que vous scavez, et ce que vous feriez en cette occurencc. C'est un advis que je me plaits vous demander, et je vous prie me l'accorder; je vous en seray infi- niment obligé. Sur ce, monsieur mon cousin, je prie Dieu qu'il vous tienne en sa sainte garde. Escrit ce 22 mars. Locis. J M. le duc de Sully. Le Roi Louis XIII au Cardinal de Richelieu. Mardy soir. Monsieur mon Cousin, déjà je vous ay entretenu de mon grand déplaisir de scavoir les souffrances et les humiliations que subit à Rome le très-docte et très-illustre Galilée. Je veux bien que vous ne soyez partisan de ses doctrines, mais pourtant vous ne pouvez discon- venir qu'il a non-seulement fait faire un grand pas aux sciences, mais qu'il est aussv très- versé dans les lettres. Daignez consulter à ce sujet diverses personnes bien connues de vous, et qui ont des relations avec luy, elles vous en instruiront. Et vous ne devez pas ignorer non plus qu'il est François de cœur, et que dans diverses occasions il a rendu des services à la France, autant que ses moyens et sa position le permettoient. Demandez plustost à M. le Comte de Noailles, il vous dira les senices qu'il luy rendit, lorsqu'en iGaS et 1626, je l'en- voyay en mission secrette à Rome pour scavoir en quelle disposition se trouvoit au vis-à-vis de la France la cour de Rome d'alors, et en particulier le Saint Père qui venoit destre revêtu de la thiare. M. le comte de Noailles vous fera connoître une suite de Lettres que le dit sieur Galilée, à qui il eust la bonne idée de s'adresser, luyescrivit, et par lesquelles il luy dépeint exactement un tableau de la cour de Rome. Ces lettres sont un tesmoignage de son inclina- tion pour la France, et partant nous lui en devons de la reconnoissance. C'est pourquoy je suis d'avis d'escrire à Rome une remontrance à son sujet, et j'espère que vous me seconde- rez. Sur ce. Monsieur mon Cousin, je prie Dieu vous avoir en ses grâces. Louis. A Monseisncur le Cardinal de Richelieu. ( '^4 ) Monsieur le Cardinal, Je suis très aise de scavoir que vous estes revenu en meilleures dispositions au vis-à-vis du très-docle astronome floieulin qui en ce moment gémit dans les prisons de l'Inquisition à Rome, ])our avoir ose soutenir que le soleil est immobile et que la terre se meut. Or donc, puis sur ce vous partagez maintenant mon srnlinient, veuillez vous joindre à moy pour remontrer au Saint Père le Pape et à Messieurs les cardinaux composant ie tribunal de la Sainte-Inquisition de rescinder la sentence qu'ils ont prononci'e contre Monsieur Galilée, ou sinon d'en adoucir les considérants. Je me propose d'envoyer vers iceux un messager avec mission en conséquence, afin de leur remonslrer qu'une telle con- damnation est coniraire aux lois de l'hunianité. J'ose donc espérer, monseigneur, que vous daignerez joindre vostre persuation à la mienne pour démontrer l'abus d'une pareille condamnalion. Sur ce. Monseigneur, je prie Dieu vous avoir en ses bonnes grâces. Ce 10 août i633. Louis A Monseigneur le Cardinal de Riclielieu. Le Roi Louis XllI au Pape. Très Saint Père, j'ay appris avec un bien grand déplaisir la sentence prononcée par le Sainl-Office contre un homme que je crois estre moins coupable cpic victime de son amour pour la Science. J'entends parler icy de la sentence prononcée contre IMonsieur Galilée, pour avoir voulu soutenir (jue la terre estoit londe et mobile, et <]ue le soleil estoit fixe au centre du monde. Croyez-moy, Très Saint Père, on ne scaiiroit trop a|)[iorler de circonspection quand il s'agit de faire le procès d'un scavant physicien, en a|ipuyant les motifs de sa con- damnalion sur un passage de l'Escriture souvent mal interprété. Très Saint Père, selon mon penser, la condamnation de IMonsieur Galilée et sa rétraction forcée est chose fâcheuse et contraire aux lois de l'humanité. C'est pourquoy je me permets faire cett-e lettre de ma main et en particulier à vostre Sainteté pour quelle daigne, sinon rescinder cette sentence, au moins en tempérer l'exécution; et ce sera faire acte charitable et de bon entendement. Car entre nous soit. Très Saint Père, ne pensez- vous pas qu'on a chargé souvent les livres saints de préjugés et de préventions, et que l'on ne distingue pas assez les faits d'avec la manière dont l'Esprit-Saint les a présenté. Que la terre tourne, ou qu'elle jouisse d'un repos absolu ; que le soleil reste fixe au centre de l'univers, ou qu'il roule emporté par l'écliptique; qu'un ciel solide soit le mobile universel, ou qu'on admette un fluide pur et délié, on n'en verra pas moins éclater dans la nalure la sagesse toute puissante d'un Dieu dont le monde est l'ouvrage, et (|ui a pour empire tout l'univers. Or donc. Très Saint Père, croyons ensemble aux anti))odes ; et pour cela la religion ne perdra rien de sa cerlilude. Sur ce. Très Saint Père, je prie Dieu tpi'il vous tienne en sa sainte et digue garde. Ce ao septembre 1(333. Louis. A nostre Très Saint Père le Pape. Le Roi Louis XIII h Gritilée. Monsieur Galilée, ayant appris la sentence prononcée eontn.' vous par Blessieurs les Cardi- naux du saint office de l'Inciuisition, cjui vous ont m'a-t-on dit condamné a des |)elnes non seidenient humiliantes mais rigoureuses et inhumaines, j'en ay escrit à Monseigiieiu' le Car- ( 125 ) dinal de Riclielieii que j'ny gagné à vostre cause par la persiiation ; et après tin entretien que j'ay cil avec liiy, j'ay escrit au Saint Père une lettre en coiisèqurnce, afin (l'améliorer votre situation; et par sa réponse (jui m'a esté remise il y a qucltincs jours, je ne doute pas que vous oliicniez sinon l'annulation de la sentence, mais de grands adoucisscniens à son exé- cution. C'est pour<]uoy je me ])laist vous faire cetle lettre de ma main et en mon privé, pour vous annoncer cette nouvelle, et aussy pour vous mander s'il ne vous scroit point iigiéa- ble en cas (lu'un lieu vous soit assigné jour résidetice, s'il ne vous seroit point agréable, dis je, (le venir en mon royiiumc où vous auriez toute la liberté d'aclioti; et diiignez croire que vous y feriez le bien venu. .le ne vous dit ritn davantage par cetle lettre, le porteur e^t chargé par moy de vous entretenir ])!us longuement de ma part, daignez donc l'entendre et lui faire l'aveu de vos désirs et de vos bcsoings. Sur ce, monsieur Galilée, je prie Dieu vous avoir en ses bonnes grâces. Ce 20 oclobie i633. Louis. A Monsieur Galilée à Rome. Louis XIII au Cardinal Bentn'oglio. Monseigneur, Je vous avois mandé autrefois me tenir au courant de tout ce qui touche le seigneur Galilée ; mais depuis longtemps je ne vous en avdis rien mandé pour ce ijue je le scavois tranijuille en sa maison des champs d'Arcetiy, mais depuis quelques tems on m'a rapporté qi»e parfois encore on l'inquiétoit, c'est-à-dire que sous prétexte de s'infoimer do sa santé on s'informoit de ce qu'il faisoit, et s'il ne profcssoit point de nouveau sa doctrine. Or donc je désirerois bien eslre informé a ce sujet, et je ne vois personne mieux que vous en qui j'ay mis toute ma confiance qui puis me renseigner la dessus. Daignez donc je vous prie me dire ce que vous en scavez et je vous seray très reconnaissant. J'attens de vous une réponse par le porteur qui repartira de Rome dans quelcjues jours. Sur ce je prie Dieu vous avoir, monseigneur, en ses bonnes et saintes grâces. Ce 22 mars 1639. Louis. A Monseigneur le Cardinal Benlii'oglio. monsieur le Cardinal. Je suis bien aise d'a])[)rcndre par vostre lettre du 20 may dernier que mes soupçons sont mal fondés et que c'est un faux rapport qu'on m'a fait. Mais ces sonj)- çons ne s'appli(|uaient nullement a vous. Monseigneur, daignez bien m'en croire. Quoy qu'il en soit je suis bien aise que ma lettre soit cause d'une révélation qui me confirme que vous avez conservé de l'estime pour le seigneur Galilée. Or donc puisqu'il en est ainsi je vous prierav a nouveau vouloir bien v(uis enquérir de sa santé et m'en faire part. Car par les relations qui se font continuellement entre Rome et Florence, vous estes a portée de scavoir amplement et exactement tout ce qui se passe en cette dernière ville, et partant estre bien informé de Testai de santé du dit sieur Galilée. Vous scavez cond)ien je l'ay en estime et com- bien j'avuie être instruit de tout ce qui le touche. Cet estime pour luy date de loin, et tient a un beau récit que m'en fist autrefois ma mère alors (]ue je n'cstois encoie qu'enfant, au sujet des services fpi'elle reçut de luy en son enfance. Ainsy daignez me bien renseigner de ce que vous apprendrez, je vous prie; et cependant je prie Dieu vous avoir en ses grâces. Ce 22 juin i63g. Louis. A Monseigneur le Cardinal Bentit'oglio. C. B., i8()8, 2" Sememe. (T. LXVU, N" 5.) '7 ( '26 ) Le duc. de Sitlh a Galilée. Monsieui', je suis toujours attendant de vos nouvelles : et n'en recevant pas depuis lony- tems, je me suis décide vous envoyer ce messager, afin d'estre informé exactement de l'es- tat de vostre santé. Car faut vous dire quoy que vivant dans une retraite profonde en mon domaine de Viilebon, où je me suis pour ainsy dire interné, il m'est survenu une nouvelle qui m'inquiesle. C'est qu'on m'a assuré que vous aviez totalement perdu la lumière. Cette nouvelle m'a tellement affecté, que je me suis transporté ù Parys exprès pour en estre assuré, et que là j'ay consulté vosamvs sur ce sujet. Les uns m'ont dit que cela esloit mal- heureusement vray; d'autres m'ont assuré que la cécité n'estoit complète; et pour tesmoi- gnage m'ont fait voir vos letties. Mais enfin de tout cecyje tiensàscavoir la vérité. C'est pour- quoyje vous lais cette lettre et j'envoye devers vous exprès le porteur qui vous assurera de mon estime, comme déjà maintes fois je vous en ay assuré : et vous prie le recevoir et luy faire cognoistre sans déguisement Testât de vos souffrances. C'est vous dire, monsieur, l'es- time et l'interest que j'ai pour vous. Daignez donc croire tout ce que vous dira ce porteur de ma part; car ce sera vérité : et je vous asseure bien que si je n'estois si aagé et aussy souf- freteux, j'aurois entrepris moy mesme ce voyage, mais on ne peut lutter contre nature. C'est vous dire assez aussy, monsieur, avec quelle impatience j'attens le retour de ce courrier. Ce attendant, je prie Dieu vous avoir, monsieur, en sa sainte garde. Escrit de Viilebon ce 22 no- vembre 1640. Le duc DE Sully. Madame lu duchesse d'Jiguillon à Galilée. Ce 26 décembre 1641. Monsieur, je viens d'apprendre une triste nouvelle pour moy : c'est celle de la non réussite de vostre opération, sur laquelle vous comptiez tant pour le recouvrement de vostre vue. J'en suis très affectée, je vous assure. C'est pourquoy aussitost que j'ay scu cette nou- velle, je rae suis liaslée de vous faire cette lettre pour vous en tesmoigner ma condoléance, que je vous prie de prendre en considération ; et je me plaist à vous informer (jue monsei- gneur le cardinal est très affecté aussy de cette triste nouvelle, et m'a chargé de vous en tesmoigner aussi son affliction. Comme vous m'avez tesuioigné dans vostre dernière lettre du mois dernier le désir d'avoir des nouvelles de monsieur le duc de Sully, qui avoit pour vous beaucoup d'eslime, je le scay, je viens d'apprendre aussy la cruelle nouvelle de sa mort, dont je suis si sensiblement touchée que je ne vous en scaurois donner les moindres détails. Mais je ne puis m'enqjes- cher de mesler ma douleur (à) la vostre; car je ne doute pas que cette perte vous soit très sensible. Enfin telle est la volonté de Dieu. Consolez-vous, je vous prie, et faites moy l'hon- neur de croire que je scray toute ma vie, avec plus de ceincérité que personne au monde, Monsieur, Votre très humble et très affectionnée servante Duchesse d'Aiguillon. A Monsieur Galilée. ( 127 ) Lettres de Louis XIV. A Boni liait. Mon Révérend père, vous me mandez avoir retrouvé en effet a Rome une partie des pa- piers du feu Cardinal Bentivoglio, au nombre desquels il se trouve des lettres de M" de Brantosme, de Malherbe, de Balzac, de Voiture, et de M""" de Gournay, etc. Mais quand aux lettres du.^feu Rov Louis XIII et du Cardinal de Richelieu, elles ont disparu quoiqu'il reste des traces qu'il y en avait plusieurs. Je suis bien niarry de cette circonstance. Qnov qu'il en soit, veuillez continuer vos recherches à ce sujet. Quant à celles que vous dites avoir re- trouvées des personnes que vous venez de citer, tachez de les obtenir. Sur ce je ])rie Dieu vous avoir, mon Rév. Père, en ses grâces. Ce 20 juin. Louis. Au R. P. Boulliau. A Cassini. Monsieur, J'ay retrouvé six lettres escrites par M. le Cardinal Bentivoglio au feu Rov mon père, qui l'avait chargé du protectorat de France a Rome, par lesquels il lui rend compte exactement du séjour de Galilée dans la ville de Rome en l'année i633, au sujet des accusations dont il estoit l'objet; et ces lettres prouvent que Galilée ne fut point traité par le Saint office avec la rigueur accoutumée, grâces aux réclamations qui furent faites de part et d'autre. Ce qui est un îesraoignage que Galilée avoit beaucoup d'amis, et que dès lors on estoit en France très-partisan de son système. Venez me voir, je vous donneray connois- sance de ces lettres. Cependant je prie Dieu vous avoir en ses grâces. Ce 8 mars. Louis. A M. Cnssini. Au Roy Jacques II. Monsieur mon frère, Je vous suis infiniment obligé d'avoir bien voulu me confier les lettres du feu roy Charles \" , vostre père d'illustre mémoire, au très-illustre Galilée. Ces lettres me tesmoignent que cet illustre astronome luy estoit sympathique et qu'il l'avoit en estime; ce qui m'est agréable a scavoir. Je ne vous retourne pas encore ces lettres ])arce que je désir les communiquer à quelques personnes. Sur ce je prie Dieu vous avoir, monsieur mon frère, en ses bonnes et saintes grâces. Ce 8 mars. Louis Au Ruy Jacques. [A Boulliau. ) Mon révérend père, je vous ay dit de ne point oublier de rechercher avec un soin tout paiticulier les escrits du très-illustre Galilée. Vous n'ignorez pas qu'il fut en relation intime avec monsieur ISicolas Poussin, qu'on appelioit avec raison le peintre des gens d'esprit, et qu'on pouvoit aussy appeler le peintre des gens de goust. Or donc il peut v avoir dans les papiers délaissés par celuy cy des Lettres de Galilée. Veuillez donc demander à la famille de cet excellent peintre à compulser ses papiers. Et si on vous v autoiise faites-en l'examen avec beaucoup de soin; non seulement de ceux de Galilée, mais des autres correspon- 17.. { '28 ) on l'a humilié, cet homme respectable auquel l'astrono- mie, la physique et la géométrie ont tant d'obligation. Il s'est vu contraint d'assurer pidili- quemenl comme une liérésie l'opinion du mouvement delà terre, et on lecond:unna mcsme à la prison |)our un temps illimité. Ce fait est un de ceux (pii nous montrent qu'en vieillis- sant, le monde ne devient pas plus sage. Sur ce. Monsieur, je prie Dieu vous avoir en ses bonnes grâces. Ce 22 mars. Louis. A Monsieur Cassini. Au Prieur des Minimes. Mon très Révérend père, les lettres de la feue Reine Marie de Médicis au très illustre Gali- lée, dont elle s'étoit faite la protectrice, et qui ont esté retrouvées parmy les papiers du père Mcrsenne, me font tant plaisir et l'offre que vous m'en faites m'est tellement agréable (]ue je ne scav comment v(uis en tesmoigncr ma reconnaissance. Car je nescay qiioy vous offrir équi- valent le plaisir que ces lettres me font, pour ce qu'elles me tesmoignent que mon illustre grand mère, quoy qu'on en ait dit, avoit le culte des sciences et de tout ce (pii part des nobles sentiments du cœur. Ce qui ])oMr moy est une grande consolation et me donne une toute autre idée de l'épousée du Roy Henri IV, nos aveux. Veuillez donc, je vous prie, mon Révérend Père me tesmoigncr un désir, et je m'empresseray de vous satisfaire. Surce,jeprie Dieu, vous avoir en ses bonnes grâces. Louis. Au R. P. Prieur des Minimes h Paris. A La Chambre. Monsieur de la Chambre, Vous m'avez dit dans votre dernier entretien que vous aviez eu des relations assez suivies avec le très illustre Galilée; qu'il vous avoit f.iit part d'iui bon nombre de remarques sur les divinations et qu'il vous avoit aussy envoyé des observaiions sur ce qu'il pensoit de l'influence des astres, sur les destinées du monde. Vous m'avez dit, si ( t3o ) j'ay bien entendu, que vous aviez i>oui' le moins 200 pièces, tant lettres que notes escrites de la main de ce fameux astronome. Je ticndrois beaucoup a connoistre toutes ces pièces. Dai- gnez donc les rechercher avec soin et m'en faire part lorsque vous viendrez me voir. Je vous en scauray gré. Sur ce je prie Dieu vous avoir, monsieur de la Chambre, en ses bonnes grâces. Ce 2 juin. Loms. A Monsieur ne In Clutnihre. La Chambre au Rni Louis XIV. Ce 22 mors 16C8. Sire, Selon le désir que m'a tesmoigné voslre Majesté, j'ay recherché parmv mes papiers toutes les lettres qui me furent adressées par feu le très illustre Galilée; et je les ay rassemblées, au nombre de i48. Je les envoyé à Vostre dite Majesté. Au nombre de ces lettres il en est de fort curieuses, ainsy que ])ourra en juger vostre Majesté; et beaucouj) mont esté d'un grand secours poiu' mes observations et conjectures sur l'Iris, autrement dit l'arc en ciel. Je désir que Vostre Majesté soit satisfaite de ces dorumens, et qu'elle les prenne en bonne considéra- tion. Sur ce, je jirie Dieu vous donner, Sire, bonne et longue vie. J'assure vostre dite Ma- jesté que rien au monde n'est jjIus que moy, son très humble, très dévoué et très affec- tionné serviteur. L^ Chambre. Au Roy. ASTRONOMIE. — Découverte rie la loo'^ petite planète, faite à Marseille, dans la succursale de l'Observatoire de Paris; par M. Coggia. Lettre de 31. Le Verrier à M. le Secrétaire perpétuel. « J'ai l'honneur de vous informer que, par une dépêche lélégrapliique en date du 18 juillet, M. Coggia, observateur de notre succursale de Mar- seille, m'a fait savoir qu'il y avait découvert une nouvelle petite planète. Voici cette dépêche : « J'ai découvert une nouvelle petite planète dans la nuit de jeudi à » vendredi. Le ciel s'étant couvert presque immédiatement, je n'ai pu en » prendre les positions que la nuit dernière : A I SI- I 7"- 34' T. M. de Marseillle. Ascension droite 2 1*" 'j'" ^o^ Distance polaire loG" 17' 47" hclat . . . , lo*^ grandeui'. Mouvement horaire en ascension droite .... — ''i^g Mouvement horaire en déclinaison +1 i",o Étoile de comparaison 4'3i7 Lalande. » Ces positions ne sont qu'approchées. » M La nouvelle planète est bien la loo*^ du groupe situé entre Mars et Jii- ( '3. ) piter. C'est la cinquième des petites planètes découvertes en deux ans, dans notre succursale de Marseille, depuis son installation ; il en a été trouvé sept, pendant le même temps, dans l'ensemble des autres observatoires. Je me persuade donc que cette succursale de Marseille n'avait pas été trop mal organisée. » La planète a été observée le i 8 et le 19 à Paris. » M. Wolf m'a remis les positions suivantes, qui ont été déterminées par lui et par M. André : Temps moyen 1868. de Paris. Ascension droite. Dislance polaire. Observatenr. Jnill. 18 h m s 11.47. 4 Il m s 21. 6.43,67 1 If 106.22.45,2 Wolf. 18 12.32.38 2 1 . 6.42,60 106. 22.52, I André. '9 11.33.43 21 . 6. 6,38 106.28. 9, g Wolf. » Ces observations sont corrigées de la réfraction. L'observation du 19 a été faite dans la brume et interrompue par les nuages. » La planète est de 12* grandeiu'. » L'étoile de comparaison 4i3i7 Lalande sera déterminée aux instru- ments méridiens, et alors les positions ci-dessus pourront recevoir wn^- minime correction. » CINÉMATIQUE. — Solution du problèiiie des mouvements que peuvent prendre les divers points d'un solide ductile ou d'un liqinde contenu dans un vase, pendant son écoulement p(n- un orifice inférieur ; par M. de Saint-Vexant. i( Supposons d'abord, parce que c'est le cas le plus simple, qu'il s'agisse d'un bloc ayant, comme le vase, une forme de parallélipipède ou de prisme rectangle, à arêtes verticales, et que l'orifice inférieur et horizontal par lequel la pression d'un piston appliqué au haut le force à s'écouler soit aussi rectangulaire, d'une largeur moindre mais de mémelongueiu-, en sorte qu'on puisse abstraire cette dernière dimension et n'avoir ;i coi:sidérer que les deux autres. » Appelons, comme aux Notes des aS mai, au et 29 juin, où le même sujet est traité approximativement au moyen d'hypothèses (*) : jc,f, les coordonnées, au bout du tem|)s t, d'une molécule quelconque, dans le sens horizontal de la largeur et le sens vertical de la hau- teur, l'origine étant prise au milieu de la face supérieure du bloc dans son étal initial; {*) Comptes rendus, t. LXVI, p. 1027, 1244 '^^ i3il. ( '32 ) u = —5 p = — les coiiinosantes de la vitesse de cette molécule dans les c/t de ' sens X el j"; V la vitesse constante ou variable delà descente verticale du piston; 2R la largeur du vase ou du bloc; 2R, celle de l'orifice, dont la médiane est aussi celle de la base; H la haiileiu' initiale du bloc; h sa liauteui' au bout du temps /, en sorte qu'on a (i) /i = li ou h^ïl- f'\dt, selon 1° que l'écoulement est rendu permanent en entretenant le vase plein par une affluence artificielle de matière ajoutée par tranches sous le piston, ou 2° que l'écoulement est varié, c'est-à-dire que le vase se vide. » Les vitesses u, l'étant regardées, ainsi qu'on le i.iit toujours quand il n'y a pas de rotation moyenne autour de perpendiculaires au plan jc-j-, comme les dérivées en x et j d'une même fonction 9 de x, /, /, en sorte que le problème de la détermination cinématique des distributions que doivent prendre ces vitesses à lui instant donné quelconque, pour que la condition générale suivante do permanence des volumes ne cesse pas d'être satisfaite : , o \ du dv (3) dJ + d-. = ''^ se réduit à celui d'intégrer l'équation aux dérivées partielles ... d^(f d-tti (4) ^ + ^! = "' de manière à vérifier aussi les condilions-limitos ci-après, où nous n'avons besoin d'avoir ég.ird qu'à la moitié de droite ou de gauche du bloc, vu que tout est symétriq!ie de part et d'autre du plan x = o : (5) (ÈL„='>. (È)...=°. (6) (?) =V, (7) /,|,^ ( O au fond ou de a: = R, à X = R, d}Jjr=:H j J\a:) à l'orifice ou de x = O a a: = R4. ( i33 ) Nous laissons provisoirement sons la forme arbitraire^ (a:) les valeurs des vitesses verticales de la matière aux divers points de l'orifice. » On satisfait à l'équation indéfinie (4) par l'expression générale sui- vante, où C, C, C", A, m, n sont des quantités indépendantes de jc, y, c'est-à-dire constantes pour l'instant où l'on se trouve, mais pouvant varier avec le temps t., (f ^ C-+- Çj'x + C J' + une somme de termes A tf'^ e"^ , pourvu que ni^ + 11- = o, n = ± m \J — i ; ou, en mettant pour l'exponentielle imaginaire sa valeur trigonométrique et en rendant réels, par le choix des coefficients, tous les termes qui en ré- sultent : (j5 := C -I- c JC 4- Cj + «ne somme de e"'^ [k. cosmx 4- h! Sininx). )) On satisfera à la première condition définie (5) par C = o, A' = o ; et à la seconde, i désignant zéro ou tout nombre entier, par in enfin à (6), en prenant C" = V, et en donnant aux termes affectés de e'"^ et dee"'"^' des coefficients A qui soient entre eux comme e"^'^"*^ est à e""*. D'où cette expression, où l'on peut évidemment, sans que l'intégrale cesse d'être complète, se borner aux valeurs positives du nombre entier /, et sup- primer aussi la mention de / = o qui ne donnerait qu'une constante à ajouter à C : (8) (p = C + Vr+^B(e' r— H-t-A r — H-t-;i I TZ ;; — I TT 'cos— . » Cette constante C, qui disparaît quand on déduit de à travers l'orifice, est astreinte à la condition qu'il s'y écoule, à cba(]ue instant, une quantité de matière dont le volume soit égal à celui qu'envahit le piston au haut du vase. » Multiplions ensuite par dx cos— - et intégrons entre les mêmes limites ,-R -, zéro et R. Comme / fte cos -— - cos— --^ = o quand i est différent de /', ^0 U R ' R 1 •/ • 1 et := - quand i = /, il ne reste que ( , , ) i^ (^e V _ g- 't^^ ^ = J % [x] cos ^ dx = f ^\f{x) cos '— dx. » Tirant la valeur de B et substituant, nous avons pour solution, x' étant une variable auxiliaire destinée à disparaître en effectuant les / et en dis- posant de la constante tout à fait arbitraire C de manière à avoir hors du \ , comme sous ce signe, la profondeur y— H -{- h de la molécule au- dessous de la surface actuelle du bloc (.2) L = V(j - H + A)+ ^ |; }[( VMcos':^ dx'] ITT y_2 . r-H-+-A "^ K inh » Comme vérification de cette manière de procéder, il est facile de voir qu'on trouverait la même chose en développant la fonction ¥{x) — V, se- cond membre de l'équation (g), par la formule suivante d'Eider (*), depuis (*) Disqiiisitii) ulleriùr super scrichiis (Nova acta Acad. Petrop., (. XI, fTqS, i), i i4)- ( i'35 ) longtemps confiiiiiée par plusieurs manières de l'obtenir (*) : if (x) (de X = o à X = R) = 1 X %(xVx' H- I VÏX " f ,..■ ces i^ rf,-) c„. ÎJÏ, dont le terme constant est, comme l'on sait, ce qui vient de i = o. En effet si l'on égale terme à terme, après la substitution de F(j:') — V à f(-x''), le second membre de (i3) au premier membre de (9), on obtient, d'une pari, la condition (10), et, de l'autre, la valeur générale du coefficient B^ telle qu'on la tire de (i i). » Ij'expression ^12) diffère un peu de celle qu'a obtenue M. de Corancez dans la seconde partie d'un très-remarquable ouvrage, qui mériterait d'être tiré de l'oubli, et dont il avait été décidé que la première partie, présentée à l'Académie, serait impruiiée au Recueil des Sauanls élningers (*'). Il trouve (avec nos notations), au lieu de (12), '=-^,C'(^)''-'-;îKX''^''°^T^-') e " ces-—) parce qu'il cherche à satisfaire seulement aux conditions définies (5) et (7) de vitesses aux parois et au fond, sans imposer aussi notre condition (6) qui assigne luie valeur aux vitesses verticales pour les points d'une section ho- rizontale autre que celle du fond ou de l'orifice. Cela pouvait suffire au savant neveu de Prony, parce qu'il cherchait à résoudre le problème dyna- mique du mouvement effectivement pris par l'eau sous l'empire de la pe- santeur et des pressions; ce à quoi il ne parvient ultérieurement qu'à l'aide d'hypothèses plus ou moinsjustifiées, en réconnaissant (***) que la solution conq^lète, comprenant la détermination de la contraction de la veine, etc., exigerait qu'on tînt compte aussi des frottements intérieurs, introduits pour la première fois par Navier dans les équations de l'hydrodynamique. » Mais mon objet a été purement cinématique. J'ai seulement voulu donner par une formule l'expression des mouvements possibles d'après la (*) Fin du premier volume de la Mécanique de M, Poisson, i833. (*') Théorie du moiifeiiient de Veau dans les vases, in-4" i83o. La date, 23 juin 1818, mise au bas du Rapport, doit être plutôt celle de la jnésenlaticn de la première partie, relative aux oscillations de l'eau. (***) Fin du n" 66, p. iSa, de l'ouvraj^e cité. 18.. ( 136 ) condition (3) de conlintiilë ou de permanence des volumes et les conditions aux parois, quelles que soient les forces en jeu. Po\u' f.iire cesser l'indé- termination, il m'a fallu me donner les vitesses verticales sur deux sections horizontales, telles que j- = II et j" = H — //, sous la condition (lo) de compatibilité de leurs valeurs entre elles. » Si par exemple on suppose, avec M. Tresca, conformément à ce qu'ont indiqué approximativement ses observations, les vitesses verticales toutes égales à travers l'orifice, on doit prendre ^' r , '■^■^' j , R'V . /ttR, ( 1 4) f{oc) = V I- , J^ >'cos ^ d.T' = ?77R, R d'où, jîoiu' les vitesses horizontales et verticales dans toutes les parties du vase et même dans le jet, au l)out du temps / ou quand la hauteur du bloc est h (égale ou inférieure à H suivant les deux cas de vase entretenu plein et de vase qui se vide), 'i51 "^ — H — ; ~"^ K — RV 2 V ' e ^ -^e ^ . /7iR, . /TT.r " = -—-> - T^ 37^ "'"-R-^'^-R-' RV 2 Y' ' "r7 TT ^7 ITt r — ITT- , r\ -tr RV 2 V • (16) v=y+-^-\- K\ Q-SP \ c ^ — e ^ . /TzB., sin — -— cos- iTz.r » Il serait intéressant de comparer ces expressions, en en calculant nu- mériquement diverses valeurs (à l'aide des Tables hyperboliques de Guder- mann), avec les expressions simplement approximatives suivantes, des Notes des aS mai et 11 juin. ('7) H y U = — 7 (R — •^)i «' = V — j^^ î pour la partie latérale du bloc, ,, H— j RVr— H + /( ii = — -r — r,^ X, V = \ — ; h -;; ; î pour la partie centrale, '■ ■* A R, « ' en adoptant, pour la limite de séparation de ces deux parties, au lieu du plan x = R,, d'autres surfaces s'.ippuyant aussi sur le bord de l'orifice, s'il en résultait plus de concordance avec les formides exactes (i5) et (16). » On pourrait supposer aussi que les vitesses verlicales à travers l'ori- fice, au lieu d'être toutes égales, décroissent, du milieu, où nous appelle- rons V, leur valeur, au bord, où elles seraient Vj, suivant les ordonnées ( i:^7 ) d'une parabole de degré 2«, c"est-à-diie qu'on pourrait prendre [/(x)=V,-(V,-V,)(^)'", avec ^',-V,= (l8){ (2„4-,)(v.-^), vu (lo), 2« + I RV, . ou V, = 5— SI V2=o; ou bien les faire décroître, jusqu'à zéro, comme le cosinus d'un multiple de l'abscisse, c'est-à-dire prendre ('9) ,-, , ttRV tzx J[x) = — 5-C0S-— -' ^ ' 2R, 2R, |j^ /a: cos — nf^ = — — ^ cos — » Un calcul numérique et graphique suffisamment développé, qu'on fait aussi sur des expressions analogues, à construire pour les vases cylindriques avec orifices circulaires, pourra servir à déterminer, dans diverses hypothèses sur la loi ^{oc) des vitesses de sortie, soit les trajectoires moléculaires, soit les transformées de ces lignes horizontales et de ces lignes verticales de l'in- térieur, dont d'ingénieuses dispositions font reconnaître la trace dans l'écoulement des blocs solides. En les comparant aux résultats des expé- riences déjà nombreuses, et qu'il serait si intéressant de connaître toutes dans leur détail par des coupes, on pourra espérer, grâce à la persévé- rance de leur auteur et à la manière intelligente dont il a soulevé la question théorique en en proposant inie première solution, peut-être très- approchée, de découvrir les lois du phénomène, et de passer un jour de la connaissance des lois à la mesure des forces qui le déterminent. » ANATOMIE VÉGÉTALE-. — Observations sur la levure de hière et sur le Mycodermn rervisiœ [\" partie) ; par M. A. Trécui.. « Il a été fait, dans la séance de lundi dernier, par notre confrère M. Ro- bin, au nom de M. de Seynes, une communication dans laquelle l'auteur traite du Mycoderma vini. Cette communication contient la description d'un mode de multiplication utriculaire que, de mon côté, j'ai reconnu dans le Mycoderma cervisiœ. » N'ayant connu qu'hier, par la lecture du Compte rendu, le travail que je viens de désigner, je n'ai pu rédiger qu'une courte Note, voulant tout ( i^B ) de suite mettre sous les yeux de l'Académie celle de mes planches qui re- présente ce mode de multiplication des cellules. Je joindrai à cette Note quelques autres faits donnés par les mêmes expériences. » Quoique je n'aie pas opéré dans les mêmes conditions que l'auteur de la Note, c'est le même principe qui m'a guidé, fondé sur le désir de voir ce qui se passe après le transport des cellules étudiées d'un liquide riche en matières nutritives dans un liquide plus pauvre. » Après avoir obtenu par divers semis, ou même sans aucun semis (ce que j'expliquerai dans un autre travail), des cellules de levure de bière ou des Mycoderma cervisiœ, je suis dans l'habitude, depuis quelque temps, de décanter le liquide qui surmonte le dépôt des celhdes et de le remplacer par de l'eau. J'ai obtenu ainsi des développements de ces cellules qu'aucun autre moyen ne m'avait jusqu'alors procurés. » Des cellules globuloïdes ou elliptiques, isolées ou réunies deux ou trois ensemble, bout à bout quand elles sont elliptiques, se sont allongées. Les globuleuses sont devenues ovoïdes, puis se sont étendues davantage en longueur; les elliptiques se sont accrues de la même manière. Très-fré- quemment l'extrémité qui s'est développée étant moins large que la partie initiale, il en résulte, pour les cellules placées bout à bout, une figure sin- gulière que l'on juge tout d'abord, mais sans raison, accidentelle. L'extré- mité atténuée d'une des cellules étant appliquée sur l'extrémité renflée de l'autre, on a l'image (que l'on me permette cette comparaison triviale) de calebasses qui seraient superposées de façon que la base de l'une reposât sur le sommet de l'autre. » Quantité d'ulricules s'allongent aussi en conservant leur diamètre pri- mitif; elles donnent par conséquent des cellules cylindracées. » Ce sont ces diverses formes de cellules qui m'ont fait voir le mode de multiplication que je vais décrire maintenant. » Quelques gouttes du liquide tenant de ces cellules en suspension furent déposées sur une lame de verre, et par-dessus fut placée une lamelle qui ne couvrait qu'une partie du liquide. Ces lames furent mises sur un support dans une soucoupe contenant de l'eau, et par-dessus le support et les lames un verre à boire fut renversé. » Malgré l'appauvrissement du liquide nutritif par l'addition d'eau, ainsi que je l'ai dit, certaines cellules restent pleines d'un plasma compacte, blanc, sans vacuoles. Quand ces cellules se divisent, elles le font par la pro- duction de cloisons transversales, qui, se dédoublant plus tard, laissent libres les cellules engendrées. ( '39) >' Beaucoup d'autres cellules, moins riches en plasma, se creusent d'ap- parentes vacuoles, qui occupent souvent presque tonte la largeur de la cavité utriculaire. Ces cellules peuvent se partager en deux ou plusieurs par la production de cloisons transversales dans le plasma qui sépare les vacuoles. Alors chaque cellule nouvelle renferme ordinaireiiient une sem- blable vacuole. » Enfin, dans d'autres cellules à plasma rare, celui-ci se condense en gros globules compactes, assez volumineux pour occuper souvent toute la largeur de la cellule. Opaques et blancs, munis d'une petite aréole cen- trale, quand ils sont déjà avancés en âge, ils sont entourés d'un liquide transparent, qui laisse voir parfaitement la membrane de l'utricule mère dans les endroits que ne touchent pas ces globules. » Ce sont ces globules qui deviennent autant de cellules quand la mem- brane de la mère vient à disparaître. Avant de s'effacer, cette membrane se resserre contre les globules ou cellules filles, comme le montrent mes dessins; on peut la voir comme étranglée vis-à-vis de l'intervalle des glo- bules, puis on cesse de l'apercevoir. Les nouvelles cellules deviennent libres à cette époque (i). » Entre ce mode de multiplication utriculaire et le premier, on trouve tous les états intermédiaires, suivant que la cellule mère est plus ou moins appauvrie. » Quand celle-ci est très-pauvre, si elle est beaucoup plus longue que large (huit à dix fois par exemple), elle peut ne produire que trois, quatre ou cinq globules, qui laissent libre, dans ce cas, une partie considérable de sa cavité. » Si la cellule mère est plus riche en plasma, les globules pourront former luie série continue qui occupera à peu près toute la longueur de la cavité. « Le plasma est-il plus abondant encore: les jeunes cellules filles, ou les masses plasmatiques qui les représeûtent, ne sont plus globuleuses; leur figure s'approche plus ou moins du rectangle. » Enfin, si le plasma générateur de la mère est assez abondant pour remplir entièrement celle-ci, les cellules filles seront tout à fait rectangu- laires au début. Ce n'est qu'après s'être séparées les luies des autres que, leurs angles s'arrondissant, elles deviendront elliptiques ou globuleuses. 1) Les cellules elliptiques ou globuleuses, formées de ces diverses ma- (i) Il faut bien se garder de coiifon<]re ce mode de iiiiiltiplicalion avec ce que l'on apiielle le bonr«eo>iupment des cellules de la levure. ( i/io ) niéres, paraissent susceptibles de germer. On voit, en effet, parmi elles un grand nombre de cellules complètement semblables, qui émettent des fila- ments dans les conditions suivantes. » Si les cellules germantes sont globuleuses, il en naît un boyau ordinai- rement plus étroit qu'elles. Beaucoup plus rarement^ après avoir produit un pareil tube, mais très-court bien qu'assez volumineux, ce tube cesse de s'allonger et émet latéralement un filament ténu, qui peut n'avoir que le tiers ou la moitié de sa largeur. D'autres fois, quand les cellules sont pe- tites, elles peuvent s'étendre en un cylindre parfait. » Lorsque les cellules germantes sont plus longues que larges, c'est presque toujours sur le côté et près de l'une des extrémités que pousse la cellule filamenteuse. Il en naît assez fréquemment de même une près de chaque bout, et sur deux côtés opposés de la cellule mère. )> Ces utricules allongées ou filaments prennent ensuite des développe- ments divers. )) Ou bien ils s'étendent en une cellule unique tantôt assez brève, tantôt plus longue, qui se divise en conidies qui germent à leur tour; fréquem- ment le filament devient plus long, et, sans se fragmenter, il se |iartage par des cloisons transversales eu cellules oblongues dans la plus grande partie de sa longueur; mais le sommet du filament se découpe en coni- dies elliptiques ou globuleuses. 1) Beaucoup de ces filaments se ramifient latéralement et au sommet. Il en émane tantôt de courtes ramifications, qui se fragmentent en conidies; tantôt, et cela principalement en dehors de la lamelle couvrante, les fila- ments les plus puissants émettent des rameaux de deuxième, de troisième ou de quatrième génération, composés de cellules oblongues. Leurs seules ra- mifications terminales se divisent en cellules reproductrices courtes, ellip- tiques ou globuleuses, c'est-à-dire en conidies. Ces extrémités des fila- ments prennent ordinairement, avant de se diviser, une teinte sombre, brillante, très-réfringenle, que conservent les conidies qui résultent de leur segmentation. De plus, ces extrémités du champignon peuvent rester couchées, et alors elles se terminent par une seule ou par deux séries de conidies; ou bien elles se dressent et peuvent finir par plusieurs séries de ces cellules en chapelet. Elles constituent, dans ce cas, des pinceaux qui furent observés d'abord par Turpin, qui a eu le tort, je crois, de les con- fondre avec \e Pénicillium glaucum. M. J.Berkeley en obtint, en i855, par la culture du porter-bolloni ou levure de parler. M. E. llallier attribua aussi plus tard à la levure la même nature. ( '4. ) » J'ai dit plus haut que les cellules germantes peuvent d'abord produire inie pousse courte et large, et émettre sur le côlé de celle-ci un filament beaucoup plus grêle. Il est extrêmement remarquable cpie, de deux conidies de volumes égaux, il peut naître de l'une un filament épais, et de l'autre un filament fort ténu. Il semblerait, en voyant ces filaments encore stériles, que l'on a affaire à des plantes de nature tout à fait différente. Mais, ce qui est non moins curieux, c'est que, si ces filaments grêles peuvent engendrer des conidies assez ténues, on peut aussi les voir se renfler considérablement à leur sommet reproducteur, devenir sombres dans cette partie, tré.s-réfrin- gents, et s'y diviser en conidies aussi volumiueuses que celles qui sont pro- duites par les filaments les plus larges. On ne saurait douter, quand on a ces divers exemples sous les yeux, q\ie les filaments grêles et les plus gros appartiennent en réalité à une seule et même espèce. « ZOOLOGIE. — Observations à propos d'un ouvnuje que vient de publier RI. O. Schmidt sous le litie : Spongiaires de la côte de l'Algérie ; par M. de QUATREFAGES. « M. Oscar Schmidt, professeur à l'université de Gratz (x4.utriche), est l'un des naturalistes qui se sont le plus occupés des éponges, et qui les connais- sent le mieux. Ses travaux sur cette classe intéressante à bien des titres, ont une grande valeur. Celui que j'ai l'honneur de présenter à l'Académie est digne des précédents et mérite son attention à d'autres titres. )> Venu à Paris pour demander à M. Lacaze-Duthiers des renseignements sur la faune des côtes de l'Algérie, M. Schmidt a trouvé au Muséum tous les matériaux nécessaires à la publication de cette monographie, écrite en allemand, mais qu'il a dédiée à M. Lacaze-Duthiers. « Lorsque, dit-il, je vis toute la série déployée par vos soins devant mes » yeux, je me dis aussitôt qu'il me serait impossible d'en trouver le quart » en draguant en Algérie pour mon propre compte. » En un mot, je trouvai dans votre laboratoire l'ensemble de la faune » spougiaire de l'Algérie, et avec la générosité vraiment digne d'un homme » de science, vous me donnâtes la permission d'examiner soigneusement » tous ces échantillons, d'en faire mes notices et des descriptions — » Ainsi aidé par vous, j'ai préparé une monographie qui s'attache im- » médiatement à mes Mémoires sur les éponges de l'Adriatique et les com- » plète en toute manière. » » Ce paroles prouveraient une fois de plus, si c'était nécessaire, combien C. P,., 1868, 3« Semeslre. (T. LXVU, N" 3.) IQ ( l42 ) de richesses sont accumulées dans notre bel Établissenienl, et quelle faci- lité tous les chercheurs trouvent pour y travailler. » ASTRONOMIE. — Observations relalives aux comètes deWirmecke et de Brorsen; par le P. Seccui. « Rome, ce i i juillet 1868. » Dans le Compte rendu du 29 juin 1868 (t. LXVI, p. i337), je trouve que M. Wolf m'invite à observer la noiivelle comète de Winnecke, comme j'ai fait pour celle de Brorsen, afin d'établir la véritable place des raies des deux comètes : j'aurais observé des raies lumineuses là où il trouve des bandes obscures. » Je dois dire d'abord que, d'après la Note du Compte tendu, je ne coir.- prends pas clairement si celte opposition est bien relative à la comète de Winnecke. Dans ce dernier cas, la question est facile à résoudre : en effet, par le mot banderai entendu une bande lumineuse ; je ne ponwtns pas appli- quer le mot de raie à ces masses lumineuses, si mal tranchées et si larges. » Pour ce qui est de la comète de Brorsen, j'ai déjà fait moi-même la remarque que ses bandes lumineuses ne s'accordaient pas avec celles de la comète de Winnecke (voir Comptes rendus, t. LXVI, p. i3oi). Cependant, comme cette question a une grande importance, pour savoir si les deux comètes sont formées d'une matière identique ou non, je me suis reporté aux mesures de la comète de Brorsen, pour voir s'il y avait eu quelque méprise; j'en ai tiré la conviction qu'il n'y a pas d'erreur de mou côté, et qu'une pareille erreur serait même impossible, par une circonstance qui dispense des mesures. » Cette circonstance est qu'aucune des ligues ou bandes brillantes de la comète de Brorsen ne coïncidait avec des raies solaires fondamentales. Voici ce que l'on trouve dans le Journal d'observations (comète de Bror- sen, 23 avril) : « Ayant fixé les pointes du micron)ètre sur la comète, ou » observe Vénus, et on trouve que la raie qui est sous la pointe eu bas est » obscure dans la comète, et que la deuxième pointe ne tombe pas sur le » magnésium, mais au milieu du vert eiitre b el / (il y a ici une figure). » Cette position se rapproche de la ligne verte des nébuleuses. » » Le aS avril, je trouve : « A|)rès avoir pris la position des raies de » Vénus, on observe la comète. Le vert de la comète correspond au milieu » entre la raie du magnésium et celle du groupe atmosphérique de l'azote ( i43 ) » (voir la figure). » Viennent ensuite les mesures, en deux séries, qui ont été publiées. » Au contraire, dans la comète de Winnecke la partie plus brillante du vert est très-voisine du magnésium, comme l'indiquent aussi les mesures de M. Wolf". Cette différence est assez grande pour accuser une différence de substance dans les deux astres. » La question ayant une grande importance, il ne sera pas hors de propos de citer le témoignage d'un juge compétent, M. Huggins. On lit daus/ei Mondes, du i8 juin 1868 (t. XVII, p. 270), que M. Huggins, dans une communication faite à la Société loyale de Londres, s'exprime ainsi : « La raie la plus visible, située dans le vert, a presque la position de la plus » brillante des raies des spectres des nébuleuses, celle qui coïncide avec » la double raie de l'azote : elle est cependant un peu plus réfrangibîe. » Cette description ne peut nullement s'appliquer à la bande lumineuse de Winnecke, qui touche presque au magnésium. Il est vrai que M. Huggins place cette raie un peu plus près du violet que mes mesures, mais cela l'éloigné davantage de la position de celle de la comète de Winnecke. Dans celle-ci, la position de cette bande lumineuse n'a pas varié, et je me suis encore assuré de la précision de mes observations dans ces dernières soirées. Toute équivoque est impossible, car je vois diiectement, dans le champ de l'oculaire, le spectre et l'image directe de l'objet. » H est donc nécessaire d'admettre une différence réelle dans les deux comètes, différence qui ne paraît pas tenir seulement à ce que l'une est plus brillante que l'autre, car, dans le rouge et jaune, celle de Brorsen présentait deux bandes lumineuses, et celle-ci n'en a cpi'une. J'ajouterai que hier soir, en observant la comète de Winnecke, j'ai vu assez nettement une quatrième bande dans le violet, mais elle est très-faible. Cette raie achèverait de confirmer la ressemblance du spectre du carbure d'hydro- gène HC avec celui de la comète. » En continuant l'examen des étoiles rouges dont j'ai presque achevé le catalogue, je trouve une circonstance intéressante que je crois devoir com- muniquer à l'Académie. Le spectre d'Arcturus, examiné avec soin, se trouve le tiiéme que celui de a Orion et de a. Scorpion (Antarès), pour toutes les raies fines métalliques. La différence qui rend, au premier abord, ces spectres si différents, ne tient qu'à de larges bandes d'absorption, qui sont nulles pour Arcturus, très-fortes pour oc Orion, et plus fortes encore pour Antarès. Ces bandes obsciues et mal terminées à leurs bords sont indé- pendantes des lignes métalliques, et peuvent être comparées à celles que 19.. ( '44 ) l'action de notre atmosphère terrestre gazeuse produit dans le spectre so- laire près de l'horizon : il n'est pas impossible qu'elles aient une origine semblable. On voit, d'après cela, que les deux systèmes formés, d'une part, fie lignes ou raios fines et métalliques, et, d'autre part, de bandes noires gazeuses, sont indépendants l'un de l'antre. » ÉCONOMIE RURALE. — Observations pratiques sur le lallage du blé; par M. Is. Pierre. V On a souvent cité le tallage fabuleux, naturel ou artificiellement favo- risé, de certaines touffes de blé, venues dans des conditions exceptionnelles de fertilité; j'ai pu compter moi-même, en i854, dans wne vigne de l'Orléanais, sur inie toufiè d'orge isolée, jusqu'à cent vingt-trois tiges. Ce sont là des résultats singuliers, curieux si l'on veut, mais qui ne paraissent avoir qu'un rapport fort éloigné avec les faits ordinaires de culture pratique. » Ces résultats extraordinaires ont été enregistrés bien plus souvent que les résultats moyens, parce que l'observation qu'on en fait n'exige qu'ini moment d'attention. J'ai pensé qu'il pouvait y avoir quelque intérêt théo- rique et pratique à signaler les résultats moyens que j'ai eu l'occasion d'ob- server dans le cours de mes études sur le blé: c'est ce qui m'engage à pré- senter aujourd'hui ces résultats à l'Académie. » Dans une série d'observations faites en 1 862-63 pour étudier le déve- loppement du blé et la marche de l'accumulation ou de la répartition, dans les diverses parties de la plante, des éléments qui la constituent, à diverses époques de son développement, j'ai pris la précaution de compter, aussi exactement q^ue possible, la totalité des tiges vigoureuses, mortes, grêles et douteuses contenues dans chacune de mes parcelles d'essai. » Chacune de ces parcelles se composait de trois carrés d'un centiare chacun, non contigus, et pris dans la partie la plus homogène du champ d'expérience. » Cette précaution m'a permis de constater le tallage moyen produit sur chaque touffe de blé qui a pu échapper aux diverses causes de destruction auxquelles est exposée la plante, depuis le moment des semailles jusqu'à l'époque où elle a pris assez de vigueur poiu' n'avoir plus à redouter que les accidents météorologiques extraordinaires, tels que grêle, sécheresse trop prolongée, etc. En tenant compte de foutes les tiges ( vigoureuses ou sim- plement riuiimentaires) issues d'un mémo pied, j'ai obtenu, à diverses ( -45 ) époques d'observation, dont la première eut lieu le ip avril i 863 et la dei- nière le 3o juillet, les résultats suivants : Nombre moyen (!ft [ifjps par pied . i''' observation (19 avril) 4'^" 2* observation !i6 mai) 3,87 3" observation (i3 jnin) 4' -° 4^ observation (2g juin) 4 1 '° 5' observation ( 1 3 juillet) 3 ;5o 6" observation (3o juillet) 3,4i Tallage moyen 3,87 c'est-à-dire un peu moins de quatre tiges par pied. )) Dans une nouvelle série d'expériences faites en 1864, dans un champ différent, distant du premier d'environ 1200 à i5oo mètres, j'ai trouvé, eii procédant d'une manière semblable, les réstdtats qui vont suivre : INombre moyen dfl Irgos par pieil. 1" observation (i i mai i864) . 3,44 1" observation (3 juin) 2,90 3" observation (aa juin) 2,98 4" observation (6 juillet) a, 85 5'^ observation (a5 juillet) 2, ,6 Talla^e moyen 2,97 c'est-à-dire trois tiges par pied. » La moyenne des deux séries d'expériences est représentée par 3,/(2, on presque exactement irois tiges el demie par pied. » La comparaison des nombres qui précèdent semble conduire à ce résultat, que le nombre des tiges constituant chaque touffe de blé est un peu moindre, dans les dernières observations de chaque série, que dans les premières: faudrait-il en conclure que les plantes prises pour types dans chacun des deux champs d'expériences n'offraient pas luie suffisante homo- généité? que le blé n'y était pas assez régulièrement réparti? » Il serait assez singulier que le hasard m'et'it précisément placé deux fois de suite, à deux années d'intervalle, dans deux champs différents, dans les mêmes conditions défectueuses, et défectueuses avec la même apparence de régularité. » Il est beaucoup plus rationnel d'attribuer les différences constatées à cette circonstance, qu'à l'époque des dernières observations, les tiges les plus anciennement atrophiées avaient pu éprouver, peu à peu, une altéra- ( '46 ) lion assez avancée pour qu'il fût difficile de les recueillir tontes; et si l'on considère qu'un cerlain nombre de ces tiges riidimentaires ne consistaient gnère qu'en denx maigres feuilles emboîtées l'une dans l'autre, on com- prendra facilement que la disparition de Tune de ces deux feuilles, par désagrégation spontanée ou autrement, devait rendre la constatation difficile. » On comprendra également sans peine que, dans les deux dernières observations surtout, alors que les racines du blé étaient presque sèches et la terre plus dure, on ait pu être exposé plus souvent à éclater et à compter séparément deux parties d'iuie même touffe primitive, et à aug- menter ainsi, dans une certaine mesure, le nombre des pieds, malgré toutes les précautions prises, ce qui diminuait dans le même rapport le tallage constaté sur ces pieds éclatés et rendait plus faible le tallage moyen qu'on déduisait de l'ensemble. » Les résultats de l'observation directe paraissent donner créance à cette double interprétation, car nous voyons en même temps diminuer le nombre total des tiges et augmenter le nombre des touffes. Première série. l862-l863, , Nombre total des toulTes Nombre total Tiges mortes sur tvoh cetiliares. des tiges. ou (louteiises. ig ;ivril !^\?i 1 780 » I (i mai 460 '77^ " 1 3 juin 4^0 1 764 7*34 ■29 juin 4' 2 1688 810 1 3 juillet 47^ '•'g" 74^ 3o juillet 452 i54o 648 Moyenne 4^9 Sccondr série. 1864. Nombre total des touffes Nombre total Tijjes mortes sur quatre centiares. des tiges. ou douteuses. I I mai 956 3288 '97^ 3 juin 826 2894 104?. 22 juin 870 5-594 ' "^'^ (i juillet 874 3474 'o52 25 juillet 898 ' 2388 io32 Moyenne 885 Du nombre iiioycn des épis produits pur cluujut' pied. » Si, à ré|ioque de la maturité, nous comparons le nombre total des é|)is ( '47 ) au nombre total des tiges comptées, ou avec le nombre total des touffes, on trouve un peu phis d'un épi sur deux tiges, en moyenne : nous trouvons également à peu près deux épis par pied. Dans la première série, on trouve 2q'j épis par mèlie carré. Dans la seconde série 889 » » Soit en moyenne 3iS » » » Un champ qui se trouveiait dans des conditions semblables conlienilrait donc 3 180000 épis par hectare, et chaque épi pourrait être considéré comme produit, en moyenne, par une étendue superficielle d'un peu plus de 3i centimètres carrés, c'est-à-dire par une superficie qu'on peut repré- senter par un petit carré d'un peu moins de 6 centimètres de côté (56 miMi- ni êtres). )» Chaque pied ayant produit, en moyenne, dans nos deux séries d'ex- périences, detix épis, il occnpeiait ainsi un espace moyen dotd)le, c'est- à-dire environ 63 centimètres carrés, représentés par un petit carré d'à peu près 8 centimètres de côté. » Il ne faudrait pas trop se hâter de titrer, du nombre des épis, des con- clusions sur le rendement en grain, parce qu'on a compté ici tous les épis sans exception, aussi bien ceux qui produisaient trois ou cjuatre grains que ceux qui en produisaient trente ou quarante. Les proportions relatives des gros et des petits épis varient notablement, d'tme année à une autre, lorsqu'aux influences résultant de la diversité des conditions de cultiu-e et des agents atmosphériques viennent encore s'ajouter celles qui peuvent résulter d'tnie différence notable de qualités naturelles du sol. » Dans une prochaine communication , je me propose de présenter à l'Académie quelques réflexions déduites d'expériences pratiques relatives au rendement et au rapport qui peut exister entre ce rendement et la quan- tité de semence employée ou réellement efficace. « Je crois cependant devoir ajouter encore aujourd'hui, pour mieux préciser les conditions dans lesquelles ont été faites mes observations, que, dans la première série, le rendement en grain s'élevait à environ 38 ~ hec- tolitres par hectare, et à environ 26 hectolitres dans la seconde. » M. Is. PiEKRE, en présentant à l'Académie le premier voltune d'un ouvrage qu'il vient de publier et qui a pour titre : Etudes ihcoriques et pratiques d'agronomie et de physiologie végétale, s'exprime comme il suit : » Je me suis proposé, dans celte publication qui comprendra quatre ( '48 ) volumes, de réunir cl déclasser médiodiquenieiit un assez grand nombre de Mémoires jusqu'ici épars dans divers recueils scientifiques ou agrono- miques, et dont les premiers remontent à une vingtaine d'années. » J'ai toujours eu soin, pour chaque article, de renvoyer exactement aux recueils où ils ont été insérés |)our la jjremière fois, afin de ne pas être accusé, sans motif, de m'appropriei- le bit^n d'autrui, et aussi pour con- stater au besoin, par des documents ' authentiques, des droits qu'on a quelquefois oubliés. » M, d'Omamus d'Halloy fait hommage à l'Académie de la 8" édition de hou u Précis élémentaire de Géologie ». NOMEVAÏIOAS. I/Acailémie procède, par la voie du scrutin, à la nomination d'une Com- mission (|ui sera chargée de décerner le prix de Mécanique (fondation Montyon). MM. Combes, Delauuay, de Saint-Venant, Phillips, Morin réunissent la majorité des sufhages. 1/Académie procède, par la voie du scrutin, à la nomination d'une Com- mission qui devra décerner le prix Godard. MM. Nélatou, Clauile Bernard, Robin, Longet, S. Laugier réunissent la majorité des suffi'ages. R APPORTS. l'HYSlQUi:. — Inslriirlioii sur les jjardloniicncs du Louvie et des Tuileries (i). (Commissaires: MM. Becquerel, Babinet, Duhamel, Fizeau, Ed. Becquerel, le Maréchal Vaillant, Pouillet rapporteur.) « M. le Maréchal, Ministre de la Maison de l'Empereuret des Beaux-Arts, a adressé à notre Président, le 2 mars 1868, des Plans et Rapports sur les (i ) Cetlu instriKiion avait clé lue par M. Pouillet devant la Commission le jeudi 3o avril et adopté».' par elle; elle a été lue à l'Académie dans sa séance du 20 juillet par M. Edm. Bec- querel. ( '49) paratonnerres du Louvre et des Tuileries, eu le priant de consulter l'Acadé- mie sur cet état de choses. » La Commission des paratonnerres, dont M. le Maréchal fait lui-même partie, s'est empressée de réunir tous les documents et tous les faits spé- ciaux dont la connaissance était nécessaire pour entrer dans l'examen a[)- profondi de la grande question qui lui est proposée. L'Académie, déjà consultée en i855 à l'occasion des nouvelles constructions du Louvre, avait donné son avis sur ce point particulier (i); mais, d'après la Lettre de M. le Maréchal et d'après les explications cpi'd a doiuiées à ses confrères de la Commission, l'Académie est consultée aujourd'hui sur le vaste ensendjie des édifices qui s'étendent depuis la colonnade du Louvre jusqu'au |)alais des Tuileries et qui circonscrivent ainsi une étendue de i8 hectares. La longueur de ces constructions monumentales, tant anciennes que nouvelles, est presque de 3 kilomètres. » Les principes approuvés par l'Académie, soit dans son instruction de i855, soit dans celle de 1867 qui se rapporte aux magasins à poudre, doivent assurément servir de guide dans ces circonstances extraordinaires, comme dans les cas les plus ordinaires ; la Conunission n'avait donc qu'une seide question à résoiulre, celle de savoir quels sont les moyens les plus simples et les plus sûrs d'appliquer ces principes dans le cas exceptionnel dont il s'agit. » Après en avoir délibéré dans plusietus séances, la Commission s'est arrêtée à un système d'ensemble qu'elle vient soumettre à l'approbation de l'Académie; nous essayerons d'abord d'en donner une idée générale, en- suite nous entrerons dans les détails d'exécution. § I. — Dhpusitions générales. » 1. Ces dispositions générales se rapportent aux trois points suivants : » Premièrement. On commencera par établir, avec du fer carré de 2 centi- mètres de côté, lui conducteur qui régnera sans inteiruption sur les faîtages de tous les édifices qu'il s'agit de protéger; quand un ou plusieurs pavillons se présentent sur le cours d'un même faîtage, le conducteur s'élève pour gagner le sommet du pavillon et descend ensuite de l'autre côté pour re- prendre sa route. » Nous appellerons circuit îles faîtes ce grand conducteur dont la forme (i) Foir le tome XL dts Compte.' rendia^ p. 4o5, et V Instruclinn .utr Icx parnlonnenes publiée en iS55. in-i8, p. log. C. K., iSGS, ■2'= Semcilre. ;T. LXVll, K^ô.) 20 ( i5o) et les courbures variées sont en quelque sorle modelées sur les faîtages; il les parcourt tous sans exception, et se trouvera ainsi avoir plusieurs bran- ches, particulièrement dai'S les constructions nouvelles où s'élèvent plu- sieurs faîtages perpendiculaires et parallèles aux grands faîtages du quai et de la rue de Rivoli. V Ce circuit aura encore plusieurs rameaux beaucoup plus courts, parce qu'il devra être mis en bonne communication avec tous les chéneaux, tous les plombs et toutes les grandes surfaces métalliques qui se trouvent sur les couvertures. » Secondement. Le circuit des faites sera mis en communication directe avec la nappe d'eau des puits qui ne tarissent jamais ; à cet effet, ou choisira les points convenables pour creuser dix ou douze puits qui recevront cha- cun un conducteur descendant soudé au circuit. Les conducteurs descen- dants arrivent à l'eau des puits sans détours iiuitiles. » On voit que, par ces dispositions, toutes les masses métalliques de la couverture communiquent à la nappe d'eau souterraine. » Troisièmement. Chaque tige de paratonnerre sera mise en parfaite com- munication avec le circuit des faîtes: nous rappellerons plus loin, dans les détails de construction, comment ces communications doivent être établies. )) Tel est en résumé le système proposé par la Commission. » Pour le faire mieux comprendre et surtout pour qu'il puisse être mis en pratique avec tous les soins qu'il exige, nous allons donner dans les paragraphes suivants les explications relatives aux divers modes d'exé- cution. J^ II. — Elahlissciticiil rlii I iiciiii da faîtes. » 2. Le circuit des faîlcs est composé de barres de fer carré de i centi- mètres de côté ayant 4 ou 5 mètres de longueur; ces barres doivent être Fig. 1. a. Élévation. — e. Coupe transversale. jointes l'une à l'autre, par superposition des extrémités, avec deux boulons et luie bonne soudure à l'étain, comme le fait voir la fiij. i . 1^\ M Lorsqu'il y aiir;i lieu d'établir, sur la ligne principale du circuit, un embrauchenient perpendiculaire, la jonction se fera d'après la fig. 2. » La nouvelle branche se termine en forme de T, dont la traverse se superpose à la ligne principale, où elle est boulonnée et soudée à la ma- nière ordinaire, tandis que la tige du T se prolonge pour constituer l'em- branchement. )- Dans certains cas le circuit des faites pourra reposer immédiatement sur le faîtage; cependant, comme il importe que ses joints et soudures ne soient en rien compromis, soit par les réparations des couvertures, soit par d'autres causes, il est probable qu'en général il faudra le soutenir à une certaine hauteur par des supports convenablement espacés. Ces supports pourront varier suivant la forme et la disposition des faîtages eux-mêmes : quelquefois il faudra recourir aux supports fixes, alors ils devront être à fourchette, afin d'empêcher des déplacements latéraux d'une trop grande amplitude, en même temps qu'ils permettront le jeu de la dilatation. D'au- tres fois on pourra se borner à de simples coussinets de fonte, du poids de 5 ou 6 kilogranuTies, simplement posés siu- le faîtage et portant à leur face supérieure une gorge destinée à recevoir la barre. » 3. Compensateur de dilalnlion. — La dilatation du fer est presque de r millimètre par mètre pour une variation de température de 80 degrés centigrades; or, dans nos climats, les barres du circuit pourront sans doute, pendant l'été, s'élever à 60 degrés au-dessus de zéro, et pendant l'hiver descendre à 20 degrés au-dessous de zéro, ce qui fait une varia- tion de température de 80 degrés; ainsi chaque 100 mètres de longueur du circuit peut s'allonger de i décimètre en passant de l'extrême fri>id à l'ex- trême chaud, et réciproquement. » Il en résulte que, dans le cas où le circuit des faites aurait une très- grande longueur en ligne droite, il pourrait être nécessaire d'introduire dans les grandes longueurs un compensateur de dilatation afin d'é\iler des 20.. ( '5o- ) fractions et des poussées très-fortes qui compromettraient l'ajustement de l'appareil lui-même. » Dans ces circonstances probablement rares, et dont l'arcbitecte est le meilleur juge, nous proposons l'emploi du compensateur qui est représenté dans la fiq. 3. Fis. 3. » Il se compose d'une bande de cuivre rouge de 2 centimètres de lar- geur, 5 millimètres d'épaisseur et 70 centimètres de longueur, dont les extrémités reçoivent à la soudiu'e forte les bouts de fer B et B' du calibre ordinaire et de i5 centimètres de longueur; alors l.i bande de cuivre est pliée comme l'indique la figure et n'oppose qu'une résistance peu considé- rable à une flexion un peu plus grande ou un peu plus petite. On comprend, par exemple, que les fers B et B' étant maintenus sur une même ligne hori- zontale, si ime force les oblige à se rapprocher ou à s'éloigner davantage, le sommet de la courbe formée par la bande de cuivre montera un peu plus haut ou descendra un peu plus bas. 1) Supposons maintenant que, pour le jeu des dilatations, l'on ait con- servé luie lacune d'environ i5 centimètres entre deux barres A et A du circuit, la température étant par exemple de 20 degrés centigrades an nio- ( ,53 ) ment de la pose; supposons qu'en même temps, pour combler cette lacune et pour rendre au circuit sa continuité métallique, on ait boulonné et soudé les fers B et B' du compensateur en les alignant sur les extrémités A et A' du circuit comme le représente \n ftg. 3; alors c'est en ce point que viendront se concentrer tous les effets de la chaleur et du froid. » A mesure que la température s'élève et marche de plus en plus vers son maximum de 60 degrés au-dessus de zéro, la dilatation rapproche les extrémités des barres A et A', de telle sorte qu'au maximum de chaleur la lacime est réduite par exemple à 10 centimètres, comme on le voit en C {/ig. 3), et le compensateur atteint son maximum de fermeture. » Au contraire, le refroidissement au-dessous de -l- ao degrés écarte de plus en plus les extrémités des barres A et A', la lacune augmente de telle sorte qu'au maximum de froid elle arrive par exemple à 20 centimètres, comme on le voit en F { fu/ 3), et le compensateur atteint son maximum d'ouverture. )) S'il arrivait que le compensateur dût être exposé à des chocs acciden- tels, on trouverait aisément les moyens de le protéger. » 4. Chéneaux et surfaces mélalliques de la couverture. — Pour les édi- fices qui nous occupent, les plombs des chéneaux sont ajustés avec tant de soin, qu'il est permis de les admettre comme ne faisant qu'un tout continu ; dans ce cas-, il suffira d'établir de loin en loin quelques bonnes communi- cations entre les chéneaux et le circuit des faîtes. » Ces communications pourront se faire, soit avec des lames de forte tùle, soit avec des fers plats ou autres dont la section soit au moins de I centimètre carré; mais sous la condition, toujours nécessaire, que les deux soudures des extrémités, celle qui sefait sur le plomb du chéneau et celle qui se fait sur la barre du circuit, aient chacune 20 à 25 centimètres carrés d'étendue superficielle. )) Quant aux autres grandes surfacps métalliques de la couvcrtme, i! faudra autant que possible en rendre les parties solidaires entre elles, en les reliant au besoin avec des bandes de tôle soudées d'une pièce à l'autre; ces précautions prises, ou les fera communiquer mélailiquoment aux bar- res du circuit, ou, si on le trouve plus commode, on les fera communiquer aux chéneaux, puisque ceux-ci sont directement reliés au circuit. § III. — Communication du circuit des faites avec le sol. » 5. D'après ce que nous venons de dire du circuit de faîtes, de son éla- ( i54 ) blissement et surtout de sa continuité métallique, on comprend qu'il ne constitue pas encoie un paratonnerre. » Qu'est-ce qui lui manque pour cela? très-peu de chose; il ne iui man- que qu'une parfaite communication avec le sol. » En effet, admettons que cette communication soit établie, admettons qu'en prenant un point quelconque du circuit on y soude un conductein- qui descende jusqu'au pied de l'édifice, qui se recourbe horizontalement pour gagner l'ouverture d'un puits et qui se recourbe encore poiu' se diri- ger vers le fond, plonger dans la nappe d'eau et communiquer largement avec elle; à l'instant le vaste réseau du circuit est transformé en paraton- nerre; et, ce qui est bien digne de remarque, il devient tni paratonnerre universel protégeant avec la même efficacité tous les édifices dont il par- court les faîtages. » Hâtons-nous d'ajouter que cette déduction est plus théorique que pra- tique, en ce sens qu'elle est subordonnée à certaines conditions qui pour- raient n'être pas remplies. Par exemple, le circuit ne protège aucun des objets plus élevés que lui ; la foudre venant à éclater, elle frapperait sans doute ces objets tels que cheminées, ornements, etc., qui lui serviraient en quelque sorte d'intermédiaire pour arriver au circuit, mais qui n'en seraient pas moins brisés en passant. D'un autre côté, le moindre défaut dans le conducteur descendant compromettrait à la fois tous les édifices. M La prudence commande donc d'armer le circuit d'iui nombre suffi- sant de tiges plus ou moins hautes pour prévenir les dégâts dont nous venons de parler; ce sera l'objet du § IV. )) La prudence commande encore de ne pas se borner à un seul puits et à un seul conducteur descendant; c'est celte dernière question que nous allons examiner. )) 6. D'après l'étendue des faîtages et la disposition des édifices, nous estimons que le nombre des puits devra s'élever à dix ou douze, convena- blement espacés sur le périmètre total; il en résulte que le nombre des conducteurs descendants sera pareillement de dix ou douze, car chaque puits ne doit recevoir qu'un conducteur descendant. » Ces puits, exclusivement réservés au service des paratonnerres, seront dans les cours et près des façades; la position de chacun d'eux sera déter- minée par l'architecte de telle sorte que le conducteur descendant qui doit lui appartenir puisse y arriver avec un parcours horizontal de quelques mètres de longueur. » Voici donc l'allure du conducteur descendant : à son point de départ ( i55 ) il est boulonné et soudé sur le circuit des faites à la manière d'un enibran- Fig. 4. chement perpendiculaire (Jig. 2); ensuite la tige du T est courbét' siuvanl les Fia 5. convenances du lieu pour arriver à la Façade ou a l'angle de l'édifice, d'où ( i56) elle descend verticalement jusqu'à environ ao centimètres au-dessous du pavéi dans cette course il faut soutenir son poids et la maintenir à une certaine distance des murs : rarchitcctc avisera suivant les circonstances. » Ce conducteur'descendant, arrivé à la limite de sa course verticale, est replié parallèlement au pavé et dirigé vers l'axe du puits, où il arrive par un conduit préparé à cette fin, en restant ainsi à 20 ou aS centimètres au- dessous du sol. Ce conduit est ensuite fermé avec des dalles de foute ou de granit, dont la face supériein-e effleure le pavé et (]u'il suffit de lever quand on veut reconnaître létat de cette partie du conducteur. » h:\ficj. 4 (p. i55) représente une section transversale du conduit où est logé le conducteur pour venir du pied de l'édifice à l'axe du puit-s. » C'est là qu'il reçoit une dernière pièce formant son complément indis- pensable; la longueur de cette pièce dépend delà profondeur du puits, nous en représentons les deux extrémités (^(/. 5 et 6). » Lafig. 5 (p. i55) est une élévation de l'extrémité supérieure et de sou ajustement sur l'extréniité du conducteur horizontal. Fig. 6. .) \a\ fvj. G est une élévation de son cxtrénulé inférieure; elle ne fait voir que deux des quatre racines qui iloivenl, avtc la tige principale, être ( -57 ) imtnergi'-es dans IVau sur une longueur de 80 centimètres an moins; les deux autres racines sont pareilles; elles sont boulonnées et soudées sur les faces antérieures et postérieures de la tige. Tout cet assemblage est noyé dans un nœud de soudure qui n'est pas indiqué siu- la figure. » Lafig. 7 est une vue d'ensemble du puits recouvert de ses dalles et C. R., 1868, 2^ Semestre. (T. LXVH, N» 5.) 2 1 ( i58 ) comprenant la partie supérieure du conducteur, ainsi qtie la partie infé- rieure qui plonge dans l'eau. » Noms terniineroiis cet article pai- une remarque importante, dont l'ar- chitecte devra tenir, compte quand il y aura quelques grandes réparations à faire dans les édifices. ). Dejix exemples serviront à expliquer notre pensée. » Premier exemple. — On enlève une des barres qui composent le circuit des faîtes; on y produit ainsi une lacune d'environ 5 mètres. I/édifice est-il par là exposé à quelque danger? » Non, l'édifice n'est exposé à aucun danger : cet intervalle est insigni- fiant par rapport à la distance des nuages orageux. Si le tonnerre doit tomber, il ne tombera jamais dans cette petite brèche de 5 mètres, pour se propager ensuite dans les appartements inférieurs, en y produisant ses dégâts ordinaires; il tombera nécessairement sur les parties voisines du circuit, qui le conduiront paisiblement dans la nappe d'eau souterraine. » Mais ce qui est vrai pour une lacune de 5 mètres cesserait d'être vrai pour une grande lacune de 3o ou 4o mètres; alors la partie corres|iondante de l'édifice ne serait plus protégée contre les atteintes de la foudre. » Deuxième exemple. — Considérons maintenant deux conducteurs des- cendants successifs X et Y, séparés l'un de l'autre par un intervalle de 200 mètres : à la droite de X, on fait une lacune de 5 mètres; à la gauche de Y, on fait une lacune pareille de 5 mètres. Par ces deux lacunes, qui existent simultanément, l'édifice est-il exposé à quelque danger? » Oui, l'édifice est exposé à un danger considérable : en effet, les iqo mètres du circuit des faîtes qui restent compris entre les deux petites lacunes de 5 mètres, n'ayant plus de communication avec le sol, n'ont plus aucune efficacité contre la foudre; l'édifice est donc sans protection dans toute la longueur qui sépare les deux conducteurs descendants X et Y. » Ces Courtes explications suffisent pour guider l'architecte dans l'ordre de ses travaux; il pourra même en tenir compte pour choisir les points les plus favorables à l'établissement des puits et des tuyaux descendants. t IV. — T'ges fie.'! paratonnerres et leur jonction avec le circuit des fof tes. » 8. Une tige de paratonnerre est une pjramide quadraiigulaire ayant à sa base 6 ou 7 centimètres de côté et à son sommet 2 ceiitiniètres; ce sommet est arrondi et travaillé pour recevoir un cylindre de cuivre rouge de 2 centimètres de diamètre sur i 5 centimètres de longueur dont la partie supérieure est amincie en cône de 3 centimètres de hauteur, tandis que la ( i59 ^ partie inférieure est ajustée pour être vissée sur le fer et soudée à la sou- dure forte. ■> Ce cylindre de cuivre rouge, lerininé en cône, est ce que nous isppe- ions la pointe du paralonnene (i). » ï^ajicj. 8 représente cet ajustement. Fig. 8. » Quant à la hauteur dr la tige, c'est l'intervalle compris entre son som- met et le point de sa base où elle reçoit son conducteur; tout ce qui est au-dessous de ce point est destiné à la fixer très-solidement sur ses char- pentes de fer ou de bois et ne peut pas compter comme hantetn- efficace. «' La hauteur des tiges peut variei- de 5 mètres à lo mètres, suivant les circonstances; mais en général les hauteurs moyennes de 6 à 8 mètres sont suffisantes. » Il importe que, dans sa longueur efficace, la lige ne soit [)as composée de deux pièces distinctes non souciées à la forge. » 9. Pour mettre une tige en parfaite communication avec la nappe (i) Cette disposition est celle qui a été indiquée dans les instructions antérieures de i855 et de 18^7. 2 1.. ( .6o ) d'eau, il suffit de la mettre en coiiiinuiiication avec un point du circuit des faîtes, par exemple, avec le point qui est le plus voisin de sa base. Cette distance sera toujours pecite et ne pourra que très-i-arement s'élever à 3 ou 4 mètres. » Nous appellerons 6i ) souplesse, qui lui pcrnnl d'obéir à l'eutrinnement du circuit sans rien com- promettre. On peut obtenir ce résullat de diverses manières; nous nous bornerons à indiquer ici la dis|)osition suivante : » Le fer X {fig. \o) du conducteur delà tige est, comme à l'ordinaire, dirigé Fig. 10. perpendiculairement au fer Y du circuit, mais il n'y arrive pas; on le rogne pour laisser un intervalle de l\o ou 5o centimètres destiné à recevoir une bande de cuivre rouge, dont la portion libre c, d, e,/est ondidée, tandis que les extrémités ab et cjh restent droites poiu' se souder, la première sur le fer du conducteur, la deuxième sui' le fer du circuit. Celle bande de cuivre doit ( '62 ) avoir i centimètres de largeur sur 5 millimètres d'épaisseur ; ses poilious rectilignes auront chacune i5 centimètres de longueur, et sa portion libre environ une fois et demie la longueur qui mesure la distance des fers X et Y; elle aura ainsi une sou|)lesse suffisante pour obéir aux déplacements du circuit provenant des variations (le température. » 10. 11 nous reste à donner quelques indications, sur la place que doi- vent occuper les tiges et sur leurs distances relatives. » La première règle que nous établissons à cet égard est de poser des tiges sur tous les points culminants du faîtage, tels que pavillons, dômes, campaniles, etc., etc.; nous les appellerons tiges principales. >) La deuxième règle, moins générale et moins précise que la première, est de déterminer, d'après les circonstances locales, combien il faut mettre de tiges secondaires enlre deux liges principales consécutives. » Voici les considérations d'après lesquelles il faudra se guider : » Quand, dans cet intervalle, il se trouve beaucoup d'objets ayant une saillie notable au-dessus du circuit, comme cheminées, ornements, etc., les tiges secondaires, destinées spécialement à protéger ces objets, ne devront pas être écartées l'une de l'autre de plus de 25 à 3o mètres; » Quand il arrive, au contraire, que, dans l'intervalle qui sépare deux liges principales, le circuit n'est dominé par aucun objet qui ait au-dessus de lui une saillie notable, on pourra sans inconvénient placer les tiges secondaires à 5o ou 6o mètres de distance l'une de l'auli'e. » li. Nous terminerons cette Instruction en recommandant qu'il soit procédé, au moins une fois par an, à la visite des différentes parties des con- ducteurs des |jaratotmerres, poui- vérifier si leur conservation est bonne et si elles sont toujours en parfaite communication entre elles, et en tous cas pour constater l'état dans lequel elles se trouvent; un procès-verbal de cette visite devra être transmis à l'autorité compétente. « L'Académie approuve ce Rappoil. ( .63 ) MÉMOIRES PRÉSENTÉS. PHYSIQ17E MATHÉMATIQUK. — Recherches concernant la niécan'tijuc dis atonies. Note (le M. F. Lucas, présentée par M. de Saint-VeiiMut. (Commissaires : MM. O. Bonnel, de Saint- Venant, Phillips.) Premier Mémoirf.. — Equilibre et iiiouvciiicnt iV un pnint matciirl sous /'i////urtir<- il' un système pinn de points matériels fixes agissant en rriison dincte de leurs musses ci i_/i raison inverse de la distance. " '^°'t A A A \ un système de points matériels fixes, respectivement doués des masses m,, /«2, . . ., m„, . . . , iiij,, et dont les positions dans le plan sont définies, relativement à deux axes rectangulaires, par des coordonnées symboliques de !a forme r.„= .r„-+-j)„v/— I. » Soit en outre un point matériel libre V, de masse m, avant pour coor- donnée z = x -\-j y — 1 . » La résultante des actions des divers points du système sur le point V peut être représentée par l'action d'un point fictif R, de masse égale à l'unité et exerçant une répulsion inversement proportionnelle à la dis- tance RV . M La coordonnée P = I -+- -«î V — I de ce centre résultant est très-simplement déterminée par l'équation linéaire » On peut mettre cette équation sous la forme /' [z] étant un polynôme du degré /j, produit des facteurs binômes [z — z„], que nous appellerons /o;ic//o;) des points; v{z) étant im polynôme du de- gré [p — i) que nous appel leronsybncscs sont égales à rmii'é, on a (3) o[z)=J'{z). » La condition nécessaire et snffisaiile poin' qne le point V soit en éqni- libre est exprimée par l'éqnation (4) y(z)=:o. » Supposant que cette condition soit remplie, prenons pour origine des coordonnées la position du mobile V et amenons ce mobile dans une posi- tion V, infiniment voisine de la précédente dont nous désignerons par £ b coordonnée symbolique. » L'équilibre est alors rompu et la coordonnée p du centre résultant R est déterminée par l'équalion linéaire (5) pe— — At^, — F(cosw + V— 1 sinrj). V ( o j . ' » Les points R et V sont donc liés entre eux par la loi des rayons vec- teurs réciproques, suivant la puissance k". » Ces deux points se trouvent en ligne droite avec le point V et d'un même côté de ce point, lorsque le déplacement VV est opéré sur une droite déterminée, qu'on peut appeler are de stabilité. » Ils sont encore en ligne droite avec le point V, mais de part et d'autre de ce point, lorsque le déplacement est opéré sur une autre droite détermi- née qu'on petit appeler nxe d'instabilité. •> Les axes de stabilité et d'instabilité sont rectangulaires. Le dernier de ces axes est bissecteur des directrices conjuguées VV et VR. » On démontre aisément cet important théorème que : )i Lorsqu'un dépincement peut être considéré comme la résultante statique de plusieurs autres, Faction correspondante, transportée au point Y., peut être con- sidérée comme la résultante statique des actions correspondantes nu.x déplace- ments composants. » Prenons l'axe de stabilité pour axe des .r et supposons que le déplace- ment soit opéré sur cet axe, Au côté [)osilif, sous la longueur infinitési- male a. Le point mobile abandonné à lui-même sans vitesse initiale occu- pera an temps t une position dont l'abscisse .x sera définie par l'équation (6) .r = a cos^- Il y aura par conséquent mouvement oscillatoire, d'amplitude aaet de pé- riode 9.kn. ( «65) » Si le déplacement, d'une longiienr h est opéré suivant l'axe d'inslabi- lité pris pour axe des j-, on arrive analogueinent à l'équation (7) '■=?(e^+fi~ Le mobile s'éloignera donc de plus en |)his de sa position d'équilibre. » Dans le cas général où le déplacement s'opère en dehors des axes, de manière que c = cï -+- 6 v'— I soit la coordonné symbolique de la position dans laquelle on abandonne le mobile sans vitesse initiale, la coordonnée z, à un instant quelcontpie, a pour valeur ( 8 ) z=a cos ~7 -\- h\ — I cos —. — • • /" fi La trajectoire du point mobile oscille à droite et à gauche de l'axe d'instabi- lité, a représentant le maximum d'écarlenient. I>es spires successives sonf de plus en plus allongées. » Le point mobile ne peut donc exécuter un mouvement vibratoire rpie s'il a été rigoureusement déplacé suivant l'axe de stabilité. » Dans tout autre cas il s'écarte de plus en plus de l'origine V; lui mo- ment vient où cet écartement est trop grand poiu- que les formules que nous avons posées cessent d'être applicables. Des lois nouvelles interviennent alors pour régir le mouvement. )) Si l'on trace à droite et à gauche de l'axe d'instabilité des parallèles à cet axe, à la distance a (maximum de l'écartement), le temps que met le mobile pour partir de l'une de ces droites et y revenir est toujoiu's égal à ikn. Cette valeur est indépendante de l'amplitude et de la direction du dé- |)Iacement initial. Si donc on donne à cette phase du phénomène le nom tVoscillalion (par extension du sens ordinaire de ce mot), on peut dire que ces oscillatiotis sont isochrones et d'une durée indépendante du cléolace- ment primitif. » Le mobile obéit aux mêmes lois que si, le système fixe étant supprimé, il était repoussé par l'axe de stabilité et attiré par l'axe d'instabilité en rai- son directe de ses distances respectives à ces deux axes. » M. S. Vixci adr^esse, poiu' le concours du prix Bréant, un Mémoire inti- tulé : << Tableau conqjaratif de la salubrité des environs tie l'Etna et C. R., 1868, 2= Semestre. ( T. LXVll, N" 5.) 22 ( i66 ) tableau comparatif de la production, de la propagation, et de la non-cou- tngion du choléra asiatique dans ces mêmes environs réunis ». (Renvoi à la Commission du legs Bréant.) CORRESPONDANCE. HISTOIRE DES SCIENCES. — Sur la cécité de Galilée. Note de M. H. Martin (i). « La communication qui a été faite par M. Chasles le 6 juillet 1868, et que je n'ai connue qu'hier, demande de ma part une courte réponse, que je prie l'Académie des Sciences de vouloir bien accueillir. » Quand bien même (ce qui ne sera pas) il viendrait à être démontré que Galilée se vantait faussement d'être entièrement aveugle, cela ne chan- gerait rien aux autres motifs de mes convictions sur la fausseté de la fable concernant les grandes découvertes astronomiques de Pascal "et l'impos- ture de Newton. Mais je dois avouer en toute sincérité que, sur la cécité de Galilée comme sur les autres points, ma conviction n'est nullement ébran- lée. Seulement je m'accuse d'avoir omis, non certes avec préméditation, mais par mégarde, quelques-uns des textes authentiques qui concernent plus ou moins directement cette question. Le P. Secchi les a réiuiis et dis- cutés dans une brochure, à laquelle je me réfère ici. J'avoue, de même, que, dans la note C de mon volume sur Galilée, note que j'ai voulu faire trop brève, je n'ai pas répondu aux objections faites contre le P. Secchi par M. Volpicelli depuis l'impression de ma brochure sur Newton. J'ai cru pouvoir m'en dispenser, parce que, d'une part, j'ai cru que, depuis la réplique imprimée du P. Secchi, ces objections étaient abandonnées par M. Volpicelli lui-même; d'autre part, j'ai oublié qu'à cette réplique, très- suffisante du reste, j'avais quelques mots utiles à ajouter. Réparer cet oubli, tel est l'objet de cette Note. )) Dans une lettre écrite à Micanzio et datée du "io janvier 1637, Galilée parle déjà de sa cécité, de ses ténèbres, de la perte totale de sa vue, et pour- tant, dans une lettre datée du 4 «"n7 1637, il dit à Renieri qu il n de la peine à écrire, parce qu'il n'est pas encore tout à fait délivré d'une inflam- mation de l'œil droit, qui lui a fait craindre de perdre cet œil. Je remercie M. Chasles d'avoir rappelé mon attention sur cette contradiction appa- (i) Voir la réponse de M. Cliasles à celle comniuniralion, :uix communications des Membres, p. 117. ( '<^7 ) rente, que je vais faire disparaître. Dans la Vie de Galilée, j'ai levé fie même d'antres difticnltés chronologiques, qui ont la même cause. Comme je l'ai expliqué, après le savant éditeur des OEitures de Galilée^ M. Alhéri (i), dans le calendrier toscan, suivi habituellement par Galilée, l'année conti- nuait de commencer ab incarnatione Domini, c'est-à-dire le aS mars. C'est pourquoi, pour beaucoup de lettres de Galilée dont les dates sont com- prises entre le i" janvier et le 25 mars, M. Albéri a augmenlé d'une unité la date d'année du texte original de ces lettres, pour la ramener à l'usage ordinaire, comme il en a prévenu ses lecteurs dans quelques notes (a). Mais quelques-unes de ces corrections de dates n'ont été faites par lui qu'après coup dans des notes et dans des errata, et quelques-unes, du nombre desquelles est celle-ci, ont été omises. Ainsi la lettre du 3o jan- vier 1637 [ab incarnatione) , d'après laquelle Galilée est entièrement aveugle, est en réalité du 3o janvier i638 [stjle moderne), c'est-à-dire pos- térieure de près de dix mois à la lettre du 4 avril 1637, d'après laquelle Galilée n'est pas encore aveugle. En effet, la lettre du 3o janvier 1637 {ab incaiTialione) est, comme on peut le voir aisément, une réponse de Galilée à une lettre de Micanzio du 5 décembre 1637 (3). De même, dans une lettre datée du 1 6 février 161/} {ab incarnatione), c'est-à-dire du 16 février i6i5 {àcircamcisione), Galilée fait allusion à tui sermon prononcé contre lui à la fin de décembre 161 4, comme je l'ai montré (4)- Voilà donc la plus grosse difficulté écartée. Passons à luie autre. » Dans une lettre latine du i"^ janvier i638 à Boulliau, Galilée dit ex- pressément que sa cécité des deux yeux est si complète, qu'il ne voit pas plus les yeux ouverts que les jeux fermés. Cependant il termine cette même lettre par ces mots : « Je vous écris très-brièvement et très-succinctement, ■" parce que la maladie pénible de mes yeux ne me permet pas de vous en » écrire plus. « 11 me paraît bien évident que Galilée n'a pu vouloir dire que l'une de ces deux choses : « Tëcris, c'est-à-dire je dicte une courte » lettre, parce que les douleurs de la pénible maladie de mes yeux {oculorum » molesta valeludo) s'opposeraient à une dictée plus longue ; » ou bien : « Je vous écris brièvement de ma main; car il est pénible d'écrire longue- M ment, lorsque, comme moi, l'on n'y voit pas plus les yeux ouverts que » les yeux fermés. » Cette seconde interprétation n'est pas impossible; (1) l'oyez mon livre sur Galilée, p. 2. (2) Tome VI, p. 211 ; tome VIII, p. 349 it 35o ; tome X, Errata. (3) Tome X, y. 245, de M. Albéri. (4) Dans mon livre sur Galilée, note i, p. 4fc>- 22.. ( i68 ) car, pour en faire l'épreuve, sans aucun appareil et sans aucun exercice préalable, je viens d'écrire, les yeux bien fermés et sans y voir jiliis que si j'étais aveugle, quelques lignes peu régulières, mais correctes et parfaite- ment lisibles. Pour ilécider entre les deux interprélalions, il faudrait voii' si la lellre originale est de la main de Galilée aveugle, ou d'uiie main étran- gère. Mais ce qui ne peut pas être admis, c'est que Galilée ait été un men- teur assez maladroit pour dire dans une même lettre, à quelques lignes de distance : « Je vois ce que j'écris, » et « je ne vois pas plus les yeux ou- » verts que les yeux fermés. » Dans cette même lettre, à celte même pljrase si précise siu' sa cécité complète, Galilée ajoute, avec un jeu de mots : « I^e » défaut de lumière ne me permet pas de saisir (percipere) (i ) tout ce que » vous m'écrivez si dociement sur la lumière, attendu que, sans le secours » de la lumière, les démonstrations qui dépendent de l'emploi des figtn-es ne » peuvent nullement être fo/zî^mes (comprehendi). » D'après celte traduc- tion exacte, que je prie de confronter avec le texte, il me paraît clair que Galilée s'était fait lire la lettre de Bonlliau sur la lumière ; mais qu'il ne pou- vait saisir tout, parce que rien ne peut remplacer la vue des figures. Galilée, dans la |)hrase que j'ai traduite exaclemeni, ne dit donc pas, ce qui n'aurait pu être dit que par un menleiu" très-maladroit : « Mes yeux ne voient )i quuae partie de ce que vous m'avez éci'it ; ils voient les mots, mais ils ne )) voient i)as les (jgiu'es. « Galilée était aveugle, mais il était sain d'esprit. Il aurait fallu tju'il fût fou pour dire cela, surtout après avoir dit dans la même leltre : « Je ne vois pas plus les yeux ouverts que les yeux fermés. » » Je jjersiste donc à dire que le Galilée historique, d'après des témoi- gnages authentiques et irrécusables, et malgré quelques espérances réelles ou feintes de guérison (2), resta entièrement aveugle depuis la fin de iGiy, comme je l'ai établi ailleurs, et comme le P. Secchi (3) l'a prouvé mieux encore que je ne l'avais fait. Quant à Vautre Galilée, qui, malgré quelque fatigue de la vue, continuait ses observations astronomiques jusqu'en no- vembre 164 I , je dis.iis bien (4) qu'on |)ourrait trouver en sa faveur de nou- velles armes dans rarsetial inépuisable des pièces apocrjphes. ( I ) Tout le monde sait q(ie le verbe percipere se dit de l'iiUclliijence, tout aussi bien que de l'oiiiu ou de lu vue. (21 l'oyez, sur ce point, ma brochure: Tiavton (Irfcnitii cniilrc un fiiuxsahc diigluis, p. l'j. Comparez p. i4 et i(). (3) Suir cpocn vcrn e la iliiiata (.'/(0't'O(//(o; elle serait très-étrange, même de la part d'un faussaire, qui se trahirait par élour- derie. » HISTOIRE DES SCIENCES. — Sur lime des Lellres de Galilée, publiées récon- inenl par M. Chasies. Note de M. G. Govi. (( Je n'ai reçu qu'aujourd'hui, c'est-à-dire très en refard, le fascicule des Comptes rendus (6 juillet 1868) dans lequel se trouve la nouvelle com- munication de M. Chasies sur la cécité de Galilée. Je n'ai pas le temps de vous déduire longuement fout ce qu'il y aurait à dire sur ce travail du savant géomètre; mais je ne puis voir s'introduire daiis l'histoire de la vie de Galilée une erreur défait assez grave, sans essayer de la redresser. » M. Chasies appuie son argumentation siu' une lettre de Galilée, qui, dans les éditions de ses œuvres, porte la date du 3o janvier 1687, et où il est déjà question de sa cécité complète. Or cette date n'est point exacte^ elle est, selon le style florentin, d'après lequel l'année commençait le 25 mars [ab incarnatione), et doit se lire : 3o janvier i638. Galilée datait assez souvent ses lettres de la sorte, ce qui a été la cause de bien d'autres méprises. » Je n'affirme point cela gratuitement. La preuve en est au vol. X de l'édition des oeuvres de Galilée citée par M. Chasies. On y lit en effet, à la page 207, une lettre de Frà Fulgenzio Micanzio, écrite de Venise le iG jan- vier i638, dont la lettre de Galilée n'est que la réponse, et inie réponse tellement circonstanciée, qu'on ne saurait conserver le moindre doute sur l'époque de sa rédaction. Quant à la lettre de Micanzio, une autre qui la précède, dont elle est la continuation et qui porte la date du 5 décembre 1637, sert à prouver qu'elle est bien de i638, et que l'habitude de compter les années ab incarnatione a été seule la cause de la fausse date inscrite par Galilée en tète de sa lettre. » Si donc Galilée, le 3o janvier i638 (et non pas 1637), parlait de sa ( 170 ) céciié complète, c'est qu'à cette époque il était, bien malhoureusement, tout à fait aveugle, et l'argumentalion de ]\I. Chasles, privée de son point d'ap|nii, touibe d'elle-même, avec les exacjéralions de laiigaqe dont il accii- sait à tort le malheureux Galilée. » MÉCANIQUE CÉLESTE. — Ohseivalion relative à la démonstration élémen- taire des lois de Newton, de M. G. Lespiault, insérée au Compte rendu du 6 juillet 1 868 ; par M. H. Resal. « Qu'il me soit permis de faire remarquer à l'Académie que la démons- tration du théorème de Newton relatif à la variation de l'accélération en raison inverse du carré de la distance, dans le mouvement elliptique des planètes, qui vient de lui être soumise par M. Lespiault, n'est au fond que celle que j'ai doiniée dans mes Eléments de Mécanique (iBSa, p. 179), dé- monstration que j'ai reproduite plus tard dans mon Traité de Cinématique pure (1862, p. 3o). » MÉCANIQUE. — Sur le mouvement de rotation de l' eau par rapport h celui du vase dans lequel elle est contenue. Note de M. Ch\mpag.\eur, présentée par M. Delaunay. » Le titre de celte Note est l'énoncé de la question que M. .la m in, à la demande de M. Delaunay (i), m'avait chargé d'étudier avec lui au laboratoire des recherches de physique. » L'expérience a été disposée de la manière suivante. Un ballon de 24 centimètres de diamètre, à moitié plein d'eau, est suspendu par un fil de 12 mètres de longueur. Cette grande dimension permet d'imprimer au vase des oscillations tournantes d'une grande amplituiie et en même temps d'une petite vitesse, à l'aide d'une aiguille transversale placée à l'extré- mité supérieure du fil et qu'on peut faire tourner d'un nombre de tours déterminé. Pour suivre les mouvements du liquide, deux lames de mira, qui y plonger.t à moitié, sont réunies par une languette de bois, suspendue par son centre à un fil sans torsion situé suivant l'axe de suspension. Les déplacements de ce petit appareil, et par suite ceux de l'eau, s'obser- vent sur une baude de papier divisée en parties égales et collée sur le con- tour extérieur du ballon. » Si le ballou tourne avec des variations de vitesse très-petites, le liquide (i) Foîr au Compte rendu de la dernière séance la Noie de M. Delaunay, |). 65. ( -7' ) suit en tous points son mouvement; mais si ces variations de vitesse deviennent considérables, il vieni nu moment où le flotteur et par suite l'eau restent en retard du mouvement. » Diverses expériences ont été faites pour saisir approximativement la limite pour laquelle l'eau cesse de suivre les mouvements du ballon. A cet effet, nous avons donné au fil suspenseur une force de torsion déterminée, de vingt tours, par exemple. Le ballon accomplit une oscillation de prés de quarante toiu's, la première moitié avec une vitesse croissante pendant laquelle le flotteur est en retard, la seconde moitié avec une vitesse décrois- sante et pendant laquelle l'eau, par la vitesse acquise, dépasse le mouvement. Les oscillations du ballon diminuent peu à peu; nous avons observé avec la plus grande attention ces divers déplacements, jusqu'au moment où le flotteur ne preuant plus ni retard, ni avance, reste const;unuient en face de la même division. A ce moment, le ballon décrit une oscillation de deux tours en trois minutes environ. 1) En résumé, l'eau possède une certaine force de cohésion pour le vase qui la renferme, de sorte que si l'on imprime au vase un mouveuieut de rotation tel, que les variations de vitesse de ce mouvement soient vaincues par la force de cohésion de l'eau, celle-ci est entraînée et suit en tous points le mouveuieni du vase. » MÉCANIQUE. — Remarques sur le problème des trois corps. Note de M. R. Radau, présentée par M. d'Abbadie. n Je désignerai par m„, m,, m., les masses du Soleil, de la Terie et de la Lune; par XojTo Zq, .^ij^i =i, ^2 '2^21 l^s coordonnées de ces astres rap- portées à leur centre de gravité coiiiiuun; par H„ yj,, Ç„, SiVJiÇi, |2"'Î2H2, leurs coordonnées rapportées au centre de gravité de la Terre et de la Lune; enfin par H/jÇ les coordonnées géocentriques de la Lune. Si on fait in„ ( m, + /«2 1 m, rn, It? = )U,. -\- ni. + m.,, u.„ = 5 U. - ' tn. -U m. -4- /»„ ' W, -f- m, on a /«„ a",, H- /?î|,r| + 7^0X2 = o, m, £| -h /7/2S0 = o, x„ — j:, = £, (/;?, + »'i)'^,<= l'hTo, {m, 4- iii„]ç, =— iHo'^, (lU, -+- m.^'i^ = /n, ç, et des relations semblables poiu- les axes des j" et des z. Il en résulte cette identité symbolique j m» jc„ j„ -h m, .r I j, + ;/;„ oc^j. = p-o lo '^n + '«, 4. '"1 •+- '"2 Ç2 'Oi ( 172 ) où l'on peut écrire à la place des produits .ry les carrés x" on ci.x'-, les sommes X' -h j- -+- z- ou dx" -+- dy- + dz-, les différences xdy — jdx\ ou les produits d- x ùx. Tl s'ensuit que les forces vives et les aifes ne chnngeiit j)ns, lorsqu'on remplace les variables x,,,x,, x^ et les masses m„. "^m '"21 soit j)ar ç,,, H,, Sj? p-m '«n '"21 soit par ?„, § avec les masses y.o, ,y., qui dif- férent à peine de //?,, Wj. Ensuite, U étant la fonction des forces, l'iden- tité (i) doiuie d'fiù il suit qu'on aura d-l^ _ dV (Pc dV en considérant U comme fonction de So, /îo» Çoi ?i fli ?• A la place de |, ïj, Ç, p., on pourrait évidemment prendre soit S,, >i,, Ç, avec la masse soit H5, ïîa, uo avec la masse m, ^ ' m-. de même, on pourrait remplacer ç„, •/;„, Ç,,? p-o p^'' •^oiJ'inZ,, et la niasse N = — ; cela revient à des chaneements de notation. Jacobi avait indi- /«, + /«i ° que la comliinaison de p.,,, 2o, '/jo, Ç,, avec p.o, Sj, -/jj, Ç^ ? M- Weiler fait usage de la combinaison de p-o, Ço, rjo, Ço avec p.,ç,y5,Ç : on voit qu'elles sont identiques an fond. » Le mouvement des trois coips se réduit donc, sans altération des équa- tions différentielles ni des inlégrales, au mouvement d'un Soleil fictif (julq) et du système [>une-et-Terre antoiu- du centre de gravité B de ce dernier système. La I^une et la Terre pivotent aux extrémités de la ligne p dont les projections sont ç, V7, Ç, et le plan invariable du mouvement transformé est parallèle à celui qui passe par le centre de gravité des trois corps. Si nous désignons par y,,, /,,yo,y^les produits des masses p.,,, m,, m.,, [J. par le double de leurs vitesses aréolaires autour du point B, on a mJ] = „i,J,= inj, et J,-hJ.,=f. » Les intégrales des aires nous apprennent que la résultante k de deux forces ég.'dcs à/„ et à /et normales aux jjlans do /„ et de^, re|)ré.sente en grandeur la somme des projections de^o etj sur le plan invariable, el en ( '73 ) direction la normale à ce plan; d'où il suit que la ligne d'intersection, ou le nœud, des orbites instantanées /o,fes\ perpendiculaire à la ligne A, et que ces orbites se coupent dans le plan invariable. Les normales y„, / forment un parallélogramme dont A est la diagonale; donc en désignant par X l'incliuaison relative des orbites. » Si nous décomposons les vitesses parallèlement et normalement aux rayons vecteiu's, les deux composantes sont --^ et — ; le principe des forces vives donne, en conséquence, où |û' = P-'y~' Si l'on différentie deux fois l'équation on trouve parce que p= = ^^ + -0= -t- Ç% dt f. p^ c/p dV .^dV dV .^dV ' dp d% dr, • de, Ou en conclut qu'on aura (pour çj et pour po") dp _ cm dp' _ rfH de dp dt dp » Si l'on désigne encore par u^ Uq les distances des rayons vecteurs p, p^ au nœud des orbites, on a cos (p, p„) = cosu cosug ■+■ siuii sin ?/„ cosX, d'où il suit que H = T — U peut s'exprimer par les variables p, p^, p', p\, H, «u,y,/o, et l'on trouve que du _da df _ du dt df dt du » Le problème revient ainsi à l'intégration d'un système canonique de huit équations du premier ordre dont on connaît une intégrale, H = const. » Je désignerai maintenant par M,, N,, Mo, No ce que devieunent p., N lorsqu'on y permute m^ avec m, et m^ respectivement, j'écrirai ^„, ^ à la C. R., i8C8, 2" Semestre. (T. LWII, N" ô.) 23 ( '74 ) placp (le v'p-o?o f"' (^1'" \ /J^?5 Pt j^" poserai . . frit, m, . - liii^in^ , m^m^ r. r, r '" On trouve alors SV (.r, — •r,)= Ç, v'M, (-r» — .rj) =r — ÇsinS, + |„ cosB, \/N| j:, = — ^' eosO, — H„sinO,, \'Mi(.r, — 3-,)= ÇsinO, + ?„ cosOi, | v'N^-'^ï^ Hcos9j — s„sin9,, et, si l'on transforme £, £o P'"' "ne substitution orthogonale, en faisant H„=: a'C0s(5, + ç/) — .x-'sin (Ô, + ç), S = X sin (Ô, + o) + ,r'cos($, + y), les variables x, .r', qui jouissent des mêmes propriétés que ç et |oi ''e])ré- senlent, sous un aspect plus simple et plus transparent, la transformation générale indiquée par Jacoiii; il vient y/Mi (.r„ — a?,) = ,r siny -I- Jr'coS(p, y'N, jt, =i — xcos^ + x'sin cp, V'M3(.^o — ^i) =^cos(6 — œ) + .l'sinî'O — f ■, \ y/Nj.r, := .-rsiri' S — y i — j;'cos'9 — y), l'angle çs étant la constante arbitraire de cette transformation. S'il s'agit du Soleil et de deux j)lauètes, nous ferons /«„ = i , ce qui donne nous écrirons sjux, \ n' x' à la place de x, x\ et nous poserons Il cos^(5 — ip) = Mo, //cos-ç = M, ; la transformation devient alors I langS J ^ B Si l'angle arbitraire ç est compris entre zéro et 5, les coefficients des seconds termes deviennent des quantités tres-j)ctites de l'ordre des masses troublantes, et les masses fictives »;, n' différent très-peu de w,, m„. Pour la théorie de la Lune, il faudrait toujours prendre 9 = (/«„ étant alors la Terre, 7?î, le Soleil), à cause de la dispropoition des dislances x^ a'; on re- tomberait ainsi sur la combinaison 5, Ço» fji'' nous a servi de point lie dé- ( 175 part. Si on prenait n = w,, n' = 1»,,, SUl (jP = on rapporlerail les deux planètes »;,, m^ au point canonique du Soleil. » PHYSIQUE. — Recherches sur la polnrilé magnétique de la pyrile de fer cl de l'oxyde correspondant préparés arlificiellement. Note de M. Sidot, [)ré- sentée par M. Edm. Becquerel. « Dans une précédente Note (Comptes rendus, t. LXVI),j'ai eu l'honneur d'entretenir l'Académie de la préparation de plusieurs échantillons de pyrite de fer possédant la propriété magnétique polaire, obtenus en faisant passer un courant d'acide sulfhydrique sur de l'oxyde magnétique de fer. J'ai dit, en outre, que la direction de l'axe polaire paraissait être en rapport avec la position des matières au moment de leur formation, par rapport à l'axe magnétique du globe. » Je nie suis proposé de rechercher si cette supposition était fondée, et de voir, si l'oxyde de fer Fe'O^ ne pourrait pas, lui aussi, subir les mêmes modifications physiques, étant placé dans les mêmes conditions, et soumis aux mêmes influences que la pyrite magnétique polaire, et si la polarité avait été produite par la terre en écartant toutes causes étrangères à l'action terrestre. » Si, dans un fourneau exempt de fer, on place un tube de terre réfrac- taire, parallèlement à l'aiguille de déclinaison, et que, dans ce même lid^e, on introduise une nacelle de platine remplie de colcothar, que l'on chauffe à la température du rouge clair pendant une heure dans un courant d'air, on retrouve, après le refroidissement, lui oxyde d'un gris métallique forle- ment aggloméré et jouissant de la polarité magnétique polaire. J'ai remar- qué que l'extrémité de l'oxyde tournée vers le nord de la terre avait lui pôle de nom contraire et qu'elle repoussait énergiquement le pôle de l'ai- guille aimantée qui se dirige vers le nord, et, réciproquement, attirait le pôle tourné vers le sud de la terre. » J'ai obtenu également l'oxyde polaire par le colcothar, en calcinant celui-ci dans un creuset de platine; l'extrémité supérieure de la masse pré- sentait un pôle contraire au pôle sud du globe, et l'extrémité inférieure un pôle opposé. Dans cette masse, qui avait la forme du creuset, l'axe magné- tique ne paraît plus coïncider avec l'axe de la matière, mais bien avec une diagonale et avoir une direction parallèle à l'aiguille d'inclinaison au moment où la matière s'est refioidie. 23.. ( '7(5 ) » 11 faut éviter clans la préparation de l'oxyde polaire de porter la tem- pérature jusqu'à la fusion, car j'ai toujours remarqué que cet oxyde fondu n'était plus polaire, mais qu'en revanche il était fortement magnétique; la température la plus favorable à sa formation est celle qui précède la fusion. » Pour obtenir des masses douées d'une |ilus grande puissance magné- tique, j'ai employé une disposition qui m'a permis d'agir sur une plus grande quantité de matière et de mettre mieux à proHt l'influence de la terre : j introduis dans un tube de terre, ouvert aux deux bouts, une lame de tôle roulée, en forme de tube suspendu dans le tube enveloppant ; le tout est placé verticalement dans un fourneau qui est traversé par un courant d'air très-rapide, et porté au rouge clair pendant tout le temps nécessaire à l'oxydation complète du fer; la durée de l'opération dépend, bien entendu, de l'épaisseur de la tôle et de la température, cinq heures étant à peu près le temps nécessaire à l'oxydation d'une tôle de i millimètre d'épaisseur. » C'est ainsi que j'ai obtenu des tubes d'oxyde magnétipolaire repoussant fortement les pôles de l'aiguille aimantée. La polarité dépend toujours de la position de la tôle, comme ci-dessus. » J'ai repris ce même aimant en le renversant, et je l'ai placé dans les mêmes conditions de température que précédemment, pendant une heure seulement; après le refroidissement, j'ai trouvé les pôles intervertis; par conséquent, le pôle semblable au pôle nord de la terre se forme toujours à la partie supérieure. » Les faits que je viens d'indiquer, et que l'on observe avec la pyrite et l'oxyde de fer, ainsi que la haute température à laquelle on soumet ces corps pour qu'ils acquièrent cette propriété magnétique polaire, propriété qu'ils perdent d'ailleurs à une température plus élevée encore, sont de nature, je crois, à attirer l'attention des géologues et des minéralogistes sur la manière d'envisager le magnétisme polaire des minéraux naturels, la direction de l'axe magnétique du globe au moment où ils ont été foi-més leur ayant donné probablement l'aimantation que l'on observe en eux. » CHIMIE APPLIQUÉE. — Sur les matières colorantes de la graine de Perse. Note de M. P. ScHiJTZEXBERGEn, présentée par M. Bahud. « Les graines de nerpriuis tinctoriaux renferment un ou plusieurs prin- cipes colorants solubles dans l'eau et susceptibles de se transformer, dans diverses circonstances et notamment par rébullilion avec l'aciile sulfu- ( 177 ) riqne, en pigments jaunes peu ou point solubles (xanlhorhamnine de Gellaty, rhamnégine de Lefort). Gellaty avait annoncé que celte transfor- mation est la conséquence du dédoublement d'un glucoside; dans un tra- vail plus récent, IM. Lefort affirme au contraire que la rhamnégine soluble, en se changeant en rhamnine (rhamnétine de Gellaty), ne se modifie que moléculairement et ne change pas de poids, et qu'il n'y a pas de sucre formé. D'un autre côté, M. Bolley considère la rhamnétine comme iden- tique avec la quercétine du quercitron. En vue de résoudre ces questions douteuses, j'ai entrepris une série d'expériences dont je résume les résultats dans la Note que j'ai l'honneur de présentera l'Académie. » Conformément aux indications de Gellaty, et contrairement aux asser- tions de M. Lefort, la rhamnégine (rhamnine de Gellaty) donne une ma- tière sucrée, incolore, par son ébullition avec l'acidesulfurique très-étendu. En opérant avec une solution de rhamnégine pure et cristallisée, j'ai ob- tenu pour loo parties de matière colorante : sucre, 65; matière colorante insoluble, 42. » Le sucre de rhamnégine est incristallisable, d'une saveur sucrée très- prononcée; desséché dans le vide, il se présente sous forme d'une masse amorphe encore molle, et pouvant se pétrir aux doigts, très-hygrométrique et déliquescente. Il dévie à droite le plan de polarisation; son pouvoir rota- toire spécifique est d'environ -f- 26 degrés; sa composition est représentée par la formule C^H'^O" qui en fait un isomère de la mannite ; à 100 de- grés, il brunit, perd de l'eau et développe une odeur de caramel; sa compo- sition est alors conforme à la formule C°H'-0\ « La matière colorante insoluble dans l'eau, obtenue par le dédouble- ment, s'écarte par sa composition et l'ensemble de ses propriétés de la quer- citine. Sa composition peut se traduire pat" la formule C'"H"'0' (*). » Celle de la rhamnégine est C^*H'-0'\ On a dès lors pour le déilou- blement : C24JJ32QM 4_3H-0 = C'-H<''0= + afCn^O") Rhamnégine. Rhamnétine. Sucre. Théorie. Tronvé. C"H"*-0* C''H'"0' Rhamnégine. Rhamnétine. Carbone Sa, 94 61, 53 5-2,9- 61 ,4o Hydrogène 5,88 4)^7 6,11 4,58 (*) Dans lin travail antérieui', j'avais déjà donné cette formule, que j'ai vérifiée de nou- veau par des analyses exécutées sur des produits de diverses origines. { >7« ) » L'équation conduit à 66,7 pour 100 de sucre et 43 de rhaiiinétine. )) La rhamnégine, chauffée à i4o degrés avec l'anhydride acétique, donne un dérivé acétique insohdjle dans l'eau, hexacétiquc, C-*H-° (C' H' 0)*0'*. Dans les mêmes conditions, la rhamnéti'ie donne un dérivé diacétique, C'*H'(C'H'0)^0% incolore et cristallisahle dans l'alcool en feuillets. » Il existe, dans les nerpruns, deux rhamnégines, a et jS, isomères, dont l'une, /?, est plus soluble dans l'alcool et plus fusible que l'autre. Elle donne au dédoublement une rhamnétine soluble et cristallisahle dans l'al- cool, un peu soluble dans l'eau et l'élher chauds, tandis que celle fournie par la rhamnégine, a, est presque insoluble dans l'alcool bouillant. Les déri- vés acétiques des deux rhamnétines se distinguent nettement l'un de l'autre par leur forme cristalline et leur point de fusion. » Les graines contiennent en outre une matière colorante insoluble dans l'eau, qui a donné : carbone, 54,29; hydrogène, 5,52, et que l'on doit considérer comme un glucoside de la forme Rhamnctine. Sucre. » C'est la rhamnine extraite directement par M. Lefort de la graine, mais qui a, comme on le voit, une composition très-distincte de la rhamné- tine. Cette rhatnnine donne avec l'acide acétique anhydre un dérivé hexa- cétique. » Pour fixer la nomenclature des produits de la graine de Perse, je pro- pose d'appeler définitivement rhamnégines « et p les deux glucosides so- lubles, rhamnine le glucoside insoluble, et rhamnétines a et |3 les produits du dédoublement des deux rhamnégines. Les formules adoptées sont les seules qui s'accordent simidtanément avec les analyses élémentaires, les poids respectifs de sucre et de matière colorante, et les analyses des dérivés acétiques. » CHIMIE APPLIQUÉE. — Sur les eaux marécageuses. Note de M. P. -P. Deiiérain, présentée par M. Decaisne. a Quand une plante marécageuse est conservée dans l'eau ordinaire, à l'abri de la lumière, elle ne tarde pas à périr. Elle noircit, ses tissus se dés- organisent, l'eau se peuple d'infusoires et répand une odeur infecte. .) J'ai observé ces faits avec une grande netteté en 1864 {Bulletin de la Société chimique, t. II, nouvelle série, p. i3G), et je n'ai pas hésité, dès cette époque, à les comparer à une vérilable asphyxie; car, en examinant ( '79 ) les gaz contenus en dissolution dans l'eau, je n'y trouvais plus ime seule bulle d'oxygène, mais bien de l'azote et de l'acide carbonique. Ainsi, à l'abri de la lumière, la plante aquatique vil à la façon d'un animal, absorbe l'oxygène, et périt quand celui-ci lui fait défaut. )) Il m'a été donné d'observer de nouveau les faits précédents, qui se sont produits sur une grande échelle dans l'étang du domaine deGriguon. On sait que l'école est établie dans une vallée dont le fond est occupé par un étang d'une grande étendue. Dans cette eau végètent plusieurs plantes ma- récageuses constamment submergées, telles que \e Potamocjelon peclinatiim, le CernlophyUumsubmersum^aic. Dans ces derniers temps, il s'y est développé en outre une quantité tellement considérable de lentdles d'eau, que toute la surface de l'étang en était absolument couverte ; cette plante formait un tapis assez épais pour que de petits oiseaux pussent y marcher. Bientôt une forte odeur d'hydrogène sulfuré se répandit autour de l'étang, et l'on vit arriver à la surface une très-grande quantité de poissons morts. On estime qu'on a retiré de l'étang plusieurs centaines de kilogrammes de poissons de dimensions variées. )) Il n'était pas possible d'attribuer à un empoisonnement |iar l'hydro- gène sulfuré la mort de ces animaux, car les oiseaux d'eau n'aïu-aient pas échappé à l'action de ce gaz, et l'étang restait garni de cygnes, de canards et aussi de poules d'eau; mais je pensai que peut-èlre la lentille d'eau avait formé à la surface de l'étang une couverture assez épaisse pour empêcher l'accès des rayons lumineux, et que, dès lors, les plantes submergées ayant absorbé tout l'oxygène en dissolution, les poissons étaient morts asphyxiés. » Pour m'en assurer, je prélevai quelques échantdlons de l'eau de l'étang, en ayant soin de la recueillir dans des flacons remplis d'azote pur, précau- tion importante indiquée par M. Peligot dans ses recherches sur les eaux, et qui a pour but d'empêcher que l'air contenu dans le flacon ne se dissolve dans l'eau au moment où elle est puisée. » A l'aide d'un siphon, on a transvasé cette eau dans des ballons égale- ment pleins d'azote; puis, après avoir adapté un bouchon donnant passage à un tube rempli d'eau, on a soumis l'eau à l'ébullition en dirigeant les gaz et la vapeur sous une cloche pleine de mercure. )) On a trouvé ainsi que l'air dissous dans l'eau de l'étang renfermait : Échantillon n" 1. Éohantillon n° 2. Acide carbonique 4 ' 38 Oxygène o o Azole par différence 69 ()?. 100 100 ' i8o ) M On voit que tout l'oxygène a disparu, et que non-seulement celui qui est contenu normalement dans l'eau (Sa pour loo de gaz), mais encore celui qui s'est dissous pour le remplacer, a été transformé en acide carbo- nique. » La cause de la mort des poissons est évidente : ils ont péri par asphyxie, par manque d'oxygène dissous, et si l'oxygène a manqué, c'est que les plantes submergées, plongées dans l'obscurité par suite du dévoppement exagéré de la lentille d'eau, l'ont absorbé jusqu'à la dernière bulle. J'ai fait remarquer, en effet, que c'est seulement après que la lentille d'eau a couvert l'étang que les poissons ont apparu à la surface, et je crois que pour éviter, dans de semblables circonstances, le dépeuplement des étangs, il serait plus utile d'enlever la lentille d'eau qui couvre la surface que les plantes marécageuses qui sont submergées. » BOTANIQUE. — Siti' un caractère orcjanographique nouveau., rinclusion du style dans une gaine fournie par la corolle; par ^l Ed. Gocriet. « Lorsqu'on examine une fleur bien épanouie de Justicia nodosa, Hooker; Beloperone Amhersliœ, Nées von Esenbeck (Acanthacées), alors que les deux lèvres de la corolle sont aussi écartées que possible, on voit de prime abord, sous la voûte que forme la lèvre supérieure et près de son extrémité libre, deux anthères soutenues par de longs filets; entre les anthères et un peu au-dessus d'elles on distingue un stigmate filiforme, bien visible sur- tout de profil, mais on n'aperçoit pas, au |iremier coup d'œil, le style qui doit relier cet organe à l'ovaire. » Sij après avoir détaché la lèvre inférieure et la partie correspondante du tube de la corolle, on saisit la lèvre supérieure, pendant que de l'autre main on écarte le stigmate, on voit alors apparaître le style, qui est presque aussi long que la fleur (environ 6 centimètres), et qui semble se détacher de la corolle à mesure que l'on tire à soi. En y regardant de plus près, on s'aperçoit bientôt que cette union n'est qu'illusoire, mais qu'à la suite de cette traction il existe, sur la ligne médiane de la lèvre supérieure et à sa face interne, une gouttière bordée par deux crêtes longitudinales, dont le rapprochement, avec légère adhérence, constituait un canal complet enve- loppant le slyle. C'est donc quand on tire sur le stigmate, en faisant rompre par le style la faible cohésion des deux replis de la corolle, qu'on met ce style lui-même à découvert et qu'on transforme le canal en gouttière. Une saillie assez proéminente, que l'on voit à la face interne de la corolle. ( '^' ) indique, avant qu'on en retire le slyle, le reliel'cle ce conduit siiigidier, dont on est loin d'abord de soupçonner l'existence. » J'ai examiné des fleurs encore en bouton, et, qnehjue jeunes que j'aie pris ces boutons, j'y ai toujours rencontré l'invagination du style. » Ce caractère se retronve-til dans les espèces voisines et dans quelques genres voisins? Les sujets m'ont manqué pour donner la réponse. Je puis seulement aflirmer que, dans l'espèce dont il s'agit ici, je ne m'en suis pas laissé imposer par quelque exemple anormal, car j'ai eu soin de vérifier le fait sur tous les Justicia nodosa dont j'ai pu faire l'examen, tant cette année que l'année dernière. » Quant au but physiologique d'une telle disposition, je ne le vois que dans la nécessité de tenir ligiile, et par conséquent assez rapproché des an- thères, un stigmate que la longueur et la trop grande ténuité du style ten- draient sans cesse à en écarter. » N'ayant trouvé aucune mention de ce caractère, soit dans le Prodromus, soit dans les différents Gênera publiés jusqu'à ce jour, soit dans le Bolaiiual Matjaziue de Curtis, qui donne une description détaillée du Jinlitid nodosa^ j'ai lieu de le regarder comme nouveau. En conséquence, je proposerai d'appeler co/e'os/j'/e le canal résultant de ce double repli, et de donner la qualification de colcosljlée à toute corolle qui offrira ce curieux caractère. » PHYSIQUE DU GLOBE. — NoU'. relative à itue méthode pern^etlant de déterminer immédiatement la ponilion du centre d'un cj-clone, à propos d'une co/iimuni- cation récente de M. G. Martin; par M. Rambossox. (Extrait.) L'auteur, après avoii' rappelé qu'il a fornuilé dans les Comptes rendus du 2 mai 1864 et du 12 novembre 1866 les lois qui régissent les cyclones, ajoute : « Quelle que soit la position d'un cyclone sur sa parabole, quelle que soit la latitude où il se trouve, les différentes directions du vent sont tou- jours placées de la même manière par rapport au centre du phénomène; si donc on se sert de la carte, en l'orientant de telle façon que le diamètre qui joint le vent d'ouest au vent d'est soit toujours dirigé suivant la ligne nord et sud vraie du monde, on pourra se convaincre qu'avec des vents de sud-est, par exemple, le vent reste au nord-est de l'observateur; avec des vents d'est, le centre est au nord; avec des vents d'ouest, il est au sud, et ainsi de suite. » Par conséquent, si l'on se place dans la direction du vent qui souffle, C. K., iSfiS, 2« Sc'mcsiie. (T. LXVII, N" .".) 1^4 ( l82 ) (le inanièrp à lui faire face et à èlre frappé en i^lein visage, le centre du cy- clone sera toujours sur la gauche de l'observateiu', à go degrés de la direc- tion (lu vent. Il est clair qu'en étendant le bras gauche liorizontalenient et parallèlement à la surface du corps, on indiquera immédiatement la posi- tion du centre. M Cette méthode pratique, qui ne souffre aucinie exception, est si facile à retenir et à exéculer, qu'il ne ])eut plus être permis à un marin d'ignorer où se trouve le centre falal qu'il faut fuir à tout prix. » MIlTIiOROLOGIE. — Sur (les empreintes formées dans le sol par une cliute de grêle; par M.. E. RoBEUT. Lauteur décrit d'abord les dégâts produits sur les arbres, les fruits, les légumes, les céréales, et même sur le gibier, par un violent orage à grêle qui est venu assaillir, le 17 juillet, vers 8 heures du soir, plusieurs communes des environs de Reims : les gréions atteignaient généralement le volume d'une petite noix, et l'orage a duré environ /|5 minutes. Il insiste particu- lièrement sur la formation de cavités infundibuliformes, observées après l'orage et produisant, dans les parties sablonneuses et en pente, des em- preintes comparables à celles que laisserait un tir à la cible. Ces cavités, dans lesquelles les grêlons étaient d'abord enchâssés, constituent de véritables empreintes physiques de grêle, qui paraissent avoir, au point de l'interpré- tation d'empreintes du même genre observées par les géologues, une im- portance particulière. M. Deiiais adresse une Note relative à la théorie des nombi'cs. Cette Note sera soumise à l'examen de M. Bertrand. I.,a séance est levée à 5 heures et demie. É. D. B. BULLETIN BIBLIOGR.\PIIIQCE. L'Académie a reçu, dans la séance du 20 juillet 1868, les ouvrages dont les titres suivent : Recueil de Mémoires de Médecine, de Chirurgie et de Pharmacie militaires, rédigé sous la surveillance du Conseil de santé, publié par ordre du Mi- nistre de la Cucrre. 3' série, l. XX. Paris, i8b8: in-8°. ( '»3 ) Le Jardin fruilicr du Muséum ; par M. DfxaiSNE, Membre de l'Inslitut, 94" livraison. Paris, 1868 ; iii-4", texte et planches. Éludes théoriques el pratiques d'Agronomie et de Physiologie végétale; par M. Isidore Pierre, t. I" : Sol; — engrais; — amenden^ents. Paris, 1868; iii-i2. Précis élémentaire de Géologie; par M. J.-J. u'Omalius d'Halloy, 8" édi- tion. Bruxelles et Paris, 1868; I vol. in-8° avec planches et 6gures. (Pré- senté par l'autenr.) Prodromus syslematis naturalis regni vegelabilis, sive Enumeratio contracta ordinum, generum, specierumque plantarum hue usque cognilaruni, juxla me- thodi naturalis normes digesta, cditore et pro parte auctore Al|)horiso DE Can- DOLLE; pars décima sexta, sectio posterior, fasc. Il, sistens Saliciiicas, Gym- nospermas, etc. Parisiis, MDCCCLXVIII; in-8". Pratique journalière de la Chirurgie; par jM. A. RICHARD. Paris, 1868; I vol. grand in-8° avec figures. (Présenté par M. Nélaton.) Rapport sur les travaux des Conseils dliygiène publique et de salubrité du dé- partement de la Sarthe pendant Vannée 1866; ]>ar iM. J. Le BÈLE. Le Mans, 1868; in-8°. L'origine de la vie; par M. G. Pennetier, préface de M. F. -A. Pouchet. Paris, 1868; in-i2 avec figures. Jnnnles de la Société impériale d'Agriculture, Industrie, Sciences et Belles- Lettres du déparlement de la Loire, t. XI, année 1867. Saint-Élienne, 1867- 1868; 4 livr. in-8°. Essai sur les familles pathologiques; par fil. L. GAILLARD. Paris, 1868; br. in-8°. De la destruction des insectes nuisibles aux récoltes; par M. E. HeCQUET d'Orval. Abbeville, i868;br. in-8°. filemoirs... Mémoires de la Société royale astronomique, t. XXXV et XXXVI. Londres, i 867; in-4° avec planches. Proceedings... Procès-verbaux des séances de la Société royale de Lon- dres, t. XVI, n^'gSà 100. Londres, 1868; 6 livr. in-8''. Philosophical.. . Transactions philosophiques de la Société royale de Londres, t. CLVII, 2" partie. Londres, 1867; br. in-4" avec planches. The... Liste des membres de la Société royale de Lombes nu 3o novembre 18G7. Sans lieu ni date; br. in-4°. The Athenœum, mars à mai 1868; 3 brochures in-4°. A... Monographie : mode de structure et développement de la ceinture humé- raie et du sternum chez les vertébrés; par M. W.-K. Parker. Londres, 1868; in-4° avec planches. (Publication de la Ray Society.) ( >84 ) Nuovi... Nouvelles arnchnides ; par JNI. G. Canestrini. Modène, 1868; br. in-8°. (Extrait de V Annuaire de la Société des Naliiralistes.) Le... Les progiessioiis et séries liarmouiques; par M. V. .S.MSATO. Lecce, 1866; br. in-8°. Elementi... Eléments d'ai illimelique ,• par M. V. Sabato. Lecce, 1868; iii-8°. I,e... Les quantités périodiques; par M. Y. Saùxto. Lecce, 1866; iii-8°. Sid... Sur le ])iiucij!e amer du Biixiis seni|)ervirens, Reclierclies de Chimie pliarmaceulique; i)arM. Tia\. Pavia. Milan, 1 868 ; in-4° avec planches. II... Le thennométrograplie à maxima et à minima de M. Marchi, coui- municalion du D' C. Marangoni. Pise, 1868; br. in-8°. Zur... Méléorologie orograpJiique : sur la méléoration dans les Alpes, au- dessous de ta ligne des neiges en hiver et en été; par M. A. IMURHY. Vienne, sans date; br. iii-8°. Christiaan... Christiaan Huygens considéré dans sa vie et dans ses œuvres; ;;orM. P.Harting. Groningen, 1868; in-8° avec planches. Abhandiungen... Mémoires de la Société royale des Sciences de Bohême pour l'année 186'y. Prague, 1868; in-4'* avec planches. Sitzung^berichte... Bulletin de la Société royale des Sciences de Bohème, janvier à décembre 1867, en deux livraisons. Prague^ 1867; in-8''. Die... Les spongiés de la cale d'Alger, avec un appendice sur ceux de la mer Adriatique, 3^ supplément; par M. O. SciiMiDT. Leipzig, 1868; in-4'' avec planches. (Présenté par ]\L de Qnatrefages.) On the... Sur la constitution physique du Soleil et des étoiles; par M. G. JOUNSTONE Stoney. Sans lien ni date; br. in-8". Meteorologische... Observations météorologiques faites à l'Observatoire de Berne, juin, juillet et août 1867; 3 brochures in-4°. Libros... Le Livre du savoir en astronomie du roi Don Alphonse X de Cas- tille, couqjilé, annoté et commenté par Don Manuel RiCO Y SiKOBAS, publié par ordre royal, t. V, impartie. Madrid, 1867; in-foHo, cartonné. ERRAT J. (Séance du 29 juin 1S68.) Page 1345, ligne 3i, an lieu de a eu lieu, Huez a lien. Page 1347, ''0"^ '2, au lieu de occupé, lisez préoccupé. Page 1347, ligne iG, au lieu de Céphalatts, liiez Céplialotcs. COMPTE RENDU DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES SEANCE DU LUNDI 27 JUILLET 1868. PUÉSIDENCE DE M. DELAUNAY. MÉMOIRES ET COMMUNICATIOIXS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. ASTRONOMIE. — Résultais obtenus aux Etals-Unis, par le D"' Peters, sur la première inégallilé du mouvement des taches du Soleil; communiqués par M. Faye. i< Dans un arlicle très-important que le D' Peters, Directeur de l'Obser- vatoire d'Hamilton Collège, a adressé au Journal astronomique d'Altona (du a6 mai dernier, n° 1G96), je viens de lire avec le plus grand plaisir une confirmation complète de mes recherches sur l'inégalité apparente que j'ai signalée en i865 dans le mouvement des taches du Soleil. Cette inégalité, qui a pour argument la distance angulaire héliocentrique p de la tache au centre du disque solaire, est de la forme /7tangp. J'avais trouvé pour le coefficient p, par l'ensemble des observations de M. Carringion, la valeur 0,0072. M. Peters, dont les travaux sur les taches solaires font autorité dans le monde astronomique, vient de trouver, par l'ensemble de ses propres mesures,/» = 0,008. L'accord de ces deux résul- tats montre bien que l'inégalité est réelle et que sa constante est bien dé- terminée. Toutefois M. Peters, qui n'a connu mes recherches que par une courte C. K., iSOS, i« Scmcsi/f. (T. LX\ II, N" à.) 23 ( .86 ) mention insérée en avril 1866 dans la Revue de la Sociélé agronomique alle- mande, diffère de sentiment avec moi sur l'interprétation physique de cette constante. Je l'ai attribuée presque entièrement à la profondeur des taches, tandis que le savant Directeur d'Hamilton Collège en rapporte la plus grande part à la réfraction solaire et réduit beaucoup l'effet, d'ailleurs incontestable pour lui, delà profondeur. » Je regrette vivement que M. Peters n'ait pas eu sous les yeux la suite de mes travaux publiés dans nos Comptes rendus. Il y aurait vu que la réfrac- tion solaire a été, il y a deux ans déjà, l'objet d'une discussion approfon- die entre le P. Secchi et cnoi. A cette occasion, j'ai montré que toutes les causes qui peuvent altérer la position apparente des taches snivent ia loi de l'inégalité |)récédente; cette circonstance, très-heureuse pour la simplicité des corrections, en rend l'interprétation physique assez délicate. En défini- tive l'expression de l'inégalité est (/' + X^/^)*^"S^' /j désignant la profondeur des taches, fi la constante de l.i réfraction solaire, dR étant l'erreur commise sur le demi-diamètre du disque solaire, soit par l'effet de l'irradiation, soit par celui des erreurs d'observation. dR peut être assez bien déterminé par la comparaison du diamètre observé avec celui qu'ont donné les passiiges de Mercure ; quant aux deux autres termes, je crois avoir réussi à en distinguer les effets par les considérations sui- vantes. » 1° En choisissant des taches privées de noyau et réduites à peu près à un simple point, l'influence Ae p disparaît; il ne reste plus qne celle de jS. Or, dans ce cas, j";ii toujours remarqué que les mesures ne présentaient plus l'inégalité en question; donc jS est insensible ou du moins tiés-[)etit. » 2" Cette conclusion a été confirmée d'une manière bien remarquable à mon avis par la discussionqui s'est élevée, ily a deux aiis,entrele P. Secchi et moi. Persuadé, comme l'est aujourd'hui le D"' Peters, que la réfraction solaire devait être très-forte, le P. Secchi a cherché à dégager ses mesures de toute influencede la profondeur, en s'astreignani à observer, non lefond noir des taches comme d'ordmaire, mais le centre d(; l'orifice superficiel de la pénombre. En opérant ainsi, la réfraction solaire [i devait seule affecter ses observations. Or il a été amené à reconnaître que cette réfraction, à laquelle il s'attendait à trouver une valeur très -forte, ne s'est nullement iiianitestée J'ai suivi une marche toute différente et toute nouvelle : mon point de dé|)art a été, non la noirceur des taches, mais l'étude de leurs mouvements. Après en avoir trouvé les inégalités apparentes ou réelles, j'en ai corrigé les observations, et le calcul m'a conduit à la loi de la rotation de la nhoto- sphère. C'est cette loi bien romanjuable qui m'a servi de point de départ; elle ne m'a pas fourni l'occasion d'émettre une hypothèse, mais elle m'a dicté la théorie explicative que j'ai proposée; et si ensuite, en revenant aux circonstances physiques, il me faut changer quelque chose à une expli- cation pins ou moins heureuse do la noirceur des taches, cela n'eutrainera aucune modificalion essentielle dans ma théorie, puisque celle-ci est basée exclusivement sur des faits, des observations, des mesures précises et in- contestables. « Mais si on n'est guère en droit de m'opposer le dilemme ci-dessus, on peut du moins s'étonner de la contradiction qui surgit entre des travaux également consciencieux lorsqu'il s'agit en définitive d'une seule et même série de phénomènes. Je vais tâcher de lever cette contradiction. Pour cela je ferai voir d'abord que les conséquences déduites de l'idée des causes externes sont complètement inacceptables, parce qu'elles contredisent les faits. Or, comme cette idée n'est acceptée que par la seule et unique raison que l'idée opposée a été recoimue fausse, il faudra bien en conclure que l'idée opposée est vraie, au contraire, et qu'elle n'a été reconnue fausse qu'à cause d'une erreur de raisonnement. Nous verrons, en effet, que l'er- reur tient à une énumération incomplète des conditions du problème. Je me placerai donc finalement an point de vue de mes savants antagonistes et j'essayerai de montrer que, en tenant compte d'une condition Iburnie par la théorie mécanique de la chaleur^ la noirceur des taches conduit pré- cisément à mes propres résultats, c'est-à-dire à l'explication que j'ai dé- duite de la loi de la rotation. Il y a plus, on arrive encore aux mémos résultats par une troisième voie totalement différente des deux premières, en prenant pour point de départ non plus la rotation, non plus la noir- ceur des taches, mais la grandeur et la constance de la radiation solaire. » Ces longues explications préliminaires m'ont paru devoir faciliter ot abréger la discussion. » ^ II. L'idée (les cnnses externes coiiclnil à ries hypolhèi>es iticoncilinblcs avec les faits. — Cela est déjà pleinement établi pour l'hypothèse des nuages, je n'y reviendrai pas. Quant à celle des courants atmosphériques des astro- nomes de Rew, j'ai déjà fait voir qu'elle no pouvait rendre compte des faits ( I9Ï ) les plus saillants de la rotation (i). Mais il me reste à exposer l'ensemble des idées de ces savants et à apprécier en elle-même l'hypothèse de ces courants atmosphériques. » Puisque les causes externes sont seules en jeu, puisque la masse du Soleil proprement dit et son énorme inertie sont hors de la question, il faut examiner toutes les causes qui peuvent influer, même celles qui semble- raient d'abord trop faibles. Ainsi les planètes ne pourraient-elles pas être rangées parmi cea causes externes qui influent sur les taches du Soleil? Telle est la question à laquelle les astronomes de Kew ont été conduits et pour la solution de laquelle ils ont employé l'immense collection de docu- ments recueillis par M. Carrington. » Pour cela les astronomes de Kew ont mesuré, jour par jour, sur le disque du Soleil la surface occupée par les taches, par les noyaux, par les pénom- bres; ils ont réduit en tableaux et en courbes les variations de ces aires as- sombries, et ils y ont constaté des périodes compliquées. Puis, cet immense travail accompli, travail dont je suis loin de méconnaître l'importance future, ils ont cherché dans ces variations multiples celles qui pourraient présenter quelque analogie avec les périodes des mouvements planétaires, avec les aspects de Vénus, de Jupiter, de la Terre, de Mercure. C'est ainsi qu'ils ont cru avoir constaté que les taches ont une tendance à se former dans la région solaire la plus rapprochée de Vénus; une fois formées, elles grandissent à mesure que la rotation les éloigne de Vénus et atteignent leur maximum dans la région diamétralement opposée à cette planète. Jupiter et même Mercure auraient aussi une grande influence analogue sur les taches, en sorte que si ces trois planètes se trouvent en conjonction, on devra s'at- tendre à l'apparition de taches nombreuses, etc. Enfin, mais ici nous sortons un peu de la question, les taches du Soleil ont à leur tour une influence sur les planètes; ce sont elles qui règlent la périodicité de certains élé- ments du magnétisme terrestre et de l'apparition des aurores boréales. » Les savants anglais ne se dissimulent pas ( et ici je vais traduire littéra- lement la Revue anglaise de ce mois-ci) qu'il y a quelque chose de difficile à accepter dans ces résultats. Ils se demandent coaumnt une planète aussi éloignée du Soleil que Vénus ou Jupiter peut produire sur le Soleil d'énormes effets mécaniques? Sans s'expliquer siu' la nature de celle influence, ils s en réfèrent aune opinion exprimée par M. le professeur Tait. « M. Tait pense que les propriétés d'un corps chaud, surtout en ce qui (i) Comptes rendus, t. LXV, p. 224 et suiv. ( 192 ) )) concerne la chaleur et la lumière, peuvent être influencées par le voisinage » d'un autre grand cor|)S. Cela posé, une influence de ce genre atteindra » natm-cUement un haut degré d'énergie sur un corps tel que le Soleil, qui » possède une très-haute température, tout comme une pelle de fer plongée » dans une fournaise ardente produira une perturbation plus grande que 1) si ladite pelle était portée dans une chambre à peine plus chaude. L'état « moléculaire du Soleil doit être extrêmement sensible aux impressions du » dehors, tout comme la poudre à canon ou les matièresfulminantes,et même n nous avons des raisons toutes spéciales de croire qu'il en est ainsi. Cer- » taines expériences, telles que celles de Cagniard-Latour, montrent qu'à » une très-haute température et à ime très-grande [jression la chaleur latente » de vaporisation est très-petite, en sorte que l'addition d'iuie quantité rela- » tivement petite de chaleur forcera une masse considérable de liquide à » prendre la forme gazeuse. Nous pouvons donc bien supposer qu'une trés- » faible soustraction de calorique puisse causer sur le Soleil luie condensa- » tion abondante; et un tel changement d'état, en modifiant la radiation de » cet astre, devra considérablement modifier la distribution d'une énorme » quantité de chaleur à la surface du Soleil, et de grands changements mé- » caniques pourront en résulter très-aisément. » Le résultat de toutes ces recherches, ajoutent en terminant les savants » anglais, c est qu'une perturbation extérieure est très-aisément communi- " quée au Soleil, et que, si elle vient à s'y produire, elle se répercute » ensuite de cet astre central jusqu'aux extrémités de notre système. » » Il est difficile, on le voit, d'aboutir à des conclusions plus opposées aux miennes : au lieu de cette sensibilité exquise aux moindres influences extérieures qui permettrait de tirer l'horoscope d'un phénomène solaire (ce sont les expressions anglaises) rien qu'en consultant les aspects des planètes, je suis convaincu que les phénomènes se passent dans et sur le Soleil connue si les petits satellites qui l'entourent n'existaient pas. J'ai déjà dit que nous étions partis des mêmes observations; on voit bien que nous avons dû les traiter de la même manière. )) Persuadé que la théorie de l'influence des aspects planétaires n'a au- cune chance d'être adoptée en Angleterre, malgré le talent avec lequel elle a été présentée, et que ses promoteurs actuels ne tarderont pas à l'aban- doiuier, je me bornerai à discuter la partie la plus remarquable de leur système, à savoir ces courants verticaux que j'avais placés dans la masse même du Soleil pour alimenter la photosphère ou la faire briller, et que les asironomes anglais ont transportés au-dessus de cette même photo- ( '9^ ) sphère pour l'éteindre et y produire les t;iclies. Cela est-il possible? un courant descendant des hautes régions de l'atmosphère apporîe-t-il avec lui la tenipéralure relativement très-basse de ces hautes régions, et est-il cajiable de refroidir la photosphère an point de l'éteindre? A première vue, cela semble évident; mais un uistant de réflexion fait naître le doute, et lui calcul très-simjile montre que cela ne peut être vrai. Lorsqu'une masse gazeuse se contracte sons l'action de forces extérieures, il v a trans- formation de travail en chaleur, équivalent pour équivalent; la tempéra- ture de cette masse s'élève. Si au contraire le corps se tlilate, en proilni- sanl un travail de sens inverse au précédent, il y a disparition de chaleur. Telle est la première loi de la théorie mécanique de la chaleur. Si nous voulons l'appliquer à nu astre, il suffira d'étendre lui peu le sens qu'on attache ordinairement à ce mot (Vactions exlérieitres; la pesanteur, qui sol- licite toutes les molécules vers le centre, produit ici le même effet qu'un piston qui comprime la masse gazeuse qu'on considère habituellement en thermodynamique, et le travail interne produit ou dépensé à l'intérieur d'un astre, sous l'influence de la gravité, coûte ou donne de la chaleur tout comme s'il s'agissait du même travail extérieur, produit ou dépensé sous le piston d'une machine. » Ainsi les courants qui naissent dans la masse d'im astre produisent de la chaleur s'ils descendent, et en absorbent s'ils remontent. Le résultat final est-il une contraction du volume de l'astre? il y a excès 'de travail positif absorbé, et par conséquent production de chaleur, eu sorte que la tempé- rature propre de l'astre s'élève, et sa radiation peut augmenter. Y a-t-il dila- tation? de la chaleur doit disparaître. Mais ici nous mettrons pour le niomeiit de côté cette cause de variation de la température moyenne de l'astre, en considérant la chaleiH' j)rovenant des mouvements descendants comme compensant exactement, pour la masse entière, le refroidissement qui accom- pagne les mouvements contraires. » Eh bien calculons la quantité de chaleur produite par la chute d'un kilogramme de gaz tombant ties couches extrêmes de l'atmosphèie et attei- gnant la photosphère, où, suivant les savants anglais, il doit produire une extinction locale par sa basse température; ou, plutôt, calculons deux limi- tes entre lesquelles cette quantité soit certainement comprise. D'après les phénomènes des éclipses, la hauteur de l'atmosphère serait au moins 2'-; d'autre part, la distance périhélie de la comète de i843 ne lui permet pas C. K., 1.^08, 3« Si-nieslre. (T. LXVII, N<"5.1 20 ( 194 ) de dépasser 3' on -pR, R étant le rayon de la photosphère. T.a densité moyenne du Soleil sera alors â [ — ) , â étant la densité moyenne [ordi- naire. A une dislance r mètres du centre, nous pourrons, pour simplifier les calcids par une loi des densités qui facilite les intégrations, représenter la densité par4( — 1 c? / 1 —\- Cette loi accorde évidemment trop de matière à l'atmosphère. Cela posé, le poids, en kilogrammes, d'une couche sphérique de rayon x et d'épaisseur «/a? sera i6 ooo et celui de la sphère de rayon œ sera 16000 7r(?( — I .x' / - '9/ ' 1 ^ 4 1}) R \ 16 \ L'attraction de cette sphère à sa surface s'obtiendra en multipliant l'ex- pression précédente par -p^t p. étant l'attraction totale du Soleil à i mètre de distance et M son poids en kilogrammes. Nous aurons enfin pour le tra- vail de cette force (agissant sur i kilogramme de matière depuis j^- = -gR jusqu'à JT = R ) transformé en calories, on 16 000 ,, / 16\ ' '^'^(— I T7- X o,o■2lo:?R■ 425 Vig/ Mg- En adoptant j)our base du calcul les valeurs de c?, p., M et R qui répondent à la parallaxe actuelle 8", 86 et au demi-diamètre apparent fourni par les passages de Mercure 16' o", on trouve 6791 000 calories (1). C'est un ré- sultat trop faible. (i) Pour faciliter la vérificatiDi), je donnerai ici Us valeurs numériques dont je nie snis servi en prenant pour unités le mètre et le kilo;,'raaime : logR = 8,83947, log5= o, 14703, logM = 30,3.8753, logf* := 20,11 3o3, logg-= 0,991 14. ( 195) » Mais il est aisé d'obtenir une limite supérieure : il suffira de sii[)poser l'atmosphère nulle et de chercher la quantité de chaleur engendrée par un kilogramme de matière tombant sans vitesse initiale d'une hauteur de 3 -VR sur la surface visible du Soleil. Le carré de la vitesse finale serait alors, lO d'après une formule connue, 3 2GRx -^= 2GRX— . 3 IQ et la quantité de chaleur produite sera I 3 G „ -r-^ X R, 425 19 g G étant la gravité à la distance R ou 271", 70. On obtient ainsi 7118 5oo ca- lories. Nous ne pouvons donc nous tromper beaucoup en prenant le pre- mier résultat. La capacité absolue de la plupart des gaz simples étant envi- ron ^ (Hirn), on voit que la chute de notre kilogramme de matière élèverait sa température de 34 millions de degrés. Il est bien vrai qu'une grande partie de cette chaleur se produirait et se disperserait en chemin dans les couches traversées; mais il en resterait toujours assez, ce me semble, pour rendre plus que douteux le rôle de refroidisseurs que les savants anglais font jouer aux courants descendants; et encore n'ai-je pas tenu compte dans ce cal- cul de la chaleur produite par la compression considérable que ce kilo- gramme de matière éprouverait en passant des couches extrêmes aux cou- ches inférieures de l'atmosphère du Soleil. » Yeut-on réduire la hauteur des courants que je fais tomber de toute la hauteur maximum de l'atmosphère, et admettre qu'il n'est pas nécessaire d'aller si haut chercher des couches suffisamment froides pour produire l'extinction de la photosphère et, par suite, des taches? Puisque les facules sont, d'après les savants de Kew, entraînées à i"ou 2" par leurs courants atmosphériques ascendants, et qu'elles ne sont nullement éteintes par la couche où elles s'élèvent, allons jusqu'à des couches cinq ou six fois plus hautes, à 8", 86, par exemple, de la surface brillante du Soleil. En négligeant cette fois la variation de la pesanteur, nous aurons -7-^ — X 6400000 ou 416000 calories pour la chaleur engendrée par la chute d'iui simple kilo- gramme de matière prise à 9" environ de hauteur, et s;i température, en ar- rivant à la photosphère, devra, comme on le voit, être tros-considérable, 26.. ( '96 ) puisque ces calories s';ijouteiit à la haute lenij)éiatiu-c d'iui kilograiiinie y.v.s h f)" seulement de la surface inciiulescente ilu Soleil. » La température supeiHcielle de cet astre ne doit pas d'ailleurs être taxée trop haut. Elle ne sam-ait être un très-grand nombre de fois supé- rietu'e à celle de nos foyers électriques, et M. W. Thomson a fait très-nette- ment remarquer, dans le journal même dont je viens de faire nn extrait, qu'une grille, sur laquelle on ferait brûler du coke avec une rapidité trente ou quarante fois plus grande que sur la grille de nos locomotivts à grande vitesse, donnerait autant de chaleur que la radiation e.\lerned'une surface de même étendue prise sur la photosphère. Il faudrait, il est vrai, multiplier cette intensité par un certain nombre pour tenir compte de l'absorption produite par ratmos|)hère solaire. » Je n'ai d'ailleurs pas exagéré en ])renant d'abord dans mes calculs les plus hautes couches qu'on puisse attribuer à l'atmosphère solaire, car, en se reportant à ce que j'ai déjà dit [Comples lendiis, t. XLV, p. 224) sur les conditions imposées à l'hypothèse par la rotation du Soleil, on verra que ces courants devraient londjer, non pas de 3', mais de beaucoup plus de 5' au-dessus de la surface visible de l'astre. Au contraire, avec des courants venant de 9" de hauteur, nous ne trouverions pas que le Soleil tournât autrement qu'un corps solide. » Il résulte clairement de ces notions de thermodynamiques que de tels cou- rants sont impossibles dans une masse gazeuse dotit l'équilibre inlérieiu'ne serait modifié (pie |iar la marche j>arfaitement régulière d'une radiation constante. L'équilibre subsisterait jusqu'au moment où certaines couclics acquerraient une densité trop grande, et alors de simples échanges d'ui.e couche à l'autre par voie de courants verticaux très-rcstreinis rétabliraient bien vite les choses en ramenant la distribution des densités et des tempé- ratures à luie sorte de type normal. Et c'est précisément pour cela qu'en concluant, de la rotation, à l'existence d'énormes courants verticaux, non dans l'almosphère externe, mais dans la masse même de l'astre, j'ai eu bien soin de stipul(!r que ce ne sont pas de simples courants de convetlion, maisdescoiu'antsforcésdans lesquelsla matière se présentesousdeux modes d'agrégation différents : les courants descendants étant formés de molécules solides qui tombent par le sim|)le excès de leur densité sur celle des couches sous-jacentes, tandis que les contre-coiu'ants sont des niasses ga- zeuses expulsées de la couche profonde où les molécules solides viennent se décomposer et se transformer en vapeurs en rompant ainsi l'équilibre de cette couche. Sans cette opposition, il n'y aurait jamais de courants ver- ( '97 ) ticaux possédant d'une manière permanente l'amplitude nécessaire j^our satisfaire à h loi de la rotation solaire. )) Ainsi le procédé par lequel les savants anglais font produire les taches par le froid des masses gazeuses tomiiant des hautes régions de l'atuio- sjihère du Soleil ne paraît pas admissible par trois raisons : i" celte expli- cation est insuffisante pour expliquer le mode particulier de la rolalion so- laire, à moins de donner à Tatmosphère des dimensions impossibles; 2" les courants siq)[iosés ne peuvent exister, et, s'ils existaient, ils n'ap.porleraient j)as dans les couches basses où on les (ait pénétrer le froid des régions d'oi'i on les fait partir; 3° enfin cette hypothèse, qui n'explique en rien la for- mation et l'eutrelien de la photosphère, conduit fatalement à placer la cause des phénomènes du Soleil dans son almos|>h('re, et à les faire dé- pendre d'influences extérieures entièreuîcut négligeables, telles que les aspects planétaires. » § ni. Caui,es inlemes liées à la masse même du Soleil. — Ne nous lais- sons donc plus arrêter par cette prétendue nécessité des causes exlérieiues que rien ne démontre directement, qui n'a pour elle aucune [ r(d)abililé à priori, et qui ne conduit en réalité qu'à des résultats inacceptable s; exami- nons la question en elle-même, sans nous préoccuper du dilemme dont le second terme vient de s'évanouir. Nous prendrons successivement trois points de déjiart différents : la loi de la rotalion, la grandeur et la con- stance de la radiation, la noirceur des taches. » 1° Les observations, dépouilli'es des inégalités icconnues, mf)n;renl, dans les mouvements des taches dont les irrégularités apparentes a\aieut découragé autrefois les astronomes, une constance et une régularité presque n)atliérnatic|ue. On en déduit, pour loi de la rotation, la formule suivante : Mouvement (liiirne w := 867', 6 — i5;', osin-)., > étant l.i latiliule, 360" 9.1600' D où durée de la rotalion . T = = „,- , ^ ^ . ., . — r en loiiis luovens, m 857',6 — i57',3sina ■' » . > et ce n'est pas lUie simple formide d'interpolation, mais l'expression d'une véritable loi. J'ai montré ailleurs qu'en combinant celte loi de rotation super- ficielle, avec la forme parfaitement sphérique du Soleil et avec la stabdité de son axe de rotation, on était conduit à penser rpie la rolalion ne pouvait èlre troublée que par des mouvemenls verticaux intéressant la masse entière, ou du moins une très-grande partie de la masse du Soleil. Il faut donc : 1" que cette masse ait en totalité ou en très-grande |iartie ( '9« ) quelque chose de la mobilité gazeuse(i); 2° qu'il existe des courants descen- dants; 3° que ces uiouveinents soient forcés et ne résultent pas des phé- nomènes ordinaires de coiivection; 4° que les courants descendants soient donc dans un état moléculaire différent de celui des courants opposés. La seule cause externe qui domine l'ensemble des phénomènes étant la radia- tion vers l'espace libre^ ces courants doivent se rattachera la production et à l'entretien de la photosphère. Par suite la radiation de celle-ci peut participer de la stabihté qui résulte de l'énormité de la masse mise en jeu. » 2° Partons maintenant de la radiation. Si avec les idées de nos jours on relit le beau Mémoire de notre regretté confrère M. Pouillet, si bien confirmé dans son résultat fondamental par les recherches de sir J. Hers- chel, on arrive aux mêmes conclusions. Dans la pensée de M. Pouillet, pour qu'une si prodigieuse dépense de chaleur n'épuise pas instantanément la photosphère, il faut évidemment que la masse entière du Soleil con- coure à cette dépense; on trouve en effet que dans ce cas la température moyenne du Soleil ne baisserait que de i ^ degré par an, et encore fau- drait-il attribuer à sa matière la plus haute capacité calorifique connue, celle de l'eau. Mais commentM. Pouillet faisait-il intervenir la masse entièrePEn la dotant gratuitement d'une conductibilité parfaite. Or la conductibilité doit y être très-faible, au contraire, comme dans toutes les matières fon- dues ou fluidifiées. Il faut donc qu'un mouvement quelconque s'établisse dans cette masse pour ramener incessamment à la surface les matériaux des couches profondes et faire contribuer leur chaleur à la dépense super- ficielle. Mais comme l'état gazeux, indiqué au moins pour une partie de ces couches par la faiblesse de la densité moyenne du Soleil, ne se prête pas à une aussi formidable radiation, il faut que les matériaux arrivés à la su- perficie puissent s'y condenser sons forme solide ou liquide, et, sous cette forme, on voit effectivement que leur chute deviendra nécessaire et don- nera lieu aux couiaufs descendants dont l'existence est indispensable pour provoipi^' les courants ascendants. On voit du reste, dans cet ordre d'idées, que les coiu'ants tloivent former, entre l'inlérieiu' et la surface, une circu- lation rectiligne et non des tourbillons, puisque les courants descendants sont nécessairement à peu près veiticaux. Quant à ce qui est de savoir si la température moyenne du Soleil baisse ou non d'une quantité pareille à (0 Je (li''(liii(' îwitiinlliMiicnl toute pictcntion d'imaj^iiier c(.' cjnc peuvent ètie en détail les |)liriii)inèiie.s iiitej lies ijui (l(ii\eMt se |iiut,c. (T. LXVIl, N° 4.) 2T ( 202 ) condensations subites accompagnées d'un énorme dégagement de chaleur, la dissociation est si voisine delà combinaison, que je me représente chaque molécule de ces nuages de feu comme entourée momentanément d'une couche de ses propres éléments à l'état libre et gazeux; je suis porté à attri- buer à ces petites atmosphères, moins chaudes que la matière fixe qu'elles enveloppent, une grande partie de l'absorption d'où naissent les raies spec- trales. C'est ainsi du moins que je m'explique le fait si important de l'iden- tité des spectres des bords et du centre du disque solaire, identité qui a été mise hors de doute dans ces derniers temps par M. Janssen, à l'occasion de l'éclipsé annulaire du 6 mars, par M. Angstrœm, et dernièrement par M. Huggins. Quant à l'identité des raies du spectre des taches noires avec le spectre des régions brillantes, fait tout aussi notable que nous devons à M. Norman Lockyer, je n'ai rien à ajouter aux explications qui ont été don- nées dernièrement à ce sujet par M. Prasmowski dans le journal les Mondes. » En résumé l'objection faite à ma théorie par les astronomes anglais, puis par M. Rirchhoff, n'est rien moins que décisive. C'était tout simple- ment un problème à résoudre. La solution de ce problème, si je puis me flatter de l'avoir trouvée, exigeait la considération du travail des courants internes; mais, bien loin de renverser mes résultats, elle n'aura fait que les confirmer en les étendant. Quant à la théorie des causes externes, cherchées dans l'atmosphère invisible du Soleil et même au delà, on a vu qu'elle n'a pas logiquement d'autre raison d'être que la prétendue impossibilité où l'on se croyait d'expliquer la noirceur des taches par la théorie opposée. En fait elle n'a jamais conduit et ne peut conduire qu'à soustraire à la science posi- tive les plus grands phénomènes de la nature. Il nie reste à reconnaître tout ce que je dois à la science protonde des astronomes anglais ; ce sont eux qui m'ont signalé dès l'origine une difficulté que je n'aurais pas aperçue sans leur intervention; ils m'ont forcé à envisager la question de plus près et m'en ont ainsi montré l'importance. » ASTRONOMIE. — Piclour de la comèlc d'Enche. — Rectification des positions de ta loo* petite planète. Lettre de M. le Verrier à M. le Secrétaire perpétuel. « Je vous serais reconnaissant de vouloir bien annoncer à l'Académie que le retour de la comète d'Encke vient d'être reconnu à notre succursale de Marseille par M. Borelly, lequel m'en a informé par une dépêche télé- graphique. ( 203 ) » Voici la position constatée le 26 au matin : Juillet 25, à i5''3"' i5% temps moyen de Marseille. Ascension droite 4*" 56" 4^^ Déclinaison -)-3i° 7' 9" La comète est assez faible. )) L'astre a été retrouvé au moyen d'iuie éphéméride calculée par M. Fœrster. Il faut diininuer les positions de cette éphéméride de 3™, 7 en ascension droite et de 7' en déclinaison, pour la faire concorder avec l'ob- servation. » Je saisis cette occasion de rectifier les positions données pour la 100" pe- tite planète à la page i3o des Comptes rendus. Il s'était glissé une erreur dans la réduction. J'ajoute en même temps de nouvelles observations, faites les 20, 21, 24 et 25 juillet : Juin. .tes. Étoiles. T m. de Paris. h m s Ascension droite, h m s Déclinaison. Observateurs, 18 {") 11.47. 4>i 21 ,7. 4,71 106 22.45,3 Wolf. 18 («) 12.32.38,2 21.7. 3,64 106. 22. 52, I André. •9 ("' 11.33.42,8 21 .6.27 ,42 106.28. 10,0 Wolf. 20 {^) 10. 55. 56, 7 21.5.49,35 106.33.45,0 AVolf. 20 {'') ri. 36. 3,8 21.5.48,41 106.33.55,0 André. 21 {'') 10.55.22,9 21.5. 9,65 io6. 39.22,0 AVolf. 24 (^) 10.24.57,5 21.3. 6,33 106.56.4459 Wolf. 24 (0 11.16.44,9 2 1.3. 2 , 89 106.57. " '9 André. 25 (-) 9.48.26,8 21 .2.24,93 107. 2.25,4 Wolf. Et 01/ es de comparaison. («) 4> 317 Lalande. (*) 21 190 Arg.-OEitzen. (-■) 21 107 ATg.-OEltzen. » CINÉMATIQUE. — Suite à la solution du problème des mouvements que peuvent prendre les divers points d'un solide ductile ou d'un liquide contenu dans un vase, pendant son écoulement par un orifice inférieur. Vase parallélipipède. Vase cylindrique; par M. de Saint-Venant. « A la Note du 20 juillet (Comptes rendus, t. LXVII, p. i3i) relative à l'écoulement d'un bloc rectangulaire par un orifice aussi rectangle, je sup- posais que celui-ci, avec une largeur moindre, avait la même longueur que celui-là, ce qui est un cas où Ton peut ne faire entrer que deux coor- données dans les calculs. » Soit maintenant un orifice d'une largeur 2R, et d'une longueur 2L, 27.. ( 2o4 ) moindres respectivement que la largeur 2R et la longueur 2L du bloc ou du vase. Appelons : » x\ r, z les coordonnées au bout du temps t d'une molécule parallèle- ment aux largeurs, aux longueurs et aux hauteurs; l'origine étant toujours au centre de la base supérieure primitive, et l'axe des z passant aussi au centre de l'oriiice; » u = du dy dm dz di , . j 1 _x, 4) == -^ = — !-, tv = — = — les composantes de la vi- dt dx dt dy dt dz ' tesse de cette molécule dans les sens x, y , z; )) V la vitesse constante ou variable de la descente du piston; ,) f(x, r) la valeur, d'abord indéterminée, de la vitesse verticale %v à travers l'orifice; » H la hauteur i)rimitive du bloc, h sa hauteur au bout du temps t, en sorte que I /z = H, si le vase est enirelenu plein; C 20 ■) • r' ^ ^- j fi =B — Ych, s'il se vide. «/o » Il faudra intégrer l'équation de permanence des volumes (21) ^4 + -^. + -^. = o /l'a c/-m d^ — - -\ H dx' dy' dz:' sous les conditions suivantes, où nous ne considérons que le quart du bloc, vu que tout est symétrique par rapport aux plans xz et ) s : (-) (S)„<=°. fêL.='- (:^'L»=°- (II-=''- [ f{X-\J') aux points pour lesquels \ ^^ , ^ . ,. . |,r=(leOàR, et )■= deoà L,, '24) — ) =F(a:", r) fonction discontinue = ^ \dz j z = 'li ^ j (j aux points poi>r lesquels X= deR, à R ou y^ deL, ùL. » L'équation (21) est résolue par une expression de la forme C + C'a: H- C" j + C"'z., jjltis une somme de termes Ae'"'^»/-' e"^^'"' eP% sous la condition que P= ± V'"" -+- "" ; en sorte que les cinq conditions (22), (23) sont remplies en disposant des ( 2o5 constantes de manière à avoir / I = aD / = ce r /71 71 + e V 1^ 1- J cos -— cos -f^ • Et les A doivent être déterminés de manière à satisfaire à (24), on, de JC = O à X = R et de j' = o à J = L, a (26^ Î2^ V£^ê^'"'"~~'"''''"^ cos^^cos^:p = F(a^ y) - V. » Mnifiplions par dxdy cos -^ cos -p- et intégrons de o à R et de o à L. Pour le système particulier / = o, / = o, le multiplicateur se rédnif Ixcixdy^ et tout le premier membre disparaît en supposant même Ai/ r- + t-; fini. H reste ainsi (27) C\lx f'^'drf{x,f)=YRL; ce qu'on pouvait prévoir, car à chaque instant il doit sortir de l'orifice un volume égal à celui de la pénétration du piston appliqué sur la surface su- périeure du bloc. « Pour tout autre système de valeurs de /, y , il reste un terme dans le premier membre, et on obtient • L, j'yxjy .(,-/(x,j)cos^cos^ =A V^ ^ i^ (^"^^ - ^""'"^ I ' • » Tirant de là A et disposant de la constante tout à fait arbitraire C pour avoir symétriquement la profondeur z — ?I ■+- h de la molécule, horsdes^ comme dessous, on a la solution ç = V(z-H + /0 / 8) \/î^ X ^ 1:^ cos -^ cos -~ e" ( 2o6 RL » Si, par exemple, y"(jr, 7) est supposé constant =V jT-r^ ? on aura le numérateur >i Substituant dans (28) et différentiant successivement par rapport à x\ à y, à z, on aura les vitesses horizontales u, v et les vitesses verticales iv dans toute l'étendue du bloc et même du jet à un instant quelconque. » On ne devra pas prendre de terme du \ > ^^a po ur i =: o . o à la fois, car il est exceptionnel et représenté par ce qui se trouve écrit en dehors; mais il faudra tirer des termes pour / = o seul et pour 7 = seul. L expression (29) poury = o, i tini, se réduit par exemple a ^ — — sin -— — • )) Quand on suppose L, = L ou l'orifice aussi long que le vase, et, en même temps, / {x^j') =J(_x') indépendant de j^', il suffit de prendre/ = o et un seul \ ■ On retombe ainsi sur la formule (12) de la Note du 20 juillet. i> Soit maintenant, comme à la Note du 29 juin, un bloc cylindrique BCCBA d'un rayon AB^R et d'une hauteur CB=: H devenue C6 = /i (égale 'lî" V? ou intérieure à H) au bout du temps t de récoulemeiil par l'oritice circu- ( 207 ) laire inférieur DGD d'un rayon GD = R, , x étant toujours le rayon vecteur horizontal nis d'une molécule m et j- son ordonnée verticale mP au-dessous du plan primitif BAB de la base supérieure; et ii, i> les vitesses dans les sens X et j'. » Il faudra satisfaire à l'équation de permanence des volumes (lu II di> -7- H h -r = o, f . d >j do , OU, en taisant Ji = ~, v = -^■, a rt.r dy ,n . d-a I d'ù d'tf 3o _^4__^+_ï=o, ^ ' d.r- .)■ rf.r d)- avec les conditions limites : ■h] ■ =v, ,n■i^ f^A r-/ N r • 1- • \ /(^) de ,r = O àJC = B.,, (33) -r- 1 = F ar), fonction discontinue =<, ' ^ ' \d.rJj = H "• " ( o de .r=:fl| i OT = R. » Pour résoudre l'équation différentielle (3o) faisons f = XY + G -f- Cj, X étant fonction de x seul, Y de j- seul, G et G' des constantes. Nous aurons d'X I .^X d-Y , ,, , , d.v^ X dx dy'' nO ( j/i ) , = '- — - =: une autre constante : V^-j; X Y IV' ^2 Y Hi' d'où, d'abord, l'équation -j-p = — Y, qui est résolue, G", G'" étant encore deux constantes, par wy my Y = Ge"^ + G"'e ^. Il en résulte que nous satisferons à l'équation aux dérivées partielles (3o) et aux trois conditions (3o), (32), en prenant (vu qiio G est tout à fait arbi- traire) (35) ç = V(jr-H + //)+.^A[e "^ +e "^ J X, X étant une fonction de x et de m qui satisfasse à ,„,,, rPX I r/X /»' „ 208 et a (36 bis) rlX = o; et > s'étendani à toutes les valeurs de m tirées de l'équalioii » L' équation différentielle (36) en X a pour intégrale complète, comme on sait, la somme de deux produits de constantes par des séries en x et m, sommables par des intégrales définies affectées d'une variable auxiliaire m destinée à disparaître en effectuant les intégrations. L'une de ces deux séries on de ces deux intégrales particulières ne satisfait pas à i-j-] _ = o; la constante qui l'.iffecte est donc nulle dans notre problème, et nous ne de- vons prendie que l'autre série; d'où (38) COS ',) = - l H- r/c 2R' 2R' I ' ■?- 3' qui satisfait bien, comme il est facile de le vérifier, à (36) et à (36 bis). » Et l'on doit prendre pour ni toutes les racines de l'équation numérique suivante, en se bornant toutefois aux racines positives, ce qu'on peut faire évidemment, d'après la forme de l'expression de ly, sans que cette intégrale cesse pour cela d'être complète : -iX"'"* m cosw) coso rfw = o (39) [' iir T I 2.3 1.2 2 2 I I .2 2.3 3 2 2 2 4i^ 1.2 2.3 3.4 !\-5\^ r d'où l'on tirera les valeurs de m par approximations successives au moyen de la rècjle f/'orde Cardan, appelée aussi mélbode des différences propor- tionnelles ou des sécantes. » Reste à déterminer les coefficients A pour remplir la condition (33) ou ( 209 ) pour avoir (4o) ^a':^[c'^- e~~^jX = ¥(a:]-Y. » Multiplions les deux membres par .rX - o d'où l'on tirera A. )> Pour prouver (/Ji) au moyen du procédé élégant de MM. Sinrrn et Liouville. écrivons les fleux écpiations (36) rf'X I r/X m- „ d-Ji' I » 4.) 28 ( 2IO ) La multiplication de (4o) par xXdjc quand X^ti el l'intégration de o à R font disparaître tout son premier membre, et il reste (45) / 7:.r^^-./(x)rfx = 7rR-V, 'J o ce qu'on pouvait présumer, vu la nécessité qu'il sorte à chacp.ie instant par l'orifice autant de matière que le piston en expulse en haut |)ar sa descente. » Moyennant cette relation (45), on n'a plus à tenir compte, dans la série > > de la racine m = o. » \oyons à quoi est égale l'intégrale / xX-'^flx, pour nous dispenser t/O d'avoir à l'effectuer péniblement. L'équation (43), si l'on n'y regarde pas encore m et m' comme des racines de (89) ou de (Sy), donne » Pour évaluer ce que devient le second membre quand m' = m, pre- nons le quotient de ses deux termes après qu'on les a différentiés par rap- port à ni', nous aurons dx dm' dm' dx J i^^R d'où, en faisant m' =^ m , regardé maintenant comme racine de (37) (S)..= H="' (46) f\-X^da:=-^^[x) R' /^\ f d-X .t = R \dx dm x = K M Substituant dans (42) et tirant A pour en mettre la valeur dans la solu- tion (34), on a définitivement ' « -"' E ■rX/.r)dx „ - ^ / •'-x/(.^). ,=V(j-H-H/.)-^,^ ^^--^ X, (47) [ e^ —e ^ \ )x=R\d.rdm)x = R X ayant la valeur : 35) et \ s'étendant à toutes les racines positives ni de l'éqnalion (39) sans la racine zéro. ( 2.1 ) » Si l'on prenait par exemple, pour la vitesse à l'orifice, fx' = const. = -—^1 -' R: on aurait Ju -^ 2 2 1- 2R 3 i^oM, 2R; ; 4 i^2^3^\aR m-R= » Au moyen du calcul numérique de quelques jours, une fois fait, des racines m de l'équation (39), ainsi que des valeurs correspondantes et aussi luimériques des séries (X)j = r et ( ' j , et aussi de l'acco- R lade (48) qui dépend du rapport— ^ l'on obtiendra facilement, après avoir dressé un tableau de X et de -^ pour diverses grandeurs de-, les vitesses 11:= —^i i' = —^ pour les divers points du bloc. Il sera intéressant de les comparer à ce qui résulte des expressions simplement approchées suivantes portant les n°' (6) et (7) ou (6') el (7') à !a Note du 2g juin (*) : H — r t' = V — - — pour la partie latérale du bloc, \^9) \ VB^_R= T^H — r R!Vr-HH-/i -X'i P =:: V — ; 1 — TT^- ^ ; potir la pariie centrale, Il R; Il ' ' ■ et de faire diverses suppositions relativement à la surface de révolution, s'appuyant sur !e bord de l'orifice, par laquelle on limite arbitrairement les deux parties du bloc, latérale et centrale, en choisissant celle pour la- quelle il V aura le plus de concordance avec les-r^i V tirées de la solution 1 - ' ax dy analytique (47) du problème de cinématique posé. » l II = VR^ •2.x 5 = VR^ ~ Il 2R 1 (*) A cette Note, la formule (25) de la page iSig doit être remplacée par R= — R: 2K= / -V,. Il — t— II.. \ .r = R, / r„ — H + /fA La seconde formule (16) donne la valeur de y et non de r-. a« ( 312 ) AiNATOMiE viiGtTALli. — Observations sur la Icviirc de bière cl sur le Myxo- derma ceruisiœ (2^ partie); par M. A. Thécul. « Voulant m éclairer sur la nati;re des cellules de la levure, je me pro- posai d'employer simullanément leur culture et des semis de divers cham- pignons filamenteux, surtout des semis de Pénicillium et de Mucor, à l'exemple de mes prédécesseurs, mais en variant les expériences. » Pour la culture de la levure, je me suis servi de la levure ordinaire ou su|>érieure, c'est-à-diie qui est obtenue à une ten)pérature d'environ H- 20 degrés à + 28 degrés, et de la levure de Bavière ou inférieure, qui est produite de + 5 degrés à -4- 12 degrés dans la brasserie où je l'ai prise. Les spécimens de cette dernière, tlont je fis usage, furent puisés dans des cuves fermentant à + 12 degrés. w Suivant M. E. Mitsclierlich, la levure de Bavière se forme à une tempé- rature qui ne dépasse pas -t- 7 degrés, mais (pii ne peut tlescendre au-des- sous de zéro. Il est vraisemblable, dit-il, qu'elle nudtiplie ses cellules par les granules de leur contenu qu'elles répandent dans le liquide en éclatant, tandis cpie la supérieure nudtiplie les siennes par bourgeon- nement. M Je dirai tout de suite que la levure dite de Bavière que j'ai étudiée, prise par moi dansinie cuve qui fermentait non au-dessous de -1- '7 degrés, il est vrai, mais a -f- 12 degrés, comme je viens de le dire, m'offrit les plus beaux exemples de bourgeonnement. Les séries de quatre et de cinq cel- lules y étaient fréquentes. J'ai trouvé de ces séries avec des cellules latérales ayant aussi leur petit piopagule globuleux, constituant par conséquent des comniencemeuls de rameaux sur les côtés. Plusieurs de ces groupes avaient huit et neuf cellules. J'en observai même un de onze utricides. .' Je dois ajouter que, dans cet examen, il faut avoir l'attention de ne pas prendre pour n.iturels des groupements accidentels. Pour s'assurer de l'état de ces groupes, on les fait rouler quelcjue teiups entre les deux lames de verre. Il impoi'te siu'Iout d'examiner avec soin si les cellules constituantes occuiicnt bien réellement les places dans lesquelles s'effectue ordinairement le bourgeonnement. Cette observation était facile pour la levure de Bavière que j'ai employée, la plupart des cellules étant ovoïdes ou elliptiques, et très-peu globideuses. » Je ne trouvai entre la levure de Bavière ou inférieure et la levure supé- rieure que j'avais à ma disposition en même temps, qu'iuie différence de volume. Les cellules de la levure de Bavière étaient généralement ( 2r3 ) un peu plus grosses que celles de la levùie supérieure recueillie dans la même brasserie. Cependant les plus vohnniueuses des cellules de Ba- vière dépassaient peu le maximum des cellides de la levure ordiuaiie, qui est d'environ o™'",or. Les grosses y étaient seulement [)lus nom- breuses. )) Mes premières études furent faites avec la levure supérieure du com- merce; elle était sous la forme d'une pâte ferme. Abandonnée à elle-même à la température de -i- 20 degrés à -4- 22 degrés, sans addition d'un li(|uide quelconque, la masse ne tarda pas à se couvrir de végétations. Les cellides superficielles semblaient se partager en trois soites : i" les globuleuses les plus grosses, qui étaient les plus stables, ne germèient pas; 1° des cellules plus petites, souvent elliptiques, donnèrent les élégantes arborisations du Mycoderma cfru/i/a?, représentées par Turpin ; 3° certaines cellules ellip- tiques aussi, et de plus allongées, plus rarement des globuleuses, produi- sirent lui grand Peiiicilliiiin blanc, à conidies tantôt elliplicjues, tantôt rondes. Quand elles sont globuleuses, ces conidies ont mi diamètre au moins deux fois plus considérable que les spores ou conidies i\u Pénicillium glaucum, et les filaments en sont aussi beaucoup plus gros. TIs ont environ o™'",oo5 de largeur, ainsi que les spores. » Les cellules qui donnent ce Pénicillium s'allongent cpielcpiefois en un cylindre qui peut se terminer par une bifurcation. Plus souvent ces cellules germent par le côté près de l'une de leurs extrémités, ou sur deux côtés opposés, comme je l'ai dit liuidi dernier. Les filaments qui eu naissent restent simples ou se bifurquent. D'abord uniccllulaires, ils se divisent tout entiers en une série de conidies; ou bien formant des cellides oblougues en bas, ils se terminent par une série de conidies, ou par deux s'ils sont bi- furques, et fréquemment par tuie succession de rauuiscules à cellules courtes, offrant l'apparence d'une dicliotomie ou d'inie trichotomie. Cha- cun des rameaux extrêmes produit un chapelet de conidies, et l'ensemble constitue le pinceau. » La segmentation des filaments en conidies s'effectue, selon la coutume, de haut en bas. Tantôt des conidies elliptiques ou des globuleuses sont immédiatement pioduites; tantôt la longue cellule cpii se fragmente, se partage d'abord en segments plus étendus du double, cpii se subdivisent ensuite chacun en deux conidies, elliptiques ou globuleuses, suivant la longueur du segment primitif. « Ce développement des cellides du Mycoderma et du Pénicillium de la levure peut donner lieu à une objection. On peut prétendre que des cel- (2.4) liiles (]n 3fycoderina cervisiœ et desconidies du Pénicillium, venues de l'at- mosphère, se sont mêlées à celles de Torula. » Je répondrai que ce Mycoderma et le Pénicillium ne sont point dépo- sés par l'air, parce que les cellules qui donnent le Pénicillium existent cer- tainement dans de la levure fraîche puisée dans une cuve en fermentation, et parce que de telles celhdes, ainsi que celles du Mycoderma cervisiœ, comme on le verra plus loin, ne se montrent pas dans des flacons de moût de bière fermés avec un simple papier, agités de temps en temps et ouverts chaque jour pendant six fois plus de temps que n'en exigea le parfait déve- loppement de ces plantes à la surface de la levure, où, dans le courant de mai, des Mycoderma ramifiés et des Pénicillium existaient au bout de deux jours. » Cette objection insoutenable écartée, l'alternative suivante se présente à nous : ou la levure étudiée était composée à la fois de cellules de Torula cervisiœ, de Mycoderma cervisiœ et de Pénicillium ; ou bien ces trois plantes ne sont que des formes d'une même espèce, comme le disait ïurpin; ou encore le Pénicillium est une espèce particulière; mais le Mycoderma et le Torula, qui possèdent le même mode de bourgeonnement, de multiplica- tion, constituent deux variétés d'un autre type spécifique. » Ce qui peut engager à croire à l'autonomie du Torula cei-visiœ, du Mycoderma cervisiœ et du Pénicillium, j'oserais presque dire cervisiœ (i), c'est que, placés dans des circonstances favorables, ils jouissent d'une grande fixité, et peuvent être reproduits en quekjue sorte indéfiniment, en conservant leur Ibrme dite spécifique et même (jénérique. » Pourtant mes expériences, d'une part, m'ont convaincu que le Myco- derma et le Torula appartiennent à la même espèce, et, d'autre pari, m(; portent à croire que l'on peut passer du Mycoderma et du Torula an Pcni- cillium. « Voici comment j'ai été conduit à la connaissance de l'unité spécifique du Mycoderma cervisiœ et du Torula cervisiœ. » Ce Mycoderma bien développé, bien ramifié, ne détermine pas la fer- mentation, et celle-ci n'en désagrège pas les cellules. Il reste entier avec ses rameaux dans le moût qui fermente. Plongé dans ce moût de bière, il (i) Si le Pénicillium dont il s'agit ici n'est qu'une variété vigoureuse du Pénicillium glau- cum, dont ks fornu'S communes sont beaucoup plus grêles, et dont les spores n'ont guère que o""",oo25, tandis que celles du Pcnicillium de la levure ont 0""'',oo5, et sont toujours blanches, le nom de Pénicillium ceivisiœ n'en serait jieut-ètrc pas luoins cnnveiiabli,' pour désigner ccUc variété remarquable, si variété il y a. (2.5) languit, et quand Ja fermentation est active, le plasma du Mycoderme se contracte, et ses cellules se rétrécissent, sans doute par affaissement (i). Au contraire, quand des Mycoderma cervisiœ jeunes, non encore ramifiés, furent placés dans du moiit de bière frais, ou même dans du moût qui avait été conservé en flacon bien bouché pendant vingt jours, et même pendant plus d'un mois, sans fermenter, les jeunes cellules du Mycoderme grossirent et prirent l'aspect des celhdes de levure les plus actives, c'est-à-dire à plasma homogène blanc et brillant (2). Bien boucher les tubes ou les fla- cons est une précaution indispensable. Dans ces conditions, la fermenta- tion devint si énergique, que les bouchons sautaient souvent avant que ion ait eu le temps d'enlever complètement leurs liens. » L'unité spécifique du Tonda et du Mycoderma étant ainsi démontrée, celle du Pénicillium en question et des deux formes précédentes, si elle existe réellement, doit apparaître soit par le passage du Tonda ou du Mycoderma au Pénicillium^ soit par la production du Torula de la leviire par les coni- dies du Pénicillium. « Les faits que j'ai décrits dans la dernière séance rendent vraisemblable la production du Pénicillium par le Torula et par le Mycoderma. Depuis lundi dernier, j'ai vu de nouveau des cellules faisant certainement partie constituante de la levure de Bavière, prise par moi dans une cuve en fer- mentation, produire la plante à conidies (le Pénicillium) avant qu'aucun autre champignon ait pu se développer et ensuite se fragmenter. M Contentons-nous pour le moment de l'identification spécifique du To- rula et du Mycoderma, et réservons iios conclusions, en ce qui concerne le Pénicillium, jusqu'à ce qu'il nous ait donné des cellules de Torula à l'aide de ses spores, si elles en sont susceptibles. » Ce que je n'ai pas encore tenté avec le Pénicillium de la levure (ce par quoi cependant il eût été logique de commencer), je l'ai essayé avec d'au- tres formes de Pénicillium que j'avais sous la main. ( I ) Le Vt/i cnilernm ce?visiœ est extrêmement variable de forme. 11 change avec la composition du liquide dans lequel il végète. Si la matière nniritive qui lui convient est abondante, il peut donner des végétations puissantes; si elle est plus rare, les plantuics sont moins vigoureuses, les cellules plus grêles; si elle est tiès-rare, ou si la nutrition se f.iit mal, on n'a que de petites |)lantes plus ténues encore, à rameaux filiformes d'une grande délicatesse. Je reviendrai plus tard sur ce sujet. (2) En même temps, beaucoup des granulations, beaucoup des cylindricules qui peuvent exister, surtout si le moût n'était pas tout récent (ils existent toujours alors), grossissent aussi sous l'influence de la puissante fermentation qui se manifeste. ( 2l6 ) )) J'ai fFiibord fait des semis du Pénicillium (jlaunim, recueilli sur du mail r|iii avnit servi ;i la préparation du moût; j'ai ensuite fait usage de (\n\\ formes de Penicilliiiin sur quatre que j'ai trouvées sur des citrons. » Ijes nappes de ces moisissures, dont je ne puis décrire ici avec détail le développement, commençaient sur ces fruits par des taches blanches qui, soulevant peu à jjeu l'épiderme, s'étendaient et devenaient confluentes. Le tapis qui en résultait était formé d'un fort Pénicillium blanc à grosses spores elliptiques ou globuleuses, qui rappelait celui de la levure et le Pe- iiii illium jilicntum de M. Bonorden. Des coupes transversales de ce tapis montraient quelquefois de nombreux filaments, jeunes encore, renflés en une grosse ampoule dans leur partie movetnie (i). A ce Pénicillium blanc succédait un vert olive à grosses spores elliptiques. Ce dernier était suivi (luu autre à spores, ou conidies, elliptiques aussi, mais beaucoup plus pe- tites et bleuâtres. Enfin surgissait un petit Pénicillium blanc, qui n'est qu'iuie forme au Pénicillium glaucum. » C'est la deuxième et la troisième formes, la verte et la bleue (je ne les ai vues décrites nulle part), que jai semées dans du moût non houblonné. Les fragments du mycélium n'ont rien produit. Les conidies se sont agran- dies, sont devenues globuleuses poin- la pliq:)art, à peu près du volume des cellides delalevùre. Il en fut de même jjar l'emploi dvi Pénicillium (jlaucum, dont pourtant certaines spores germèrent et produisii'ent des filaments grêles, qui, quand ils se sont segmentés, n'ont donné que des fragments allongés. » Avec ces trois espèces semées dans des petits tubes et dans des flacons de i:") gi'ammes, inie fermenialion puissante eut quelquefois lieu. H naquit une belle levure à cellules globuleuses, que je considérai d'abord comme ,(i) J';n trouve'' de ces ampoules en très-gr.Tiid nombre sur un mycélium dcvelop]>é à l;i surlarc d'une solution de sulfate de fei', dans laquelle macéraient des fragments de Serjanin riispiclfiiti pour déterminer l.i position de ses cellules à tannin.. le ])laçai do ce mycélium avec de l'eau sucrée sui- une lame de verre,